Tout d’abord bonne année 2016 à tous mes lecteurs, qu’elle soit féconde en récoltes abondantes et en vie dans votre terre !

Il y a quelques temps, je vous présentais un projet que j’ai actuellement avec un groupement togolais. J’en profite déjà pour remercier ceux qui ont participé au financement de ce projet !

Bien que pour le moment nous soyons encore loin de l’objectif, nous pensons que nous pourrons le réaliser. En attendant et afin que vous fassiez un peu plus connaissance avec les acteurs de ce projet, je vous invite à lire les présentations de Raouf Kassime, le jeune président de l’ANVD Togo et du groupement d’agriculteurs Fafali qui sera un des bénéficiaire de cette action. et bien sûr, si vous souhaitez nous soutenir, je vous redonne le lien vers la page d’Hello Asso :

https://www.helloasso.com/utilisateurs/oraassociation/collectes/accompagnement-de-groupements-paysans-togolais-vers-l-agro-ecologie .

Je laisse la plume à Raouf pour la suite de l’article :

« Je m’appelle Raouf Kassime, j’ai 35 ans et je suis né à Mango, dans le Nord du Togo d’où mes deux parents sont originaires. Après 5 ans d’études en Sociologie et Anthropologie à la faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Lomé, j’ai obtenu ma licence. Par la suite je me suis engagé comme Volontaire auprès de diverses associations Franco/Togolaise où j’ai été formé aux métiers de l’humanitaire et où j’ai pu acquérir de nombreuses compétences et surtout découvert ma vocation.
Je ne connaissais pas bien les valeurs du Volontariat, mais il était clair que le peu que je pouvais entrevoir faisait écho à mes propres valeurs celles que je trouvais dans ma foi personnelle. Ce n’était pourtant pas une démarche à laquelle je pensais lorsque j’envisageais mon avenir, ni comme facteur de développement personnel, cela m’apparaissait davantage comme un état d’esprit. Mais il s’avère que les expériences vécus auprès de ces diverses associations me révélèrent le véritable potentiel d’enrichissement et d’émancipation de cette démarche civique. Dorénavant m’engager pour les autres : ceux qu’on ne connaît pas, ceux qui sont dans le besoin, était devenu ma raison de vivre et je peux affirmer avec fierté que je me reconnais pleinement dans ses valeurs. C’est ainsi qu’en 2004 j’ai finalement décidé de participer à la création de l’association de solidarité internationale, dénommée ANVD-Togo, avec le concours de quelques amis Français et Togolais. Aujourd’hui, je suis le président de cette association, mais aussi guide touristique et co-fondateur de l’agence SAWARI Voyage qui est une activité génératrice de revenu (AGR) affiliée à l’ANVD afin de lui assurer une indépendance financière. Après notre première mission avec l’association française Other Road Art, je suis devenu son représentant au Togo.
Mon rôle principal dans ce projet Agro-écologique est de superviser l’équipe ANVD en charge du programme. Nous établissons, entre autre, le contact entre toutes les communautés bénéficiaires ; nous aidons au développement du réseau de coopératives locales ; nous assistons Gilles dans son travail sur le Terrain ; nous accompagnons les activités agricoles sur notre terrain communautaire afin de coordonner les efforts et assurer la cohésion entre tous les acteurs.
Pour faire plus simple je suis le lien entre l’équipe Française et l’équipe locale.

Quentin Rongère (président d'ORAA, le relais français du projet) et Raouf Kassime.

Quentin Rongère (président d’ORAA, le relais français du projet) et Raouf Kassime.

Nous travaillons avec le groupement agricole Fafali. Cette ferme d’une trentaine d’hectares, situé en plein cœur d’une forêt tropicale luxuriante, pratique l’arboriculture et le maraîchage essentiellement manuels. L’aménagement des espaces de culture sont fait à la machette. L’équipe est composée de six personnes dont Djomo le propriétaire du terrain et son frère Gagnon.

Djomo et Gagnon en train de décortiquer des cabosses de cacao.

Djomo et Gagnon en train de décortiquer des cabosses de cacao.

Très sensible à la préservation de leur patrimoine familiale, leurs pratiques sont respectueuses de l’environnement. Même si parfois nous déplorons l’utilisation de pesticides issus de l’industrie chimique, c’est davantage par une méconnaissance des risques et des conséquences néfaste de l’emploi de tels produits, qu’une véritable nécessité d’utilisation. Finalement c’est la méconnaissance d’alternatives plus « propre » qui fait défaut. Le site dispose aujourd’hui de deux grands bassins piscicoles creusés « à la main », c’est à dire avec des outils rudimentaires non motorisés. Ils y élèvent des Tilapias en vue de développer une nouvelle activité. Il aura fallu au groupement à peu près deux ans pour arriver à bout de ce travail titanesque.

Un des étangs de pisciculture.

Un des étangs de pisciculture.

Canaux connectant les deux étangs.

Canaux connectant les deux étangs.

Sur ce site, en grande partie laissé à l’état sauvage, de nombreuses plantes médicinales poussent à loisir ainsi qu’une multitude d’espèces d’arbres fruitiers tel que : cacaoyer, ananas, papayer, bananier, cocotier ou encore palmier.

Ananas

Ananas

Bananes

Bananes

Djomo en train de sarcler autour d'un pied de piment.

Djomo en train de sarcler autour d’un pied de piment.

Haricots

Haricots

Gagnon sur une pépinière de plants maraîchers.

Gagnon sur une pépinière de plants maraîchers.

Cette ferme qui a donc tout pour prospérer doit cependant faire face à un problème de taille : celui de l’isolement. Nous ne parlons pas de l’isolement physique (- de 5 kilomètres de la ville) mais plutôt d’un problème d’instruction qui pénalise le groupement dans ses activités commerciales. Ce manque de connaissance et d’organisation, dans des domaines tel que la distribution, est un handicap redoutable qui freine le développement de l’activité. En effet, comment faire pour approvisionner les marchés, trouver la clientèle et s’assurer ainsi un revenu stable ?
C’est donc un problème d’organisation global d’un secteur qui voit se concentrer beaucoup de producteurs dans une même zone géographique, qui cultivent les mêmes produits et ce tout au long de l’année. Ce qui a pour effet de saturer les marchés, d’annihiler les efforts et contribue aussi à fragiliser le sol (manque de rotation des cultures). Ainsi les paysans se trouvent dans l’incapacité d’assurer un revenu stable à leur famille parce qu’il ne trouve pas les moyens adéquat pour organiser l’acheminement de leur produit jusqu’aux marchés locaux. Malheureusement au Togo, ce problème n’est pas une exception mais plutôt la règle.

Pour des cas comme Fafali, il sera donc nécessaire de concentrer les efforts sur la sensibilisation tout en participant à la mise ne place d’un réseau de producteurs, afin d’organiser au mieux la distribution et assurer des revenus réguliers aux différents acteurs.

One Response to Découvrez quelques membres de l’équipe au Togo !

  1. Christiane Leclercq (1 comments) dit :

    Bonjour,
    J’ai des amis qui vont souvent au Togo pour soutenir des projets d’écoles, une clinique… Une équipe est rentrée ce matin. Ils ont participé à l’inauguration d’un forage que nous avions financé il y a quelques mois.
    On avait déjà offert des plants de tecks qui croissent bien.

    Pourriez-vous me mettre en contact avec Quentin Rongère pour que je puisse lui poser quelques questions sur l’agriculture locale et évt les mettre en contact les uns avec les autres. Ma soeur a travaillé 10 ans au Burkina Faso.

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