Une pratique de plus en plus prisée des jardiniers et en particulier de ceux qui comme vous sont sensibilisés à l’importance de la vie dans le sol est la butte Lasagne. Concrètement, il s’agit d’une butte composée non pas de terre, mais d’une succession de couches de matériaux divers et variés et pour la plupart organiques. L’intérêt d’une telle pratique consiste en la valorisation de toutes sortes de matières organiques qui sont souvent considérées comme des déchets et aussi de pouvoir mettre en culture des terre très peu fertile, voire complètement artificialisées (tassées, goudronnées, bétonnées…), ce qui est particulièrement intéressant dans un contexte urbain notamment, mais qui peut aussi tenter les jardinier ruraux !

La suite de cette article est écrite à partir de textes originaux de Jacques, que vous connaissez tous, et de Caroline, lectrice, collègue et amie qui fait son jardin sur les coteaux du Gers.

Cette technique, mise au point par Patricia Lanza, une jardinière Américaine qui, ne sachant comment se débarrasser des déchets de son restaurant et du jardin, eut l’idée de les empiler par couches successives en alternant matières brunes (carbone) et matières vertes (azote), sur une épaisseur d’environ trente centimètres, le tout abondamment arrosé pour créer une fermentation, et planter des légumes sur ce substrat.

Les principes de « construction » sont les suivants :

–  favoriser des sources de carbone variées pour apporter des sucres (tontes, épluchures…), de la cellulose (paille, carton, foin…) pour les lombrics, de la lignine (paille, BRF, sciure…)

– alterner le carbone et l’azote, ce dernier étant apporté par les tontes de gazon, les déchets de cuisine, les composts, le vermicompost…

– apporter des « inocula de faune et flore » divers et variés dans toutes la construction: compost (riche en micro-organismes), vermicompost (riche en micro-organismes eisenia à tous stades de développement), bois pourri (riche en champignons), purins de consoude ou autre (riche en micro-organismes) …

– on peut rajouter une poignée de basalte ou de cendres de cheminée pour booster la présence de sels minéraux

– penser à favoriser une structure aérée en plaçant des branches ça et là au fur et à mesure de la construction

– privilégier les matériaux locaux, qu’on a sous la main (ou on invite les voisins à déposer leurs tontes ou autres déchets verts qu’ils ont la méchante habitude de brûler)

– mieux vaut beaucoup de couches fines qu’une grosse couche trop épaisse (attention à l’excès de sciure qui peut « colmater » la butte)

– arroser (la butte doit être humide mais pas dégoulinante, comme une éponge dont on ne tirerait qu’une seule goutte si on l’essorait) et couvrir d’une bonne épaisseur de mulch (carton, paille, foin)

Voici par exemple ce qu’a réalisé cet été Caroline :

Dans une butte délimitée par vielles poutres de chêne, elle a disposé successivement directement sur l’herbe :

– Cartons ;

– Souche partiellement pourrie et branches de peuplier en décomposition (diam 5-10 cm) ;

–  Vieux foin (riche en carbone, cellulose) ;

–  Branches de haie fraîchement coupées, grosses adventices ligneuses (malvacées, bourraches en fin de floraison…) ;

– Déchets de cuisine (épluchures, marc de café, coquilles d’œufs… riches en azote et minéraux) ;

– Litière des lapins (50/50 carbone (paille)/azote (déjections animales))…

– Tontes fraîches (riches en azote) ;

– Copeaux/sciure de bois non traité en fines couches (très riche en carbone) ;

– Inoculum frais de compost ;

– Inoculum frais de vermicompost avec les eisenia encore présents ;

– Une avant-dernière couche plutôt humide (type déchets de cuisine ou adventices fraîchement arrachées) tout en haut, pour protéger les eisenias de la chaleur d’été ;

– Une bonne couche de mulch pour garder l’humidité de la lasagne (important pour le bon développement de la faune/flore du sol vivant): paille ou foin.

La lasagne a été bien arrosée entre chaque niveau de « construction » (eau de pluie, puits ou mare, de préférence). On peut aussi s’amuser à l’arroser avec un purin de consoude ou un autre type d’inoculum, ou même inviter les enfants et les visiteurs de passage à uriner dessus (excellente source d’azote) au grand bonheur de tous … on peut marcher dessus un peu pour tasser avec modération si l’on a mis beaucoup de branches.

