Une question qui m’est très souvent posée est de savoir si telle ou telle essence est utilisable sous forme de BRF pour amender le potager. IL est vrai qu’on peut lire de par le net toutes sortes de recommandations qui interdisent tour à tour les résineux, les chênes, les châtaigner, les peupliers, les noyers, les mimosas…

Je souhaite tout d’abord être clair sur un point : s’il semble évident que toutes les espèces d’arbres ne sont pas égale en tant que BRF, on ne sait rien ou presque au sujet desquelles sont les meilleures et desquelles sont à éviter !

De nombreuses hypothèses circulent, en voici quelques unes :

Préférer les espèces « climaciques » :

C’est là une des hypothèses favorites du Pr Lemieux. Les espèces dites « climaciques » sont celle qui s’installe à la fin de la succession écologique et une fois ce stade atteint, la composition spécifique n’évolue plus ou peu. Ce concept demeure toutefois très théorique et il n’est pas toujours si évident de dire si un écosystème donné représente ou non un « climax ».

Dans la pratique, on assimile souvent espèces climaciques à espèces forestières à bois dur telles que le chêne, le châtaignier, le hêtre… Toutefois de nombreuses espèces à bois dur ont également un caractère pionnier : frênes, merisiers, aulnes, robinier… Ce qui ne facilite pas notre affaire….

Pour étayer cette hypothèse, Gilles Lemieux s’appuie sur des études telles que celle sur la régénération forestière effectuée dans les année 80 et celle sur la culture du seigle en Ukraine. Dans ces études, effectivement, les essences « climaciques » donnaient en effet souvent de bons résultats, toutefois, il difficile d’extrapoler des résultats en régénération forestière au potager ou en agriculture ! Quant à l’étude sur le seigle est effectuée sur seulement une année, de plus comment être sûr que ces résultats sont extrapolables pour d’autres cultures, d’autres sols et d’autres climats ?

Dans le cas de cette étude ukrainienne, on remarque également qu’une des meilleures essences est le robinier, or cette essence, si elle à bois dur n’en est pas moins une espèce pionnière !

En conclusion cette hypothèse me paraît très délicate à utiliser, à la fois parce qu’elle manque de clarté quant aux essences concernée et parce qu’elle n’a jamais été démontrée dans la pratique !

Robinier faux-acacia (Robinia pseudo-acacia)

Éviter les bois riches en tanins :

Et voilà qu’une autre hypothèse arrive, exactement contraire à la précédente : éviter les bois riches en tanins (chênes, châtaigniers…) ! Or ceux-ci sont généralement des espèces climaciques… De quoi y perdre son latin !!!

L’hypothèse ici est que les tanins contenus dans le bois inhibent le développement des végétaux… Il est vrai que certains effets dépressifs des BRF peuvent être attribués à des blocages liés aux tanins, mais là encore rien ne valide cette hypothèse. De plus certains utilisateurs de BRF utilisent avec bonheur de telles essences… Je connais même un producteur de BRF (Terre d’Arbre en Indre et Loire) qui fabrique majoritairement des BRF de châtaignier !

chataignier (Castanea sativa)

Éviter les noyers :

Le noyer contient en effet une substance toxique : la juglone. Toxique, oui mais pour qui ? Pour nous ? Pour les vers de terre ? Les bactéries ? Les plantes ? Intéressons à ces dernières. L’agroforesterie sous les noyers, cela se fait depuis 2000 ans et l’impact sur les cultures est même plutôt positif ! (voir par exemple le site agroforesterie.fr et le livre Agroforesterie : Des arbres et des cultures (1DVD)
de Dupraz et Liagre).

Toutrefois la sensibilité à la juglone semble variable suivant les plantes, le site de l’OMAFRA (Canada) propose une liste de plantes tolérantes et sensibles à ce composé. Cette approche est-elle valable pour un simple apport de BRF ? Pour combien de temps après l’apport ? Là je n’en sais rien et je sais aussi que certains utilisateurs de BRF utilisent le noyer avec succès, alors qu’en est-il réellement ? Affaire à suivre…

noyer commun (Juglans cinerea)

Éviter les saules, peupliers, aulnes, troënes, mimosas… :

Dans même lancée on voit fleurir toutes sortes de restrictions sur diverses essences de feuillus, là encore basées sur la présence de tel ou tel composé chimique ou motivé par un échec lié à une de ces essences. Calmons nous, on n’en sais rien et ce n’est pas parce qu’une essence a donné un mauvais résultat quelque part que ce sera pareil chez vous !

Éviter les résineux :

C’est sans doute là l’affirmation la plus répandue et la moins sujette à débat. Elle tire son origine de l’observation par le Pr. Lemieux que les humus sous forêt de résineux sont de qualité biologique inférieure à ceux des forêts de feuillus. Il s’appuie pour cela sur des observation faites au Québec, bien sûr, mais aussi en milieu tropical concluant que cet effet ne dépend pas du climat. De plus, il est vrai les essais en régénération forestière avaient donné de moins bon résultats (dans l’ensemble) avec les résineux. Pour expliquer cela il avance la différence entre la lignine des feuillus et celle des résineux et la teneur élevé chez ces derniers en composés allélopathique (c’est à dire qui inhibe la germination des autres plantes, comme les terpènes, les polyphénols et les alcaloïdes).

Soit, mais d’autres observations tendent à relativiser cela, en voici une liste non exhaustive :

  • Certains résineux sont les pionniers de nombreuses successions écologiques et préparent donc le terrain pour les espèces de stade écologique plus mature. Exemples : les garrigues de cade ou les bois de pin d’Alep en milieu méditerranéen, les pinèdes sylvestres en zone plus tempérée et en climat montagnard… Ces écosystèmes pionniers précèdent par exemple la chênaie blanche en milieu méditerranéen, la chênaie-hêtraie ou la chênaie-charmaie en milieu tempéré ou encore la hêtraie-sapinière, voire la sapinière en milieu montagnard. Leur impact sur l’écosystème apparaît donc tout à fait positif : création d’un sol à partir d’un substrat minéral qui favorise l’installation de nouvelles espèces plus exigeantes.
  • L’humus sous certaines formation résineuses est semblable à celui trouvé sous des peuplement feuillus voisin. C’est le cas par exemple des humus de type mull sous pin d’Alep en région méditerranéenne. En milieu plus froid, il est vrai les aiguilles mettent du temps à se décomposer et créent des accumulations en surface, c’est vrai, mais les litières de hêtres mettent aussi du temps. Les humus de type moder que l’on trouve dans un cas comme dans l’autre sont-ils si différents l’un de l’autre ? De plus le facteur lumière a lui aussi un impact très important, or un potager, normalement, est plus lumineux qu’un peuplement dense d’épicéa… La formation d’humus acides sous les résineux est souvent due à la conjugaison d’un sol acide à l’origine, d’un climat froid et/ou d’un sol hydromorphe et de l’accumulation d’une litière acidifiante (notez bien qu’il s’agit surtout d’aiguilles, car les BRF de résineux ne sont pas acidifiants, comme le montrent tous les résultats expérimentaux y compris ceux du Pr. Lemieux).
  • Et bien sûr, il y a des fadas qui en mettent dans le potager sans constater d’effet dépressif plus intense qu’avec des feuillus…

Sapinière dans le massif du Rif au Maroc

En conclusion, j’émets des réserves sur la plupart de ces restrictions, et j’aimerai bien en effet en savoir plus sur l’impact réel des substances montrées du doigt (selon les cas la juglone, les terpènes, les tanins…) ou celle de la différence entre lignine de feuillus et lignine de résineux !

En attendant d’en savoir plus, mon invitation est, dans la mesure du possible de mélanger les essences disponibles, ce qui rejoint finalement un conseil maintes fois formulé par le Pr. Lemieux et son équipe.

