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Le lierre: un trésor méconnu par Jacques Subra

J’avais déjà évoqué le lierre dans ce blog en répondant à un commentaire, un de mes plus fidèles lecteurs et contributeurs de ce blog n’a pas hésité à prendre sa plume (ou plutôt son clavier) pour nous parler de cette plante merveilleuse et si injustement mal aimée! Je laisse la parole à Jacques :

Je voudrai réhabiliter une plante trop souvent combattue et détruite, car considérée comme un parasite, au même titre que l’ortie et autres plantes compagnes .

Le lierre est un véritable écosystème à lui seul car il abrite et nourrit un nombre incalculable d’insectes et animaux et participe à l’équilibre de l’environnement.

Ce n’est pas un parasite car il se fixe à un support ( mur ou arbre) par des ventouses non absorbantes, contrairement au gui qui pénètre l’écorce des arbres pour se nourrir de leur sève.

Ses racines sont superficielles et ne concurrencent pas celles des arbres qui elles, vont chercher plus profondément leur nourriture.

Il fait un couvre sol très efficace car il empêche la pousse de l’herbe, des ronces, et autres plantes indésirables. Il vaut quand même mieux attendre, avant de le laisser s’installer au pieds des arbres que ceux-ci soient assez vigoureux. ( 4 à 5 ans)

Contrairement à une idée reçue, il n’étouffe pas l’arbre qui lui sert de support, car il grimpe verticalement, ne s’enroule pas, et n’empêche pas l’arbre de grossir.

A l’Automne, quand le lierre est en fleur, à une période ou les floraisons sont rares ? c’est une véritable « ruche » avec des milliers d’abeilles, de guêpes, syrphes, papillons etc…qui viennent se nourrir de nectar et de pollen à ses fleurs minuscules. L’hiver et au début du printemps il sert de garde-manger aux oiseaux, car si ses baies sont toxiques pour l’homme elles sont un véritable régal pour eux.

Son feuillage persistant permet d’abriter une multitude d’auxiliaires et nombres d’oiseaux y nichent. ( rouge-gorge , roitelet, troglodyte, fauvettes)

Depuis trois ans, je laisse le lierre coloniser un pommier pour observer son comportement et voir si un équilibre auxiliaire-prédateur peut se créer.

Le lierre a aussi certaines vertus thérapeutiques et sert en pharmacologie.

Ma Grand-Mère utilisait les feuilles de lierres macérées dans l’eau-de-vie pour soigner ses cors aux pieds. Cent grammes de feuilles bouillies quelques minutes dans deux litres d’eau font un bon liquide vaisselle.

Faites-lui une place dans votre jardin, vous n’en retirerez que des avantages !!!

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Jardinons

Le Pois fourrager : une plante à découvrir

Même si vous ne connaissez pas encore les pois fourragers, j’imagine que tous ceux d’entre vous qui ont un potager ont déjà cultivé des pois sous diverses formes qui sont toutes issues de l’espèce botanique Pisum sativum : petits pois nains, petits pois grimpant, pois gourmand (ou mangetout) et je ne parle même pas du pois chiche ou du pois carré qui n’appartiennent pas au genre botanique Pisum.
Les céréaliers cultivent également les pois fourragers qui servent d’aliment pour bétail soit en tant que graine de pois sec (pois protéagineux), soit en tant que plante entière. C’est donc cette forme de l’espèce Pisum sativum que je vous propose de découvrir ici.

J’avais découvert cette plante fin 2010 quand mon collègue et fournisseur de graines de couverts végétaux, Yann Labuche de Terre d’Humus, m’en a proposé pour les intégrer à mes couverts hivernaux, ce qui s’est révélé être une réussite, ils ont bien poussé et produit une jolie biomasse début mai. J’ai appris, alors que ces pois était en train de pousser, que leurs fruits étaient comestibles et aussi bon que des petits pois, j’ai vérifié, c’est vrai !

Cette année la violence des gelées aussi bien en Ardèche que dans le Gers ont détruit beaucoup de couverts et cultures d’hiver, mais pas les pois fourragers qui ont vaillamment résisté là où les autres pois ont gelé ! Une raison de plus de les adopter.
Non content d’être rustique au froid, ils s’adaptent à des terrains très variés, c’est pour le moment la seule légumineuse que j’ai réussi à tous les coups et dans des contextes très différents : coteaux argileux du Gers, sol sablo-argileux sur grès et sol sablo-limoneux sur granit en Ardèche. A chaque fois en culture d’hiver semée en novembre. Ni le très sec du printemps 2011, ni le très froid de l’hiver 2012 ne semblent l’avoir gêné! Dans toutes les situations la biomasse produite est remarquable avec des plantes de plus de 60 cm de haut qui couvrent densément le sol.

