Cela fait bientôt un mois que je suis rentré de ma première mission au Togo et je n’avais pas encore pris le temps de faire un petit topo de ce qui j’y ai observé et qui pourrait bien intéressé tous ceux d’entre vous qui habitent en zone tropicale ou se sentent concerné par ce qui s’y passe !

Tout d’abord merci à tous ceux qui ont contribué via un don sur la plateforme helloasso à ce projet !

Ma première misse s’est déroulé du 4 au 14 mai et était une prise de contact avec l’équipe sur place, avec les partenaire et bien sûr avec les agriculteurs de la zone concernée.

Présentation du canton de Dawlotu et de son agriculture

Voici la situation du village de Tutu chef lieu de la zone d’étude, le canton de Dawlotu (vous pouvez cliquer sur la carte, zoomer, dézoomer vous déplacer…) :

La ville la plus proche est Adéta, à quelques kilomètre plus au Nord. C’est une région peuplée majoritairement de cultivateurs de l’ethnie Ewé. On y trouve aussi des cultivateurs Kabiè originaires du Nord (régio de Kara) et des éleveurs Peul semi nomades. La cohabitation entre éleveurs Peuls et cultivateurs Ewés et Kabiès pose souvent des problèmes.

J’ai visité une vingtaine d’agriculteurs pour découvrir les plantes qu’ils cultivent, leurs pratiques, leurs sols, leurs difficultés et leurs besoins.

Petit entretien-questionnaire avec un agriculteur d'Agoxoe avant de visiter sa parcelle.

Petit entretien-questionnaire avec un agriculteur d’Agoxoe avant de visiter sa parcelle.

Suite à ces visites, j’ai élaboré cette carte des parcelles visitées (cliquer sur la carte pour qu’elle soit plus lisible) :

 

Carte du canton de Dawlotu avec positionnement des parcelles visitées. Carte réalisée avec ABC-Map.

Carte du canton de Dawlotu avec positionnement des parcelles visitées. Carte réalisée avec ABC-Map.

La principale cultures menée dans les bas-fonds est le riz, généralement cultivé entre juillet et décembre et parfois toute l’année dans les périmètres irrigués autour de Tutu.

Périmètre de riziculture irrigué mis en place dans les années 70 aux abords immédiats de Tutu

Périmètre de riziculture irrigué mis en place dans les années 70 aux abords immédiats de Tutu

Sur les zones les plus sèches, sont cultivés couramment le maïs (généralement sur billons), l’igname (sur buttes), le haricot, le gombo, l’arachide, le manioc, le mil et le coton.

Association d'une culture d'ignames sur buttes avec des gombos.

Association d’une culture d’ignames sur buttes avec des gombos.

Association de maïs, haricots et ademe (plante locale utilisée pour cuisiner des sauces typiques de la cuisine togolaise.

Association de maïs, haricots et ademe (plante locale utilisée pour cuisiner des sauces typiques de la cuisine togolaise.

Culture de maïs dans un bas-fond.

Culture de maïs dans un bas-fond.

Le palmier à huile est très présent dans les exploitations, aussi bien dans les bas-fonds que sur les côteaux, souvent asocié à d’autres cultures en sous étage.

La culture du cacao se pratique sous forme d’agroforêts dans les bas-fonds aux abords de Tutu essentiellement.

Agroforêt dans laquelle cacaoyers et palmiers à huile sont cultuvés sous un e canopée de grands arbres de brousse (Kapokers, Terminalia, Albizia...)

Agroforêt dans laquelle cacaoyers et palmiers à huile sont cultuvés sous un e canopée de grands arbres de brousse (Kapokiers, Terminalia, Albizia…)

Le maraîchage consiste surtout en la culture de piments verts, d’aubergines, de tomates, et d’herbes pour cuisiner les sauces typiques de la cuisine togolaise (ademe et gboma). Cette année 2016, du fait du manque de pluies en début de saison humide, peu de maraîchage a été mis en place.

Périmètres maraîchers associant aubergines et piments avec du bananier et des haies de manioc.

Périmètres maraîchers associant aubergines et piments avec du bananier et des haies de manioc.

Autour des habitations, on trouve souvent des jardins de cases comportant de nombreux arbres fruitiers : bananiers, papayers, agrumes… sous lesquels sont parfois cultivés des taros.

Culture de taro sous des arbres fruitiers dans un jardin de case à Tutu

Culture de taro sous des arbres fruitiers dans un jardin de case à Tutu.