Voici son récit de la mise en culture :

« Fin août, j’ai repiqué des plants de choux sur la butte expérimentale (qui ne fait plus que 20 cm de haut au lien de 40). La lasagne, après 2 mois sans arrosage malgré les fortes chaleurs gersoise de juillet et août et son exposition plein sud sans ombre, est « fraîche et humide ». Elle a l’aspect d’un terreau noir, à la consistance de semoule. Elle sent « bon » le sous-bois forestier (les champignons !).

Elle « grouille » tellement de vie (eisenia, cloportes) que je m’inquiète pendant 24 heures: toute cette faune va-t-elle se ruer sur les plants de choux et ne faire qu’une bouchée des racines, voire des parties aériennes ???


Fin septembre: les choux sont magnifiques, excellent développement foliaire, peu d’attaques de ravageurs malgré la conduite en bio sur une zone où la pression des altises est notoirement forte. Je ne les ai arrosés que 2 fois en 1 mois (une fois au repiquage puis une autre fois 2 semaines après): 1 L pour chaque plant à chaque fois »


De telles observation sont monnaie courante semble-t-il, Jacques a fait des observations semblables, du moins pour la première année, car la deuxième semble ne pas être aussi formidable. Voici le récit de son expérience et les réflexions qu’il en tire :

«  Avril 2011 : avec l’aide de l’employé municipal et des institutrices nous avons installé un mini jardin pédagogique à l’école maternelle de Séron (Hautes Pyrénées).  Je venais de lire le livre de Jean-Paul Collaert « l’art du jardin en lasagne ».

J’ai donc décidé de profiter de l’occasion pour tester la lasagne.

Le résultat a été extraordinaire  (voir photos ici : http://lagranderecree.asso-web.com/) légumes et fleurs se sont développés de façon spectaculaire, et cela sans arrosage. Ce résultat m’a tout de même laissé perplexe quand à la teneur en nitrates de ces légumes.

Avril 2012 la lasagne s’était affaissée de dix centimètres, j’ai rajouté du compost maison pour compenser la perte de matière, et nous avons fait de nouvelles plantations. Et la, première surprise, les légumes ont eu beaucoup de mal à démarrer, ont végété, le sol s’est rapidement desséché et il a fallu arroser. Au cours de l’été, le jardin n’a pas été régulièrement arrosé et les légumes ont très peu donnés.

Ce que je retire de cette expérience :

La lasagne est un milieu artificiel avec de très bons résultats la première année puis un épuisement rapide des éléments nutritifs.

Elle nécessite beaucoup de travail et il vaut mieux avoir tous les matériaux sur place.

Le coté positif, est que cela permet de cultiver sur des sols pauvres, caillouteux, voire sur le béton ou le ciment. Ce peut être l’occasion de rassembler un groupe, travailler dans la convivialité et apprendre ainsi à recycler des matériaux destinés à la déchetterie. »

Quant à Caroline elle tire la conclusion suivante de son expérience :

« Même si ces lasagnes ne sont pas généralisables à l’échelle agricole, je pense qu’elles sont un bon exercice pédagogique pour identifier, localiser, et mettre en oeuvre des matériaux courants qui font réfléchir à la vie du sol, comprendre les grand principes agronomiques de l’azote/carbone, de la lignine/cellulose, de l’eau/air et de toute la belle vie qui s’installe là-dedans … et nous donne de belles récoltes en cadeau … et puis c’est ludique et même carrément libérant car c’est un vrai bazar (!), une cuisine qui n’est jamais la même en fonction des matériaux verts qu’on a sous la main (parties aériennes de vesces en juin, énormes verdures de courges en septembre). »

Voilà je vous invite à donner vos sentiments quant à ces deux témoignages et à nous partager vos expériences de buttes lasagnes et les réflexions que cette expérience vous inspire !