Et bien sûr si vous avez des expériences à nous partager au sujet des BRF de résineux, de chênes, de châtaigniers, de noyers et autres espèces régulièrement déconseillées, je vous invite à les partager dans les commentaires ci-dessous !


64 Responses to Quelles essences pour faire du BRF ?

  1. xavier (22 comments) dit :

    Mon expérience 2012:
    brf de sarment de vigne broyé en février, et étalé en Mars/Avril + apport de 1.2kg/m3 d’azote uréïque.
    -utilisé en paillage = effet dépressif sur la pousse des tomates, oignon et melons (pro). sans effet dépressif sur fraisiers, betterave rouge et choux.
    -utilisé en incorporation localisé sur le rang de plantation (20L/mL) sur les premiers centimètres de sol + apport de 1.2kg/m3 d’azote uréïque = pas d’effet dépressif sur une culture pro de melon.

    puis,
    brf mixte dont probablement 50% de résineux, même modalité qu’au dessus = pas d’effet dépressif, ni en paillage, ni en incorporation sur melon (pro).

    Je comprends qu’on lise tout et son contraire sur le brf car selon les essences utilisés, selon qu’elles soient incorporées ou non, et selon les légumes cultivés, les résultats ont été pour moi bien différents.

    Merci Gilles pour tes lumières.

  2. laurent (16 comments) dit :

    Bonjour à tous

    Je croix qu’il n’y a pas de mauvais BRF mais qu’il ne faut pas avoir une variété qui représente un pourcentage trop élevé.
    Plus il y a de plantes différentes moins le risque de voir un produits prendre le dessus va apparaître.
    Toutes les plantes sont bonnes, faut juste un bon mélange.
    Faut peut être aussi ne pas faire d’apport trop important mais plus des apports réguliers, en petite quantité, voire chaque année
    Pour ma part je ne mets jamais le BRF tout de suite, j’attends toujours 5 ou 6 mois le temps que le travail ait commencé.

    Laurent

  3. Anne-Laurence (1 comments) dit :

    Bonsoir,

    Je pratique le BRF depuis 40 ans dans mon jardin.
    J’utilise tout sauf les résineux que j’ai fort peu, essentiellement quelques ifs.
    Pour le reste, tout y est passé, toutes mes tailles petites, moyennes voire grosses,restaient en place après un vague dépeçage au sécateur pour éviter un trop grand volume. J’ai vu des champignons arriver partout, même sur très grosse branche.
    Depuis quatre ans je broie, et ai fait plusieurs essais d’épaisseur : sur du deux à 5 cm d’épaisseur, les filaments apparaissent très rapidement , en moins de trois semaines.
    Pour ce qui est de la période, je n’ai pas fait de distinction, mais je taille le plus souvent au printemps, juste avant la reprise de la végétation.

    Mon jardin est d’agrément et a été installé à partir d’un ancienne exploitation de feuillage pour couronnes mortuaires : j’ai donc plus de trente très anciens et très gros lauriers cerise à tailler chaque année.
    Pour le reste, j’ai de nombreuses espèces d’agrément évidemment, qui sont taillées selon les besoins et en fonction des époques de floraison.
    Mon sol sent la foret, il est monté d’environ 30 cm en 40 ans.
    Je fais visiter à qui veut.
    Cordialement
    ALCB

    • poutout (1 comments) dit :

      C’est avec bonheur que j’ai trouvé cet avis, émis en 2012. N’ayant plus le droit d’incinérer les « déchets » résultant de la taille des végétaux, j’ai bien l’intention de développer le broyage. Comment utiliser intelligemment le produit de l’opération ? Je me renseigne sur le net et tombe sur tes conseils éclairés par une expérience séculaire. Merci et bien amicalement. Pierre-Alain

    • PETIT (6 comments) dit :

      Bonjour,

      J’aimerais utiliser la permaculture. J’ai donc besoin de BRF et de conseils pour ce BRF. Peut on se joindre par téléphone et au besoin visiter votre
      jardin ?

      D’avance merci pour votre réponse.

      Françoise PETIT

  4. alain17 (22 comments) dit :

    Bonjour,
    Ce printemps, j’ai mis du BRF de chêne sur tout mon potager sur 2 à 3 cm. Pas d’impact sur la récolte de Petits pois ou de haricots vert .
    Ce BRF a servi de paillage pour mes jeunes plants de tomate .
    Avec l’été médiocre, j’ai eu une récolte tardive et honorable.Les merles se sont régalés de vers de terre à mon grand désespoir.
    Dans un sillon profond, j’avais posé des pommes de terre « samba » et recouvert de BRF sans apport d’engrais. Bonne récolte.
    Cet automne, j’ai semé de la moutarde. Sur l’ancienne planche de PdeT, (sol retourné) le semis est dru et haut. Sur la planche de Tomate, la moutarde est chétive. Je pense que les graines directement sur le BRF explique cet échec.En soulevant le paillis,celui-ci est en partie décomposé d’un brun foncé et a de fins filaments blanc de mycelium.

  5. David (16 comments) dit :

    Bonjour,
    Un petit commentaire du Gers 😉
    Je suis jardinier (je n’usurpe pas le titre de paysagiste) et pratique autant que possible le BRF. Mon avis est aussi qu’il faut diversifier au maximum les essences pour obtenir un BRF qui se comporte le mieux possible. Toutefois, j’ai aussi utilisé du broyat de Leyland (oh!!! ) comme substrat pour faire pousser des patates sans travail du sol, et je dois dire que la récolte n’a pas été mauvaise du tout (et la récolte, d’une simplicité ^^). Ce broyât est resté en place ensuite et a été tranquillement « digéré » par le sol, sans déséquilibre apparent.
    Je pense aussi que l’état initial du sol a son importance : peut-être que, ô paradoxe, un sol dégradé sera moins soumis à un déséquilibre dû à un fort apport de tanins ou de terpènes qu’un sol très vivant où la faune peut réagir très négativement.
    Penses-tu qu’un sol dégradé « a faim » et est prêt à assimiler n’importe quel type de matière organique ?

    Autre constat avec du broyât de Leyland (re ohh!!!) : Aucune mauvaise réaction en paillage épais (15 à 20 cm) au pied de rosiers, contrairement à l’écorce de pin qui favorise le développement de champignons pathogènes aux collets.

    Bref, quand on est jardinier, les volumes de branches peuvent s’accroitre très vite et on prend ce qui vient. …Mais je vous rassure, je refuse de planter du Leyland !!

  6. raymond (21 comments) dit :

    j’utilise les brf en paillage et je n’ai jamais remarque qu’une essence etait plus nuisible qu’une autre ,lorsqu’on nous rabache que les resineux empechent l’herbe de pousser ,oui bien sur avec 10 cmsd’epaisseur,comme tous les paillages,un an plus tard l’herbe pousse au travers, le noyer ,ses feuilles au compost sont broyees et se fondent tres bien dans la masse pourvu qu’il soient melangees,tous les vegetaux sont de la nature et y retournent .et puis on peut toujours composter quelques mois si l’on n’est pas sur d’un composant

  7. Denis35 (1 comments) dit :

    Je me méfie comme de la peste du BRF, amendement organique contre nature. Dans ma terre déjà très grumeleuse, mais limono-argileuse, sur une partie humide et plus froide, car plus à l’ombre, j’ai obtenu un blocage de la terre avec retour à une structure plus compacte au cours de l’hiver.
    Je préfère les feuilles mortes, comme dans la vrai nature, en forêt. Et le résultat est spectaculaire, bien plus qu’avec tout autre apport de MO. Toutes les feuilles conviennent, même celles du noyer. J’utilise aussi les tailles de haies de thuyas, broyées, comme paillis. Un vrai bonheur pour les plantes et pour le jardinier car la terre reste bien « propre » et souple. Tous les débris végétaux sont bons pour couvrir la terre et nourrir la vie du sol. Mais dans la nature, le BRF n’existe pas! Le bois qui tombe à la surface du sol est toujours du bois mort, en petite quantité, sauf exceptions (tempête). La litière de la nature c’est la feuille morte, en forêt, et les herbes sèches, en prairie et steppe. Pas le BRF. Ce qui n’empêche pas d’avoir des effets positifs ici ou là; Mais on n’a aucun recul sur les effets du BRF à long terme, si on l’utilise trop souvent. Alors qu’avec des feuilles mortes, on a plusieurs centaines de millions d’années de recul et, ce, avec un apport annuel. Tous nos sols de France se sont formés sous forêt ou lande, localement sous prairie.
    Je rejoins Gilles pour dire qu’on ne connaît pas grand chose sur les BRF (qu’est-ce que 30 ans d’expériences ici ou là ?).