Les champs sont majoritairement des monocultures avec quelques rares arbres de brousse (karités, rôniers…). Toutefois, il n’est pas rare de voir des agriculteurs qui mélangent plusieurs espèces sur la même parcelle, parfois sous forme d’agroforesterie, dans ce dernier cas, c’est souvent le palmier à huile qui est complanté avec  des cultures annuelles.

Cultures d'ignames et gombos sous des palmiers à huile

Cultures d’ignames et gombos sous des palmiers à huile

Les champs sont généralement préparés par le feu de brousse puis cultivés avec de nombreux intrants, en particulier des herbicides et des engrais minéraux (urée et NPK).

Notons toutefois que des initiatives locales ont permis de mettre en place un certain nombre de pratiques innovantes comme le système de riziculture intensive ou l’utilisation de biofertilisants.

Des sondages de sol ont effectués chez tous les agriculteurs interrogés pour avoir une idée des sols  cultivés et des contraintes éventuelles posées par ces sols. La plupart d’entre eux ont une texture limono-sableuse (parfois plus sablo-limoneuse, parfois un peu argileuse) de profondeur très variable. Les sols sont soit des sols peu évolués sur alluvions sableuses, soit des sols ferrugineux tropicaux.

Analyse d'un profil cultural chez un agriculteur du village d'Agoxoe.

Analyse d’un profil cultural chez un agriculteur du village d’Agoxoe.

Les difficultés constatées

Les principales difficultés exprimées par les agriculteurs sont :

Le manque d’eau.

La difficulté d’accès aux engrais, difficultés qui risque de s’aggraver avec la hausse spectaculaire des prix des engrais cette année.

Le manque de main d’œuvre pour les travaux des champs.

Mes observations me permettent de compléter cette liste avec les problèmes suivants :

Une forte dépendance à la chimie (herbicides et engrais notamment) avec un défaut d’information concernant la dangerosité des pesticides (protections insuffisantes des utilisateurs lors des épandages, traitements en bord de cours d’eau…) ;

Une absence de gestion de la matière organique: celle-ci est détruite par les feux de brousse et les pratiques culturales (travail du sol, fertilisation…) et n’est pas ou peu remplacée. Il n’y a pas de valorisation des effluents d’élevage car ces derniers sont souvent minuscules (quelques bêtes maximum par ferme – chèvres, volailles, parfois moutons), pas d’amendement des parcelles avec des amendements végétaux, pas de compostage. Le seul cas où j’ai observé une gestion de la matière organique est dans une culture d’arachide précédent un riz irrigué : toutes les fanes d’arachide sont épandues sur le sol avant la mise en place de la culture de riz.

Culture d'arachide précédant un riz. Les fanes d'arachide sont incorporée au sol avant la mise en place du riz.

Récolte d’une culture d’arachide précédant un riz. Les fanes d’arachide sont ensuite incorporée au sol avant la mise en place du riz. C’est un rares cas que j’ai observé d’amendement organique du sol.

petit élevage de chèvres nourries avec du mil dans une cour de ferme.

petit élevage de chèvres nourries avec du mil dans une cour de ferme.

Une perte des pratiques traditionnelles, qui utilisaient beaucoup les associations de cultures, au profit de monocultures. Ces associations traditionnelles sont perçues comme étant moins productives par la plupart des agriculteurs.

Sur les plateaux les sols sont souvent relativement superficiels (parfois à peine 20 cm de limon avant d’arriver sur des horizons caillouteux et souvent compacts) ;

Dans les bas-fonds, on observe parfois une compaction de l’horizon hydromorphe ;

Globalement peu d’activité biologique dans les sols. Seuls quelques turricules de vers de terre sont observables ça et là.

Turricule de vers de terre sur un sol à la surface encroûtée par la battance.

Turricule de vers de terre sur un sol à la surface encroûtée par la battance.

Et enfin de grosses difficultés de cohabitation entre les agriculteurs Ewé et Kabiè d’une part et les éleveurs Peuls d’autre part. La divagation des troupeaux entraînant parfois la destruction des cultures et empêchant généralement la mise en place de culture ou de couverts végétaux en saison sèche.

Troupeau de magnifiques vache appartenant ) des peuls. La divagation de ces troupeaux pose de gros problèmes de cohabitation entre éleveurs et cultivateurs.

Troupeau de magnifiques vaches appartenant à des peuls. La divagation de ces troupeaux pose de gros problèmes de cohabitation entre éleveurs et cultivateurs.