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39 Responses to Découvrons les « buttes lasagnes »

  1. Marc (131 comments) dit :

    Merci Gilles,

    Ton article est très intéressant et didactique comme d’hab.
    D’autant plus que je ne me suis jusqu’à présent pas vraiment intéressé aux « buttes lasagnes ».

    J’aurai appris beaucoup de choses cette année !!!

    Amitiés.
    Marc

  2. Jean-Luc (7 comments) dit :

    Merci pour cette info fort intéressante; je la transmet à un ami qui voudrait cultiver dans son verger sans bêcher.

  3. dorigord (9 comments) dit :

    J’avais lu sur la « Gazette des jardins » un article sur les lasagnes au jardin. Il y a longtemps de ça, au moins 10 ans et peut-être plus. A partir de ces lectures, j’ai toujours mis mes fraisiers sur des buttes en lasagnes, car ma terre argilo-calcaire ne convient pas trop aux fraisiers.
    Je confirme : la première année, tout va bien, les plantes sont belles, pas besoin d’arroser. La 2ème année, c’est pas mal, mais après, c’est beaucoup moins bien.
    A chaque automne, je mets des feuilles de chêne/acacia/noisetier, ainsi que des adventices au fur et à mesure de l’arrachage.
    Il n’aurait peut-être pas fallu que je mette des plantes pérennes, mais des potagères annuelles et renouveler la lasagne tous les ans, ou tous les 2 ans.

    • BREMOND (13 comments) dit :

      je pense qu’il faut semer des légumineuses (automne hiver ou printemps : voir les vidéos sur elles).
      vous obtenez tout : exsudats racinaires, azote, couvert etc etc.
      ainsi votre butte peut continuer à être productive.
      bye.

  4. Donatien (44) (20 comments) dit :

    Merci pour cet article, même (ou surtout !) s’il douche un peu mon enthousiasme de débutant (j’ai préparé trois buttes mais j’attends le printemps prochain pour planter).
    Je viens de lire le Guide du nouveau jardinage de D. Soltner. Il va me falloir une deuxième lecture pour bien distinguer sa technique de la lasagne. Il me semble que lui milite seulement pour que le sol soit toujours couvert, mais sans forcément entasser beaucoup de couches. J’aimerais bien avoir d’autres témoignages que le sien (surtout s’ils sont critiques !).
    Par ailleurs, un agriculteur bio m’a fait remarquer que cette technique perd beaucoup de place (pas de culture en bord de butte, obligation de laisser des allées…).
    Enfin, je ne comprends pas ce que veut dire Jacques quand il se dit « perplexe quand à la teneur en nitrates de ces légumes ». Est-ce qu’un légume trop chargé en nitrate devient mauvais ? Il doit bien savoir lui-même ce qu’il a apporté comme nitrates à sa culture (fumier ? pipi ?). Je ne comprends pas.

    • Gilles Domenech (840 comments) dit :

      @ Donatien et pour compléter la réponse de Jacques:
      La méthode Soltner, que je pratique aussi, n’est pas une lasagne: elle consiste à préparer le sol par d’épais paillages, mais la culture se fait ensuite à plat dans la terre et non dans une butte de MO comme dans la lasagne.
      En plus quand on met en culture une parcelle ainsi préparée, les MO seront en grande partie décomposée et incorporées au sol.

  5. loic (20 comments) dit :

    Bonjour Gilles

    La lasagne est très intéressante pour redonner la notion de valeur des déchets verts. Il y a un côté un peu magique dans le fait d’empiler tous ces déchets qui nous encombre et de constater comme les légumes poussent bien dessus.

    En ville, il suffit de passer dans les rues voisines avant le ramassage public. Attention, ils aiment pas trop qu’on leur pique leurs sacs ! :)

    • BREMOND (13 comments) dit :

      je pense qu’il faut semer des légumineuses (automne hiver ou printemps : voir les vidéos sur elles).
      vous obtenez tout : exsudats racinaires, azote, couvert etc etc.
      ainsi votre butte peut continuer à être productive.
      bye.

  6. Asparagus {potagerdurable.com} (1 comments) dit :

    Bonjour,

    Au printemps dernier, j’ai fait un essai de lasagne, montée avec un mélange de feuilles mortes, tontes de gazon et divers déchets végétaux.

