Je reproduis avec l’aimable autorisation de Christophe Gatineau, cet article qu’il vient de publier dans son blog le jardin vivant. Si je reproduis à l’identique cet article (je crois que c’est la première fois que je fais cela) c’est pour plusieurs raisons :

– Tout d’abord il m’a consulté et posé quelques questions avant de le poster (je suis d’ailleurs cité dans l’article) ;

– Ensuite parce qu’il pose ici des questions qui ne sont pas assez débattues, à mon sens dans le jardinage bio et la permaculture où la butte commence à s’ériger en dogme.

Il y a quelques années, je vous avais posé la question jardinez vous sur butte ?, Question à laquelle vous avez été nombreux à me répondre et suite à laquelle  Jacques Subra avait écrit cet article très instructif : Un jardin, oui, mais lequel ?

Là encore, je vous invite à partager en bas de cet article, votre expérience et votre point de vue par rapport à ce qu’écrit Christophe dont je partage le point de vue sur ce sujet.

Je la laisse la parole à Christophe :

La butte de culture ou la culture sur buttes est devenue une figure de la permaculture en France, comme un signe de reconnaissance et d’appartenance à une tribu ; un symbole si fort que beaucoup d’adeptes croient que la culture sans but, c’est cultiver contre la nature !

Et on peut lire sur le web : « La culture sur buttes est un principe fondamental en permaculture. »

Ou sous la plume du journaliste de Rue89, Thibaut Schepman : « La butte, une combine épatante du jardinier bio et paresseux. »

Vue en coupe d’une butte contenant du bois. Mark, Flickr, Creative Commons.

À ce sujet, Claude Bourguignon explique dans une vidéo :

Les buttes, c’est beaucoup de travail. Alors pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple en déposant la matière organique à la surface… C’est plus reposant !

Faire des buttes, c’est bien en zone sahélienne, mais chez nous, il faut vraiment avoir envie de se casser les reins pour rien…

Quant à Moilamain, un des phares de la permaculture en France, il soutient que les buttes ont été greffées par hasard à la permaculture par Emilia Hazelip dans le courant des années 80 !

En parallèle à ses activités de maraîchage, Émilia dispensait des stages d’introduction à la permaculture pendant lesquels son jardin en butte servait de support à l’illustration des principes de la permaculture (sol non travaillé, fertilité créée par les plantes…)

Et l’amalgame permaculture = culture sur butte est sûrement né dans ce contexte.

Et quand je lui pose la question : la butte élève-t-elle la permaculture ?

Clairement : non ! Très sincèrement, la culture sur butte est un détail de peu d’importance pour ceux qui ont une bonne connaissance du concept de permaculture « inventé » par Bill Mollison.

Beaucoup réalisent des buttes façon Forrer qu’ils appellent butte de permaculture… Mais ils ne connaissent pas grand-chose aux mécanismes du sol et de la fertilité. Ils réalisent des buttes bourrées de matières organiques sur des terrains déjà fertiles… Et l’amalgame perdure, renforcé par une vidéo présentant la méthode de Philip Forrer qui enterre du bois pourri dans ses buttes.

Claude Bourguignon renchérit aux 2èmes assises de la biodiversité en 2012.

La grande bêtise de l’agriculture, c’est de labourer et mettre la matière organique sous les racines. Donc le temps que les racines arrivent, c’est minéralisé.

Première leçon : ne jamais enfouir de la matière organique dans un sol, la nature nous le dit.

Et que fait-on dans une butte de permaculture ?
On enfouit la matière organique.

Lydia Bourguignon dans profil de la vie du sol, une vidéo Brin de paille Alsace 2014 :

La technique du labour consiste à mettre la matière organique dans le sous-sol et on ne peut pas avoir de décomposition de la matière végétale en profondeur parce qu’il faut de l’oxygène.

Traditionnellement, les buttes de culture étaient nourries par l’apport régulier de matière organique fraîche déposée à leur surface. À l’inverse, elle est enfouie profondément en permaculture comme dans un labour.
De plus, ces buttes modernes sont édifiées sur des bois de récupération type palettes, bois vert, bois pourri ou troncs d’arbres alors que traditionnellement, le bois était proscrit parce qu’une butte auto-fertile imite l’écosystème forestier.
Observons le fonctionnement d’une forêt.

La matière organique tombe sur le sol puis est transformée en humus par les organismes de surface avant d’être entraînée dans les profondeurs du sol par les eaux pluviales, où les éléments nutritifs seront aspirés au passage par les racines des arbres pour se nourrir. (À noter qu’ils se nourrissent de leurs propres déchets transformés !)

Mais quand les éléments nutritifs sont déjà dans les profondeurs du sol, ils sont entraînés par les eaux encore plus profondément dans le sol, hors d’atteinte des racines des plantes !

 

La butte de culture, cette technique agricole ancestrale et universelle pour cultiver les zones humides est un pur produit du bon sens paysan, détournée aujourd’hui par l’ignorance et ses croyances.

Ainsi, quand j’ai vu de mes yeux une enseignante internationale en permaculture me montrer sur photos qu’elle avait fait couper des arbres avant de faire recouvrir leurs troncs de terre avec un bulldozer au Moyen-Orient, pour faire en toute bonne foi, des buttes fertiles… c’est con, y’a pas d’autres mots, c’est une connerie sans nom.

Pour commencer, la butte est toujours une réponse esthétique ou mécanique au milieu. Et pour continuer, la construction de la butte dégrade toujours le sol en mélangeant tous les horizons. Après, il faut le temps d’aggrader ce qui est dégradé par l’apport de matière organique à sa surface.

Quant aux bois enterrés, Gilles Domenech, microbiologiste et spécialiste du Sol-vivant, prévient :

Si le bois se trouve dans une zone mal oxygénée de la butte, il va participer à précipiter la chute du taux d’oxygène du fait de l’activité des micro-organismes décomposeurs, il y a localement un risque accru d’acidification et d’hydromorphie, ce qui n’est favorable ni à l’activité biologique ni à la fertilité…

Et d’ajouter :

Il serait intéressant de mesurer quelques années après le potentiel redox et le pH de ces buttes. Car si le bois est enfoui à 40 cm et plus, je crains qu’on arrive très vite à l’anoxie car la structure du sol n’est jamais grumeleuse sur une telle épaisseur… »

Claude Bourguignon :

L’humus est fabriqué en surface grâce au travail des champignons et de la faune épigée, et les argiles sont fabriquées en profondeur par l’attaque des racines des arbres au contact du monde minéral.

Parce que le sol, cette partie de la Terre où prospèrent les racines du monde végétal et que j’appelle la racino-sphère, n’était pas au départ de la Terre contrairement à une idée reçue ! Ce sol nourricier est né conjointement avec le développement du monde vivant.
Pour conclure, existe-t-il un seul avantage à enfouir la matière organique dans une butte comme dans un labour ?
Non : lire maj du 30 sept (en bas de page).

——

ÉPILOGUE
Les modes passent et les dégâts restent.

La butte est à la mode comme le labour profond pour des sols propres. Souvenons-nous que si aujourd’hui on laboure jusqu’à 40 cm de profondeur, pendant des millénaires et jusqu’au siècle dernier, on ne retournait pas la terre et le labourage se limitait à sa couche très superficielle.

Le BRF est également à la mode mais « si on continue, nous allons avoir plus de problèmes que de bénéfices. Ce n’est pas un paillage et, utilisé régulièrement, il intoxique les sols parce qu’il faut plusieurs années pour qu’ils le digèrent » dixit Lydia Bourguignon.

Aujourd’hui, nous connaissons les limites du BRF dont le but premier n’est pas de nourrir le sol mais de stimuler son activité biologique et sa flore mycologique ; le BRF étant du bois vert déchiqueté et mélangé à la couche très superficielle du sol pour offrir le gîte et le couvert aux champignons. Mais enterré et faute d’une teneur en oxygène suffisante, le BRF va intoxiquer le sol parce que les champignons ont besoin d’air pour respirer. Et dans les buttes de permaculture, le bois est enterré.

 


Mise à jour du 30 septembre 2015

Au sujet de l’analogie faite entre le labour et les buttes de permaculture.

Faut-il l’enfouir ou pas ?
C’est la seule question qui vaille
pour profiter au maximum de tous les bénéfices de la matière organique.

1 – Pendant des millénaires, le labour n’a pas retourné la terre = matière organique sur le sol. Et pour nourrir les buttes de culture = matière organique déposée à sa surface.

2 – Aujourd’hui, le labour retourne la terre = matière organique enfouie profondément dans le sol. Et les buttes de permaculture = matière organique enfouie profondément.

3 – Pour des sols vivants et une agriculture soutenable et écologique, la Recherche scientifique a prouvé que la matière organique devait rester sur le sol ou dans sa couche superficielle. C‘est dans cette perspective que j’ai utilisé l’image du labour.

155 Responses to Le mythe de la butte de permaculture par Christophe Gatineau

  1. Denis Pépin (4 comments) dit :

    Bravo. je partage entièrement l’analyse qui vient d’être présentée et que je développe avec quasi les mêmes arguments lors des mes cours, conférences, formations… Cela fait plusieurs années que je conteste l’intérêt des buttes, hors contraintes particulières, et critique l’enfouissement de la matière organique au coeur des buttes. Y compris au sein de l’équipe du magazine Les quatre saisons du jardin bio, auquel je collabore. Je passe souvent pour un farouche opposant à la permaculture, ce qui est faut car je la pratique de fait depuis 30 ans au moins dans l’esprit et dans beaucoup d’aspects concrets. Mais je dissocie totalement la permaculture de la culture en butte et même des lasagnes que je trouve aussi d’un intérêt très limité, hors contraintes de sol particulières. C’est curieux car j’ai envoyé il y a deux semaines un article pour l’Ami des Jardins sur le même sujet. Comme quoi, il est temps de remettre un peu d’ordre dans les idées et de s’appuyer sur l’agronomie et la biologie, pas sur les croyances de quelques gourous peu connaisseurs du fonctionnement de la vie des sols.

    • Christophe G (51 comments) dit :

      Bonjour Denis,

      Votre commentaire fait chaud au cœur car depuis la publication de cet article sur mon site il y a quelques jours, je dois faire face à la mauvaise foi et à la virulence de certains formateurs en permaculture…

      Des formateurs qui ont enseigné contre rémunération à leurs stagiaires qu’il fallait enfouir la matière organique profondément pour aggrader la fertilité et avoir des récoltes abondantes.

      Idem lors de conférences où certains irréductibles brandissent leur diplôme en permaculture pour se justifier.

      Merci et belle soirée.

      • Read (2 comments) dit :

        « je dois faire face à la mauvaise foi et à la virulence de certains formateurs en permaculture… »

        Je veut bien que tu me montre ces commentaires. Je connais tout les formateurs accrédité en permaculture en France, et ils connaissent touts les limites etc des buttes. Tu peut m’envoyer un message sur mon adresse mail. J’espère que tu as des preuves.

        Steve Read

    • Denis Pépin (4 comments) dit :

      à lire, paru en octobre : Hors série Permaculture des Quatre saisons du jardin bio.

    • valo (3 comments) dit :

      Salut Denis et Christophe,
      je partage entièrement ce point de vue. Si nous faisons de temps en temps des buttes sandwich sur sol très dégradé et pauvre (pratique pour communiquer sur le sol, les plantes,…), après 4 ans on a un humus de type forestier qui nous sert de pépinière (porte-greffes semés) ou plantation de vivaces, aromatiques, ornement,;..

    • Eric Prido (2 comments) dit :

      Je partage globalement l essentiel de ce texte, mais… il y a plein de façons de faire, et limiter le bois a son aspect matière organique c est oublies un des intérêts fondamentaux de celui ci pour stocker l eau a la manière d une éponge. c est pour moi l intérêt premier de mettre du bois au cœur d’une butte. Apres l aspect fertilité implique que l’air puisse circuler dans la butte, d’ou l’intérêt de mettre aussi des pierre avec le bois et surtout de ne pas creuser le sol pour mettre le bois, simplement le poser en surface et construire la butte par dessus. Au début de l air est stocké entre les pierre et le bois, ensuite de l air pénètre via les racines par exemple ou même de la faune comme des taupes. Bon je ne fais pas beaucoup de buttes car elles sèchent vite pour le climat médocain, mais je dois dire que les deux ou trois que j’ai se portent bien.

  2. Michel Martin (8 comments) dit :

    Très instructif, très convaincant.
    Concernant le BRF, s’il est seulement déposé sur le sol, est-ce que c’est bénéfique? J’imagine que ça dépend de la dose et de la fréquence de « paillage ». Est-ce que c’est plus approprié pour certaines plantes?

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Bien sûr, le BRF déposé sur le sol est bénéfique ! Nous arrivons justement dans la bonne saison pour le faire !
      Cela dit, comme pour tout, l’apport de BRF doit être doit être réfléchi et adapté aux plantes et au sol. Par exemple, sur un sol argileux et engorgé en eau, il vaudra mieux s’abstenir de l’utiliser alors qu’il fera des merveilles sur un sol sableux et pauvre en MO.

      • Read (2 comments) dit :

        IL n’y a pas que un seul type de sol. Le BRF peut être utile dans un cas et non pas un autre. Je me demande quand il sera possible pour plus de personnes d’accepter que tout dépende le contexte.

        • Gilles Domenech (858 comments) dit :

          Bonjour Steve et merci de venir visiter mon blog ;-).
          Tout à fait d’accord avec ce que tu dis là. Il me semble que mon commentaire va justement dans ce sens.

  3. de viron (1 comments) dit :

    Je suis d’accord. Je ne cultive mon jardin en autosuffisance que depuis quelques années. J’ai un potager avec différentes parcelles. Un grand rectangle sans butte et très productif que j’ai paillé au printemps 1/3 feuilles mortes + tonte d’herbe (6 mois), 1/3 sciure de bois (ai perdu aucunes salades ), 1/3 feuilles de choux, consoude….déchets légumes verts + paille broyée. J’ai une grande butte où j’ai mis oignons (qui n’aiment pas l’eau, j’habite en Belgique)…..cet automne, j’y ai repiqué tous mes fraisiers pour l’esthétique car je sais que je devrai les arroser abondamment. La terre étant riche, la butte est là plus pour améliorer la perspective que pour son côté fertile ! J’ai une autre parcelle sur laquelle je disperse marc de café, pulpe de fruits, consoude, feuilles mortes et un peu de chaux marine….Je n’ai quasi pas désherbé cette année, mais je récolte encore beaucoup…..

    • Chesnel (1 comments) dit :

      Bonjour, que vaux l’ajonc ou le genêt adulte ( 1,5m ou 2m de H ) récoltés à l’ensileuse, comme BRF ? Et les mèmes récoltés à moins d’un m, comme engrais vert ?
      Merci

      • Gilles Domenech (858 comments) dit :

        Pourquoi pas ? En tous cas rien n’interdit leur utilisation (dans les deux cas proposés). Les essais sont bienvenus;-) !

  4. FONTAINE Max (1 comments) dit :

    La culture sur butte est une culture hors sol. de plus, il faut des gros volumes de matières organiques pour réaliser une butte. C’est donc un travail énorme pour récolter les végétaux, les transporter et les enfouir pour construire une butte. Peut-on vraiment planter des arbres sur une butte? Je crois que la meilleure façon c’est de les planter dans la terre arable. Bien entendu, introduire de la MO en profondeur n’est pas idéal compte tenu que la fermentation est limitée en anaérobie. Je dis toujours aux permaculteurs qu’il ne faut pas être trop butté!