Les pratiques à mettre en oeuvre

Pour la suite du projet, j’envisage de proposer aux agriculteurs plusieurs axes techniques à développer :

L’utilisation de l’urine

Afin de remplacer les engrais chimiques, je vais leur proposer l’urine. Contrairement à mes craintes, l’utilisation d’urine humaine comme fertilisant semble tout à fait acceptable pour les agriculteurs de cette région. J’ai même rencontré un agriculteur d’Adéta qui utilise l’urine en engrais foliaire (je suis d’ailleurs quelque peu surpris par cette manière de procéder).

Le rapport du Stockholm Environment Institute de 2011 nous sera d’une aide précieuse, ainsi que le tout nouveau livre paru aux éditions de Terran :L’urine, de l’or liquide au jardin – Guide pratique pour produire ses fruits et légumes en utilisant les urines et composts locaux.

Améliorer la gestion de la matière organique

Les effluents d’élevage n’étant pas (ou très peu) disponibles, le couvert arboré à préserver, les résidus de cultures broutés par les troupeaux divagant, le choix pour apporter des matières organiques est limité. La ressource la plus prometteuse me semble être des graminées sauvages à croissance rapide dès le début de la saison de pluies (Panicum…). En plus un tel amendement très riche en cellulose serait un met de choix pour nos amis les vers de terre qui font globalement défaut dans les champs…

Au premier plan touffe de Panicum qui pourrait être régulièrement fauchée pour servir d'amendement organique.

Au premier plan, touffe de Panicum qui pourrait être régulièrement fauchée pour servir d’amendement organique.

Planter des haies pour protéger les parcelles des troupeaux

La mise en place de haies denses pour protéger les parcelles des troupeaux permettrait de lettre en culture certaines parcelles beaucoup plus tôt en tout début de saison des pluies (vers février-mars). En plus de cela, la haie diversifierait les productions des agriculteurs (fruits, bois de feu, fourrage…) et présente des avantages agro-environnementaux très intéressants (effet brise-vent, stimulation de la faune auxiliaire, apport de matière organique via les feuilles et les racines…).

De telles haies existent déjà mais se cantonnent à clôturer les habitation ou des champs à l’intérieur des villages.

haie de Glyricidia sepium entourant un champ dans le village de tutu. Les branches de cet arbre sont régulièrement élaguées pour servir de fourrage aux animaux. Notons qu’ici la très faible densité des arbres a obligé à compléter la protection par une barrière de bambous, une plantation beaucoup plus dense (20 à 30 cm seulement entre chaque plant, comme cela se voit souvent autour des habitations) aurait permis d’éviter cela.

Haie de Glyricidia sepium entourant un champ dans le village de tutu. Les branches de cet arbre sont régulièrement élaguées pour servir de fourrage aux animaux. Notons qu’ici la très faible densité des arbres a obligé à compléter la protection par une barrière de bambous, une plantation beaucoup plus dense (20 à 30 cm seulement entre chaque plant, comme cela se voit souvent autour des habitations) aurait permis d’éviter cet aménagement supplémentaire.

Remise en place de culture associées

Afin d’optimiser l’exploitation de l’eau et des nutriments du sol par les cultures, remettre au goût du jour les cultures associées sera un axe de communication important. J’ai vu des agriculteurs qui continuent d’associer les cultures comme le faisaient leurs parents, mais la plupart a abandonné cette pratique malheureusement. L’agroforesterie, qui est une forme de culture associée, en l’occurrence étagée, est également une voie à explorer, là encore en se basant sur les agriculteurs qui continuent à pratiquer cela, notamment avec le palmier à huile.

Alignements de palmiers à huile à proximité de Tutu dans une rizière qui sera mise en culture en juillet (malheureusement, comme nous pouvons le voir ici, les lignes d'arbres sont désherbées chimiquement.

Alignements de palmiers à huile à proximité de Tutu dans une rizière qui sera mise en culture en juillet. Malheureusement, comme nous pouvons le voir ici, les lignes d’arbres sont désherbées chimiquement.

Mise en place de couvert végétaux

Et enfin, même si c’est probablement ce qui demandera le plus de technicité encore très peu connue des paysans locaux, il faudra explorer les couverts végétaux pour renforcer la fertilité du sol. Pour cela, je m’appuierai sur certains travaux menées par le CIRAD ou d’autres organismes dans des pays voisins. Je trouve par exemple ce travail très intéressant et réalisé dans un contexte similaire à celui de la zone d’intervention : Promotion des systèmes de semis-direct sous couverts végétaux au Bénin : état des lieux, travaux de terrain et perspectives.