    J’y ai planté des pommes de terres. Résultat : des tubercules assez nombreuses, mais de petit calibre (de la taille d’une grosse noix).

    J’ai remarqué que la lasagne se dessèche très rapidement.
    L’année prochaine, je vais prolonger mon arrosage goutte-à-goutte pour atteindre la lasagne.
    Je sais, on perd un peu l’esprit, mais bon 😉

    Comme mon potager n’est pas très grand, la lasagne me fait une parcelle supplémentaire sur une partie du jardin où le sol est très dur.

    L’année prochaine je vais y planter des potimarrons. On va voir ce que ça donne…

    Bonne journée,
    Nicolas

    • BREMOND (13 comments) dit :

      pour bien fonctionner, je pense qu’il faut semer des légumineuses (automne hiver ou printemps : voir les vidéos sur elles). des céréales sont bien aussi..
      vous obtenez tout : exsudats racinaires, azote, couvert etc etc.
      ainsi votre butte peut continuer à être productive.
      bye.

  7. SUBRA Jacques (132 comments) dit :

    @Donatien
    Bonjour Donatien
    Je vais tenter de répondre clairement à tes questions dans la mesure de mes connaissances et surtout de mon expérience. Pour le coté purement technique, Gilles sera plus compétent que moi.
    — les buttes que tu a préparées ne seront plus des lasagnes au printemps mais un compost, car une grande partie des éléments se seront évaporés sous forme de co2. En effet le principe de la lasagne est de planter aussitôt. On peut attendre quelques jours si elle monte trop en température, mais si l’on a pris soin de bien équilibrer les ingrédients C/A elle ne « chauffe » pas: 30° maxi. Les plantations sur lasagnes sont « dopées » littéralement par la température dégagée et par la libération de tous les éléments nutritifs issus de cette fermentation et en particulier l’azote. C’est comme quant on apporte de l’azote sous forme de perlurée en agriculture chimique ( les petits granulés blanc ) La lasagne étant un milieu très humide, la combinaison azote+eau fait littéralement « gonfler » la plante qui se charge en nitrates, mauvais pour la santé. Comme la lasagne est constituée de matériaux divers et variés, il est difficile, voire impossible de contrôler le pourcentage d’azote.
    Pour la couverture du sol il vaut mieux apporter plusieurs fois une fine couche (1 à 2cm) plutôt qu’une couche épaisse en une fois. ( Le principe de la forêt)
    J’espère avoir répondu à tes interrogations.
    Cordialement
    Jacques

  8. laot francois (1 comments) dit :

    Bonjour gilles

    Le compostage en tranchées me parait plus simple et efficace avec beaucoup mois de travail.En deux a trois mois les matieres organiques sont décomposées par les vers eisénia et il est possible de cultiver des légumes aimant le compost:potimarron,pommes de terre choux….
    Cordialement
    Francois

  9. Florence (13 comments) dit :

    Bonjour,

    Depuis deux ans, je monte des buttes, et à la lecture des commentaire, ce serait un mix entre les buttes en lasagne et la méthode Soltner :-)
    En fait, je construit mes buttes avec des couches de différentes matières organiques, mais aussi avec la terre d’origine (argileuse), car j’ai décaissé auparavant.
    Et je paille tout au long de l’année avec des déchets végétaux les plus divers possibles (adventices, brf, …)
    Résultat : la butte de deux ans a encore bien donné cette année, je n’ai jamais eu de carottes aussi grosses, notamment :-)
    Ça me semble plus « naturel » ainsi, plutôt que de cultiver uniquement sur de la matière organique.

  10. Gilles BERNARD (31 comments) dit :

    Un conseil : ne jamais utiliser de déchets de lierre dans les lasagnes. Ca repousse, et ce quelque soit la profondeur à laquelle les branches ont été placées dans la lasagne : j’en ai fait l’amère expérience.
    J’utilise une variante de la lasagne pour conduire mes cultures de fraisier en rangs natés (« matted row », technique canadienne). Même principe de montage que la lasagne mais en rajoutant un volume égal de terre prélevée dans les allées : du coup les buttes font 80cm en début de vie et se stabilisent à 50cm, elles durent plusieurs années; pas de chute de rendement observée pour l’instant.