  8. carlier (113 comments) dit :

    bonjour Gilles,

    c’est un sujet difficile que tu abordes, très mal, de mon point de vue. J’ai parfois un coté provocateur. Pourquoi mets tu B.R.F ?

    Si tu pars du fait que tu veut nourrir l’écosystème en place et l’enrichir, il me semble que tu auras là le guide. C’est en tout cas le mien.

    Donc quid des champignons présent en ce lieu et si la présence souhaitée n’est pas optimale , comment l’enrichir?

    Dans un premier temps, j’ai été cherché des matériaux en cours de compostage et non sec, justement pour enrichir et ou ensemencer le milieu.

    Concernant les résineux, je considère que ce n’est pas du B.R.F mais une forme de mulch qui sert en adjonction avec des tontes d’herbe en certains lieux pour maitriser la croissance des végétaux.

    Pour appuyer mes propos, je vous propose ceci :

    http://en.wikipedia.org/wiki/Rhizoctonia_solani

    un des moyens de lutte est

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Trichoderma_harzianum

    donc:

    http://biophytech.fr/documents/gamme_detaille.pdf

    http://boutique.crisop.fr/trichoderma-harzianum

    mais l’on peut aussi vouloir avoir un sol résilient donc cultiver les bons champignons:

    http://www.imep-cnrs.com/theses/these%20roussos.pdf

    il faut donc un de la cellulose, deux un ensemencement

    ton regard m’importe.

    amicalement
    Bertrand

    ps: n’oublie pas que quand j’enfouis, c’est aussi une forme d’ensemencement. Mais je vais te trouver d’autre chose en fouillant dans ma bibliographie

  9. Le Goas Jean-Claude (8 comments) dit :

    Bonjour Gilles
    Je n’ai pas vraiment le choix, j’utilise toutes mes coupes de bois, sauf les résineux (Cèdre, Séquoia, Tuya et Cyprès)que je composte. Les principaux sont Sureau, Cornouiller, Ailanthe, Noisetier, Buddleia, Charme, Néflier, Noyer, Bambou, Acacia, Cognassier, Pommier, Prunier, Poirier, Laurier, Érable, Tilleul, Figuier, Frêne, Eucalyptus, Hêtre, Olivier, Tamaris, plus toutes les gros volumes de tailles de haies mixtes et les petits fruits (Groseilliers, Framboisiers, Actinidias et Tayberrys). Le tout avec ou sans feuilles selon la saison, et dans l’ordre où cela se présente, c’est à dire avec ou sans mélange et toute l’année.
    Est ce bien raisonnable !
    Amitiés à tous -JC-

  10. yvon apperry (3 comments) dit :

    Pour info:
    J’ai acheté du brf le mois dernier chez un pépiniériste bio ; il y a deux tas bien distinct dont un de resineux uniquement . Le responsable precise que l utilisation est strictement reservee aux allées ou terrasses. Pour ma part,j’ai été livré en tilleul.

  11. Gilles Domenech (776 comments) dit :

    @ Xavier:
    Merci pour ces infos, ce sont des données de type qui nous manquent encore beaucoup !

    @ Anne Laurence:
    Bravo pour ton travail depuis 40 ans, impressionnant !
    Petit détail technique: l’if est un gymnosperme mais pas un résineux!

    @ David:
    On est bien d’accord à propos du Leyland 😉 !

    @ Denis:
    Je te trouve un peu excessif quand tu dis que le BRF est un amendement organique contre-nature. A mon sens, il ne l’est pas plus que le compost ou le fait même de jardiner et de cultiver la terre. Mais ne partons dans de telles considération ou on y est jusqu’à demain 😉 !
    En revanche, je te rejoins dans ton analyse, vu ce que tu dis de ton sol, un apport cellulosique tel que des feuilles est beaucoup plus pertinent que du BRF ! Le foin serait sans doute aussi très intéressant.

    @ Carlier:
    l’objectif de cet article n’était pas de discuter du pourquoi et du comment à propos de l’utilisation du BRF mais simplement de proposer une réflexion sur ce qui se dit au sujet des essences. A mon avis, le BRF n’est nullement un passage obligé pour améliorer un sol, il est juste une possibilité si la ressource est disponible localement et en quantité suffisante et si les conditions de sol le permettent (éviter les sols hydromorphes et prudence dans les sols lourds). La question de l’ensemencement est très intéressante, elle a beaucoup été développée par Jacques Hébert, un pionnier qui a conçu un système de culture basé en grande partie sur l’utilisation de BRF précomposté et de paillage de BRF frais. Je t’invite à visiter son site http://www.jardinsvivaces-livegardens.com/brf-feuillu
    A propos de ce que tu dis à propos des résineux, tu mélanges à mon sens une technique (le mulching en l’occurence) avec un matériau (en l’occurence le BRF de résineux). Je ne t’en veux pas pour cela, la communication autour du BRF depuis 2005 mélange allègrement le BRF (matériau) avec ses techniques d’application (j’y ai moi même participé au tout début, jusqu’en 2007, mea culpa).

    @ Jean Claude:
    Tant que ton sol réagit bien à cela, c’est que c’est raisonnable 😉 ! Jean Marie Lespinasse fonctionne de la même manière, c’est plutôt encourageant !

  12. cottet pierre (153 comments) dit :

    trouver auprès des professionnels du brf de rameaux c’est mission presque impossible et pourtant c’est dans les rameaux que l’on trouvent le meilleur du brf . j’ai acheté du brf a un élagueur et je n’ai rien récolté pendant deux ans sur ces planches mêmes les mauvaises herbes ne poussaient plus sauf le liseron . jean pain cultivait ces légumes dans du compost de garrigue et obtenait de gros rendement . depuis j’utilise les feuilles et l’herbe de la tondeuse et tout va pour le mieux . quand je broie je mets en silo mais je n’ai pas de recul pour vous donner des résultats . je suis passer au non labour depuis deux ans avec couverture permanente toute l’année et je suis très content de cette méthode . je suis de plus en plus convaincu de la nécessité de ne pas travailler le sol,de le couvrir en permanence, de pratiquer les rotations et d’utiliser le compost .

  13. gilbert (1 comments) dit :

    BRF hé oui pour ma part au Québec en Gaspésie notre sol provient d’humus, donc en lui redonnant des copeaux on le régénère de façon naturel et l’accélération qu’on veut en tirer pour sa production devient là la problématique … on peut prendre un peu plus de temps pour faire fructifier notre travail et en bénéficier pleinement.

    J’utilise au départ le copeau dans mes allées piétonnières de jardins la première année et pour les années suivantes je mélange le vieux avec le reste du jardins et ainsi de suite en faisant attention de ne pas saturer mon sol avec trop de paillis. Du doigté Watson’ du Doigté .