Suites à donner au projet

Lors de ma prochaine visite, l’idée sera d’aller à nouveau à la rencontre des agriculteurs pour leur présenter les différentes techniques énumérées ci-dessus, de recenser les agriculteurs volontaire pour mettre en place l’une ou l’autre de ces techniques et ensuite de les accompagner. Cet accompagnement se fera bien sûr avec l’aide des structures partenaires locales (ANVD Togo, ICAT, OCDI).

Et bien sûr, comme les financements sont encore difficiles à obtenir, nous continuons à solliciter votre aide, même un petit don est important, merci d’avance !

https://www.helloasso.com/utilisateurs/oraassociation/collectes/accompagnement-de-groupements-paysans-togolais-vers-l-agro-ecologie

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33 Responses to Première mission au Togo : qu’y ai-je observé ?

  1. monique (3 comments) dit :

    Bonsoir Gilles,
    vous nous faîtes voyager…
    Vu de ma région centre en France, c’est beau, c’est verdoyant, mais je me rends compte que la chimie est très utilisée, et comme par ici la vie du sol manque cruellement. A propos de l’urine, je récolte la mienne (car suis végétalienne, et je ne prend aucun ‘médoc’) et je la coupe un peu d’eau. Mes plantations sont super belles.

  2. bardet (1 comments) dit :

    Bonjour,

    Pour le maraîchage l’utilisation de l’eau est importante.

    La solution de micro pompage solaire est très au point, et apporte beaucoup de souplesse dans les cultures.

    si besoin me contacter

    • Gilles Domenech (778 comments) dit :

      Effectivement, au Mali, qui est un pays beaucoup plus sec, le maraîchage se fait systématiquement autour des forage ou au bord des cours d’eau car l’irrigation est indispensable et en plus ces cultures sont menées en contre saison, ce qui permet aux agriculteur de répartir leur charge de travail tout au long de l’année. La saison des pluies étant plus réservées aux cultures « sèches » (non irriguées, maïs, mil, sorgho…).
      Au Togo, je n’ai vu aucun forage pour l’irrigation. Le maraîchage est en partie irrigué grâce aux canaux d’irrigation du riz ou pratiqué au bord des cours d’eau (qui sont pour la plupart permanent) et en partie pluvial. Cette année le maraîchage pluvial n’a pas été mis en place à cause d’un déficit de pluies dans cette région par rapport à la normale.
      Le périmètre maraîcher que ‘on voit en photo dans l’article est en bord de cours d’eau et en effet, irrigué avec une motopompe, mais tous les agriculteurs n’ont pas les moyens de se payer ce type de matériel !

    • Nathalie (8 comments) dit :

      Bonjour,

      Merci pour ces grands projets qui nous permettent de voir ce que donnent ces méthodes de cultures ‘non conventionnelles’ dans d’autres milieux. Je penses également que la gestion de l’eau est importante et va certainement le devenir encore plus à l’avenir.
      Bardet je suis actuellement en train de voir comment limiter l’arrosage en maraîchage. Je travaille sur le paillage et l’arrosage gravitaire, mais est il possible d’avoir plus d’info sur le micro pompage solaire STP?
      Merci par avance.

  3. Marc Desmeuzes (4 comments) dit :

    Très intéressant Gilles et j’imagine que c’est « gagnant-gagnant » comme on dit maintenant pour toi et les togolais +++ !!!

    Je connais quelqu’un qui s’occupe de FASOVERT sur Facebook (Alassane) et qui est du Burkina Faso, le pays des « hommes intègres » cela veut dire.
    Ils sont très au courant du changement climatique et ça leur pose à eux aussi un pb. Je leur dis d’essayer de planter ce qui pousse chez eux et pas d’importer des plantes « miracles ». Il le comprend très bien. Et de ne pas trop attendre de nous. C’est parfois un peu le pb dans certains pays d’Afrique. Ces derniers temps certains pays attendaient tout de la Chine, et ils se sont fait avoir, c’est Alassane qui me l’a dit ! Je lui ai dit que les firmes chinoises sont comme les nôtres : ramasser un maximum de fric ! Les africains attendaient beaucoup de la Chine et ils déchantent …