  11. majdzik (6 comments) dit :

    Bonjour,

    Très intéressant cet article. Merci. C’est intéressant pour des petites surfaces. Je suis un peu inquiet par le nitrate pour la santé et la baisse de production après seulement 1 an. L’article de Gilles Bernard me réconfortes un peu plus.Amitiés.
    Raymaj1

  12. SUBRA Jacques (132 comments) dit :

    @Florence
    Bonjour Florence
    J’ai visité ton blog, les photos sont magnifiques!
    Quelques conseils pour ta prairie fleurie : Inutile de décaper les emplacements pour semer tes fleurs, c’est mauvais car tu enlève la terre végétale existante. Le mieux est de poser un carton directement sur l’herbe et dessus tu empile des branches ou tout autre matériaux( BRF, tontes…) sur 15 ou 20cms d’épaisseur. Au printemps tu aura une terre meuble et « propre » ou tu pourra semer tes graines sans besoin d’apport de compost. Pour les plantes a bulbe c’est plus délicat de les intégrer dans une prairie fleurie car il faut laisser sécher les feuilles sans les couper pour que le nouveau bulbe se reconstitue on ne peut donc pas faucher la prairie ou alors comme tu fais, les éviter.
    Tes buttes ne sont pas de vraies lasagnes mais un compost et du fait d’apporter de la terre argileuses elles ont une durée de vie plus longues car l’argile retient l’eau.

  13. laurent45 (2 comments) dit :

    Bonjour à tous

    Ce procédé apporte des avantages certains. D’abord, il permet de donner vie au sol et d’avoir de beaux légumes ou fruits.
    Mais ce procédé est un système artificiel.
    La mise en place des éléments pour créer la butte est faite de matière fraiche donc non décomposé
    Lors de sa mise en culture nous avons une transformation, via une ammonisation et une nitrification, le tout avec dégagement de chaleur.
    A la fin de la culture, il nous reste plus que de l’humus avec quelques vies
    Pour pouvoir recommencer une nouvelle culture, il faut recommencer le système de la butte
    C’est bien pour ceux qui ont un petit jardin avec quelques déchets verts, mais je ne vois pas se système se développer pour des surfaces plus grandes

    Laurent

  14. SUBRA Jacques (132 comments) dit :

    @Laurent
    Absolument d’accord!
    Jacques

  15. Donatien (44) (20 comments) dit :

    Grand merci à Jacques et Gilles pour ces éclaircissements et donc tant pis pour la technique de lasagne ! A vrai dire, si au printemps prochain je retrouve sous mes couches protectrices une terre moins compacte, ce sera déjà très bien. J’y enfouirai les matériaux transformés en compost, couvrirai de nouveau la terre (après son réchauffement)… et ça devrait donner quelque chose.
    Bien cordialement,

    PS : Celui qui aurait le courage de mettre dans un tableau les avantages / inconvénients des différentes techniques en vogue actuellement serait un bienfaiteur de l’humanité !

  16. Florence (13 comments) dit :

    @Jacques
    Merci Jacques !
    Pour ma prairie, je n’avais pas pensé à ta méthode de paillis avec les cartons, alors que je la pratique pour créer des massifs 😉
    Mais comme il vaut mieux semer les fleurs sauvages en automne, et que le carton se désagrège en 3-4 mois, je devrais commencer à y penser en fin de printemps prochain. C’est une bonne idée !
    Mes buttes, je les ai réalisées selon une méthode décrite dans un livre de Magda Haase, et les buttes sont censées durer une huitaine d’années. C’est effectivement comme un compost, avec une moitié de terre argileuse. Je les voyais plutôt comme une terre très enrichie (et meuble de surcroit, ce qui change bien de ma terre d’origine dans laquelle je ne pouvais enfoncer une fourche à plus de 10 cm !)

  17. Donatien (44) (20 comments) dit :

    Oui, moi aussi je note le paillis de carton pour semer une prairie. Par contre, j’ai bien envie de commencer dès cet automne, parce que à l’endroit prévu je n’ai que du plantain. En laissant le couvert pendant un an, j’ai plus de chance de vraiment m’en débarrasser, et je sémerai à l’automne 2013. En plus, ma terre est assez argileuse et souvent très dure, et je compte sur cette méthode pour l’attendrir un peu.