    • Eric Prido (2 comments) dit :

      c est comme tout… ca depend du contexte. Les buttes sont utiles dans certain cas, moins dans d’autres. dans tous les cas, un apport de MO permet d’augmenter la fertilité. Une butte c est un travail enorme une fois, donc si elle reste viable 15 ans ca devient un travail deja beaucoup moins enorme. A voir selon le contexte

  5. Milhau (2 comments) dit :

    Bravo pour cette mise au point très bien argumentée sur la « croyance buttée »!
    Apparemment, l’être humain (ou, tout au moins un certain nombre) a besoin de marqueurs idéologiques, comme pour se rassurer!
    Ceux qui pratiquent, et dont le sens de l’observation s’est sensiblement développé, rejoindront les idées de bon sens développées
    par les intervenants qui prônent le respect de cette couche vivante et pleine d’avenir qui se trouvent dans ces 15 à 20 centimètres,
    que l’on doit nourrir intelligemment suivant les spécificités locales.

  6. Cindy (2 comments) dit :

    Bonjour,

    Je suis ravie de lire cet article ; j’ai moi-même réalisé une butte -au printemps, pas possible avant, puisque la parcelle était utilisée autrement.
    Bref, bête et disciplinée, j’ai creusé et… enfoui des troncs d’arbres (même pas beaucoup décomposés !!!) …
    En réfléchissant, je me demandais si je n’avais pas fait une grosse bêtise : la matière organique, pour être décomposée, nécessite un gros apport d’azote… et donc va épuiser ma terre et mes végétaux au-dessus !
    La butte m’a cependant gratifiée de très beaux et nombreux fruits (poivrons, aubergines, melons, tomates, courgettes principalement) ; des gens se sont même arrêtés pour me demander comment je faisais pour obtenir de si beaux fruits/légumes ! Du coup je ne sais plus trop ; entre théorie et pratique, je ne maîtrise pas tout, c’est à ne plus rien comprendre ! (c’était mon galop d’essai, je ne m’attendais pas à de tels rendements).

    Je ne regrette cependant pas d’avoir creusé la terre, car ici c’était un mal nécessaire : un mélange de pierres et gros cailloux, que j’ai dû extraire profondément pour obtenir un sol ‘cultivable’ (ben oui, mais alors pourquoi la butte !?!) Disons que je voulais préparer la terre du dessous à un autre mode de culture, pour plus tard, et pouvoir passer la grelinette sans résistance.

    Une nouvelle grande tranchée attend le printemps, et pour ‘casser’ l’argile profondément et aérer la terre, j’ai seméde l’engrais vert… dans le trou ! (pas bien ??? -si vous pouvez me donnner votre avis))
    Je comptais alléger la terre TRRRRREEEESSSS argileuse en la mélangeant avec une terre sablonneuse -sans tronc d’arbre cette fois. Donc oui, j’ai encore retourné une parcelle (mais je ne referai plus les autres années, et j’espère que les microorganismes vont vite s’en remettre !)

    Voilà pour mon témoignage et ma réflexion. Je ne sais plus trop si j’ai vraiment mal fait ou pas, les cultures semblent dire le contraire ! (je continue toujours mes récoltes d’ailleurs)

    Merci pour vos avis éclairés

    • Christophe G (51 comments) dit :

      Bonsoir,

      L’année prochaine faites l’expérience en cultivant les mêmes légumes sur la butte et au pied de la butte,
      puis faites le bilan entre l’énergie dépensée et l’énergie récoltée. C’est simple et pédagogique.

      Quant à l’apport de sable pour alléger une terre argileuse : surtout pas à moins de vouloir dérégler l’écosystème ou faire une aspergeraie.
      À ce sujet; relisez l’excellent article de Gilles sur les terres argileuses : http://jardinonssolvivant.fr/les-terres-argileuses-les-meilleures-de-toutes/

      • Cindy (2 comments) dit :

        Merci pour votre réponse, très intéressante.
        Seulement, je ne vous ai pas tout dit : j’ai délesté mes voisins de leurs coupes de thuyas pour mettre sur les allées (sans les broyer). Car les thuyas sont antifongiques, et un herbicide puissant… et ça marche ! du coup j’ai un magnifique tapis naturel et sans adventices ; mais est-ce encore une fausse bonne idée ?
        (Pas de plantation à proximité, il n’y a que la butte ! -Par contre je ne sais pas s’il y a une distance de plantation des légumes à respecter par rapport à ces branches de thuya)

        Quant à la butte, elle récupère au fur à mesure les ‘déchets’ végétaux + consoude qui se décomposeront tranquillement pendant l’hiver. Elle est donc amendée et ne devrait pas ‘souffrir’ de sa sous-couche de bois l’année prochaine. Je me trompe ?

        Merci pour votre avis éclairé.
        Cindy.

        • Gilles Domenech (858 comments) dit :

          Bonsoir Cindy,
          En fait lors de la première année, une butte donne qusi toujours des résultats extraordinaires. La raison est que l’apport d’oxygène réalisé par l’intense travail du sol que représente le montage de la butte oxyde massivement les MO contenues dans la butte ! Du coup, cela libère massivement des nitrates qui permettent des productions spectaculaires. en année 1, le comparatif butte / culture à plat est toujours en faveur de la butte
          Ce sera intéressant de faire le comparatif proposé par Christophe en année 2, 3 et ensuite pour voir si les différence se vérifie et à mon avis, on devrait rapidement arriver à égalité, voire à de meilleures productions à plat.
          Concernant le sable pour alléger l’argile, ça ne sert à rien, il vaut mieux structurer ton sol biologiquement pour l’aérer 😉 !

          • cottet peirre (1 comments) dit :

            j’ai acheté le cd de philip forrer.c’est vrai que construire une butte prend du temps mais il dit qu’il n’y a plus rien a faire pendant dix a quinze ans en fonctions de la nature du bois .le deuxième intérêt de cette butte c’est qu’elle ne nécessite plus d’arrosage . il faut simplement maintenir la couverture permanente. les fanes de ses pommes de terre mesurent un mètre cinquante . les miennes ne dépassent pas cinquante centimètres.a chacun de peser le pour et le contre sans porter de jugement négatif. je creuse la mienne pour essayer. je suis attiré par la nouveauté.

          • Bee (3 comments) dit :

            Vous certiffiez des choses qu’au final vous n’avez jamais testé…vous dites « a mon avis ca se verifie…meilleures prod a plat » mais au final vous êtes comme certains buttés, vous extrapolez…Peut etre êtes vous un peu buttés aussi… 😉

        • Denis (7 comments) dit :

          bonsoir
          Bravo d’avoir osé utiliser des thuyas. J’utilise le thuya depuis des années pour pailler la mâche, les scaroles d’hiver, les tomates et courgette en été…. Je n’ai jamais eu le moindre problème. Et même des résultats assez fabuleux. il n’y a donc pas de distance à respecter entre les allées et les légumes adjacents.

      • david (16 comments) dit :

        Bonjour,
        cet article est très intéressant et très instructif, argumenté par de bon exemple démontrant que l’enfouissement de MO est un non sens, c’est vrai qu’il suffit de voir comment ça se passe dans la nature. Cependant, comment expliquez-vous que philip forrer puissent faire une démonstration aussi convaincante et sans appel de cette technique sur butte ?

        • Christophe G (51 comments) dit :

          Bonjour David,

          Avec quels arguments vous a-t-il convaincu ?

          • david (16 comments) dit :

            Merci Christophe pour votre réponse. Il m’a convaincu avec ses résultats, sa technique qu’il pratique depuis tant d’années et qui donnent des résultats évidents. Quand à son discours, il est vrai que ce monsieur ne s’étend pas trop sur les mécanismes biologiques.

          • david (16 comments) dit :

            Et d’ailleurs je pense que la pratique, l’expérience et les résultats qu’ils obtiens valent beaucoup mieux que de longs discours et de livres théoriques.

  7. kara (9 comments) dit :

    Et quand les racines d’un arbre meurent en profondeur, ce n’est pas de la MO? J’ai remarqué que près des souches d’arbres morts, la terre était particulièrement fertile, et retenait plus l’eau (c’est mon souci, j’ai une terre trop drainante). Sans faire des buttes un dogme, il me semble que nous imitons quand même la nature en les faisant.
    yes? no?

    • CARABE (6 comments) dit :

      Bonjour Cindy, Je ne suis pas sure que l’on puisse faire l’analogie entre l’enfouissement de Matières Organiques, même s’il s’agit de bois mort, et l’effet produit par la mort des racines d’arbres. Les racines des arbres, pour l’essentiel, sont rarement profondes. Vous avez surement remarqué l’enchevêtrement des racines juste sous la couche superficielle le long des sentiers de randonnée érodés par le ruissellement ou le long des berges des rivières. Quelques arbres ont un pivot qui sert d’ancrage ; quelques racines se spécialisent dans la recherche de l’eau et s’enfoncent très profondément mais cela représente très peu de matière organique enfouie sous la couche arable. Ces racines profondes, lorsqu’elle meurent servent d’évent à la terre. Une faune et une flore mycologique spécifiques les colonisent, digèrent la racine. Le vide laissé permet la circulation de l’oxygène et la minéralisation Les vers anéciques empruntent ces voies et assurent le brassage entre haut et bas. Puis d’autres racines profitent de ces perforations pour se nourrir et s’ancrer au sol à leur tour. Mais ce phénomène n’apporte pas massivement de la M.O..Et cette M.O. (les racines) respectent une architecture qui ne sature pas le sous-sol, loin s’en faut! . La part de M.O. apportée par la mort des racines n’est pas comparable à l’enfouissement d’une masse organique non organisée. La dose et le « traitement » sont parfaitement adaptés à la vie du sol.. J’espère que cette contribution vous sera utile. Je recommande la lecture du livre « les racines, face cachée des arbres » de L’Institut pour le Développement Forestier.

      • CARABE (6 comments) dit :

        Pardon! Bonjour Kara!!! (mais je salue tout de même Cindy)

      • jansti (4 comments) dit :

        Entièrement d’accord avec la réponse et conseille+++la lecture  » les racines, face cachée des arbres » de L’Institut pour le Développement Forestier »
        Les racines mortes sont plus des « autoroutes « favorisant le transport de l’eau et de l’air et des organismes vivants même si leur décomposition in fine apporte un petit peu de MO

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Salut Kara,
      Les terres trop drainantes du piémont cévenol, je connais 😉 !
      Plusieurs remarques pour compléter ce que dis Carabe et à quoi j’adhère totalement :
      – près des souches, le bois est proche de la surface donc en zone bien oxygénée, donc sans risque de mauvaises conditions des MO
      – tu dis toi même que tes sols sont très séchants, du coup le risque d’anoxie est beaucuop plus faible que dans un sol lourd que l’on a déstructuré en le travaillant intensément.
      – Les racines des arbres sont en plus une voie privilégiée de circulation de l’air, donc de l’oxygène depuis la surface !
      Tout cela fait que la situation est très différente de celle que peut (parfois, pas toujours, loin de là) rencontrer un jardinier qui enfoui de la MO dans sa butte.

  8. Serge Baudin (1 comments) dit :

    La démonstration est convaincante, et totalement en phase avec ce que j’ai appris très récemment lors d’une conférence de Gilles Domenech. Dans mon nouveau jardin en pente j’avais installé deux buttes depuis un peu moins de 1 an, mais sans enfouir de matière organique d’aucune sorte (terre argilo-calcaire) car je me posais déjà des question à ce sujet. Il est vrai que toute vie a disparu pendant plusieurs mois, elle n’est revenue que petit à petit et encore incomplètement, (j’avais couvert en surface avec des déchets végétaux sous du carton), donc un an de perdu en fait. Cela a été un gros travail initial, qui aurait été totalement inutile voire néfaste si je n’avais pas été motivé par des raisons de santé ( pour soulager de vieilles douleurs lombaires chroniques assez invalidantes, et il est vrai que maintenant c’est beaucoup plus confortable).
    En tous cas, il est courageux et très sain d’oser remettre les dérives dogmatiques en question, merci à Christophe et Gilles

  9. Iannis (3 comments) dit :

    Merci pour cet article clair et instructif!
    J’étudie la permaculture il y a 3 ans et je trouve qu’il a beaucoup des vérités douloureuses, dans cette réflexion, pour un grand nombre des « permaculteurs ».
    Par contre vous dites « Faire des buttes, c’est bien en zone sahélienne, mais chez nous(…) ». La j’aimerais vous dire que par mon expérience (mais pas seulement), les cultures sur buttes c’est aussi problématique en zones arides, pour plusieurs raisons: L’eau de la pluie (si rare mais si fort…!) n’a pas le temps s’infiltrer dans la terre en glissant sur les cotes inclinées des buttes, il dénue les racines des plantes et fini par mettre la butte au niveau du sol environnant (sans parler du temps de travail perdu mais aussi l’apport des matières organiques souvent de plus loin, vu qu’on parle des zones vraiment arides!). Une raison de plus: Le soleil fort ainsi la haute température de ses zones, sèchent beaucoup plus vite une butte (à cause de sa grande surface exposée) que une culture au niveau de la terre.
    Donc en ayant des cultures sur buttes (en zones arides) tu as une plus grande évaporation-perte d’eau, les racines chauffent (encore plus si elles sont dénuer par l’érosion!)… mais au moins ils te restent les troncs des bois sur place comme souvenir et leçon pour ne pas répéter, mème en permaculture 😉

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Salut Lannis,
      Je suis tout à fait d’accord avec toi, je ne comprends pas bien l’affirmation des Bourguignons.
      Il me semble que c’est justement plutôt en terrain hydromorphe (qu’il soit tropical ou tempéré) que les buttes ont tout leur intérêt.

      • Christophe G (51 comments) dit :

        Lannis et Gilles,

        Effectivement, l’idée peut paraître saugrenue !

        Mais il y a butte et butte. Et une planche sur-élevée avec l’eau qui circule entre les planches pour remonter par capillarité, est une technique terriblement efficace.

        Voilà l’explication.

        • Iannis (3 comments) dit :

          « une planche sur-élevée avec l’eau qui circule entre les planches pour remonter par capillarité » Christophe est ce que tu peux le faire plus claire ce la? Ça a l’air bizarre mais intéressant. Est ce que tu a des liens?
          Merci
          Iannis (iannis avec le premier -i- 😉 )

  10. Gino (3 comments) dit :

    Bonjour,

    Je n’ai pas beaucoup d’expérience en la matière car je commence seulement dans la permaculture par contre j’ai un gros projet qui est en cours de réalisation dans lequel je compte installer 8 ou 10 buttes de 10m x 1,5m avec des tonnes de bois de sapins que j’ai coupés il y a quelques mois et que je comptais enterrer dans les buttes.
    J’ai lu à peu près tous les livres de « référence » sur la culture sur butte (Sepp Holzer, Ferrer, Wallner…) et finalement j’en ai conclu que la butte (ou plutôt l’ados sans encadrement en bois) avec du bois enterré et mulch permanent était LA solution. Quand vous voyez les résultats de permaculteurs mondialement connus et très expérimentés qui vous prouvent que ça fonctionne chez eux depuis des dizaines d’années pourquoi vouloir renier l’évidence ? Doit-on se conformer à des théories qui sont souvent contradictoires ou à des expériences réussies ?
    Je rappelle tout de même les principaux avantages des buttes car vous n’en parlez à aucun moment dans cet article :

    – Travail beaucoup plus ergonomique (on ne rajeunit pas et le dos n’est-il pas le mal du siècle ?)
    – Epaisseur de terre arable/noire bien plus épaisse -> fertilité augmentée en très peu de temps
    – Pas d’arrosage (en tous cas en Belgique) car la quantité d’humus (= éponge) est bien plus importante
    – Meilleure exposition au soleil (important en Belgique) -> terre se réchauffe plus vite au printemps
    – Meilleure résistance face aux intempéries, la terre se ressuie bien plus vite
    – Surface cultivable supérieure pour une même surface au sol (voir géométrie d’une butte)

    Voyant ces avantages, pourquoi vouloir faire croire que les buttes n’ont aucun intérêt voire sont néfastes ?

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Mon point de vue est que dans chaque situation, il faut mener une réflexion spécifique. Dire que la butte la butte est LA solution est aussi inapproprié que dire que le BRF est la panacée (et j’ai consacré beaucoup de temps et de passion à l’utilisation du BRF 😉 ).