    Ciao Gilbert.

  14. Christian (12 comments) dit :

    Bonjour,

    Je suis en Inde, sur une terre composée essentiellement de sable et de quelques argiles, de la kaolinite, un terre à brique assez parfaite qui peut se transformer en une latérite étanche et dure comme la pierre, mais qui peut aussi se révéler très meuble et drainante quand elle est bien traitée.

    Nous cultivons environ 2 acres en potager, dont une partie sur lits équipés de goutte-à-goutte.

    Nous avons aussi un verger de quelques 200 manguiers, dont certains ont plus de 60 ans (voir http://www.facebook.com/AuroOrchard). Ces arbres ont été lourdement marqués par le cyclone Thane du 29/12/2011. Depuis une semaine, j’ai lancé un grand chantier de taille et de soin de ces arbres ; notamment, nous récoltons des remorques de branches taillées, qui sont sont hachées.

    Or, le bois de mangier est très aromatique, et il exsude une sève de type latex. La question qui s’est posée était : « pouvons-nous appliquer ce BRF sur les lits du potager ? »

    Dans le doute, on a décidé 1° de faire un petit essai de quelques mètres sur quelques lits du potager, mais 2° de rendre la majorité de ce BRF au verger, en l’appliquant autour des plus jeunes arbres, que leur système racinaire moins développé rend plus sensibles à la sécheresse.

    Voilà, c’est juste une contribution…

    • Gilles Domenech (776 comments) dit :

      Christian, je me souviens avoir vu un potager sous BRF chez Jaap, un des forestiers d’Auroville qui vit dans le sud de la zone, peut être le connais-tu ? Ce serait bien de voir son retrour d’expérience.

  15. Baptiste (21 comments) dit :

    Je ne vois pas pourquoi on raisonnerait différemment avec le BRF et avec les mulchs. On choisi les mulchs en fonction de leur disponibilité (c’est le principal facteur limitant pour beaucoup de monde, je crois), de leur C/N et de leur composition chimique d’une manière générale ainsi que du type de sol sur lequel on veut les employer.

    Sur sol avec beaucoup de calcaire actif une acidification peut être considérée comme une amélioration, et les mulchs/BRF à base de résineux peuvent êtres tout à fait indiqués.
    Sur sol siliceux, sensible à l’acidification par accumulation du MO et désaturation du complexe adsorbant, il faudra je pense exclure les résineux. Du fait de leur C/N élevé, mais aussi du fait de leur composition chimique : composés aromatiques notamment. D’une manière générale ces sols profiteront d’apports à C/N bas, qui se décomposent rapidement.

    Raisonner le choix des essences employées en BRF en fonction de leur écologie me paraît dogmatique. D’autant plus si on s’appuie sur le dogme selon lequel la végétation climacique est la meilleur pour le sol, ce qui est à l’évidence faux !
    Un BRF qui se décompose rapidement n’a aucune chance d’être mauvais, alors que les MO qui se décomposent lentement sont toujours susceptibles de dégrader le sol. Le sol riche en calcaire actif est la seule exception, car il ne craint pas forcément l’accumulation de MO.
    Or qu’observe-t-on ? Le bois des chênes, principales espèces climaciques chez nous, se décomposent très lentement ! Le bois du bouleau, du saule, du noisetier, du peuplier, du tilleul, du frêne, de l’érable (qui sont toutes des espèces pionnières, post-pionnières ou dominées en sous-étage sous climax) se décomposent rapidement. D’où vient que la chênaie atlantique soit fertile ? Non pas de chêne, mais du sous-étage : noisetiers, charmes…

    Tout ça pour dire qu’il faut davantage regarder les essences une à une plutôt que de suivre des généralisations arbitraires.

    Après, comme je l’ai dit au début, le choix se raisonne surtout en fonction de la disponibilité. Il ne s’agit pas de savoir quelle essence est la meilleur, mais quelles essences sont susceptibles de convenir. Si vous avez vraiment le choix, mieux vaut se porter vers ce qui pourri vite et donc pas forcément vers le BRF de chêne, de résineux, la litière de hêtre…

  16. Agathe (2 comments) dit :

    Bonjour à tous,

    Tous ces commentaires sont très intéressants et mènent à plusieurs «conclusions» (entre guillemets, car effectivement, le recul n’est pas vraiment suffisant pour en tirer encore de réelles conclusions!):

    – la diversité des essences pour le BFR semblent être globalement une solution favorable, qui sera forcément différente selon chaque région, type de sol, climat..

    – le mélange avec du compost + feuilles + restes de tonte = un apport essentiel au BRF et au sol tout simplement

    – la situation géographique, l’orientation des terrains, le terroir, le type de sol sont des facteurs non négligeables, qui détermineront probablement qu’à certains endroits les résultats seront plus ou moins bons avec, basiquement, les mêmes mélanges d’essences et de quantités.

    – un autre facteur réside peut-être aussi dans le fait que des terrains aient été cultivés pendant pas mal de temps d’une certaine manière, sans parler de l’utilisation des pesticides, des eaux d’arrosage plus ou moins polluées et qu’il faut donc «réhabituer» les sols à plus de douceurs! Ce qui pourrait expliquer que certaines récoltes, la 1ère ou 2ème année, ne soient pas optimales et que certaines plantes réagissent plus ou moins bien?

    En bref, ce qui est bon pour toi ne l’est pas forcément pour moi!
    Bien que certaines bases soient communes, chaque cas est différent.
    Pour en citer un bien précis, l’utilisation de la terra preta semble être absurde si on ne vit pas sous un climat tropical, quoi que… ça peut se discuter aussi..!

    Ha oui, une autre chose qui semble fondamentale pour le sol, c’est de planter des fleurs, en plus il y en a beaucoup qui se mangent et qui sont dépolluantes, sans parler de l’aspect mellifère, essentiel, bien sûr!

    Donc, c’est plus l’utilisation du BRF tout seul qui semble être discutable et pas tant de savoir s’il faut mettre moins de résineux, pas de noyer ou plus de châtaigniers…
    Peut-être qu’uniquement le broyât, si diversifié qu’il soit, n’est pas LA solution idéale, qui serait plus un mélange de broyât d’essences les plus variées possibles (selon ce que l’on a sous le coude aussi) + branchages en décomposition naturelle + compost + restes de tonte + feuilles + engrais verts + déjections animales..?
    Et ce, tant donné aussi que le potager est évidement plus exposé à la luminosité que ne l’est le sol d’une forêt.

    Je ne suis vraiment pas une pro mais je constate seulement que plus la diversité est grande, d’une manière générale et pour toutes choses, plus les résultats sont bons!
    Il s’agit de trouver le bon dosage, le juste milieu, qui ne sera évidement pas le même pour moi en Corse que pour Mr X en Alsace..!
    Et je crois aussi que le non-labour est finalement bien plus naturel et respectueux de notre biodiversité et que toutes les plantes dont les «mauvaises herbes» (qui sont d’ailleurs bien souvent comestibles et très bonnes aussi) ont leur rôle à jouer, à nous de savoir observer et agir avec le plus de justesse possible. (Les travaux de Masanubo Fukuoka sont très instructifs à ce sujet).