En plus ils sont très productifs et ils sont comestibles, non seulement pour leurs fruits, mais aussi pour leurs pousses qui ont un goût… de pois ! C’est la saison de les déguster !
Le seul truc que je maîtrise pas encore c’est leur tuteurage: l’an dernier, ils était incorporés à un couverts de phacélie et de féverole et cela les avait correctement maintenus debout. Cette année j’avais choisi de la mélanger à une céréale (orge ou avoine suivant les parcelles), mais leur développement spectaculaire suite aux pluies d’avril a rendu l’opération inefficace, surtout en Ardèche, mais aussi dans le Gers où ils ont en partie versé suite à un coup de vent.

Voici quelques photos pour vous familiariser avec cette plante

Le couvert de moutarde-pois-orge chez mes parents qui est devenu une culture de pois plus ou moins tuteurée par l’orge suite à la destruction quasi-totale de la moutarde par le gel de février
Fleurs de pois fourragers qui donneront dans deux ou trois semaines des fruits délicieux
Et en attendant les fruits, nous nous régalons déjà de ces pousses, sorte de gros bourgeons d’où sortira un rameaux feuillé et des fleurs. Je remarque que ces pousses sont beaucoup plus abondantes sur les pois fourragers que sur les petits pois.

Donc voilà, j’avais déjà adopté cette plante, mais là vraiment je commence à la considérer comme incontournable. Bien entendu, je vous recommande vivement pour l’automne prochain (ou la fin de l’hiver en climat froid), de réserver une place pour les pois fourragers.

Pour vous fournir en cette plante, vous trouverez dans ma boutique en 250 et 500 g les variété Arkta et Assas.

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Un peu de théorie

Les flux d’énergie de la plante vers le sol

Il y a un an, je vous avais proposé un article sur les flux d’énergie dans les écosystèmes et ses applications pratiques au jardin. Je vous propose aujourd’hui de revisiter ce thème. En nous intéressant surtout à la transmission d’énergie sous forme biochimique de la plante vers le sol.

Pour rappel les végétaux fixent l’énergie solaire qu’il transforment en énergie (bio)chimique, c’est-à-dire l’énergie qui assure la cohésion des molécules organiques qui composent la plante. Cette énergie est ensuite captée par les chaînes alimentaires du sol et progressivement dégradée sous forme de chaleur par les animaux, bactéries et champignons notamment. Mais comment précisément l’énergie biochimique des végétaux est-elle transmise à ces chaînes alimentaires ?

Le premier phénomène qui vient à l’esprit est le broutage par les herbivores, qu’il s’agisse de vache, de chenilles, de pucerons, ou de nématodes. Toutefois, ce flux lié aux herbivores est le plus souvent très faible comparés à ceux qui sont exposés ci-dessous. Nous considérerons donc que la quasi-totalité de l’énergie libérée par les végétaux dans l’écosystème l’est via la vie du sol.

Pour cela trois phénomènes sont à l’action :

  • La litière de surface : les parties aériennes des végétaux (feuilles, tiges, fleurs, fruits) se déposent sur le sol soit après la mort de ces organes, soit suite à une perturbation (vent, grêle, récolte…) et forment une litière, comme par exemple la litière forestière, ce tapis de feuilles et de brindilles qui recouvrent les sols forestiers. C’est dans cette litière que vivent la plupart des champignons et animaux qui se nourrissent de végétaux en décomposition : collemboles, acariens, iules, cloportes, vers de surfaces…
  • La litière souterraine : plus discrète mais pourtant à peu près aussi importante que la première, cette litière reçoit les racines mortes qui se décomposent dans le sol.
  • La rhizodéposition : encore plus discret et trop peu connu, ce phénomène consiste en la sécrétion de composés organiques (exsudats, cellules détachées…) directement dans le sol par les racines vivantes des plantes. Cela nourrit les micro-organismes de la rhizosphère, cette mince couche de sol qui colle aux racines : bactéries, protozoaires, nématodes, champignons… La rhizodéposition correspond en général à 20 à 50% du carbone fixé par la plante et monter parfois à 80%, ce phénomène est donc essentiel à la compréhension du système sol-plante.

Comment reproduire ces phénomènes au jardin ?

Du fait des récoltes, une partie non négligeable de l’énergie fixée par les plantes part directement dans nos assiettes, et c’est tant mieux, c’est quand même le but d’un potager ! Il convient donc de veiller à la reproduction de ces trois flux au jardin :

La litière de surface peut être facilement reproduite, soit en apportant un mulch d’origine externe au potager (paille, foin, BRF…), soit en en restituant au sol le maximum de la biomasse qui y a poussé : résidus de cultures, de sarclage et des couverts végétaux.

La litière souterraine se fait plus naturellement, sauf dans le cas des légumes racines, pour lesquels on récolte la majeure partie de ce qui aurait fournit cette litière. Pour les autres légumes, toutefois, pour que la litière souterraine soit restituée dans de bonnes conditions, il convient de ne pas arracher les plants après la récolte, mais seulement de les couper à la base, et de travailler le moins possible la terre ensuite, idéalement pas du tout !

La rhizodéposition, en revanche se fait à partir du moment où une plante (cultivée ou spontanée) pousse dans le sol. Il suffit donc de maximiser le temps de culture du sol en faisant se succéder le plus vite possible les cultures et les couverts végétaux !