      Il y a des cas où les buttes sont intéressantes :
      – lorsque le sol est engorgé en eau une partie de l’année (mais je déconseillerai formellement d’enterrer de la MO dedans), ce qui est un cas assez classique ;
      – lorsque le sol est trop superficiel, comme tu le soulignes, mais cela concerne très peu de jardiniers au final et implique la mise en culture d’un sol à la base peu adapté au maraîchage ;
      – lorsque le jardinier souffre de mal de dos ou autre handicap, voir par exemple dans mon livre l’exemple de Georges (que je salue au passage 😉 ) qui est mal voyant qui fait, non pas des buttes mais des allées creusées bordées de plaques métal facilitant sa circulation ;
      – éventuellement de pouvoir cultiver sous les arbres sans souffrir de la concurrence des racines de ceux-ci (mais je crains que cet intérêt soit limité dans le temps car les racines finissent quand même par coloniser la butte).

      Si je reprends la liste de tes avantages, voici ce qu’on peut en dire :
      – Travail beaucoup plus ergonomique (on ne rajeunit pas et le dos n’est-il pas le mal du siècle ?)
      C’est une bonne raison, mais il faut même bien réfléchir si le jeu en vaut la chandelle car le montage de la butte, lui, n’est pas très ergonomique…
      – Épaisseur de terre arable/noire bien plus épaisse -> fertilité augmentée en très peu de temps
      Certes, mais cela est réellement utile pour combien de jardiniers ? (voir ce que j’ai écrit juste avant sur les sols très superficiels)
      – Pas d’arrosage (en tous cas en Belgique) car la quantité d’humus (= éponge) est bien plus importante
      Oui, à condition que la MO se dégrade dans de bonnes conditions, sinon, aïe l’hydromorphie ! En climat sec, cet argument est plus décisif qu’en Belgique, il me semble.
      – Meilleure exposition au soleil (important en Belgique) -> terre se réchauffe plus vite au printemps
      Oui sur la partie sud, mais le gain est-il réellement quantifié ? Combien de jours gagnent-on au final ? Et combien en perd-on sur la partie nord ? J’aimerai voir une étude qui quantifie cela précisément.
      – Meilleure résistance face aux intempéries, la terre se ressuie bien plus vite
      La terre se ressuie plus vite, certes, cela est parfois intéressant surtout lorsque le sol a tendance à s’engorger. Par contre, meilleure résistance aux intempéries, j’ai des doutes… Le sol perturbé pour monter la butte risque justement d’être plus vulnérable à la pluie qu’un sol non perturbé et structuré biologiquement.
      – Surface cultivable supérieure pour une même surface au sol (voir géométrie d’une butte)
      Oui, sauf que cela implique des buttes très hautes, de géométrie demi-cylindrique, donc avec de fortes pentes sur les côtés. Mettre en culture ces fortes pentes est techniquement compliqué et en plus ces zones sont très sensible à l’érosion. Je crains que ce gain de surface se paye cher en travail de réparation de la butte et en déstructuration du sol au final…

      Voilà pour mon point de vue. Je t’invite à faire ton expérience et à nous la partager 😉 !

      • Denis (7 comments) dit :

        je me mêle à cet échange.
        Il faut aussi mettre en relation le boulot que constitue le montage d’une butte et les gains de cultures.
        Une butte, c’est beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, de risques de bien se faire mal au dos en manipulant toutes ces matières, beaucoup de matière à récupérer (et couper des arbres pour ça n’est pas ce que je trouve idéal), beaucoup de déplacements. Quel est le gain de rendement qu’on obtient en échange? Pas sûr du tout que la butte soit rentable.
        Dans la plupart des sols, des apports réguliers de paillis nutritifs pour la vie du sol, un travail d’aération et de fragmentation avec un outil type grelinette ou fourche-bêche, un apport de compost bien mûr, la couverture permanente du sol…permettent d’améliorer très vite un sol, dès la première année, avec très peu de travail et en mobilisant peu d’énergie, peu de matériaux…. Il faudrait donc comparer, non pas « avant » et « après avec butte » (c’est sur que la butte apporte un ‘plus »), mais « après avec butte » et « après avec des méthodes douces naturelles » de paillis nutritifs et structurants permanents. Pas dit que la butte fasse mieux que la deuxième méthode. Je suis même sur du contraire. Et c’est tellement moins de travail !

      • Gino (3 comments) dit :

        Merci Gilles pour cette réponse éclairée, j’a

        • Gino (3 comments) dit :

          oups fausse manip…

          Je disais merci Gilles, j’ai pris la décision de faire un essai sur une petite butte de 4m de longueur que je monterai à la main et voir comment ça évolue. Ca me paraît plus prudent vu tes commentaires que de lancer tout de suite un chantier d’excavation sur 200 m² avec une mini-pelle !
          RDV dans un an ou 2 pour partager mon expérience.
          Tiens juste une question, je lis dans certains commentaires que certains travaillent sur des « planches de culture » légèrement surélevées, qu’est-ce que c’est exactement, un genre de butte très basses relevées du niveau du sol par le paillage décomposé au fil du temps ?

          • Christophe G (51 comments) dit :

            Bonjour Gino,

            Entre 10 et 30 cm de hauteur, on parle de planches basses ou sur-élevés,
            une planche étant une zone autofertile de 0,60 à 2 m de largeur sur une longueur X
            et quand la hauteur de cette planche dépasse les 40 cm, on la désigne comme une butte
            et quand elle dépasse largement le mètre, on parle de billons

  11. laurent (16 comments) dit :

    bonjour, super article.

    J’ai une parcelle de potager qui me pose problème. Elle est abrité au sud par des pommiers. C’est une ancienne parcelle qui a été labourer tous les ans pendant des années (sol plutôt argileux, à 40 cm on trouve de la terre à pisé). Depuis 3 ans que je l’ai récupéré (fini le travaille du sol par les humains) je lui ai fourni (en surface): 2cm de brf la première année, puis paillage l’année suivante (avec de la paille de blé bio), et cette année paillage avec divers adventice renouvelé régulièrement. Le sol est très meuble et grumeleux et pourtant dans cette zone les cultures reste rachitiques alors que 100 m plus loin dans le même type de sol (mais sans pommiers) avec le même traitement, j’ai des récoltes très satisfaisantes. J’envisage donc de faire des buttes dans cette zone, je soupçonne les pommiers de « pomper » les ressources de ma parcelle de légumes ou de faire trop d’ombre (dans ce dernier cas les buttes ne serviraient à rien)
    question : dans ce cas les buttes (sans tronc d’arbre ;+) ) sont une bonne idées ou pas ?

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      En effet la concurrence d’arbre fruitiers adultes peut être très préjudiciable aux cultures potagères aussi bien à cause de l’ombre que de la concurrence des racines. Cultiver ensemble légumes et fruitiers est possible mais demande des adaptions de ces culture l’une à l’autre. Voir par exemple le travail fait aux Fraternités Ouvrières de Mouscron. Si le problème est surtout lié aux racines, les buttes peuvent être une solution mais probablement temporaire (le temps que les racines des arbres colonisent à leur tour les buttes).

    • jansti (4 comments) dit :

      une analyse du sol serait peut être utile
      Les arbres fruitiers ont surement utilisés pas mal de P et K voir d’oligoéléments
      Or la loi du minimum existe si un élément nécessaire est manquant ou insuffisant la croissance des plantes s’en ressent
      Une photo prise au maximum de la production permet de visualiser les zones avec des gradients de croissance différents et de déterminer les zones nécessitant un apport
      Le soleil est surement à prendre en compte mais il y a un ensoleillement le matin et le soir et plus on avance en saison le soleil est « haut  » dans le ciel et l’ombre portée de plus en plus faible
      je pencherais plus pour un déséquilibre du sol que par une diminution de la photosynthèse
      Je ne sais pas si c’est bien utile de faire des « buttes » le système racinaire des pommiers permet de rejoindre le principe de l’agroforesterie

  12. BEOTIEN (2 comments) dit :

    P…. que ça fait du bien de lire des choses intelligentes dépoussiérées des croyances.

    Même si hélas la cervelle humaine moyenne étant ce qu’elle est, toujours plus pressée d’économiser sa peine que celle du corps qu’elle commande, c’est pas demain que la majorité préféra la rigueur intellectuelle à la religion.

    Mais merci d’y contribuer.

  13. Christophe G (51 comments) dit :

    Bonjour Laurent,

    L’agriculture, c’est super simple sur le papier.

    3 paramètres conditionnent le développement d’une plante : l’eau, la chaleur et la lumière.
    Si l’un des 3 n’est pas optimal, d’emblée le développement est contrarié et le système immunitaire affaibli.
    Ce sont les fondations de la culture, il suffit de s’en souvenir.

    1 / Vous avez vu juste avec le problème de lumière posé par vos pommiers.

    2 / En faisant des buttes pour résoudre un problème de lumière, vous touchez à un autre paramètre fondamental : l’eau

    3 / Je vous invite à lire cet article que j’avais écrit sur le stress hydrique posé par les buttes
    http://www.lejardinvivant.fr/2014/11/15/culture-sur-butte-permaculture-christophe-gatineau/

    Considérez que je vous donne qu’un avis, le mien,
    et qu’il est toujours profitable d’en avoir plusieurs pour faire le sien

    Belle journée

  14. CARABE (6 comments) dit :

    Merci à Christophe et Gilles pour cette mise au point car je vais pouvoir renvoyer les apprentis permaculteurs victimes du dogme de la butte sur cet article complet. Je ne serai ainsi plus accusée de faire de l’anti-buttisme primaire!! J’ajouterai seulement que la permaculture s’appuie sur une éthique et des principes. Le fait d’importer du bois mort récolté en forêt pour fabriquer le sol de son jardin, de bouleverser l’équilibre naturel du sol que l’on investit, ne les respectent pas. La butte se justifie parfois, lorsqu’il n’y a pas de sol et des matières organiques à recycler (en ville, par exemple), en milieu très humide ou dans le cas de jardins très petits. Quant au confort, j’ai expérimenté plusieurs hauteurs et largeurs de buttes, et, franchement, je n’y ai trouvé aucun avantage. En revanche, la planche de culture surélevée est très ergonomique, elle… A suivre…

  15. sanmas (1 comments) dit :

    merci beaucoup pour toutes ces explications Gilles, je fais passer sur le forum jardin bio
    j’ai ici des buttes mais ce n’est pas de la permaculture !! ça me facilite la vie et puis j’adore le coté esthétique du jardin façon Lespinasse , mais quand je veux démarrer un « carré » sur la « pelouse ( l’herbe plutôt chez moi ) j’utilise les lasagnes, très vite mis en place et qui fonctionnent bien . les brf en paillage dans les allées, les fraisiers, les petits fruits mais plutot feuilles mortes et autres « dechés » en surface…….
    au plaisir de vous lire,Sandrine

  16. Sarah (2 comments) dit :

    Bonjour Gilles, Christophe et les autres personnes ayant commenté.

    Entièrement d’accord avec vous pour cet article, je comptais en faire un de ce genre prochainement! Il est vrai que la majorité des gens associent permaculture et buttes, ce qui est (pour ma part) faux! Pour la perma l’essentiel est de créer un système qui lie humain, nature et contexte (c’est mon opinion!) buttes ou pas buttes ce n’est pas l’important! (idem pour les mandalas et autres spirales)
    Pour les cultures sur buttes, je trouve que la plupart des personnes s’y intéressant oublient tout simplement que parfois il faut faire avec ce qu’on a : pourquoi vouloir tout changer systématiquement au lieu de se pencher sur comment améliorer et optimiser l’existant! C’est sûr, améliorer son sol en terme de structure, rétention en eau ou drainage, rétention en éléments nutritifs…,ça prend parfois du temps mais c’est tellement plus durable et gratifiant!
    Dernier petit point : je pense qu’il y a une méconnaissance de certaines personnes du fonctionnement du sol ce qui les amène (malgré elles) à faire de nombreux non sens tels que créer une butte sur un sol qui est déjà fertile auquel il suffit juste d’apporter un petit coup de pouce pour que l’ensemble fonctionne bien et en cohérence. Enfin chaque technique est recevable dans la mesure ou elle est adaptée au contexte pédoclimatique, social… du jardin et du jardinier.

    Bonne journée à vous et merci d’avoir ce type de réflexions et surtout de les diffuser.

  17. paesano (1 comments) dit :

    Bonjour tout le monde et merci à Gilles et Christophe pour leurs contributions éclairées.
    « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »… L’application de recettes toutes faites (quand bien même seraient-elles éprouvées en maints endroits et par maintes personnes) dans le potager, sans un minimum de connaissances concernant LE sol (et pas seulement SON sol) et les multiples interactions qui y foisonnent, me semble chaque jour moins opportune et plus dommageable.
    Claude Bourguignon parle des « lois du sol » (qui, lorsqu’elles sont enfreintes de manière réitérée, débouchent sur de lourdes peines – pas toujours visibles, audibles ou dicibles malheureusement), elles sont moins nombreuses que les lois humaines et, pour cette raison au moins, je pense que toute personne proposant des formations au compagnonnage avec le sol se devrait de les transmettre avant toute chose, puis de les appliquer à son éventuelle recette qui constituerait du coup davantage une éventualité pratique, un cas concret, une possibilité parmi tant d’autres que LA technique/recette/pratique idéale.
    Le fonctionnement du sol est complexe (mais pas « compliqué ») ; néanmoins, apprendre à le connaitre (mais peut-être d’abord apprendre à apprendre puis apprendre à connaitre ! 😉 ), c’est presque déjà le comprendre, le « saisir » (dans tous les sens du terme).
    Merci donc encore à vous qui enseignez le sol en demeurant ouverts et curieux et à tous ceux qui essaient de comprendre un peu partout, chaque jour un peu plus !

  18. Guillaume Dufossé (1 comments) dit :

    Merci pour cet article qui me fait chaud au coeur tant l’engouement actuel pour la culture sur butte est devenue irraisonnable, envahissant, et a tort associé systématique au concept de permaculture. Cette technique, corrective ou ameliorative, intéressante par la modification locale des conditions climatiques et de fertilité, permettant de cultiver là ou le terrain initial ne le permettrait casiement pas (sol tres degradé, arridité ou terre inondees, froid) est devenu une espece de saint gral de la permaculture, utilisé sans discernement et apprehendé comme « la methode naturelle » incontournable. ça me rend un peu triste et j’y vois là une redondance, « version organique » de l’appproche interventionniste et sans finesse du jardinage conventionnel : preparer et engraisser pour pouvoir ensuite « piquer » ses légumes…c’est un peu une approche « lego »…et le symptôme d’une méconnaissance du fonctionnement des écosystèmes naturels, un manque de confiance. Mais c’est aussi une question de technicité : cela reste beaucoup plus facile d’appréhender et de planifier un gros travail qui permet de creer une bonne fois les conditions qui nous simplifient la vie par la suite, que d’improviser, de suivre, d’observer, de réajuster, avec des techniques economes mais fines, reposant essentiellement sur les successions de plantes, la diversité, des semis judicieux…
    Et puis il y a la poésie : un jardin en mouvement, une agriculture sauvage sont tellement plus légère, dynamique, magiques.
    Cependant, nous ne pouvons rejeter d’un revers de main les approches extrêmement interventionnistes tels que la création de terrasse, de drains, de serre, de murets, la modification du ph, l’escavation, l’ajout ou l’extraction de pierre, jusqu’à l’incorporation de tronc d’arbres dans le sol, toutes ces techniques permettants, si bien réalisées, une amélioration radicale de la fertilité.
    Le jardinier hérite souvent, sans vraiment le savoir, d’un milieu qui a ete judicieusement transformé jadis pour le rendre cultivable.

    merci encore pour cet article

    Guillaume

  19. Christophe G (51 comments) dit :

    PROMOTION DE LA BUTTE DE CULTURE.