    Agathe (Bastia)

  17. Gilles Domenech (776 comments) dit :

    @ Baptiste:
    Ton commentaire m’inspire quelques remarques:
    « Je ne vois pas pourquoi on raisonnerait différemment avec le BRF et avec les mulchs. » Oui, tout à fait, d’ailleurs le BRF peut être utilisé comme mulch, tout comme les feuilles, la paille, le foin… Pourquoi les distinguer?
    Quant aux BRF de résineux, je ne connais pour le moment aucune étude qui a montré leur effet acidifiant! Donc, il n’y a pas plus de risque à les utiliser en sol acide qu’en sol calcaire.
    « Un BRF qui se décompose rapidement n’a aucune chance d’être mauvais, alors que les MO qui se décomposent lentement sont toujours susceptibles de dégrader le sol. » cette hypothèse intéressante est l’exact contraire de ce qu’affirme Gilles Lemieux, mais pourquoi pas? Cela dit, certains essais, dont celui sur le seigle en Ukraine montrent de très bons résultats avec le chêne.
     » Le sol riche en calcaire actif est la seule exception, car il ne craint pas forcément l’accumulation de MO. » Ça, je n’en suis pas aussi sûr que toi… Au contraire, les sols très riches en calcaire actif tendent à bloquer la décomposition des MO et c’est pas toujours très bon pour les cultures…
    « D’où vient que la chênaie atlantique soit fertile ? Non pas de chêne, mais du sous-étage : noisetiers, charmes… » C’est intéressant comme hypothèse, là encore pourquoi pas?

    @ Agathe:
    Tout à fait d’accord avec ta conclusion, ce qui est important c’est la conduite globale du potager, pas tellement se savoir quel est l’amendement idéal. D’ailleurs, on peut même se passer complètement d’amendements en cultivant intensément cultures et couverts végétaux systématiquement restitués au sol!

  18. valo (3 comments) dit :

    j’utilise un « BRF » de chêne vert depuis plusieurs années. Ce « BRF » est composé de rameaux feuillus de 1 cm maximum qui sont broyés, puis laissés à précomposter. Au printemps, les champignons ont colonisé le tas et les tannins semblent dégradés. Utilisé en paillage, ce broyat, étalé sur 1 cm d’épaisseur, reconstitue mes sols de façon surprenante et maintient mieux l’humidité du sol que la paille. je n’ai pas encore expérimenté l’étallage du broyat à l’automne, faute de temps, mais ça viendra.

  19. yannick (24 comments) dit :

    Bonjour Gilles,

    Merci pour cet article qui m’a appris beaucoup de choses. Je n’utilise pas cette méthode car je ne la maitrise pas beaucoup. j’ai eu l’occasion de lire plusieurs des choses dont tu nous parle, sur le net, dans quelques livres. Cependant, je trouve cela plus clair ici.

    Merci encore et à bientôt
    Yannick

  20. André (19 comments) dit :

    Je crois effectivement que chaque type de sol nécessite un BRF spécifique.

    La question a été beaucoup débattue ici : http://www.info-brf.com/forum/viewtopic.php?f=2&t=685

  21. carlier (113 comments) dit :

    merci Baptiste,

    je partage ton point de vue, commence par ceci:

    http://www.imep-cnrs.com/pages/MB_degr.htm

    donc

    Marasmius quercophilus

    http://www.mykoweb.com/CAF/species/Marasmius_quercophilus.html

    et
    Bacillus pumilus
    http://en.wikipedia.org/wiki/Bacillus_pumilus

    Bacillus pumilus strain GB34 is used as an active ingredient in agricultural fungicides. Growth of the bacterium on plant roots prevents Rhizoctonia and Fusarium spores from germinating.

    pour répondre à Gilles, le mulch c’est, pour moi, le broyat de végétaux ne pouvant être qualifié de B.R.F .

    je suis d’accord que, pour beaucoup, le problème est la disponibilité et ce qui est certainement plus important est pour un producteur professionnel quels sont pour un lieu et un sol donné , quels sont les essences à implanter avec comme objectif la production de B.R.F .

    Concernant les essences souvent critiquées, à Chateaurenard j’étais arrivé à composter les coupes issues d’une haie de 60 mètres de laurier rose pour un usage en zone potagère pendant l’hiver , mais avec des hermetia :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hermetia_illucens

    une sacrée machine …

    amicalement
    Bertrand

  22. Marc (131 comments) dit :

    Merci Gilles ! C’est très pédagogique !

    Amitiés.
    Marc

  23. serge (9 comments) dit :

    j’ai utilisé uniquement du brf de cyprès légèrement incorporé sur une partie de mon jardin , carotte oignon épinard et poireaux le résultat a été très mauvais ,(les épinards ne sont pas sortis …malgrè deux variétés différentes…..

    sur le reste et sur la grande partie j’ai utilisé des mélanges (érable, frène , noisetier .les résultats sont excellents

    en conclusion je me méfie des résineux et je les composte , car aussi une année j’avais composté et incorporé des quantités énormes de thuyas , et je n avais pas eu de problèmes
    cordialement serge

  24. Baptiste (21 comments) dit :

    @Gilles, dans l’ordre :

    « Quant aux BRF de résineux, je ne connais pour le moment aucune étude qui a montré leur effet acidifiant! Donc, il n’y a pas plus de risque à les utiliser en sol acide qu’en sol calcaire. »

    Pour le coup je fais un raccourci simpliste et j’en conviens : les aiguilles de résineux sont mauvaises pour le sol, à cause de leur résine et autres composés aromatiques. Ces résines et autres composés aromatiques sont très difficilement dégradable et ont un effet dépressif sur la flore et la faune du sol (toxique?), ils limitent donc la minéralisation de la MO. La MO est essentiellement composée d’acides, donc l’accumulation de MO entraine une acidification. En sol calcaire cela ne pose pas de problème car l’acidité est neutralisée par les carbonates de calcium qui deviennent alors du CO2 et du calcium libre.
    Je pense donc qu’il n’y a pas besoin d’étude pour se méfier des résineux en sols non-calcaires, même si certains d’entre eux sont peut-être bon, on ne les connais pas (mélèze?).

    A propos du BRF de chêne et du seigle en Ukraine :

    Il me semble que ces sols qui se forment en milieu continental ne sont pas sensibles à l’acidification malgré des taux de MO très élevés, car leur dynamique est très différente (pas de désaturation du complexe adsorbant en liaison avec le climat). Je ne les connais pas plus que ça.

    « Au contraire, les sols très riches en calcaire actif tendent à bloquer la décomposition des MO et c’est pas toujours très bon pour les cultures… »

    Et justement les acides organiques contribuent à solubiliser les carbonates de calcium, libérant les MO rendues inaccessibles à la vie du sol par une « gangue calcaire ». Cela n’est évidemment valable qu’en non-travail du sol (il ne faut pas remonter le calcaire actif) et sur des intervalles de temps assez long.

    «  »« D’où vient que la chênaie atlantique soit fertile ? Non pas du chêne, mais du sous-étage : noisetiers, charmes… » C’est intéressant comme hypothèse, là encore pourquoi pas? » »

    Je tiens ça de discutions que j’ai eu avec plusieurs forestiers qui considèrent le charme comme l’un des meilleurs améliorateur de sol de nos climats (grosse production de litière rapidement dégradable). Si mes souvenirs sont bons, Soltner dans son bouquin sur les sols explique que sur certaines roche-mères particulièrement sujette à l’acidification la suppression du sous-étage de charme entraine un début de podzolisation (phénomène induit par une très forte acidité du sol) et une régression de la végétation vers des stades pionniers (bouleaux, pin sylvestre…).

    Après comme je l’ai déja dit, faut pas chipotter et prendre ce qu’il y a. Mais avec un bémol, attention si votre sol est sensible à l’acidification (sols granitiques, sables types fontainebleau ou des landes de gascogne…). Avec encore un autre bémol, plus le climat est chaud et sec et plus le risque d’acidification, qui commence par une désaturation du complexe adsorbant par lixiviation, est faible. D’autant que les climats chauds permettent souvent une décomposition rapide de la MO (la chaleur accélère tous les processus chimiques).