  18. cottet pierre (153 comments) dit :

    @DONATIEN
    les cartons sont efficaces en fin de printemps car il se décomposent moins vite qu’à l’automne . mis a l’automne ils sont décomposés au printemps suivant et les mauvaise herbes réapparaissent . c’est aussi une bonne nourriture pour les vers de terre a conditions qu’il ne contiennent pas d’encre . j’utilise les cartons qui séparent les niveaux des palettes de lait ou d’eau comme ils sont minces je les superposent par deux

  19. Gyoo (1 comments) dit :

    Très intéressant ce retour d’expérience.

    Pour ma part, arrivant dans une nouvelle maison j’ai démarré une butte en lasagne début Avril : sur un sol caillouteux et herbeux, carton, tonte de gazon, feuilles mortes et petites branches, compost, et bâche noire par dessus pour accélérer les choses. C’est très tard dans la saison (région de Grasse), mais je ne voulais pas attendre la saison suivante…
    J’ai planté début Mai (le tas avait réduit à environ 10cm, pas mal de cloportes et quelques vers), en remplaçant la bâche par du paillage. Il a plu régulièrement ce printemps, ça a donc dû continuer à se décomposer jusque fin Juin, où la chaleur a vraiment commencé à dessécher le tout. J’ai essayé de limiter les arrosages, pour forcer les plantes à développer des racines profondes. Le bilan n’est pas si mal :
    – globalement les plants se sont développés rapidement (plus vite que dans mes précédents potagers en pleine terre en tout cas).
    – cependant tout a souffert de la chaleur (ou plutôt du manque d’eau) tout l’été, les plantes ont ralenti, et les légumes étaient rabougris… C’est bien reparti à partir de Septembre.
    – courges/courgettes: ça a très bien donné (certains plants donnent encore aujourd’hui – d’où l’intérêt de ne pas arracher trop tôt)
    – tomates: ça avait bien commencé, mais la chaleur en a ruiné la plupart (et beaucoup de cul-noir).
    – haricots, salades, radis, aubergines: bien
    – pommes de terre: plantées sous paille, bof, petite taille, et ont été dévorées, apparemment par des limaces depuis la surface (!)
    – beaucoup d’adventices qui remontent (liseron et chiendent)

    En Septembre le sol n’était plus très beau à voir: croûté par endroit, sec en profondeur, et quasiment toute l’épaisseur de lasagne avait été « consommée ». Il restait par endroit du carton et des feuilles mortes, probablement qui avaient séchés trop vite. Je pense aussi que mon tas n’était pas assez épais au départ. J’ai rajouté pas mal de compost pour planter des légumes d’hiver, en attendant les apports de MO d’automne. Choux, salades et épinards sont en forme pour l’instant.

    • BREMOND (13 comments) dit :

      en zone chaude, il convient de bien gérer l’arrosage, même s’il est diminué, et ne pas hésiter à faire des ombrières.
      je pense qu’il faut semer des légumineuses (automne hiver ou printemps : voir les vidéos sur elles).
      vous obtenez tout : exsudats racinaires, azote, couvert etc etc.
      ainsi votre butte peut continuer à être productive.
      bye.

  20. François Moreau (2 comments) dit :

    Bonjour gilles, toujours autant de bonheur à lire tes articles, mais j’aurais une question, j’ai toujours entendu qu’il ne faut pas enterrer ses déchets sous peine de créer un climat nocif pour les racines des plantes, est ce qu’on est dans ce cas là?merci et à bientôt :-)

    • Gilles Domenech (840 comments) dit :

      L’existence et le succès des butte lasagnes tendrait à prouver que cette idée très répandue n’est pas si vraie… Ou alors seulement dans des sols à tendance hydromorphe où l’enfouissement de ces déchets organiques créerait un couche anaerobie proche de la surface… Je pense que cela dépend aussi beaucoup de la profondeur d’enfouissement: plus c’est superficiel, moins c’est gênant.