    Mon prochain article fera la promotion des buttes de permaculture…
    parce que la butte est la SEULE TECHNIQUE pour cultiver des terres incultivables.

    – Voir les images de zones marécageuses au Pérou où la pomme de terre est cultivée sur des buttes
    http://www.lejardinvivant.fr/2014/11/15/culture-sur-butte-permaculture-christophe-gatineau/

    – Autre exemple typique et à grandes échelles de prairies naturelles sur billons dans le Golfe de Saintonge en Charente-Maritime. Sans ces billons, le milieu serait inexploitable. C’est une exploitation opportuniste des anciens marais salants couplée au curetage des fossés :

    – – Au printemps, sur les billons, l’herbe pousse tandis que ces grosses buttes baignent les pieds dans l’eau.
    – – Et en été c’est l’inverse, les buttes sont sèches mais l’herbe poussent à leur pied.

    – – — BILAN, avec cette technique, autrefois les vaches pouvaient rester en liberté 8 mois consécutifs sans aucun apport de nourriture.

    Et enfin, il y a butte et butte, et la technique des planches hautes peut-être considérée comme de la terre buttée.

    Mais en permaculture, les buttes font entre 50 cm et un mètre de hauteur et dans ces conditions, les RENDEMENTS SONT TOUJOURS INFÉRIEURS aux conditions du milieu malgré ce que j’ai pu lire dans certains commentaires.

  20. cottin (1 comments) dit :

    Bonjour et merci à vous pour cet article.
    Je ne peux, malgré ma faible expérience, que confirmer vos dires. Nous ne sommes « jardiniers » que depuis 2 ans après l’achat de notre maison et jardin ! Comme nous n’y connaissions rien, nous avons épluché, épluché internet puis décidé de nous mettre au BRF. Ma foi, dans notre cas, c’est vital car sinon cela nous imposerait des aller-retour incessants à la déchetterie. La première année, nous avons appliqué du BRF un peu partout en couche épaisse sur le jardin. Et notre rhododendron cinquantenaire a visiblement peu apprécié. Heureusement, en écartant au niveau du tronc, nous l’avons sauvé. Aujourd’hui, nous laissons sécher notre BRF pour faire du paillage ou un apport dans notre compost.
    Bien sûr, tout le monde parle des buttes alors nous nous y sommes mis mais avec un peu plus de circonspection. Et bien nous en a pris.
    Sur l’ancien passage des voitures, là où il n’y a pas ou peu de sol, il me semble après expérience de cultures que ce sera nécessaire de faire… non des buttes mais des bussières pour retenir la terre et l’eau ! Heureusement que nous avons essayé avant et pas perdu notre temps à creuser !
    Pour nous, l’intérêt d’enfouir du bois pourri a été cet été dans la serre ! en effet, la réserve d’eau qu’il constitue nous a économisé bien des aller-retour pour arroser. Sinon, j’avoue qu’à part peut-être couper le vent côté ouest, je ne vois pas l’intérêt de faire une butte. Et encore, remonter un peu notre vieux mur en pierres sèches devrait faire l’affaire !
    A tous, je vous conseille de bien tester le jardinage sur le sol avec paillage avant de vous fatiguer à creuser !

  21. merlin (1 comments) dit :

    Bonjour, je débute le jardinage ! Yeah ! Donc je n’y connais rien, mais j’ai décidé de tenter de réaliser un jardin potager en permaculture sur 250 m2. Je suis en Bretagne, au bord de la mer sur un sol sableux, pour ainsi dire de la dune couverte de chiendent. Cet article m’a paru très intéressant.

    Lorsque vous dites que les buttes ne sont envisageables que sur certains sols : mon sol est-il concerné ?

  22. charles (3 comments) dit :

    Bonjour,

    Fort intéressant. Mais alors que faire une fois que tout est fait ? J’avais un potager cultivé avec les méthodes traditionnelles pendant 18 ans (motoculteur, engrais, fumier, traitements, terre à nue, …). Je constatais au fur et à mesure des années qu’en final ma terre ne s’améliorait pas, était de plus en plus compacte, que j’avais chaque années des maladies sur mes pieds de tomates, malgré les traitements, que les herbes indésirables proliféraient (terre argileuse, climat méridional – Toulon). Chaque année il me fallait tout réinstaller (laboure, arrosage goute à goute, tuteurs, …). J’ai rencontré la culture sur butte. J’ai été séduit pas cette méthode, plus de laboure, plus de terre à nue, des surfaces protégées et délimitées, du paillage qui limite fortement les herbes indésirables, un paillage dans les allées qui procure de nombreux avantages, moins d’arrosage. J’ai donc décidé fin 2014, de transformer totalement mon potager et ma serre en réalisant au totale 18 buttes de 6m² (5 mx1.20 m), dont 2 dans la serre. Comme tout novice, j’ai recherché dans info sur le net. Les arguments du bois enterré dans la construction des buttes, sans contre argument (à l’époque), à savoir en tant que réservoir d’humidité, surélévation, m’ont incité à appliquer cette méthode. Chaque butte a été creusée sur 30 cm de profondeur, un lit de bois (troncs, parfois récent), couvert de broyé végétal, puis terre, fumier (carbone), herbe (azote), puis terre et pa& en final, le tout cadré par des planches de coffrage protégées.

  23. charles (3 comments) dit :

    Suite …
    J’ai planté et semé en associant légume et fleurs dont des tournesols, de la bourrache, capucines, œillets, cosmos, lupins, mufliers, . Une belle réussite pour cette première année, une production tardives, bien que les tomates aient été attaquées (araignées rouge), aucun traitement ou autre bouillies utilisées. La bourrache s’est resemée. J’oubliais, j’avais aussi ajouté du sable dans ma terre, et j’ai fait attention à conserver et à protéger les vers de terre. Un entretien qui est devenu un plaisir et non plus une corvée. Bien moins d’herbes non désirées et faciles à enlever. Du mycélium qui se développe aussi bien sur les buttes que dans le broyé des allées. Sur une butte où j’avais mis des morceaux de platane coupés des poussent sont apparues, que j’enlève systématiquement ! Je continue à broyer et à remettre sur la butte ce que je coupe, y compris de l’herbe tondue.
    La première condition n’est elle pas d’assurer la fertilité de la terre. J’ai des poules dont j’utilise les déjections sur mes buttes. J’envisage de mettre en fin de saison du fumier, si cela est compatible ? Les vers de terre se sont développés.
    Ce que je constate des tuteurs en bois qui sont enfoncés depuis plusieurs mois, c’est que quand je les enlève la partie enfoncée est fortement dégradée par les champignons, ou les insectes.
    La question que je me pose maintenant est quelles seront les conséquences du fond de ces buttes qui contient une forte quantité de bois ? Ce bois va t-il se dégrader avec les années ? Faudrait-il que je fasse des cheminées avec du tuyau en PVC par exemple de 40, à enfoncer pour apporter de l’oxygène nécessaire à la décomposition ?
    Voilà pour ma petite expérience à suivre.

    • Christophe G (51 comments) dit :

      Bonjour Charles,

      Quelle est la hauteur de vos buttes ?

      Si vos buttes vous donnent entière satisfaction, continuez en faisant attention à ne pas leur donner à manger plus qu’elles ne peuvent digérer….

      Quant au bois dans le fond de vos buttes, laissez faire pour le moment.

      Savez-vous pourquoi dans beaucoup de pays du Sud il ne viendrait jamais à l’idée d’un paysan de mettre du bois sous la terre ?
      Parce que c’est une ressource rare et précieuse qu’il leur permet de cuire leurs aliments et de se chauffer un peu.
      Comme en France il y a encore 50 ans…

      Belle journée

  24. laurent (16 comments) dit :

    Bonjour à tous
    Je suis un peu étonné de ce commentaire concernant la culture sur butte.
    Il y a plusieurs méthodes pour en faire. D’abord savoir quel bois faut utiliser, soit du bois vivant que l’on vient de couper, soit du bois déjà bien dégradé. Le deuxième apport est la terre, soit elle est dégradée ou peut nourrissante, soit une terre riche en compôst et en micro faune. La troisième intervention est l’épaisseur de l’apport de la terre soit on en met sur 25-30 cm d’épaisseur soit 50 cm. On peut constater que le nombre de méthode de construction n’est pas limité à une méthode.
    On peu également rajouter des puis pour l’aération du fond de la butte.
    On peut également faire des hauteurs différentes, ainsi que la largeur
    Perso je fais mes buttes en 170 cm de large pour une hauteur de 65, je plante des arbustes fruitiers dans mes buttes pour faire der l’agroforesterie
    L’idéal est d’associer la permaculture, la culture sur butte, l’agroforesterie et le paillage

    Cordialement
    Laurent

  25. laurent (16 comments) dit :

    Re
    J’ai oublié deux activités importantes
    Il est important d’apprendre l’allopathie et la biofumigation

  26. Denis (7 comments) dit :

    Aujourd’hui, je devais continuer à préparer des matériaux (tontes de pelouse, feuilles mortes, jeunes branches de l’année, herbes sans graines…) pour poursuivre les paillis nourriciers du sol pour l’automne et l’hiver, à étaler entre les cultures et sur les parcelles récoltées. Mais il pleut.
    Alors je reviens sur les buttes et d’une manière générale les techniques « révolutionnaires » à la mode. Quand on a une terre ordinaire (beaucoup de limon, un peu d’argile, un peu de sable), ce qui domine en France, suffisamment drainée (pas dans le fond d’un creux), exposée plutôt au sud, la meilleure solution pour améliorer et entretenir la fertilité du sol est le couvrir le plus souvent possible avec des paillis nourriciers et structurant qui nourriront la vie du sol. Le résultat est exceptionnel. La marge de progrès de cette simple technique accessible à tous, par rapport à la situation de sol tassé, compact, lourd…. est très très importante. Les autres techniques comme les buttes…. sont des solutions moins performantes, plus lourdes, plus coûteuses en temps et énergie. il faut bien réfléchir sur l’intérêt de le faire, les résultats et bénéfices espérés (pas seulement en terme de revenus), avant de s’y lancer.
    La culture en planche (parcelle de 1,2 m de large environ), légèrement surélevée (avec une fine couche de terre prélevée dans les allées entre les planches), est une autre technique, très facile à mettre en oeuvre, qui apporte un petit « plus » par rapport à ce que j’ai écrits juste au dessus. D’ailleurs, il est à peine utile de rajouter de la terre prélevée dans les allées : l’augmentation de la porosité du sol, grâce à la vie du sol bien nourrie par les paillis nourriciers suffit à augmenter la hauteur du sol.
    Alors, pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple ?
    Denis

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Bonjour Denis,
      Très heureux de voir que nous partageons le même point de vue sur ce sujet 😉 !

      • Denis Pépin (4 comments) dit :

        Bien sûr. Je défens ce point de vue et prône la simplicité (mais basée sur de l’agronomie, l’écologie et l’expérience scientifique) depuis de très nombreuses années.

    • Rosetta (1 comments) dit :

      Bonjour,

      Oui pour le paillis nourricier, sauf qu’en cette saison, il ne faut sérieusement limiter l’apport de matière « verte » (azotée) telles que : tontes de pelouses, jeunes branches, herbes ! car les nitrates libérés en cette saison vont s’acheminer vers les nappes phréatiques ; ça contribue alors à la pollution !!

      En gros :
      * à l’automne, privilégier les apports de CARBONE (activité microbienne intense en cette saison) c’est-à dire l’apport de BRF, feuilles mortes, bois mort, voire carton brun. Les déchets du potagers devront être compostés et ne pas rester sur place !

      * au printemps : inverser la tendance, et apporter davantage d’azote (sinon vous créerez une faim d’azote provoquée par les décomposeurs qui se nourrissent des matières carbonées).
      Quid de l’apport de fumier décomposé ?

      Tout est question d’équilibre, il faut vraiment faire très attention et ne pas apporter les tontes d’herbe toute l’année.

      • Emilio (33 comments) dit :

        oulah Roseta, il ne faut pas confondre les nitrates , qui sont des elements azotes chimiques de synthese , en petite partie assimilable (maxi 20%), le reste est mineral et pas assimilable. Et l azote (nitrogen en anglais) des plantes qui se decomposent. Cette azote la , ne contamine pas parce que totalement assimilable ou biodegradable. Depuis le temps , on le saurait. Une faim d azote avec des dechets verts , jamais vu , mais une faim d azote avec des fumiers animaux , oui tres souvent , et encore plus quand ce fumier est frais . En fait la seule limite des paillis verts , est qu il retienne l eau .. et donc gele plus facilement quand il y a risque. Mais , les tontes ou dechets verts , c est quand il fait plus chaud , alors..

        les dechets organiques de cuisine , oui c est mieux de les compostes, l ideal etant la lombricuture, mais aucun souci a laisses ces dechets en surface , les recouvrir alors de quelques centimetres de terre pour les mouches. Jusqua 10 a 15 cm maxi enterres, aucun problemes . Plus profond , c est un probleme de fermentation anaerobie (sans oxygene) qui va se produire . Et le sol a besoin d oxygene , d aeration ..

    • Olivier CHARDIN (2 comments) dit :

      Je suis d’accord avec Denis, apporter de la lignine…et améliorer le complexe argilo-humique… des engrais verts aussi, de la luzernes ou de la phacelie…. bonne continuation.

  27. valo (3 comments) dit :

    Salut Gilles,
    pour analyse PH, redox des anciennes buttes, tu peux venir à TH. On pourra analyser sur plusieurs années (4 à 5)

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Salut Valo !
      En effet ce serait très intéressant. Cela dit, je pense que vous n’êtes pas dans la situation la plus à risque pour l’hydromorphie : sol très drainant + sécheresse fréquentes. Mais bon, je veux bien venir voir et on pourrait en faire un article 😉 !
      ++
      Gilles

  28. Marcol (2 comments) dit :

    A la première lecture de cet article, ce qui m’a frappé c’est son manque d’utopie. Vous êtes les porte-parole d’un schéma scientifique qui détermine ce qui est juste et ce qui est faux. Avec cette mentalité jamais l’humanité n’aurait évolué !
    Quand une technique fonctionne malgré le fait qu’elle est hors-norme, il vaut la peine de se poser des questions.

    Pour ma part, j’ai créé une butte avec un noyau de bois en sous-sol par nécessité et non pas par mode:
    – ce rectangle devait être épierré pour cultiver des racines
    – le volume enlevé devait être compensé par un volume équivalent si je ne voulais pas me retrouver avec une baignoire longue de 20 m
    – je n’avais à disposition que des troncs et des branches
    – les horizons de terre n’ont pas été mélangés, mais remis dans l’ordre

    Il n’y a qu’une année que cette butte existe. Mais si toutes les années suivantes sont aussi productives que 2015, j’en concluerai que j’ai là un outil exceptionnel.

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Parce que pour vous, poser des questions qui dérangent, mettre en question des vérités qui tendent s’imposer comme des dogmes, c’est « déterminer ce qui est juste et ce qui est faux ». Libre à vous de le croire…
      Ni Christophe, ni moi, ni les autres contributeurs à cet article n’ont jamais affirmé qu’il ne fallait pas faire de butte ! Nous cherchons juste à remettre ces dernières à leur juste place, celle d’une possibilité parmi d’autres.
      Pour ce qui est de la première année, sachez qu’elle est quasi toujours exceptionnelle avec des buttes et pour cause : le travail intensif du sol lié à son montage provoque une minéralisation intense et donc une libération intense de nitrates qui viennent fertiliser les cultures. Les résultats sont donc aussi spectaculaires que si vous aviez gavé votre terre d’engrais azoté. Ce n’est pas une critique, juste une explication de cette observation systématique de l’incroyable productivité d’une butte l’année qui suit sa mise en place.