    Voilà pour ma contribution au débat :-)

  25. francine BOUTRY (1 comments) dit :

    si quelqu un voulait faire un résumé!!!!pour la vieille dame que je suis :-))))
    merci tout celà est très instructif, mais je n arrive pas à faire le tri pour mon simple usage personnel
    francine (72 ans)

  26. SUBRA Jacques (130 comments) dit :

    @Francine
    Allons! allons! Francine, on n’est pas vieux à 72 ans! ( Je dis cela car je m’en approche tout doucement!!)
    Pour résumer: si l’on a des doutes, n’utiliser que les feuillus d’un diamètre maxi de 5cm en frais. Etendre en Octobre/Novembre en couche de 2à3cm maxi et incorporer légèrement au Printemps.Laisser des parcelles témoins sans BRF pour comparer.Pour les résineux et autres dont on n’est pas sûr, les composter 5 à 6 mois et les utiliser en couverture, çà fait un excellent paillage. Surtout ne pas faire l’erreur comme moi la première année d’en étendre sur une grande surface en épaisseur de 5cm. J’ai mis deux ans à récupérer la fertilité de mes parcelles. J’ai participé à la journée  » Maraîchage Sol Vivant  » à Auch et entendu des dizaines de témoignages sur l’utilisation du BRF et autant de versions différentes! La conclusion que j’en retire est: prudence, le BRF n’est pas une panacée et doit être vu comme une solution parmi d’autre pour participer à la restauration des sols. A chacun d’adapter en fonction du contexte local.Voila mon témoignage après trois ans de pratique du BRF ce qui est peu!

  27. Baptiste (21 comments) dit :

    Je trouve que c’est un très bon résumé :)

  28. Cancel (1 comments) dit :

    Si une majorité d’utilisateurs de BRF s’accorde à dire que le mot clé est diversité, ce qui paraît l’évidence même, je voudrais ajouter un commentaire sur le bilan écologique de ce mode de culture. Je sais que je suis hors sujet mais: Le recours aux broyeurs, qu’ils soient électriques ou thermiques n’est pas satisfaisant d’un point de vue écologique du fait de l’énergie utilisée. Pourquoi ne pas étudier de façon collégiale la mise au point d’un broyeur qui ne consommerait aucune énergie non renouvelable?

  29. dorigord (9 comments) dit :

    J’ai un ami qui a fait du maraichage pendant plusieurs années sur un terrain essentiellement argileux. Il a essayé de couvrir, il a essayé de mettre du BRF, ce fut une catastrophe car toute l’argile (genre argile à poterie) est remontée par le travail des vers de terre et autres petites bêtes.
    Comme il a des chevaux, il allège sa terre avec le fumier de cheval, c’est nettement plus efficace pour sa terre.
    Cette année, j’ai mis des tomates sur BRF et d’autres sur litière de veaux, sur terre argilo-calcaire (plus argile que calcaire). Mes tomates ont été plus belles sur litière.

  30. Bernard (34 comments) dit :

    Bonjour Gilles
    Merci de cette journée du 4 décembre à Auch.
    J’ai vu avec une agréable surprise, autant des jeunes s’intéresser, à ce qui parait à nous évidant.
    Il va falloir arriver,a montré des essais concluants, pour convaincre, les plus irréductibles, avec les labours.
    Je ne doute pas que la section des machines agricoles parvienne à trouver, des solutions aux problèmes, des semis
    au travers du paillage.Ils sont plein de bonnes volontés,
    et méritent de réussir.
    Pour ma part, j’aurai aimé que la liste des participants avec leurs adresses et professions. Ensuite un badge? Pour se reconnaître
    C’est mon idée, mais peut-être,il y a des contraintes, que
    je ne sais envisager?
    Mais c’était très bien, comme vous avez fait. Merci à
    toute l’équipe qui a contribué à la réussite de cette journée.
    Je vais te mettre à contribution:
    Pour ne pas avoir a ramasser les feuilles mortes, on ma
    livré du BRF avec. Quand penses-tu?
    Chez nous les feuilles tombent plus tard.
    A + Pierre.

  31. Gilles Domenech (776 comments) dit :

    @ Cancel:
    Jacky travaille ou a travaillé avec le lycée agricole de Figeac (il me semble) sur un modèle de broyeur manuel, je ne sais pas où ils en sont du processus de conception, ni si de tels broyeurs sont actuellement en fonctionnement.

    @ Dorigord:
    En effet, tout miser sur le BRF en sol très argiluex n’est pas une bonne solution ! Les amendement cellulosique comme le foin ou les feuilles y sont beaucoup plus efficace. Un petit apport de BRF peut toutefois avoir un effet intéressant sur plusieurs années.

    @ Pierre:
    Bien sûr garde utilises ces feuilles mortes avec le BRF!
    Merci pour tes retour sur la journée du 4.12. Je vais très prochainement poster les restitutions de cette journée, on en reparlera!

  32. benoit (26 comments) dit :

    j’ai recuperé des feuille de noyer d’amerique, ramassées a l’aspirateur donc un peu broyé au mois d’octobre et étalées sur sur 2 3cm sur des sols deja vivant(massif de vivaces), et ben il y a deja plus rien

  33. feuilledechoux (98 comments) dit :

    à Anne-Laurence : vous pratiquez le brf depuis 40 ans bigre ! Vous en aviez eu connaissance par des relations québecoises ou vous en avez eu l’intuition de vous-même ?

    On peut retourner la question et se demander si certaines essences peuvent contribuer en Mulch simple et/ou brf à contrôler certaines adventices …Les feuilles de laurier cerise peuvent ainsi former un tapis assez occultant…un certain temps.

    Comment susciter des recherches publiques sur ces questions ? Les collectivités locales ( dans zones résidentielles où abondent laurier cerises et thuyas) pourraient être un aiguillon ?

    Enfin, nouveau venu je ne sais si vous avez déjà indiqué/commenté une émission déjà ancienne de Terre à Terre (21 05 2011): à 26 : 11 Lucas ou Schreibner dit à propos du brf que « le résultat est systématiquement favorable » http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-konrad-schreiber-agronome-et-michel-lucas-agriculteur-2011-05-21.html

    Il y a quelques années je m’étais inquiété du devenir des feuilles ramassées dans les rues de Paris qui faisaient l’objet d’une collecte séparée dans des sacs spéciaux : à l’incinérateur….( je vais rechercher pour savoir ce qu’il en est aujourd’hui)

  34. Gilles Domenech (776 comments) dit :

    Non, je n’avais pas parlé de cette émission dans ce blog car la thématique grandes culture me semble un peu trop éloignée de celle du jardin. Cela dit je suis bien d’accord avec toi pour la recommander.
    En ce qui concerne Konrad Schreiber et les agriculteurs de son réseau, il faut quand même bien comprendre qu’ils introduise le BRF dans un itinéraire technique déjà bien calé avec des sols vivant ou en bonne voie de le redevenir! Dans ce contexte les effet positifs du BRF sont beaucoup plus facilement visible que lorsque celui-ci est mal utilisé, comme c’est souvent le cas dans les jardins individuels!

  35. feuilledechoux (98 comments) dit :

    Gilles,

    Merci de votre réponse.

    J’en profite pour vous demander si vous avez déjà essayé le semis de graines enrobées tel que Fukuoka le pratiquait. ( une recherche « fukuoka » dans la zone de recherche de votre blog ne donne rien). Peut-être prévoyez-vous d’y consacrer un billet ultérieurement ?

  36. Gilles Domenech (776 comments) dit :

    Non, enfin si , j’ai essayé une fois sur un semis de haie champêtre, résultat : zéro germination, heureusement que j’avais aussi mis des plants en terre, sinon, il n’y aurai toujours à cet endroit 😉 !
    Je connais un agricuteur du Var qui a essayé cela avec succès sur certaines graines et échec sur d’autres. Mais à ce jour j’ai tellement peu de données de terrain sur le sujet que je ne prévoit pas d’en parler pour le moment.