    Autre chose : as-tu entendu parlé de la « grande muraille verte » qui part du Sénégal, Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Niger, Tchad, Soudan, Ethiopie Erythrée puis Djibouti. C’est toute une grande bande verte à partir du désert au nord, puis plantation d’arbres (unité végétale multi-espèces = acacia, jujubier, palmier, dattier) puis unité agro-pastorale (Maraîchage, élevage), puis unité hydraulique (puits, irrigation) puis pour finir unité socio-économique (Transformation de produits, marchés). J’ai lu ça dans le Magazine du Parisien il y a quelques semaines. La personne du Burkina était très au courante.
    Dans l’article ils appellent ça : Un chantier pharaonique, blablabla, soit une bande de 7775 km de long sur 15 km de large. Coût : 1 milliard d’euros par an, d’ici à 2020. Ils ajoutent : le tracé passe sur des terres où les précipitations atteignent de 10 cm à 40 cm par an en moyenne, ce qui n’est pas beaucoup.

    Merci pour le partage Gilles.
    Porte-toi bien !
    Marc.

    • Marc Desmeuzes (4 comments) dit :

      Erreur de ma part : 1 milliard ce n’est pas le coût total, loin de là, c’est « Aide de la France : 1 milliard d’euros par an, 2020″.

      A++

      Marc.

      • Marc Desmeuzes (4 comments) dit :

        Décidément : « 1milliard d’euros par an, d’ici 2020″. Je vais me reposer LOL …

        • Gilles Domenech (778 comments) dit :

          Oui, je connais cette initiative, je suis même en contact avec un des responsables de ce projet au Mali. Mais vu l’insécurité qui règne dans la zone, je n’ai pas l’impression que cela avance beaucoup…

  4. Michel Martin (8 comments) dit :

    Bravo pour cette initiative.
    Est-ce que l’acacia albida (ou un autre) pourrait trouver une place dans cet environnement?

    • Michel Martin (8 comments) dit :

      C’est peut-être plutôt acacia auriculiformis. Je cite:
      « L’étude a montré que le rendement du maïs peut être amélioré. Il est passé de 800 kg/ha à 1300 kg/ha par le simple fait de la jachère sur une parcelle sans plantation d’arbres. Ce rendement est encore plus amélioré en passant de 1300 kg/ha à 2700 kg/ha sur une parcelle ayant reçu Acacia auriculiformis. Il y aurait dans les deux cas relèvement du taux de la matière organique et d’autres caractéristiques physico-chimiques des échantillons de terre. »

      • Gilles Domenech (778 comments) dit :

        L’Acacia albida est un arbre sahélien, donc tu voulais probablement en effet parler d’Acacia auriculiformis qui pousse dans le même type de climat et que j’ai beaucoup vu à Auroville,dans le sud de l’Inde.
        En revanche cette espèce est totalement absente de la zone que j’ai visité au Togo.
        Je n’ai pas bien compris comment ces résultats ont été obtenus : est-ce par apport de BRF ou de feuille d’Acacia ou dans un système agroforestier basé sur cet arbre ?

        • Michel Martin (8 comments) dit :

          Dans l’article Wikipédia, pas mal d’infos sur cet arbre qui a donc déjà été implanté favorablement au Togo.
          « La plantation de A. auriculiformis permet d’améliorer les propriétés physico-chimiques du sol telles que la capacité de rétention d’eau, de matière organique, d’azote et de potassium à travers la chute de litière. Ses phyllodes fournissent un bon paillis de longue durée. Acacia auriculiformis peut fixer l’azote grâce à ses nodosités avec une gamme de souches de Rhizobium et Bradyrhizobium », ça doit te causer.
          Beaucoup d’autres usages de cet arbre, en plus de ses faibles exigences, sa croissance rapide. Peut-être à suivre en agroforesterie?

  5. PREISS Madeleine (1 comments) dit :

    Il semble bien que la chimie fasse des ravages là-bas aussi, alors qu’ils ont tout ce qu’il faut pour amender leurs champs naturellement. Bien sûr l’urine. Nous en produisons gratuitement tous les jours et bien plus qu’il n’en faut pour amender un jardin, pour un champ, toute la famille peut s’y mettre, mais, il faut épandre ce bienfait avec de l’eau et c’est un investissement de temps et d’énergie mais ça ne coûte rien.
    Le couvert végétal fut pour moi une découverte il y a bien des années, habituée que j’étais à voir de “beaux” jardins, méticuleusement entretenus, avec un sol désertique entre les rangs de légumes. Il ne faut pas qu’ils se laissent impressionner par les prédicateurs de la chimie et tout ce qui s’y rapporte, semences modernes, voire OGM, techniques culturales mécanisées, installations d’arrosage grandes consommatrices d’eau.
    Félicitation pour le reportage.
    Amitiés jardinières.