Eh oui, c’est la plante qui fait le sol, seules les récoltes l’épuisent, donc plus on a de plantes qui poussent sur un sol et y retournent suivant ces trois processus, plus on construit son sol efficacement ! En Bref, on a plus de temps mort au potager, seulement des temps vivants !

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Lecture d'ouvrage

Sortie du livre « le manuel des jardins agroécologiques » de Terre et Humanisme

Je vous annonce aujourd’hui la sortie d’un ouvrage auquel j’ai très modestement contribué par deux petits textes sur le BRF. Je ne connais pour le moment son contenu que très partiellement, mais je dais que j’ai beaucoup de point de vue communs avec ses auteurs (aussi quelques différences 😉 ). Il sort en librairie aujourd’hui!

Le manuel des jardins agroécologiques : Soigner la terre mieux nourrir les hommes

Collection Domaine du Possible

Préface de Pierre Rabhi – Photographies de Patrick Lazic

EN LIBRAIRIE LE 2 MAI 2012

Plusieurs décennies d’agriculture intensive ont contribué à endommager gravement notre “terre nourricière”. Dans le même temps, et malgré l’arsenal de moyens employés, cette agriculture industrielle ne réussit pas à nourrir l’humanité : trois milliards d’humains ne mangent pas à leur faim.
De nouvelles voies sont explorées pour relever ce double défi : nourrir
l’humanité sans détruire notre patrimoine commun. Parmi les plus
prometteuses se trouve l’agroécologie. Située au carrefour de l’agriculture et de l’écologie, elle est tout autant une science qu’une pratique qui se répand à travers le monde et que Pierre Rabhi a largement contribué à faire connaître en France. Elle appelle à un changement total de paradigme : cherchant à comprendre et accompagner les processus vivants pour produire une nourriture saine, sans dépense d’énergie excessive, elle est liée à un profond respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du vivant.

Dans la première partie du livre, Pierre Rabhi retrace l’aventure humaine qu’a constituée pour lui l’agroécologie : non pas simplement un ensemble de techniques, mais une alternative globale pour chaque individu et pour la société, une magnifique opportunité pour changer de vision et donc d’humanité. L’agroécologie ainsi conçue allie la réponse à une nécessité irrévocable (produire une nourriture suffisante et saine) avec l’urgence de respecter, de préserver et d’améliorer le patrimoine nourricier.
En 1995, pour promouvoir l’agroécologie, Pierre Rabhi a fondé l’association Terre et Humanisme. Prenant le relais dans la seconde partie du livre, les animateurs de ce mouvement, s’appuyant sur leur expérience de formation en Ardèche et en Afrique, ainsi que sur leurs pratiques dans les jardins vivriers du Mas de Beaulieu, présentent pas à pas l’approche agroécologique du potager : de l’observation du sol, des plantes qui y poussent et de l’écosystème au sein duquel on souhaite cultiver son jardin jusqu’au démarrage du potager, en passant par une revue des techniques mises en oeuvre dans l’agroécologie (la culture sur buttes, le compostage, le travail du sol, le paillage, la multiplication des végétaux, la taille…).

Richement illustré d’images et de dessins explicatifs, le livre comprend
aussi une douzaine de fiches techniques (sur les buttes sandwich, la culture en lasagnes, le compost, la santé des plantes, la protection des végétaux en hiver, les outils, la phytoépuration…), une bibliographie, des contacts utiles, ainsi qu’une présentation de projets qui mettent en oeuvre l’agroécologie, en France et à l’étranger.

Si, depuis quelques années, les livres consacrés aux diverses facettes du jardinage naturel sont nombreux, Le Manuel des jardins agroécologiques présentent une démarche nouvelle et originale par sa globalité. À ce jour, il n’existe aucun ouvrage grand public qui traite de ce sujet.

Agriculteur, écrivain et penseur français d’origine algérienne, Pierre Rabhi est un des pionniers de l’agroécologie. Initiateur du Mouvement pour la Terre et l’Humanisme, il est aujourd’hui reconnu comme expert international pour la sécurité alimentaire. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Parole de Terre , Du Sahara aux Cévennes, Graines de possibles (cosigné avec Nicolas Hulot) ou encore, chez Actes Sud, Manifeste pour la Terre et l’Humanisme (2008) et Vers la sobriété heureuse (2010).

L’association Terre et Humanisme œuvre à la transmission de l’agroécologie, pour l’autonomie alimentaire des populations et la  sauvegarde des patrimoines nourriciers. Elle est basée en Ardèche, au Mas de Beaulieu, lieu de formation, d’expérimentation et de production en agroécologie. Elle y organise des stages qui rassemblent chaque année plusieurs centaines de participants, elle y propose des visites du jardin et accueille des bénévoles durant neuf mois de l’année. À l’étranger, elle est présente dans plusieurs pays d’Afrique où elle travaille, toujours avec des associations locales, à promouvoir l’agroécologie, la lutte contre la désertification et la préservation des semences.

FORMAT : 19,6 x 25,5 / 192 PAGES / 29 €