      • Emilio (33 comments) dit :

        Bonjour Gilles (de retour apres travaux intensifs et prenants) , pas sur pour ce qui est de liberation des nitrates , azotes.. Enfin je ne suis pas microbiologiste pour le dire . Possible , mais j y vois surtout une oxygenation du sol par le remue menage , et les interstices qui ne sont pas encore combles par les infiltrations d eau ..la premiere annee. Apres il y aurait decomposition anaerobique et chute de fertilite en consequence.
        Je ne sui s pas du tout buttes de bois enterres , et pourtant permaculteur.. Mais allez faire comprendre cela a ceux qui font des buttes leur nouveaux gagne pain , c est etre mis a l index , quand moi , je met le majeur en l air a leurs arguments totologiques LOL amities a toutes et tous .

        • Gilles Domenech (858 comments) dit :

          Ton témoignage est intéressant car j’ai l’impression que l’amalgame permaculture et buttes est typiquement français. Toi qui est sous d’autres cieux tu en es certainement épargné 😉 !

      • Bee (3 comments) dit :

        il n’y a que dans le titre ou vous « remettez » en question, sinon vous ne faites qu’affirmer…je suis d’accord avec Marcol, du moins pour le coté butté 😉

  29. charles (3 comments) dit :

    Bonjour,

    Pour répondre à Christophe, mes buttes ont été creusées à la minipelle godet de 120 sur environ 30 cm de profondeur. Cette profondeur a été comblé de bois sous différentes forme en fonction de ce que j’avais, et en finissant pas des trons de cyprès fraichement coupés, le tout recouvert de broyé végétal mort, puis la terre a été remise dessus à la pelle, mélangé avec du sable, en mettant un peu de fulier, d’herbe coupée.
    La hauteur hors sol des butes varie entre 30 et 50 cm. La terre des allées n’a pas été creusée et toutes les allés sont couverte avec du vieux broyé de palette. Je constate dans les allées le développement du mycélium quand j’enlève les quelques herbes non désirables.
    Je constate qu’au delà 1.30m de large il n’est pas pratique de planter.
    Pour l’instant je suis satisfait mais je me demande si je ne devrait pas placer des puits d’aération avec par exemple du PVC en 40 au fond des buttes.
    A bientôt

  30. Christophe G (51 comments) dit :

    Bonjour Charles,

    Prochainement je vais publier un article pour mettre en évidence tous les bénéfices de la butte en permaculture,
    et vous y trouverez toutes les réponses à vos questions.

    Quant aux herbes entre vos buttes, laissez-les pousser car c’est elles qui vont ré-équilibre l’écosystème.

    Belle journée.

  31. Laurence (1 comments) dit :

    Bonjour tous,
    Merci d’ouvrir le débat et permettre l’échange d’expériences. Une étude sur plusieurs années (au moins 10) sur plusieurs types de sols et dans diverses conditions climatiques : énormes budgets ou protocole commun chez des expérimentateur volontaire en science parcipative
    Mon expérience à 5 ans. J’ai 5000 m2 en zone inondable ( 9 en 5 ans) sur sol limono sableux. J’ai repris une friche épaisse qui a succédé à une vigne conventionnelle.
    J’ai 1000 m2 de buttes sans bois enfoui, faites à la bèche et au rateau d’une hauteur moyenne de 40 à 50 cm et d’une embase de 1,20m.
    Elle sont paillées tout les ans apres la saison des risques inondatoire (neologisme?) avec du broyat du civom (plateforme à 1,5km) qui m’est livré gratos par camion de 10T.
    Je n’y plante que des plants produits dans ma pépinière, surtout des légumes d’été, et des grosses graines comme fèves et haricots. Elles sont au gàg, 3 lignes gouteurs tout les 30 cm.
    J’ai des résultats que j’estime comme moyen mais avec un écart type important en fonction des espèces, des années (problématique de nématodes, punaises, et de goutteurs bouchés par le calcaire).
    Disons, qu’il y une marge de progression. Côté sol je suis plutot satisfaite, il est grumeleux, vivant.
    J’ai aussi 1200m2 de planches permanentes à plat ou légèrement surélevées, elle sont à l’aspersion. J’ai une tres bonne production de légumes en semis direct (hors salade en mini mottes et alliacées repiquées). Je ne mulche casiment jamais (rotations rapides) ou en saupoudrage derière un semis. Le sol est moins grumeleux, bien vivant, travaillé à la grelinette seulement et la production magnifique. Nous avons aussi 500 m2 de cultures sous serre, 50% en buttes basses (30cm)
    Ma zone climatique: sud de Narbonne. Longues secheresses (jusqu’à 8mois l’an dernier) , pluies diluviennes et rares, vent 300 jours par an, dont une bonne parti à plus de 90km/h.
    Constat : Bcp de travail pour 2 personnes pour un xhiffre d’affaire avoisinant les 30 000€
    J’envisage de tester la traction animale pour les plus grosses prod…

  32. DavidPerma (1 comments) dit :

    Bonjour à tous, Merci pour cet article qui rejoint ce que j’ai appris sur le tas et en CCP de Permaculture. Je suis surpris dans les commentaires d’entendre dire que certains formateurs ou diplomés en permaculture ne jurent que par les buttes… J’ai moi même reçu un enseignement en Permaculture (un cours certifié en permaculture) et justement un des premiers points, c’est la démystification de la butte de permaculture. Car pour l’opinion publique, souvent la permaculture se résume à des techniques et notamment la butte… alors que la permaculture est une approche globale. Les buttes peuvent être utiles mais il faut encore savoir dans quelles conditions et ce qu’on entend par butte. C’est une technique parmi d’autres.

  33. Suf (3 comments) dit :

    Bonsoir,

    Eh bien, si on risque d’asphyxier le sol par manque d’oxygène, pourquoi combler les trous entre les troncs d’arbres enfouis par du BRF (ce qui est souvent préconisé ,et décrié ici) ?

    Les troncs d’arbre en profondeur font une rétention d’humidité favorable, mais si au lieu d’enfouir du BRF pour boucher les interstices (et étouffer l’ensemble) on rajoute plutôt les mauvaises herbes de surface qu’on a sarclées (qui ne viennent pas boucher les interstices), puis de la terre, du compost et du paillis, la composition devrait être équilibrée et aérée, non ? A moins que ça pose un problème aux vers de terre de rejoindre la couche ‘terreuse’ ?

    • Christophe G (51 comments) dit :

      Bonjour,

      Pour vous répondre simplement :

      – Si le but est de transformer de la matière organique en humus, l’humus se fabrique en surface.

      – Si l’humus n’est pas la finalité, effectivement votre méthode de l’enfouir est intéressante.

      Belle journée

      • Suf (3 comments) dit :

        Bonjour,

        Ai-je bien compris…? :
        * enfouir le BRF n’est pas une bonne idée car son enfouissement aura pour conséquence de créer une faim d’azote ; mais si on enfoui également des matières azotées, à raison d’une à deux parts de matière azotées pour une part de matières carbonée, où est le problème ?
        Quant à l’enfouissement de tronc d’arbre, n’y a-t-il pas le même souci (faim d’azote phénoménale sur des années ??)

        * comment éviter l’asphyxie, le manque d’oxygène ? est-ce que passer la grelinette au printemps (ou une griffe plutôt sur une butte) serait un bon moyen ?

        * je ne comprends pas bien cette remarque : « Si l’humus n’est pas la finalité, effectivement votre méthode de l’enfouir est intéressante. » : intéressante pour quoi selon vous ? A l’automne, je fais systématiquement des apports de broyat et feuilles mortes, donc l’humus se forme en surface normalement. C’est dans la conception de la butte que je cherche à comprendre les mécanismes, pour que les légumes puissent y trouver les minéraux nécessaires à leur croissance -et sans engrais chimique évidemment.

        Merci pour vos partages d’expérience et avis très enrichissants !

        • Gilles Domenech (858 comments) dit :

          Bonjour Suf,
          Sur les deux premiers points :
          – C’est surtout la période d’apport qui cause la faim d’azote : celle-ci se manifeste en cas d’apport de sortie d’hiver à printemps.. si vous l’amenez à l’automne, il n’y a aura pas de soucis. L’incorporation au sol dépendra ensuite des pratiques culturales. Un jardinier qui ne travaille pas son le laisse naturellement en surface, celui qui passe la grelinette naturellement l’incorpore en passant la grelinette. Il n’est pas nécessaire d’avoir une opération dédiée à cela.
          – pour éviter l’asphyxie, si les vers de terre sont bien présents, il n’y a rien de spécial à faire.

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Pour compléter la réponse de Christophe :
      Quitte à enfouir de la MO, il vaut mieux encore que ce soit du BRF, car avec de la matière verte, on stimule beaucoup plus l’activité bactérienne, donc la consommation d’oxygène et donc finalement le risque de transformation des MO en mauvaises conditions (anoxie, pourrissement).

    • Bee (3 comments) dit :

      Salut Suf,
      Nos buttes sont faites de cette maniere et les vers n’ont aucun probleme pour remonter, je pourrais meme dire pour venir tout court, car quand on a creusé la tranchee de 20 cm de profondeur nous n’y avions vu aucun vers…a mon grand desespoir….et cette annéé, qui sera la 2 eme annee d’existence de nos buttes, a chaque fois que je plante ou que je seme je vois un vers de terre (et bien sur plein d’autres bebettes )… 😉

  34. pierre (6 comments) dit :

    Beau récapitulatif.
    Par ici (île bretonne), nous sommes dans l’un des seuls coins de France où la culture sur butte était pratiquée assidument. Pour une bonne raison : le sol est très pauvre, et ne dépasse parfois pas les 40cm de profondeur. A comparer avec les conditions assez similaires de la Hügelkultur en milieu montagnard. Ce genre de sol présente les défauts d’un milieu « relativement » désertique, ainsi que ceux typiques des zones marécageuses (les plantes ont les racines dans l’eau, qui ruisselle sous la relativement maigre couche de sol directement sur la roche mère)
    Il n’y avait pas de bois (ou très peu) sur les îles, l’amendement principal était le varech/laminaires, compostées directement *sur* (et pas sous) les buttes.
    Lorsqu’on parle à nos anciens des « sillons » (on appelle les buttes comme ça) ils lèvent les yeux au ciel et vous parlent des corvées ;). Dans la majeure partie des cas, il y a mieux à faire.

    • Christophe G (51 comments) dit :

      Bonjour Pierre,

      Pour un nouvel article que j’écris sur le sujet, je souhaiterais vous interviewer sur l’expérience que vous relatez dans votre commentaire : pouvez-vous prendre contact avec moi via mon site ? Merci.

  35. jean (7 comments) dit :

    Bonjour,
    Gilles, avez-vous une réponse à fournir concernant les résultats obtenus par Philip Forrer et Sepp Holzer qui eux ont visiblement des résultats sur des années?
    Pour ce qui est des buttes au dessus des racines des arbres, avez vous expérimenté la chose? Les racines remontent-elles dans les buttes? Pour le moment je n’ai pas vu de racines remonter à part celle de pied de vigne montrées par Claude Bourguignon dans une vidéo.
    Concernant les buttes et le jardinage dans son ensemble, mon avis est plus nuancé. Je pense que chacun doit faire lui-même ses propres expérimentations et ajuster les corrections nécessaires en fonction des résultats. Ne laissez jamais quelqu’un décider à votre place de ce qui peut fonctionner chez vous.
    Bonne journée à tous
    Jean.

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Votre commentaire me laisse interrogatif. Où avez vous lu qu’il ne fallait pas faire de buttes ? Je trouve étrange que lorsque nous contestons un dogme on veuille nous faire porter un dogme exactement contraire… Si vous trouvez une ligne de mon blog où je dis qu’il ne faut pas faite de buttes quelque soit la situation, je viens chez vous faire gratuitement une conférence. Pari tenu 😉 ! Lisez mon livre pour vérifier mon discours exact sur les buttes. Libre à vous de croire que je décide à la place des jardiniers ce qui va fonctionner dans leur jardin. Au contraire mon approche à toujours été de donner les élément de réflexions pour que chacun trouve ce qui convient chez lui !
      Concernant vos questions :
      – Philip Forrer travaille à un très haut niveau d’intrant (aiguilles de pins, déchets de cuisine…), ça aide à avoir de bon résultats (et n’enlève rien à la qualité de son travail qu’il faut juste replacer dans son contexte).
      – concernant les racines des arbres, c’est une question plus qu’une affirmation. J’ai entendu dire que cette remontée était observée au Bec Helloin. Cela le paraît de toutes façon assez logique.

      • Jean (7 comments) dit :

        Bonsoir,
        Je suis étonné de votre réponse, car je vous demandais juste votre avis sur les résultats obtenus par P. Forrer et S. Holzer en culture sur buttes dont vous contestez le dogme comme vous le dites dans votre message.
        Il n’y avait rien d’autre à chercher dans cette question.
        En ce qui concerne la réflexion sur les expérimentations des jardiniers, cela ne s’adressait pas à vous, mais à l’ensemble des internautes dont les messages font l’apologie ou démontent telle ou telle méthode de culture. Donc inutile de vous sentir agressé par mes questions, je cherche juste à m’informer et écouter les différents avis.

        • Christophe G (51 comments) dit :

          Bonsoir Jean,

          Je suis l’auteur de l’article et deux autres vont suivre pour le compléter. Par ailleurs, celui-ci est déjà la suite d’un premier… http://www.lejardinvivant.fr/2014/11/15/culture-sur-butte-permaculture-christophe-gatineau/

          Au sujet de Philip FORRER, je vais publier prochainement un résumé de mes échanges avec lui au sujet de sa technique.

          Pour faire court, Philip a développé une technique spécifique, en réponse à son milieu.

          • jean (7 comments) dit :

            Bonjour Christophe,
            Ok. J’attend votre article;
            En ce qui concerne les plus et les moins pour les buttes, il serait bon de préciser comment elles sont réalisées:
            Avec du bois enterré et à quelle profondeur, ou posé sur le sol, en quelle quantité, pour quel sol, avec qu’elle pluviométrie et à quelle période etc…Je pense quelle peuvent être adaptées en fonction de nombreux critères;
            Je suis dans le haut des pays de Loire (nord Sarthe) et cette année les pommes de terre (cultivées à plat) ont dépéri non pas à cause de la pluie et du mildiou mais par manque d’eau malgré un bon paillage.
            Alors je ne dis pas que je vais faire des buttes de 1m de haut, mais pourquoi pas une couche de bois bien mort légèrement en dessous du niveau du sol, peu être 20 cm + quelque cm au dessus du sol, comme réserve d’eau puis 20cm de terre et un paillage.
            Il est vrai que je vais perturber la vis du sol lors de sa mise en place, mais je pense qu’il ne faut pas tomber dans le délire. Nos parents et grands parents ont bien plus bouleversé la vie du sol que nous et cela ne les a pas empêché d’avoir de belle récolte et de nous nourrir avec des produits de qualité ( en ce qui me concerne).
            Donnez moi votre avis sur mon projet de mini butte que je pense essayer de mettre en place maintenant pour le printemps.

      • Pépin Denis (5 comments) dit :

        bonjour

        les racine des arbres remontent très bien dans un tas de compost et même dans un composteur, à plus de 50 cm de hauteur au dessus du niveau du sol. Alors pourquoi ne le feraient-elles pas dans une butte bien enrichie en humus? Cela me semble très logique qu’elles le fassent.

      • thierry85 (2 comments) dit :

        Bonjour .
        Je confirme ,les racines remontent bien .Pour exemple :un frêne jouxtant, et 60 cm plus bas que ma propriété est venu envahir mon tas de composte avec plein de petites radicelles bien vigoureuses .n’ayant pas d’autre emplacement pour mon compost j’ai du le bétonner .

  36. Christophe G (51 comments) dit :

    Jean,

    Pommes de terre 2015 cultivées à plat et sans paillage : http://www.lejardinvivant.fr/2015/08/22/essai-urine-humaine-comme-fertilisant/

    Une butte est toujours une réponse à un milieu non cultivable en l’état ou quand la réserve nutritive et hydrique des plantes est trop faible. (épaisseur de terre inf. à 30 cm)

    Si votre milieu répond à ces critères, effectivement vos buttes sont justifiées. Belle journée.