  37. feuilledechoux (98 comments) dit :

    Merci de votre réponse Gilles. J’aurais tant aimé que vous apportiez quelques informations à ce sujet ! Mais je préfère votre réponse à d’autres imprécises et faussement prometteuses.

    Repensant au problème représenté par les mulch pour le semis de petites graines, il me vient que l’enrobage pourrait peut-être représenter une solution à cette difficulté .

  38. Jose (1 comments) dit :

    J’utilise du BRF depuis 5 ans et j’ai de très bonnes récoltes dans mon jardin et j’ai comme essence principale du cyprès de leyland et j’ai constaté que le mycélium se développait très bien, donc je continue. Mais mon propos, peut-être hors sujet, est que dans ce milieu très riche et humide, j’ai une très grande quantité de limaces et c’est très néfaste pour mes plantes, j’essaie de m’ne débarrasser en les piégeant sous des tuiles. Rencontrez-vous ce problème et quelles solutions avez-vous?
    NB. Il paraîtrait que ce sont les chevaliers templiers qui ont commencé la culture avec le broyat de végétaux !!

    • Gilles Domenech (776 comments) dit :

      Bonjour José, pour les limaces, tu peux lire par exemple l’article de Jaucqes à ce sujet : http://jardinonssolvivant.fr/limaces-et-compagnie/. Sinon, le plus simple est d’utiliser du ferramol (phosphate de fer) qui ne s’accumule pas dans la chaîne alimentaire.
      Pour ce qui est des templiers, ils auraient en effet inventé le compost que Jean Pain a redécouvert et vulgarisé au XXème siècle mais je n’ai pas d’infos plus précises sur la question.

      • Jean Michel Fretigny (1 comments) dit :

        Bonjour à tous et Bonjour Mr Gille Domenech,
        Laurent DAILLIEZ a écrit un bouquin « LES TEMPLIERS et l’agriculture ou les composts templiers ». Cela répondra en partie à vos interrogations sur le brf et les templiers.
        Vous trouverez le pdf du bouquin ici: http://biblio.rsp.free.fr/Pdf/Templiers.pdf
        Au dela de la polémique (néanmoins instructive) de Laurent Dalliez au sujet de Jean Pain , la démarche de reconstitutions des recettes templières est intéressantes.
        Comme d’habitude, il faut prendre, trier et laisser, mais cela à le mérite d’exister.
        Bonne lecture
        Cordialement

  39. Blisco (1 comments) dit :

    La conversation est intéressante pour moi car je compare les points de vues que je trouve sur le net et comme je lis 6 langues, la tâche est longue mais au moins je peux prendre des décisions en connaissance de cause. Pour celui qui lit l’anglais, je joins l’article du Dr Mercola, un medécin américain bien connu pour ses opinions sur la medécine et qui est, en plus d’un sevère bombardier de OGM un passioné de jardinage et voudrait que tout le monde se mette à cultiver son lopin de terre. Vraisemblablement, comme pour tout, aus USA c’est plus facile de se procurer des copeaux de bois et c’est même gratuit. Lui il conseille de mettre 15cm de copeaux, c’est dire si pour son jardin de 1000m2 il a fait venir plusieurs camions. Il raconte que un des précurseurs américains qui a beaucoup écrit la dessus, Paul Gautschi, dans une région où il fait très sec (28cm de précipitations par an seulement) il parvienta avoir dans son verger des excellents fruits bien juteux et cela, sans avoir jamais arrosé en dix ans!
    Sur la question des résineux il ne specifie pas mais il dit que la siure donne des mauvais résultats car elle s’agglomère et disperse différemment.Voici le lien http://articles.mercola.com/sites/articles/archive/2014/08/09/biodynamic-farming.aspx?e_cid=20140809Z2_DNL_art_1&utm_source=dnl&utm_medium=email&utm_content=art1&utm_campaign=20140809Z2&et_cid=DM53105&et_rid=615089689

  40. Le Vilain (1 comments) dit :

    Bonjour, je pense qu’il faut toujours rester dans la simplicité et savoir observer la nature autour de nous… Pour le BRF (ou comme pour les buttes de culture genre d’Holzer que j’utilise en maraîchage depuis quelque temps) il faut trouver des essences d’arbres où les champignons raffolent de leur bois et de leur environnement..Le bouleau, les résineux et les fruitiers (rosacées) sont très intéressant, surtout les résineux. Le frêne et les arbres qui on beaucoup de tanin sont à éviter, comme le chêne (sauf les branches de châtaigniers qui pourrissent très vite). Pour les résineux, je ne comprend pas les commentaires du genre c’est toxique pour la faune et organisme du sol…? je récupère depuis de années des troncs de résineux car ils se décomposent plus vite grâce à la gourmandise des champignons. Évidemment si l’on prend des résineux d’ornements ou du mélèze ça va pas le faire…Privilégiez les essences forestières.

  41. Thomas (4 comments) dit :

    Bonjour,

    Je m’intéresse au BRF – entre autres techniques – pour redynamiser des vergers de châtaignier greffé, ayant évolués en taillis partiel (avec rejets, franc pieds, …).

    Au sujet du chataignier (que je connais bien) et de sa fragmentation en BRF: revient la question des tannins: or, s’il est vrai qu’il y en a dans l’écorce (6%), il y en a beaucoup moins que dans le bois : 13% en moyenne (source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Castanea_sativa ).

    Or, cette distinction posé dans wikipedia ne prend pas un compte un fait connu, et qui intéresse le BRF: les cernes extérieures du bois (les 4-5 dernières dernières années de pousse) ne contiennent PAS de tannin : c’est la partie « vivante » du bois, blanche ou très claire, qui conduit la sève (ce qu’on appelle l’aubier), à opposer au bois « de coeur », au centre (« duramen »), coloré, qui lui est comme « mort » biologiquement, il s’est « lignifié » (c’est la structure, la « charpente » résistante de l’arbre qui s’est constituée ainsi), et s’est chargé au passage de ces fameux tanins, qui font du châtaignier un bois très résistant, notamment vis à vis des champignons.

    En charpente ou en menuiserie c’est ce fameux duramen qu’on utilise, et qui représente + de 95% % du volume pour un arbre mature. Par abus de langage on dit même parfois qu’il est « imputrescible »: autrement dit que les champignons ne peuvent le dégrader (classe de durabilité 3). Et inversement l’aubier, ne s’étant pas protégé avec le tanin, n’a aucune protection vis à vis des champignons, qui le dévorent rapidement (voir en forêt, par exemple les troncs tombés lors des tempètes en 1999, toujours intacts ou presque, à l’exclusion de l’aubier qui a vite été dégradé).

    Bref : le BRF, avec des branches de châtaignier de petit diamètre (-7cm si je ne m’abuse), ne contient pas ou très très peu de bois de coeur, donc le seul tanin présent est celui de l’écorce qui, en volume, ne représente qu’entre 5 et 15% du volume (à la louche). Bref, 6% de tanin dans 5 à 15% d’écorce ça fait… entre 0,3 et 0,9% de tanins dans le broyat!!!!!!!!!!!!!!!!

    Autrement dit derrière la réputation du châtaignier comme « champion de la teneur en tanins », on voit que le BRF de jeunes branches de châtaigniers en est pratiquement exempt!!! CQFD

    Le même raisonnement s’applique avec certitude aux différentes variétés de chêne (tanin), et de robinier faux acacia (robininer). Le robinier mature étant même le plus durable de tous les arbres, équivalent aux bois exotiques les plus résistants (classe de durabilité 4)… mais son aubier se dégrade en un rien de temps: alors je ne suis pas étonné de lire que certains ont utilisé avec succès le robinier, ou l’acacia… jeune!!!