  6. VALET (2 comments) dit :

    Bonjour Gilles,

    Superbes photos. 1er conseil : renoncer au SCv ou semis direct sous couvert vivant/mort. Trop difficile, trop couteux et < aux associations traditionnelles et innovantes. On en reparlera mieux de vive voix
    très sincèrement
    serge

  7. Darna (6 comments) dit :

    Bravo Gilles et merci pour ton retour d’expérience. Sur les pompes, des infos + contacts/prix/éventuelles subventions pour certains types. En ce qui concerne des contacts francophones en permaculture/agroforesterie, je suppose que tu pourras compter sur le soutien technique ou autres de Terre et Humanisme de Pierre Rabhi, entre autres réseaux…En tous cas, j’informe également les nouveaux réseaux d’ONG africaines qui m’ont contactée via le FSM 2016 à Montréal.
    Belle continuation à toi.
    Darna

  8. flo (3 comments) dit :

    Bonjour Gilles
    Super cet article sur le Togo.
    Je suis a Flores une petite ile des acores au milieu de l’atlantique nord.Une partie de mon jardin est composée de bananiers et depuis l’année dernière j’ai fait des essais de plantations entre les bananiers.Un peu de mais qui a bien pousse,les taros se plaisent bien aussi et cette année j’ai plante des tomatiers qui se sont mieux développes qu’ailleurs (pour l’instant) et bien sur divers futurs arbres tels que laurier sauce,plaqueminier,avocatiers,aracas ,anone,goyaviers sans conter fleurs et aromatiques voila ma petite expérience j’espère qu’elle portera ses fruits et qu’elle puisse être positive également pour d’autres.
    Amicalement

  9. Emilio (29 comments) dit :

    Merci Gilles , observations , analyses et plans de developpements , en fonction des ressources locales . Quant aux chimiques de synthese , c est tres proche de nos situations d amerique latine , par soumission aux propagandes des vendeurs , et manque de connaissances des sols , la voie vers la desertification programmee… Les bananiers sont une benediction pour l agroecologie en milieu tropical. Beaucoup de dechets , croissance rapide , et beaucoup d elements chimiques tres riches. Je l utilise en lombriculture en andains sureleves , avec les eisenia foetida, en coupant les troncs de bananiers ,a la machette ,en morceaux de 5cm environ, ces vers adorent , les feuilles de bananiers recouvrent les andains. Et en ajoutant toutes les 3 semaines environ , des dechets de cuisine , etant vege et beaucoup de fruit , ce pre compostage de type bokashi est necessaire , les vers mangent de suite ce qui leur ait offert. Et les fruits citriques se decomposeront plus facilement dans la litiere Et aussi le bananier dans mes techniques de culture potagere , ou fruitieres , en lasagne , mais 10cm de decaissement pas plus , la vie organique de decomposition , se fait en surface , comme le dit Claude Bourguignon , ne pas enterrer de matieres organiques profondement , je l ai teste , ça ne marche pas , a cause du milieu qui devient anaerobie . Il faut toujours de l oxygenation pour developper une vie organique riche, en particulier les champignons epiges qui se multiplient avec la lignine , dans les 5 premiers cm du sol . Faire des buttes de perma , avec bois enterres a 30cm ou 40cm est un non sens , ces champignons ne se developperont pas a ces profondeurs. Et ces sont ceux la , de surface , qui fabriquent l humus.
    L urine est bien , en coup de fouet , mais pas en restructuration de sols qui doit aller vers un humus . Il faut un balancement en des elements verts , comme les troncs de bananiers en morceaux, qui gardent une aeration , et dela lignine en surface pour les champignons . Soit un couvert de mulch charge en lignine (le mien a 40% de lignine , le papyrus du nil en broyat . Soit d autres types comme les feuilles de maîs , mais ne contient pas beaucoup de lignine 5 a 6 % , le mieux est d ajouter alors des brf , petites brindilles broyees en complement. )La couverture de sols , en milieu tropical est la cle , pour proteger des chaleurs trop fortes et garder l humidite et la vie organique en surface. Et recharger en compost par le haut , et sans jamais intervenir dans les couches plus profondes. Les vers , tous , de terre et eisenia font leur travail , et n aiment pas etre deranges . En periode del niño , sans aucune pluie pendant 3 mois , juste la condensation du matin , et toujours de l humidite sous le mulch , qui doit etre suffisamment compact pour faire ses effets . L arrosage , jamais , sauf pour les semis . Une fois que les racines ont cette humidite , c est gagne et le hamac pour le campesino , en attendant la recolte.
    En tout cas , theorie appliquee , et mes lasagnes marchent du tonnerre , c est visible , clair et net. Et le bananier est une de mes ressources autonomes sur ma ferme , j ai developpe les plantations pour mes besoins. Apres , il faut agencer ses ressources pour sa technique de culture potagere ou fruitiere. Faire simple , rapide , mais en connaissances de causes. Une fois que l humus riche est abouti, dans mon cas , j ai de la terra preta, carrement. Comme les indigenes de Colombie qui avaient bien compris le truc . Carbone de basse temperature, dechets organiques en surface au debut , et oxygenation dans la phase du process. Et cet humus est regenerant , par le complexe argilo humique , et les cations dont celui de calcium … des bananiers justement , entre autres, et grace au micro organismes . Simple , tres productif et du durable sain , en developpant les vies .