    • jean (7 comments) dit :

      Christophe,
      Merci pour votre réponse.
      A plat et sans paillage d’accord, mais ils passent du temps à arroser et en période estivale j’en ai pas forcément beaucoup.
      Je vais faire un essai de butte comme je l’ai décrit plus haut. En fonction des résultats je verrai si le temps passé à réaliser une butte est plus rentable que de passer mon temps à arroser. Sans compter qu’il faut une réserve d’eau suffisante pour les périodes de sécheresse.
      C’est en faisant ses propres expériences que l’on apprend le mieux donc on verra…
      Bonne journée

  37. Christophe G (51 comments) dit :

    28 oct. 2015

    Publication de la suite de cet article sur http://www.lejardinvivant.fr
    avec un entretien exclusif de Claude Bourguignon.

  38. […] Pourtant, à l’entrée de la ferme de Pascal Poot, sur les hauteurs de Lodève (Hérault), trône une vieille pancarte en carton : « Conservatoire de la tomate ». Le mythe de la butte de permaculture par Christophe Gatineau. […]

  39. […] Planète collemboles, la vie secrète des sols / Collembola planet, the secret life of soil. Le mythe de la butte de permaculture par Christophe Gatineau. Je reproduis avec l’aimable autorisation de Christophe Gatineau, cet article qu’il vient de […]

  40. laure (2 comments) dit :

    Bonjour,
    Je commence un petit potager dans les alpes de haute Provence sur le plateau de Valensole. La terre est -il me semble- bonne bien que argileuse en profondeur (40 cm).
    J’ai couvert le sol avec paille et cartons en attendant les beaux jours. J’observe les vers de terre faire leur travail et tout semble bien aller. J’aimerais expérimenter la technique du bois enterré pour profiter de la réserve d’eau que cela peut impliquer car chez nous il fait très chaud et sec de juin à septembre. Bien entendu les cultures seront également paillées.
    Cela me semblait être une bonne idée mais à le lecture de votre article et de tous les commentaires, ben je ne sais plus vraiment. Me donneriez vous votre avis, retour d’expérience…
    Merci
    cordialement
    laure

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Bonjour Laure,
      Il n’y a rien de figé, c’est juste une piste de réflexion et de remise en question d’un dogme qui s’installe que fait Christophe Gatineau ici, pas une vérité qui doit être figée dans le marbre.
      Rien ne vaut l’expérience et l’observation : je vous invite à faire vos essais d’abord sur une petite surface, et vous pouvez aussi essayer le bois enterré dans une butte ou dans un sol à plat. Et puis vous verrez si cela est intéressant ou non.
      A mon avis si le bois est dans une zone bien oxygénée, cela ne posera pas de problème si en cas de manque d’oxygène autour du bois en décomposition que des problèmes peuvent survenir.

  41. […] sociaux, plusieurs sites dont France Inter, Terre Vivante, Ressources Permaculture, Permaculteurs, Jardinons un sol vivant et Un monde vernaculaire ont également retransmis l’information. Merci à Philippe Bertrand, de […]

  42. pozo (1 comments) dit :

    en fait si on observe bien une foret en montagne par exemple , les arbres morts se couchent , sont fores par les insectes et champignons et sont recouverts de matiere organique plus ou moins rapidement selon leur angle de chute par la chute des feuilles et les matieres apportees de l amont par les pluies et la gravite et sont plus ou moins rapidement recouverts formant ainsi des buttes naturelles . si on dispose d un terrain qui a subit les assauts de la pluie du vent du soleil et des mauvaises pratiques agricoles (acidite compactage aridite etc) , on peut pallier aux problemes en faisant des buttes , organisant les ombrages etc , cette technique n est pas universelle et doit etre adaptee a chaque terrain . Pour avoir visite les terres cultivees par Masanobu Fukuoka je dois dire que le resultat est epoustouflant et ressemble a s y meprendre a une foret …maintenant il faut bien etudier son endroit avant de commencer buttes ou autre et si la butte peut s averer utile il faut adapter la methode a l endroit et aux « materiaux » disponibles sur place, les buttes de Philippe Forrer fonctionnent tres bien vu le type d endroit (altitude , sol , coniferes etc) , mais elle peuvent s averer inutiles voire contre productives (ar exemple ici certaines essences d arbres ne pourrissent pas meme en milieu tres humide et en plus diffusent des poisons dans le sol ralentissant considerablement la mise en place d un milieu favorable aux plantes ) , quand a ce qui est de la fabrication des argiles par les arbres , le propos est un peu reducteur , je n ais jamais vu autant d argile que sous un champs de riz cultive …Sinon monsieur Bourguignon le dit Lui meme dans l agriculture francaise , les sols les plus productifs sont ceux des talus ..il suffit d observer pourquoi , sinon si on observe les divers deserts de cette planete , la vegetation pousse a des endroits bien specifiques , il « suffit » de s en inspirer …

  43. Alex (2 comments) dit :

    Bonjour,
    Je suis un fan de Philipp Forrer, et j’ ai essayé de reproduire ses buttes a l’ identique, et franchement pour moi il y a une nette différence.
    Peut être que c’ est un phénomène de mode, mais je ça ne coute pas grand chose d’ essayer. Il faut dire que pour moi, tout était dispo sur le terrain: vieille souches de saule, épines de sapin, et même un vieux tube en cuivre pour l’ électroculture.
    Gil Domerech a surement raison, il ne faut pas enterrer les souches à 40 cm, mais avec des souches, vos plantations profiterons de la lignine et des mycorhizes.
    Il y a beaucoup de rumeurs, comme celle qui dit que les épines de pins acidifient le sol, si vous avez un testeur je vous invite à vous en assurez….
    J’ ai créé un petit blog, si la culture sur butte vous intéresse je vous invite à y faire un tour.
    http://potager-permaculture.blogspot.be/2016/02/culture-sur-butte.html

    Alex.

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Tu mets le doigt sur un aspect que j’aime bien du travail de Forrer : les aiguilles de pin !
      Eh oui, ça fonctionne ! D’ailleurs Jean Pain aussi s’en était servi en son temps…
      Je suis entièrement d’accord avec toi, ‘acidification par les aiguilles de pin, c’est une légende, en tous cas en contexte de culture en pleine lumière (dans un sous bois humide et froid qui ne voit jamais le soleil, c’est différent…).

  44. […] sociaux, plusieurs sites dont France Inter, Terre Vivante, Ressources Permaculture, Permaculteurs, Jardinons Sol Vivant et Un monde vernaculaire ont également retransmis l’information. Merci à Philippe Bertrand, de […]

  45. […] Le mythe de la butte de permaculture par Christophe Gatineau. Je reproduis avec l’aimable autorisation de Christophe Gatineau, cet article qu’il vient de publier dans son blog le jardin vivant. Si je reproduis à l’identique cet article (je crois que c’est la première fois que je fais cela) c’est pour plusieurs raisons :– Tout d’abord il m’a consulté et posé quelques questions avant de le poster (je suis d’ailleurs cité dans l’article) ;– Ensuite parce qu’il pose ici des questions qui ne sont pas assez débattues, à mon sens dans le jardinage bio et la permaculture où la butte commence à s’ériger en dogme.Il y a quelques années, je vous avais posé la question jardinez vous sur butte ? […]

  46. jean JAUBERT (1 comments) dit :

    Bonjour,
    sans compter qu’ici dans le sud c’est difficilement réalisable , car en juin juillet ou il ne fait pas une goutte d’eau souvent, sans goutte à goutte ou aspersion les plantes vont souffrir sur buttes, même s’il y a la matière organique en dessous. jean

  47. GD (1 comments) dit :

    Nicolas de Bonnefons faisait-il des buttes sans le savoir en préconisant « d’effondrer et rompre la terre » lorsque celle-ci était argileuse ou composée de « tuf », dans son JARDINIER FRANÇOIS de 1651 ?
    Voici une transcription de ses conseils concernant une terre argileuse : « Quant à la terre, si vous la rencontrez bonne, ce sera un grand avantage et une grande épargne mais vous en trouverez rarement où il n’y ait beaucoup à travailler, car telle terre sera bonne au-dessus qui, étant ouverte de la hauteur d’un fer de bêche seulement, se trouvera argileuse dessous ; ce fonds est pire aux arbres que le tuf parce que, dans le tuf, les racines peuvent trouver des petites veines de terre qui leur donnent passages pour chercher la fraicheur plus bas et prendre quelque nourriture ; mais la terre argileuse ou franche – qui est une terre avec laquelle les boulangers de Paris font les âtres de leurs fours – est comme un plancher qui par sa dureté et densité ne peut être percé par les racines et qui, dans les grandes ardeurs de l’été, empêche la fraîcheur de dessous de pénétrer à travers, ce qui cause que les arbres et autres plantes sont tellement desséchés qu’au lieu d’avancer en leur accroissement, ils ne font que languir et périssent enfin.
    Pour remédier à ce défaut, il n’y a qu’un seul moyen, qui est d’effondrer et rompre cette terre de trois à quatre pieds de profondeur, commençant par une tranchée large de quatre à cinq pieds, de toute la longueur de ce que vous voulez faire effondrer, en jetant les terres toutes d’un côté. Votre tranchée étant vidée et curée jusqu’à la profondeur que vous désirez, vous mettrez au fond des longs fumiers, du marc de pressoir à vin ou à cidre, de la fougère (si vous en avez à commodité : c’est le meilleur de tous les fumiers), des feuilles d’arbres, jusqu’à de méchants amas de fagots, de la mousse et autres choses semblables, bref, ce qui vous sera le plus facile et à moindre dépense, car toute l’intention que l’on peut avoir en effondrant n’est que pour tenir la terre creuse afin que la fraîcheur du dessous puisse revigorer les arbres et plantes durant les excessives chaleurs.
    De ces fumiers, vous en mettrez environ un demi pied de haut au fond de votre tranchée. Après quoi, vous en ferez une seconde de pareille largeur, faisant abattre la terre de dessus – qui est la meilleure – sur ces fumiers et, creusant jusqu’à pareille profondeur que la première, vous remplirez votre première tranchée et la terre de dessous se trouvera dessus. Vous continuerez à faire de semblables tranchées jusqu’à la fin de ce que vous voudrez faire effondrer.
    Vous pourrez m’objecter que cette terre tirée du dessous sera infertile. Je vous avoue que, la première année, elle ne fera pas paraître sa bonté mais, quand par les pluies et gelées d’un hiver, elle aura été mûrie – avec le peu d’amendement qu’on y mettra – elle produira bien plus abondamment que ne le faisait celle du dessus qui, usée par le temps, a perdu une grande partie de sa vertu. » (pages 29-37 sur Gallica)

  48. […] sans décaissement (plus le temps passe, plus je deviens jardinière-fainéante, tant mieux !), et au fil de mes lectures, qui, comme très souvent, font progresser ma réflexion sur la […]

  49. Franck DAVID (1 comments) dit :

    Depuis quelques années, je forme, j’anime et j’interviens sur des stages en permaculture, et j’interroge le public à être critique, réapprendre comment les éléments fonctionnent avant même d’exécuter des techniques souvent annoncées comme étant la panacée. Or, la permaculture n’est pas une litanie de techniques qui en feraient un dogme, et les buttes, de mon point de vue sont bien symptomatiques d’un certain dogmatisme. De plus, j’ai expérimenté les buttes bien qu’étant très circonspect du fait même du travail que cela demande et de l’ineptie d’enfouir la matière organique fraîche. Nous menons des expérimentations avec des suivis scientifiques, et notamment sur l’évolution des sols avec Claude et Lydia Bourguignon, au niveau du jardinage. La butte s’avère être un non sens, en une année la matière organique n’a pas bougé (sinon occasionner des fermentations préjudiciables au sol), et le bois enfouit même à 30 cm reste indemne sans aucune attaque de champignon. Ce qui semble être logique. Je me bats aussi contre des messages véhiculés dans les cercles de permaculture qui évoquent carrément que la butte est autofertile et qu’elle ne demande pas d’irrigation. Foutaise absolue, hérésie complète. Je suis formé en permaculture, et je suis très content à travers cet article, de constater que des voix s’élèvent pour indiquer les limites que toutes techniques peuvent avoir s’il n’y a pas de réflexion amont, de sens critique. La permaculture n’est pas un dogme, c’est une démarche scientifique qui vise à étudier, appréhender, questionner, observer, analyser, afin de rendre une action efficace en terme éthique, écologique et économique. Bill Mollison n’est pas un gourou, et d’ailleurs il invite à critiquer ses recherches, lesquelles ne font pas mention de buttes (ou du moins dans cette situation). Nul besoin d’avoir une spirale d’aromate, un mandala, ou une butte pour être permaculteur, en tout cas je n’en n’ai pas et je l’assume parfaitement. Merci beaucoup pour cet article. Bonne continuation.

  50. Nourrissont Agnès (1 comments) dit :

    Merci pour ces précieux échanges qui nourrissent mes réflexions de jardinière naturelle amatrice.

    Je m’interroge au sujet de l’intérêt d’un mélange de sable et de matière organique en surface et/ou sur une faible profondeur en cas de sol très lourd et argileux.
    Une personne s’est clairement exprimée contre le sable, plus haut dans la discussion…
    Pourquoi ?
    Comment rendre la structure de la terre suffisamment aérée et moins compacte sans nuire aux micro-organismes ?
    Au fil des années avec un « paillage » se décomposant ?
    Quelle pourrait être une solution non destructrice et plus rapide ?
    (Je dois avouer avoir pratiqué le mélange de sable et d’humus sur une profondeur d’environ 15 cm en automne avec de beaux résultats l’année suivante !!! )
    Merci.

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Bonsoir Agnès,
      Attention de ne pas confondre structure et texture ! Un apport important de sable peut modifier la texture (même si j’ai doute quand à son utilité, cf. mon dernier article sur les sols argileux) mais en aucun cas la structure. On intervient sur celle-ci via le travail (ou le non-travail) du sol, via les apports organiques (mulch, amendements…) et via l’action des plantes et des organismes vivant du sol !

  51. Françoise Daoust (2 comments) dit :

    Voilà des échanges for intéressants! Je me réjouis d’être tombée sur ce site.
    Je cultive depuis vingt ans un potager de terre argileuse. Il m’a fallu cinq ans de fourche et grelinette pour pouvoir travailler mon sol sans avoir l’impression de remuer du mortier. Mes premières récoltes étaient bonnes: bons oignons, haricots nombreux… carottes longues et grosses sur sol tamisé… pommes de terre à bon rendement… mais au fil des années, mon sol s’est appauvri, les carottes, quand elles poussent sont rachitiques et déformées, les haricots sont toujours de bon rendement, mes tomates pourrissent, mes pommes de terre noircissent… bref, c’est horrible.! Malgré un compost maison, mon sol reste compact et j’abandonne peu à peu mes cultures. Bref, j’ai décidé de m’intéresser à la permaculture mais je lis tellement de choses que je ne sais plus à quel saint me vouer: buttes, planches, keyhole… J’ai décidé de creuser mon sol à un fer de bêche, d’y placer des bois partiellement décomposés, provenant de mes arbustes (lauriers, amelanchier, thuyas, cornouillers, forsythias, fusains…) , puis feuilles d’arbres (essentiellement bouleaux et sorbiers) puis replacer ma terre et terminer par du brf. Qu’en pensez-vous? Mon compost contient une belle quantité de vers de terre mais le potager en est pauvre. J’habite en Gaume en Belgique, climat bien connu.