  21. la Ferme des Iris (2 comments) dit :

    Et bien je ne savais pas que c’était une technique qui portait un nom, je l’utilise depuis des années avec beaucoup de succès ! par contre avec l’été tres sec que nous avons eu, certaines plantes n’ont pas aimé, tomates par exemple, alors que potiron et courgettes ont été superbes.

    • raymond (23 comments) dit :

      Au fil des annees, comment utilisez-vous le materiau de fin de culture (humus)?
      Le recouvrez-vous de nouveaux apports frais au printemps, oubien le rapportez-vous en surface d’une nouvelle lasagne, comme compost evolue, support de semis eventuels?

  22. Chantal (20 comments) dit :

    J’ai utilisé cette technique, carton, déchets végétaux, le tout couvert de fumier, il y a quelques années. J’y ai ensuite planté des pommes de terre en perçant le carton et en posant le plant. Résultat pas mirobolant mais satisfaisant. Par contre, le liseron, envahissant à cet endroit du potager a pratiquement été éradiqué. Je le refait cette année (carton, feuilles mortes, fumier) justement pour me débarrasser aussi du liseron. J’espère que ça va marcher bien que je vienne de lire des avis contraires… A suivre…

  23. […] Découvrons les "buttes lasagnes". Une pratique de plus en plus prisée des jardiniers et en particulier de ceux qui comme vous sont sensibilisés à l’importance de la vie dans le sol est la butte Lasagne. […]

  24. Fauré Michel (1 comments) dit :

    Bj

    Peux t’ on templacer le carton par du journal ? Merci et bonne journée

    • Nono (1 comments) dit :

      Non à cause de l encre !

      • Gilles Domenech (840 comments) dit :

        J’avais manqué de commentaire, désolé !
        D’après JP Collaert dans le livre compostons (Ed. de Terran), il n’y pas de soucis à utiliser des papier car les encre ne contiennent plus de métaux lourd comme autrefois. Cela dit, la décomposition risque d’être très rapide mais ce n’est pas forcément gênant dans le cas d’une butte lasagne. ça le serait beaucoup plus dans le cas d’une préparation de sol par mulch car l’herbe passerait très vite à travers.

  25. Anne (17 comments) dit :

    Bonjour,
    J’ai fait un carré potager en lasagne qui m’a donné de belles tomates. Que dois-je faire maintenant pour que ce carré redonne l’année prochaine ?
    Merci beaucoup d’avance pour la réponse.

  26. xaviert (1 comments) dit :

    Merci beaucoup pour ton article ! J ai une question cependant : peut on mettre des feuilles vertes pour l’azote car je ne dispose que de bois et de feuille verte. Merci pour la réponse !

    • Gilles Domenech (840 comments) dit :

      Oui bien sûr, des feuilles vertes sont un apport intéressant : riche en cellulose et C/N plutôt bas !
      S’il y a encore besoin d’azote, l’urine est le plus naturel et économique des fertilisants.

  27. […] Lors de ces deux jours, nous avons réalisé une lasagne, avec un système de bordures. Lasagne ??? Kezakoï ??? La lasagne, c’est une technique culturale pour créer du sol rapidement, en réalisant des couches de matières organiques. Il faut mettre en alternance une couche de matières carbonées, dîtes brunes (bois, feuilles mortes, brf, paille…), et une couche de matières azotés, dîtes vertes (déchets de cuisine, tonte, fanes de légumes…). Pour en savoir plus : http://jardinonssolvivant.fr/decouvrons-les-buttes-lasagnes/ […]

  28. […] Lors de ces deux jours, nous avons réalisé une lasagne, avec un système de bordures. Lasagne ??? Kezakoï ??? La lasagne, c’est une technique culturale pour créer du sol rapidement, en réalisant des couches de matières organiques. Il faut mettre en alternance une couche de matières carbonées, dîtes brunes (bois, feuilles mortes, brf, paille…), et une couche de matières azotés, dîtes vertes (déchets de cuisine, tonte, fanes de légumes…). Pour en savoir plus : http://jardinonssolvivant.fr/decouvrons-les-buttes-lasagnes/ […]

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