    • Gilles Domenech (778 comments) dit :

      Intéressant ce que tu dis sur le bananier. Je l’ai peu vu dans cet région du Togo en dehors des jardins de case ou sans l exploitation maraîchère en photo dans l’article. C’est vrai que ce peut être une source de biomasse très intéressante !

  10. Emilio (29 comments) dit :

    Certains ont la peche , moi j ai la banane :)

    • Emilio (29 comments) dit :

      Enorme production de biomasse , oui , et une possible methanisation . Ce n est pas dans le cadre de mes etudes et recherches presentement , mais j avais lu un rapport universitaire , sur la possible utilisation des dechets de bananiers pour le Cameroon , on arrivait a produire facilement 80% de l electricite du pays . Maintenant , a ce stade , ce sont des monocultures avec les problemes attenants. Mais a une production plus petite , c est faisable sans les inconvenients , idealement en cooperatives agricoles et generatrices d electricite par des bio-composteurs , au niveau d une petite communaute. Et pour le maraichage , alors la , sans problemes et avec tous les avantages. Chez nous , nous utilisons aussi les residus d ecorce de riz , en paillage , juste un exemple, ou bien de café et cacao qui vont tres bien avec la lombriculture. Cuba est passe maitre dans le lombricompostage , et son agroecologie tourne autour . C est vrai que c est le meilleur compost qui soit , et aussi un moyen tres simple de recycler ses dechets organiques . Et une ferme en produit en masse de bio. J ai tellement de vers rouges eisenia foetida que j en met dans mes zones de culture , parce que les fonds sont en bananiers pilles . Ils me produisent leur humus in situ .. et migrent ailleurs quand le repas est termine , ce qui demande ..un certain temps .
      Gilles , si tu veux des photos de la technique agricole que j emploie , utilisant le bananier en maraichage , de type lasagne de surface, dis le moi ,je ne veux pas flooder ton article non plus, ton projet est remarquable.

      • Gilles Domenech (778 comments) dit :

        Emilio, ce n’est pas du flood, au contraire, c’est très constructif ! Et oui, je suis très intéressé par ton utilisation du bananier : comment tu le gères, comment tu prélèves sa biomasse puis la valorises !
        Je t’invite à m’envoyer des photos sur mon mail 😉 !

  11. Emilio (29 comments) dit :

    Gilles , as-tu vu des arbres africains de Moringa dans le coin ou tu etais ¿ Ça aussi c est une mine d or vegetale, de riche fourrage pour bovins et aussi en alimentaire humain et medicinale . La Fao le recommande pour lutter contre les denutritions . C est l arbre qui a sauve Fidel Castro de son cáncer , legende ou pas , il est en plein developpement de dissemination dans les zones Caraibes et Amerique latine . Pas exigeant en qualite de sol , j essaie d en trouver , mais je suis limite en altitude a 2500 msnm. Enfin , comme j arrive a faire pousser avec vigueur des manguiers , et on doit pas etre nombreux a cette hauteur .. alors , quelques moringa seraient les bienvenues , les oiseaux dissemineront les graines , comme d hab .