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Je trouve que cela fait beaucoup de matières organiques enterrées. J’aurais plutôt tendance à déposer tout cela sur le sol sans l’ouvrir. Une incorporation dans les premiers centimètres du sol, pourquoi pas, mais comme tu l’envisages, ça me semble un peu trop.
      Concernant le compost, il est riche en vers de compost, c’est à dire des vers qui naturellement vivent en surface et dans les litières en decomposition. Ils sont généralement rares en pleine terre. Dans le potager les plus intéressants sont mes aneciques qui font des galeries verticale et ceux là pour les attirer : apport de matières cellulosiques (foin, feuilles…) et travail du sol réduit ou nul 😉 !

      • Françoise Daoust (2 comments) dit :

        Merci pour ta réponse claire. C’est encore plus simple que ma proposition. Je continue ma réflexion et je me fais l’avocat du diable. En permaculture, on vante la terre des sous-bois. Lorsqu’ j’observe les sous-bois de Gaume, je vois, sous les sapins, de la mousse; sous les feuillus, un tapis de feuilles et, seulement en bordure de chemins là ou le soleil perce, une végétation abondante de ronces, orties, fougères… quelques massifs de genêts, de myrtilliers, d’épilobes ou de digitales… et, ici et là, un plant de trèfle, une labiée, un plantain, une achillée, une aliaire… pas de quoi faire le bonheur d’un jardinier amateur.???

        • Gilles Domenech (858 comments) dit :

          Oui Françoise, je suis tout à fait d’accord avec toi la forêt ne peut être un modèle pour l’agriculture ou le jardinage car les symbioses et les cycles des nutriments sont très différents de ceux observés dans les systèmes herbacés !
          Cela dit le fait qu’on observe peu de végétation dans certaines forêts (ce n’est pas le cas de toutes) est surtout dû à l’ombre des arbres qui concurrence fortement les plantes herbacées. D’ailleurs tu fais remarquer que dès que la lumière du soleil arrive au sol, la végétation est beaucoup plus abondante, c’est ici l’unique facteur limitant. En plus parmi les plantes que tu cites, je vois au moins quatre, voire six, plantes comestibles 😉 !

  52. William (1 comments) dit :

    Bonjour,

    Pouvez-vous m’éclairer car je suis novice et plus je lis des articles ou des commentaires plus je change d’avis ! Je viens d’acheter une maison ou le sol n’a jamais été travaillé, j’ai voulu y planter des courges, la terre était très dure et compacte même en tapant comme un sourd la bèche rebondissait et ne ce plantait pas, j’ai d’ailleurs rien récolté cette année… du coup pour l’année prochaine que dois-je faire ? passer le motoculteur très profond pour aérer la terre puis y mettre à la surface du compost et brf ? labourer encore plus profond avec un tracteur puis pareil compost et brf ? faire une butte (sachant que mon terrain est venté ? Ma terre étant très compacte car jamais travaillé j’avais opté pour une butte mais vos commentaires ne vont pas en ce sens. Je vous dit merci d’avance et en espérant avoir une réponse. Cordialement, William

    • Isabelle (4 comments) dit :

      Salut William,
      Je commencerais avec les engrais verts. Fais un mélange judicieux de différentes sortes selon la région où tu habites, une légumineuse (pour enrichir ton sol en azote), un engrais au système radiculaire important pour ameublir ton sol même en profondeur, etc…
      Je laisserais le terrain ‘en convalescence’ une année complète avec différents semis et fauche d’engrais verts qu’il faudra laisser se décomposer sur place.
      Si vraiment la récolte de légumes te démange trop l’an prochain, mise sur les légumineuses et les salades (parce qu’elles sont moins exigeantes en MO), le temps que ton sol s’enrichisse par les apports de déchets végétaux/paillis/couvert végétal que tu ne manqueras pas d’appliquer comme un pansement sur un sol malade.
      Bien à toi,
      Isabelle

  53. […] sociaux, plusieurs sites dont France Inter, Terre Vivante, Ressources Permaculture, Permaculteurs, Jardinons un sol vivant et Un monde vernaculaire ont également retransmis l’information. Merci à Philippe Bertrand, de […]

  54. Guillaume WIDIEZ (1 comments) dit :

    Bonjour,

    je viens d’être interviewé par FR3 région grand Est dans le cadre d ‘un plateau qu’ils souhaitent faire sur la permaculture. J’ai donc discuté avec les deux journalistes de permaculture, agro-écologie, jardinage écologique sans buttes à l’appui pour la simple et bonne raison que ces concepts vont bien au – delà d’une simple technique pour laquelle j’ai toujours eu une certaine méfiance pour différents motifs (« cassage » de dos, beaucoup de matière et de manutention nécessaire, tassement de la butte au fil du temps peu favorable aux cultures, légumes « gavés » de matière du fait de la richesse en nutriments de l’aménagement …). L’une des idées maitresses de la permaculture est bien de nourrir les hommes tout en respectant la nature et les sols, décliné en objectifs (favoriser les variétés locales, les milieux d’interface écologique, penser l’aménagement du site – avec la notion de désign lié à chaque élément installé notamment – utiliser un maximum de ressources locales, produire assez pour soi et partager les surplus, maintenir un sol vivant…) mais la création de buttes pour aboutir à ce résultat n’est pas à mon sens une obligation mais une possibilité offerte parmi tant d’autres…cela devient même effectivement une ineptie lorsqu’on suit l’écosystème forestier, comme modèle de fonctionnement de son jardin!.. Ne nous bagarrons pas entre nous sur ce type de détails, au risque de faire se frotter les mains les marchands de chimie et de rendre indescriptible le message d’une autre façon de faire.

  55. Yucel Young GULUM (1 comments) dit :

    Bonjour,
    Voila: j’ai fait 3 type de potagers sur un sol argileux, piétiné par des chevaux de trais une bonne dizaines d’années, voir plus.
    a) Déposé des matières végétale tout type a même le sol. résultat extra, elle est noir bien meuble et sent bon le sous bois. ages 3 ans pas de labour.
    b) 1 labour + 1 rota et transformation en butes de bois pourrie X3 résultat: ok ca donne, tout pousse bien pour le moment. un minimum d’arrosage (cool) et matière organique dessus: ages 2 ans. ps: plein de trous fait par les amies du jardin donc oxygène dans les butes. Merci les amies (quelque poireaux en échange)
    c) 1 labour, pas de rota.donc des gros bloques, pas trop cool !. premier année ca donne bien !. couverture foin et paille et tout type de déchet + brf
    Et une mare, c’est mieux ! y’a plus d’amies.
    expérience pour expérience, je test. en tout les cas je prend et apprend de tous.
    Merci pour vos échanges,

  56. toupet (1 comments) dit :

    bonjour peut on utiliser du broya de resineux en couvertur du sol . Si je melange avec de la fiente de poule bio aec le broyat pour composter puis je rajouter du charbon de bois fin ou des cendre de bois la terre est argilo cacaire drome sud www lepresentsimple .com merci de vos reflexions et belle annee

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Je n’ai pas d’expérience d’un tel mélange ! Faites vos essais et revenez nous dire 😉 !

    • Ian Woodward (3 comments) dit :

      Bonjour Toupet. J’ai aussi des résineux, mais pas d’éxpérience ni fiente de poule. Terre argileux. A quoi servent les cendres?

      • Gilles Domenech (858 comments) dit :

        N’hésites pas à utiliser tes résineux comme BRF ou BREF, ne te laisse pas impressionner par tout ce que tu lis à droite et à gauche et qui est souvent sans fondement scientifique.

  57. Jardin naturel (47 comments) dit :

    Bravo pour cet article et vos réponses. Un point n’est pas abordé, celui de la santé et du goût (liés, selon moi). Outre le risque important de nitrites par décomposition anaérobie, lesquels nitrites sont très toxiques pour l’homme, vouloir apporter beaucoup de matière organique, pour avoir de grosses productions, me semble aberrant au moins pour un jardinier. Qui dit beaux et gros légumes dit légumes gavés de nitrates… très peu pour moi.

    Sinon, une observation : une maraîchère bio a fait des buttes près de chez moi, avec fumier enfoui. Elle passe son temps à lutter contre le mildiou. Je cultive en planches surélevées (du simple fait d’avoir aéré/nourri la planche d’un côté, de marcher et donc de tasser le sol de l’autre) sans apports excessifs et sans fumier, je n’ai jamais eu de mildiou… Bien sûr, on peut dire que je n’ai pas les mêmes surfaces et concentrations, mais j’avais tout de même 150 pieds de tomate et elle seulement trois fois plus, par exemple.

  58. Caro (1 comments) dit :

    vraiment très intéressant tout cela , et je souhaiterais apporter aussi ma petite contribution.
    Cela fait 5 ans que je cultive; en ayant une petite banque de graines personnelle ,que je m’efforce de reproduire tous les ans
    nous avons tous été a un moment donné épris de l’expérience de la butte
    et j’ai moi même tenté un bon nombre de mises en formes
    Holzer, lasagnes , fumier animal, brf, etc etc
    la seule chose que je n ai jamais fait c est le labour…. mais le meilleur rendement que j’ai pu obtenir ( et lorsque je dis rendement je ne parle pas d’un légume racine dont les branches font 1M50) ,mais plutôt de qualité gustative, de résistance aux maladies, d’accroissement de la biodiversité (tant animale que végétale) de satisfaction aussi avec peu d efforts
    je persiste donc et je signe : le nom labour, la fertilisation de la couche supérieur du sol par une fine couche de feuilles et de branches coupées finement au sécateur à l’automne….le BRF est une question d experts pour moi car bcp de personnes utilisent n’importe quelle essence de bois mais font ,je pense,de graves erreurs surtout lorsque il est utilisé en couche trop épaisse….au printemps l arrachage a la main de ces soit disant mauvaises herbes et couchées sur mon sol avant que ces plantes puissent grainer (je ne suis pas scientifique mais si qq chose pousse qq part c’est bien qu’en mourant il aura son rôle à jouer ) puis je couvre de mes tontes mais uniquement a partir de la mi mai et ce, en fines couches à chaque fois.
    Ce que je déplore un peu c est le manque de commentaires concernant la biodiversité sauvage (faune et flore) qui elle , m’ a convaincue , a force d’observation et de lectures ,de sa grande importance
    C est au travers d’expériences diverses que je dis non à la butte ,et oui au bassin pour accueillir ceux qui nous aident aussi ne l oublions pas à mieux gérer nos petits plaisirs au jardin 😉 Bien à vous tous

  59. Ian Woodward (3 comments) dit :

    Merci de cette reflexion
    Désolé si cela est déjà abordé dans les commentaires, mais il y en a trop pour tout lire..
    J’ai des branches et des arbres coupés/tombés. Je pensais en faire des buttes pour recycler la matière et aider à diriger l’eau pour une irrigation naturelle.
    J’adhère à vos arguments, mais que fais-je de tout ce bois? La foret en mettrait un peu par ci et un peu par la, au gres du vent, mais c’est inésthétique.
    Il y a 7/8 thuyas de 5m de haut à gérer, plus des rameaux d’arbres fruitiers. Je crois que je vais donner les troncs de thuyas comme bois de chauffage, mais les branches..
    Merci de vos conseils

  60. Bérenger Bossoutrot (1 comments) dit :

    Bonjour, je vous lis depuis plusieurs mois sur votre blog qui est passionnant et j’ai bien lu aussi les quelques articles concernant les buttes dont notamment celui de Christophe Gatineau (dont je lis les ouvrages avec délectation !)
    J’ai bien compris l’importance de l’oxygène dans le processus de dégradation, mais il y a tout de même une question qui me trotte dans la tête :

    Lorsqu’un arbre de grand développement meurt de sa belle mort, après avoir atteint toute sa maturité, comment les racines, qui sont pourtant profondément enracinées dans la terre et peuvent avoir plusieurs décimètres de diamètres, se décomposent-elles ? Où les champignons, bactéries aérobies et autres petites bestioles trouvent-elles l’oxygène leur permettant d’accomplir leur ouvrage ?
    Et selon vous, où la méthode de Philippe Forrer diffèrent-elle de ce processus naturel ?

    Très cordialement :)

  61. lally (1 comments) dit :

    Bonjour,

    Bonjour, je suis de Bourgogne, 4 enfants, 5 chats, 10 poules et 4 cochons d’ondes en liberté au jardin.Après avoir lu plusieurs ouvrages sur la permaculture, le paillage et les auxiliaires au jardin, je me lance enfin.
    Nous sommes donc en novembre, j’ai une parcelle de terrain, plein sud, entre mon pignon de maison et celui du voisin. Une légère petite pente et surtout un ensoleillement maximal en été qui sera renforcé par le mur de ma maison. le terrain fait 15 mètres par 7 mètres.

    Voilà pour les présentations. Je reçois la paille ce soir, mais je me questionne :

    cette parcelle de terrain est très compacte, car les camions et pelleteuse on étés stationnés ici lors de travaux récents. Il reste quelques traces de béton qui a été mélangé à cet endroit.

    Voici ce que je compte faire :

    1- Oter un maximum de trace de béton sur le terrain ( il y en a peu, un ou deux petit tas et surtout de la poudre échappée des sacs)

    2- épandre un mélange sang/os/corne broyées

    3- épandre mon compost ( déchet jardin, fientes poules et cochons d’ondes et déchets de cuisine que les poules ne mangent pas)

    4- pailler par dessus .

    qu’en pensez-vous ? je ne compte pas ôter la pelouse,il y en a peu.
    ma terre est argileuse, mais pleine de lombric.

    merci d’avance pour vos conseils.

    Lally, bleu clair en permacultre.

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      La compaction par des engins de chantier est un très gros handicap, qui ne peut être résolu avec un simple mulch organique !
      C’est un cas où le passage d’un outil de décompaction me paraît indispensable. Au minimum grelinette ou fourche bêche ! Idéalement dans retournement bien sûr ;-).