  12. Emilio (29 comments) dit :

    Derniere question , le kapoker dont tu parles en legende d une de tes photos , ce ne serait pas le kapokier ? un arbre tres haut , avec des piquants tres gros sur le tronc , et qui produit des cosses de kapok . Autrefois tres utilise pour son cote coton hydrophobe , ce « coton » servait de rembourrage des bouees de sauvetage . Ou d oreiller dans les iles , faut juste enlever les graines qui attirent les rats. Sous la canopee , d autres arbustes aiment les conditions , cacaoyer et cafe par exemple .

  13. Gérard (9 comments) dit :

    Bonjour Gilles,

    Super article sur le Togo !

    Je suis sur le point de me lancer en agriculture bio à Tokpo, un village situé à 40 km à vol d’oiseau au sud-est de la localité où tu as fait ta mission. J’ai la chance d’avoir le fleuve zio qui passe sur mon terrain, ce qui me permettra de bien irriguer (et de ne pas attendre la pluie…).
    mais comme l’eau seule ne suffit pas pour réussir en agriculture, les pistes de solutions que u proposent me seront très utiles. Merci !

    Je confirme bien toutes tes observations de l’état actuel des choses… Les problèmes du monde rural en Afrique sont très complexes:
    – vente anarchiques des terres par les villageois parfois par soucis de gain facile ou par manque de travailleurs, occasionné par l’exode rural des jeunes des villages en age de travailler ( on préfère vendre sa terre pour par exemple acheter une moto à son fils pour qu’il aille en ville faire taxi-moto)
    – Manque de travailleurs donc pénibilité et donc utilisation de produits chimiques subventionnés par les états…
    – Perte en fertilité des sols sur le long terme.

    Il faut comprendre que les ménagères des villes qui font leur courses au marché, pensent d’abord aux prix d’achat des legumes et fruits avant de penser à leur qualité: bio ou conventionnel…

    – Donc n’ayant pas les techniques pour produire durablement et abondamment en faisant du bio, les agriculteurs africains (des villages et des villes) se tournent vers le chimique…

    Mais il y’a des solutions alternatives comme vous le montrer si bien. Et il existe des agriculteurs qui font du bio en faisant des association avec utilisation de mucuna et autres partout au Togo et qui refusent de céder à la facilité qu’est le chimique.

    mais le plus gros problème qu’on a en afrique c’est la diffusion de l’information à ceux qui en ont le plus besoin. Tout est sur internet (votre article y est) mais les agriculteurs africains n’ont pas tous accès à internet et du coup n’ont pas l’information qu’il faut. Vous imaginez si on pouvait le faire lire votre articles et les différents liens qu’il comporte…

    Merci encore pour tes pistes de solutions que j’ai hâte d’expérimenter

  14. karim (2 comments) dit :

    bonjour mr gilles. je suis vraiment emporté par ce rapport. nous vivons les memes difficultés au bénin et je crois que vos expériences et projet en cours avec les frères du togo nous aidera beaucoup jeune entrepreneur qui s’engage dans l’agroecologie. je proposerais aussi comme idée pour récolter plus d’urine de sensibilisé les écoles et collèges de la zone ou encore voir les lieux de rassemblement des personnes, ainsi vous disposerai des bidons ou des matériels de récupération simple qui dorénavant serviront de contenant au lieu que l’on urine à terre. merci

    • Gilles Domenech (778 comments) dit :

      Concernant l’urine, j’ai constaté que les agriculteurs ne semble pas avoir de soucis à utiliser la leur. Par contre pour ce qui est de la collecter, on risque d’être confronté aux craintes liées au vaudou (tu m’en avais déjà parlé d’ailleurs). Donc pour le moment je préfère me contenter de ce qui est faisable relativement facilement. On verra plus tard pour des systèmes de collectes, mais cela sera bien évidement à étudier dans un second temps.

  15. Marc (131 comments) dit :

    Très belle initiative, cela doit être très valorisant personnellement de pouvoir apporter des techniques qui font avancer les choses dans le bon sens.

  16. marie royet (1 comments) dit :

    Bonjour,

    Je suis une débutante dans le domaine, en effet beaucoup de termes techniques sont incompréhensibles pour moi.
    Je souhaiterais planter des arbres fruitiers sur les terrains de mon conjoint qui est togolais en l’occurence au Togo et également
    élaborer un potager mais dans un premier temps pour notre consommation personnelle.
    J’aimerais etre un peu plus informée pour pouvoir mener à bien ce projet.
    Merci de me guider au mieux pour réaliser cela
    Bonne chance pour votre magnifique projet!

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