  62. […] Avec la montée du phénomène de la permaculture, les buttes sont à la mode depuis quelques années, mais elles n’ont pas que des avantages. […]

  63. Bruno (10 comments) dit :

    Bonjour à tous,
    Je souhaite réagir également à cet article afin d’apporter juste un témoignage.
    En préambule, je tiens à préciser que je ne me considère nullement comme un expert de la permaculture. J’ai débuté un potager il y a seulement deux saisons en m’inspirant de la permaculture. Je me suis beaucoup documenté avant et pendant… J’ai essayé de mettre en pratique en m’adaptant ce que je comprenais à mon environnement local.
    J’ai mis en place des buttes… Aucune n’a été faite à l’identique. J’ai commencé petit et j’ai donc fait évoluer la composition des buttes aux fils de mois en fonction de ce que je pouvais trouvés dans mon jardin ainsi que dans la forêt alentour.
    Il y a cependant un point commun entre elles : je n’ai jamais décaissé, j’ai fait mes buttes au-dessus de la terre existante. Je ne voyais pas l’intérêt de le faire et beaucoup trop chronophage. Au départ, j’ai mis pas mal de vieux bois que nous avions sur le terrain et que je pouvais trouver dans la forêt environnante. J’ai utilisé également des feuilles mortes, de la tonte et des vieux composts. Comme mon terrain est entouré d’arbre et que j’avais à disposition un broyeur, j’ai également beaucoup utilisé de BRF. Je l’ai utilisé à l’intérieur des buttes, mais également en surface pour leurs couvertures et ne pas laisser le sol à nu. Au final, j’ai très peu de terre dans mes buttes sauf sur la première qui a bénéficié de terre que nous avons prise en forêt. Bien entendu, j’ajoute de la terre lorsque je mets les plants dans les buttes, mais je ne mets que la terre contenue dans le pot du plant. En début et fin de saison, je recouvre mes buttes de BRF et/ou de compost.
    Je fais aussi régulièrement du purin d’Ortie ou de consoude. Je fais une rotation dans l’utilisation de ces purins. Chaque semaine j’utilise du purin pour arroser mes buttes et également mes semis.
    Dès la première saison, j’ai pu constater que les buttes accueillaient rapidement la vie. Pas seulement les vers de terres, mais également toute une foule d’insectes. Les récoltes ont été au-delà de nos espérances malgré une faim d’azote probable sur les premières buttes(compensé probablement en partie par l’ajout de purin).
    Après la première saison, les buttes se sont érodés un peu sur les bords sous l’effet principalement des oiseaux (nous avons beaucoup de merles par chez nous). Les oiseaux y trouvent facilement leurs nourritures : la terre est très meule et les vers de terres sont légion. Bref l’idéal pour les oiseaux. J’ai donc commencé petit à petit à récupérer des pierres dans la forêt. Cela permet de stabiliser les buttes, mais également d’apporter de l’inertie thermique. Cela m’a également permis de rehausser les buttes. Elles ont désormais une hauteur de 30 à 40 cm contre 25-30 cm au début.
    La seconde saison a été très riche d’enseignement également. Connaissant mieux les plants, j’ai commencé à mieux utiliser l’espace en faisant cohabiter différents plants, selon leurs bonnes associations, mais surtout selon leur rythme de croissance. Cela m’a permis de faire des récoltes encore plus abondantes que l’année précédente. La vie est encore plus importante dans les buttes cette année. Outre les vers de terres, de petits vers rouges ont fait leurs apparitions. Les insectes en tout genre peuplent également les buttes. Les insectes sont également plus présents dans le reste du jardin, voire dans la maison !
    Nous avons maintenant 5 buttes d’une largeur 1,2m et d’une longueur d’environ 6m. Soit au total 36m2 de potager. Nous avons récolté cette année un peu plus de 150Kg de légumes. Tout n’a pas été comptabilisé et nous avons subi quelques échecs avec notamment les tomates.
    Et surtout j’ai vu arriver les champignons ! Il y en avait un peu l’année précédente, mais rien avoir avec cette année ! Il ne se passe pas un jour, sans que de nouveau fassent leurs apparitions. En général, ils ne vivent que quelques jours. Parfois, ils arrivent en grand nombre et forment de grandes touffes.
    Dès que la neige aura disparu et que le temps sera plus clément, je vais refaire du BRF pour recouvrir nos buttes d’une couche de 3-5 cm. J’ai également l’intention au printemps de répandre les 3 m2 de composte que j’ai préparé à la fin de l’été avec du BRF, des tontes, des feuilles mortes et du purin.
    J’utilise le BRF également lorsque je fais des semis. Je le mets au fond des pots. Au départ l’idée était de réduire l’utilisation de terre et faciliter le démoulage des plants. Je me suis rendu compte à l’usage que cela permettait également un bon développement des plants et notamment de leur racine lorsqu’elles arrivent au niveau du BRF. Les champignons se développent également dans les pots à peu près aux mêmes rythmes que dans les buttes.
    Depuis la création de nos buttes, j’ai eu à nouveau l’occasion de créer de nouvelles buttes pour des potagers familiaux et collectifs. Plus cela vaa, moins j’utilise de bois morts et plus j’utilise de BRF et de végétaux en tout genre. L’idée est d’éviter le seul inconvénient que je vois dans mes buttes pour les cultures des légumes racines telles que les carottes. Les morceaux de bois qui se trouvent dans mes buttes perturbent leurs croissances et nous avons des légumes tout biscornus.
    Dans le potager de ma mère, nous avons pu constater que les légumes poussaient nettement mieux que dans la terre. C’est le seul lieu de comparaison à ma disposition. Les légumes poussent beaucoup plus rapidement et sont beaucoup plus gros que par le passé.

    Les avantages des buttes sont pour moi nombreux :
    La terre y est très meule et je peux travailler sans outils
    La terre est plus haute et je me fais moins mal au dos.
    La butte se réchauffe plus rapidement ce qui permet de démarrer plus vite la saison.
    La butte est plus permissive en ce qui concerne l’arrosage. Pas de problème si on arrose trop. La structure va drainer le surplus. A l’inverse, la structure des buttes permet une meilleure rétention de l’eau ce qui permet de réduire l’arrosage. Nous sommes partis 3 semaines en juin sans que cela ne pose de véritable problème dû à un manque d’eau.

    Je ne sais pas si la permaculture se limite ou non aux buttes. Je commence à utiliser les mêmes techniques (couche de BRF, paillage et purin d’ortie ou de consoude) dans d’autres parties de mon potager depuis seulement quelques mois seulement pour les légumes perpétuels. Il va falloir attendre une ou deux saisons pour pouvoir en tirer les enseignements.

    Très belle journée à tous,

    Bruno

  64. Râlex (1 comments) dit :

    Bonjour en ce dernier jour d’an 2017.
    Je pense, avec expérience, que l’amalgame est fait entre enfouir du carbone (carton, copeaux, paille, bois mort, feuille morte etc) et de l’azote (fumier frais, tonte, bois vert, déchets légumes etc) comme on le ferait pour un arriver à du compost et le fait de laisser en place une butte sandwich. Je ne parle pas d’enfouir l’azote pour obtenir une couche chaude, c’est autre chose…En effet, un compost avant maturité doit être aéré, mouillé comme il faut, et retourner pur ne pas perdre de précieux éléments (voir compostage à chaud contre compostage à froid). Une butte serait donc un compost à froid (après le coup de feu) très très lent surtout si rondins de bois mort. Oxygène ou pas au fond de la butte, ça il faudrait le mesurer ou tout démonter et voir si minéralisation il y a à +-5 ans. En tout cas, à +-2 ans, le bois mort reste mort mais pas du tout bien décomposé bien que j’y trouve « vie ».
    Bref, si faire une butte c’est pour obtenir un compost de paresseux qui aurait en plus perdu plein d’ éléments, à quoi bon ? Si c’est pour utiliser les micro climats et les différences de profondeurs (selon les type de racines des légumes et plantes), là je dis OUI. Mais j’appelle ça comme depuis des centaines d’années: un ADOS !! Pas de matières organiques enfouies en profondeur, c’est juste de la terre buttée.
    Quant au BRF, il est utile une fois tout les 5 ans, sur terrain appauvri !!! Le reste du temps, chaque année, il suffit de planter des engrais verts et de les mulcher et/ou de laisser se décomposer du fumier pailleux et/ou de rajouter une couche de compost.
    La « Fleur » de la Permaculture n’indique en RIEN de butter et/ou d’enfouir. Eco contre Ego, c’est tout !!

  65. Bruno (10 comments) dit :

    Bonjour
    Je viens de tout lire, Long et très intéressant. Je regrette que pratiquement seuls des formateurs (et leur « groupies ») défendent leur point de vue. J’aurais aimé avoir l’avis d’un maraîcher sur plusieurs années avec les revenus de son activité maraîchère ( et pas seulement les recettes).
    Tant pis, mais ce n’est pas ce qui me préoccupe; Je cultive depuis un an seulement un terrain inondable ( ça arrive une a 2 fois par an) Près de Montfrin dans le gard J’ai creusé un puis il y a quelques années , 6m limon ? argile? vase? Pas de cailloux pas de roches,. Cette année je « prépare » des planches surélevées grâce à la terre des allées , du fumier pailleux du foin st de la paille que je récupère. Mon idée c’est que les allées permettront un drainage du terrain, les eaux évacuées dans le puits.
    est-ce une bonne idée? Inversement ce système ne va-t-il pas contribuer a assécher beaucoup trop le terrain en été comme cette année il n’a plus que mi décembre…

    Bruno

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      Oui dans un terrain régulièrement engorgé en eau, c’est là que les buttes sont pertinentes ! Pour l’été, il faudra bien pailler pour éviter l’évaporation. Cela dit lorsque la culture recouvre complètement la butte le problème de l’évaporation ne se pose plus alors que la transpiration par les feuilles sera très intense. Il faudra donc de toutes façons arroser en conséquence.

  66. Bruno (du gard) (1 comments) dit :

    Désolé comme 11 commentaires m’ont été attribués, et que c’est mon premier , j’en déduit qu’il y a un autre Bruno , Je modifie mon Pseudo en conséquence

  67. Bérenger (3 comments) dit :

    Bonsoir,
    excusez-moi, j’ai posté une question qui n’a pas encore eu de réponse le 30 octobre dernier sur le processus de dégradation des racines d’arbres, est-ce que quelqu’un sait comment ça se passe concrètement dans le sol ? Vous pouvez relire ma question (plus complète) dans le post précédent.
    Merci beaucoup.

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      J’avoue que je n’ai pas pris le temps d’y répondre car cette question avait déjà été posée plus dans les commentaires. La décompositions des racines ne pose pas de difficulté car elles se développent dans des galeries qui sont une voie privilégiée de circulation de l’air, donc pas de risque de manque d’oxygène pour leur décomposition, à moins bien sûr d’être dans un sol marécageux.

  68. Bérenger (3 comments) dit :

    Alors excusez-moi, je croyais avoir tout lu…
    Merci beaucoup,
    Bonne journée

  69. Maryvonne (1 comments) dit :

    Bonjour,
    j’apprécie beaucoup cet article pour la mise au point sur l’enfouissement de la matière organique :-)
    Mais s’il dénonce l’amalgame permaculture/butte, il y a ici aussi amalgame butte/enfouissement de bois.
    Or, la butte de terre, sans enfouissement de ligneux mais simplement un amoncellement de sol est à mon avis très profitable dans la gestion de l’insolation dans les régions fortement exposées, la gestion des écoulements d’eau dans les zones très pluvieuse. Elles permettent aussi des profondeurs de sols intéressantes pour les zones à faible épaisseur de sol brun. Et si on se casse le dos à les faire elles peuvent parfois éviter de se casser le dos pour planter et récolter une fois qu’elle sont faites.

    Traditionnellement beaucoup de culture se faisaient sur billons, petites buttes de terres montées initialement en traction animale sur lesquelles on plantait et semait. Ayant pratiquer la traction animale en étant maraichère j’ai bien apprécié les avantages de ces billons en agriculture (en Bretagne) et me dit que les buttes en milieu tropical (sans enfouissement de matière organique non décomposée) doivent être bien intéressantes (surtout en zone humide à pluie diluvienne).

    • Gilles Domenech (858 comments) dit :

      En effet, cela rejoins en grande partie mon point de vue sur les buttes : intéressantes dans certaines circonstances. Par contre, je ne comprend l’intérêt des buttes dans les régions « fortement exposées à l’insolation » (pour reprendre votre terme).

  70. Olivier CHARDIN (2 comments) dit :

    Bonjour, architecte-paysagiste depuis 30 ans et jardinier depuis 50 ans, j’ai eu l’expérience de mon grand-père, de mon père dans le potager familial. Depuis plus de 10 ans, j’ai adopté la permaculture, dans ma conception, dans le design de mes études. J’utilise pour cela les connaissances traditionnelles, les techniques agricoles et les connaissances du sol…enfin ce qui me reste du Soltner… mais surtout l’observation de la nature… Je m’occupe d’un jardin dans une pinède… et je retrouve le modèle de la butte, dans un sol très rocheux en PACA, les arbres meurent et tombent au sol, les feuilles le recouvrent, les sangliers viennent labourer et fouiller… ce qui a donné une butte recouverte de feuille et de terre très friable, riche en matière organique bien décomposée…et très fertile… j’ai analysé le ph et je suis très proche de la neutralité… Je remarque aussi que l’humidité est conservée dans la sous-couche avec le tronc d’arbre gorgé d’eau.
    J’ai créé dans le même modèle des buttes pour surélever le sol sans creuser… j’y ai mis les arbres morts trouvés ça et la et une belle épaisseur de terre que je recouvre de feuille et de fumier décomposé du compost et j’y mets un paillage de foin non traité. Le BRF je le mets au pied des arbustes, des haies vives de pleine nature…et ça fonctionne bien. Sur les buttes juste de la paille, le fait qu’elle soit surélevé facilite le travail du jardinier et des récoltes, la terre y est friable à la main, le fait d’être en butte on ne marche pas dessus et il n’y a pas de tassement… Sepp HOLZER l’agriculteur rebelle préconise la butte pour toutes ces raisons… il faut bien entendu mettre l’humus décomposé dans les premiers centimètre du sol pour que ça profite aux légumes… comme les cucurbitacées…très friande d’humus décomposé! Pour les tomates j’y mettrais des horties, en association avec le basilic, les oignons et les poivrons…ainsi que quelques tagètes… pour faire fuir les pucerons… c’est pourquoi il faut arrêter de se braquer sur des techniques qui s’adaptent très bien au milieu trop sec…ou trop humide… ou trop rocheux… il y a bien d’autres exemples… alors transmettons nos expériences et pas nos critiques…soyons constructif, la terre a besoin de nous!

  71. Harold (1 comments) dit :

    Bonjour,

    Je réponds à Bérenger. Je suis canalisateur dans le Nord-Médoc et j’ai creusé nombre de tranchées dans divers biotopes. Selon mon observation, les racines, bois des branches, bois de fût se transforment en une matière spongieuse objectivement hydrophile. Observé sur pins, chênes, acacia robinier, bouleaux, dans le sable de la forêt, la terre de pâturages, friches indus et jardins d’agrément. A chaque fois j’ai observé la même dégradation et le même caractère rétenteur. Sauf dans les terres « lourdes » et glaiseuses, prés des canaux ou des zones humides où les racines étaient quasi intactes, mortes mais peu ou pas dégradées. Mais il se peut-aussi que je ne sois pas arrivé au bon moment du processus.

    Merci à l’auteur de cet article et aux contributeurs.
    J’ai tout lu, article et commentaires, je repars en sachant que je ne sais rien, que chaque question soulève un faisceau de pistes menant exponentiellement à encore d’autres questions.

    Bonne récolte à toutes et tous.

  72. Hugues (2 comments) dit :

    Bonjour à tous, tout d’abord je me présente, je suis fils d’un agriculteur qui pratique le sans labour depuis 30 ans. Mon père a toujours été convaincu par cette technique (car le sans labour d’aujourd’hui est contre nature comme très bien expliqué dans l’article) et l’a mise en place grâce aux théories de monsieur bourguignon. Je suis d’accord avec l’article cependant, posons-nous aussi la question de l’efficacité de la butte. C’est théoriquement une mauvaise technique mais cela fonctionne. Qui est buté dans ce cas ? Vous trouverez des articles de monsieur bourguignon, qui n’excluent pas la butte. Il montre qu’elle est plus ou moins efficace et ou utile selon le sol. Et j’ajouterai que tout se jouera au niveau de l’oxygène dans le sol. J’ai l’exemple d’un ami qui sans le savoir à créer une butte, en voulant se débarrasser de végétaux. Je me souviens lui avoir demandé ce qu’il avait fait pour avoir du si beau basilic et des tomates magnifiques. Il m’a dit qui ne savait pas quoi faire de branchages et qu’il a donc enterré le tout. C’est seulement quelques années plus tard que j’ai entendu parler de la butte que mon ami avait créé par hasard. Lorsque vous comparez la technique de la butte à la méthode du labour ce n’est pas totalement juste. En effet le labour moderne est pratiqué avec des tracteurs très lourd, et souvent utilisé par temps humide. La terre est complètement tassée, hermétique à l’oxygène. De plus ce qu’on appelle la semelle de labour, lissage par les soc de charrue, renforce le tout. Cela crée une barrière acide très mauvaise pour les plantes. Il se pourrait bien qu’en créant des buttes avec des tracteurs nous obtiendrions la même chose. Un sol asphyxié par la décomposition anaérobic. Lorsque vous créez votre butte avec votre petite pelle, le sol est bourré d’oxygène en dessous, de plus vous ne marchait pas dessus, et ensuite les vers de terre font leur travail d’oxygénation. D’autant que la terre recouvrant les troncs d’arbres dans une butte, n’est que de 20 cm, ce qui laisse un passage suffisant pour l’oxygène.
    Et non la terre n’a pas besoin de nous, c’est nous qui avons besoin d’elle!
    Ps : désolé pour les fautes je dicte sur mon mobile.
    Merci pour cet article qui est très utile.

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