    Je ne connais pas le noyer par contre… le saule… etc. Faudrait chercher des données sur les composants dans les différentes parties du bois pour expliquer les réussites ou échecs des uns et des autres. Il y a des pistes à creuser aussi chez les résineux, où rentre en compte la résine en plus… mais c’est vrai que pour balader souvent en forêt, j’ai pu voir que l’aubier du pin maritime (très important en proportion chez cet arbre) c’était fait « mangé » très très très vite par champignons puis insectes lignivores : l’aubier fait comme une « éponge » et n’est absolument pas durable… Faudrait jeter un oeil aux constituants de l’écorces et des aiguilles pour avoir une idée de son potentiel à priori en BRF…

    A+, merci pour ce chouette site

    • Thomas (4 comments) dit :

      Juste je reformule:  » je ne suis pas étonné de lire que certains ont utilisé avec succès le robinier faux acacia… jeune!!! »

      • Gilles Domenech (776 comments) dit :

        Merci Thomas pour ce riche commentaires !

        • Thomas (4 comments) dit :

          Merci Gilles!

          1 modif, et 1 ajout pour clarifier mon propos:

          – la modif c’est que la molécule du robinier (celuis qu’on appelle communément « accacia » sous nos latitudes) est la robinine… pas « robininer »… faute de frappe, désolé!

          – L’ajout c’est que ce « bois de coeur », chargé en substances fongitoxiques (tannins, polyphénols, robinine, etc.) se constitue au cour de la croissance de l’arbre : chaque année il crée une cerne supplémentaire, conductrice de sève, et au bout de quelques années, il commence à « abandonner » ses cernes centrales, l’une après l’autre, une par année (à peu près) – cernes ostruées par des « thylles », non conductrices de sève, et qui se sont chargées au passage par ses substances protectrices…-.

          Certaines essences ont un bois de coeur totalement dépourvu de ses substances fongitoxiques (hètre, noisetier, frène, figuier, sapin, épicea, bouleau, charme, érables, peuplier, sureau, tilleul, tremble…), quand d’autres en sont chargées (noyer, châtaignier, la plupart des chênes, robinier, if, cyprès, douglas, mélèzes…).

          La meilleure source bibliographique que je connaisse est le traité « durabilité des bois et problèmes associés », et surtout son premier chapitre qui traite des constituants, aspects anatomiques, et au final de la durabilité « naturelle » des bois… où l’on s’aperçoit que le premier facteur influençant la durabilité des bois (pour la construction, bien sûr) est la teneur en ses composés fongitoxique, de toute manière uniquement présents dans le bois de coeur, Il pointe aussi l’absence de ses composés dans les aubiers (donc le bois jeune) de toutes les essences…

          Du coup je reformule l’essentiel de ce que je voulais dire : c’est parce que les jeunes branches (moins de 5 ou 7 cm de diamètre) sont, à coup sûr constituées à 100% d’aubier, donc sans composés fonxitoxiques, que le brf a une chance de « marcher » avec TOUTES les essences… C’est-à-dire démarrer un processus de dégradation et d’assimilation dans le sol par les champignons, qui va a son tour dynamiser toute la faune du sol… et nos bienheureuses plantations!!!… si j’ai bien compris le mécanisme!

          Je vois quand même 2 bémols a cette affirmation:
          – la présence éventuelle de composé fongitoxiques dans l’écorce : exemple plus haut avec l’écorce du châtaignier (6%), qui néanmoins une fois broyée avec les rameaux jeunes donne un taux de tannin inférieur à 1%… Présence négligeable? Je suppose…
          Je ne me suis pas documenté sur les écorces des autres essences pour pouvoir en dire autant, mais il me semble probable qu’on ait des résultats semblables.

          – la présence éventuelle de composés fongitoxiques dans les feuilles ou les aiguilles (quand elles sont broyées avec les rameaux).
          Là je pense en particulier aux résineux, mais je n’ai pas d’info précise là-dessus. Et à l’inverse il me semble que les feuilles des feuillus (!) sont dépourvues ou alors très peu chargées en substances fongitoxiques. A vérifier!

          Voilà pour ce que je « sais » ou « déduis » de ces connaissances de charpentier (!) appliquées au BRF!

          • Gilles Domenech (776 comments) dit :

            Oui, merci pour ce partage, Je vais continuer à propos de l’écorce.
            Dans les publis de l’Université Laval, la nécessité de broyer est justement justifiée pour briser la barrière de l’écorce. Cela suggère que les composés allélopathiques (ou fongitoxiques pour reprendre le terme que tu emplois, sans doute plus précis) sont en effet une gêne pour la décomposition de l’écorce.
            D’ailleurs les écorces de peuplier ou de pin sont fréquemment utilisées comme paillage qui durent deux ou trois ans sans problème.
            Dans le cas du BRF, les écorces ne sont donc vraisemblablement pas biodégradées mais cela n’est pas un problème puisque l’essentiel de l’apport est de l’aubier très biodégradable.

          • papyrazzi (6 comments) dit :

            @Thomas & Gilles…
            Résineux et fongitoxique… Hum ???
            Lorsqu’on se promène en forêt, on constate que les sols sous les résineux sont couverts de champignons.
            Pour ma part, il y a 20 ans, j’ai planté 1000 épicéas dans ma propriété. Evidemment, le sol s’est couvert d’une épaisse couche d’aiguilles. Mais pas que : j’ai du champignon partout.
            J’utilise les aiguilles en « paillage » pour les pommes-de-terre. Résultats observés : récolte plus rentable en nombre, poids, grosseurs et fermeté que sous BRF (mélange de +/- 15 espèces dont épicéa) et sous paille. Les test sont toujours menés sur « la même parcelle », divisées par paillis (aiguilles, BRF, paille), la même variété de pomme-de-terre et la plantation le même jour.
            Petite parenthèse… pas trop éloignée du sujet :
            Le sol de ma petite forêt d’épicéa est, quant à lui fort dégradé sur une épaisseur de +/- 60 cm (couleur beige-gris (= greige), très rares plantes, pas de ver, peu d’insectes,…).
            J’ai constaté que la meilleure manière de l’agrader (plutôt faire « revivre » ce sol) était d’y simplement poser un lit de branches (ø max 3 cm) NON BROYEES ni coupées en tronçons et de les couvrir d’un lit de +/- 5 cm d’herbes fauchées (= foin), puis de marcher régulièrement dessus pour que cela se brise au fur et à mesure des passages et de la décomposition (= technique du bois raméal « foulé » ou BReF). Au bout de 1 an, le sol passe de quasi improductif à terriblement productif avec une terre très noire et très fine (produit mieux que le potager sous BRF ou paillis)

  42. papyrazzi (6 comments) dit :

    Petit oubli :

    J’ai fait des test de BRF avec plus de 50% d’épicéa (sapin de Noël, sapin des Ardennes) et n’ai pas observé de récession de mes cultures par rapport aux autres mulch.
    J’utilise donc cette essence et ses aiguilles avec confiance dans mes BRF et compost.

    Par contre, je ne l’utilise pas « vert » : je laisse sécher les branches 1 saison en tas et au soleil, ceci expliquant peut-être mes résultats satisfaisants.

  43. basile (1 comments) dit :

    bonjour,je suis novice dans le brf .est ce que je peux incorporer des buggleias? (arbre à papillons)merci

  44. HUBERT (1 comments) dit :

    BONJOUR,
    JE VIS AU BRÉSIL ET J’AIMERAIS FAITE DES BUTTES DE PERMACULTURE ET DU BRF AVEC DU MANGUIER.

    N’Y A-T-IL PAS DE CONTRE INDICATION ???

    MERCI DE VOTRE RÉPONSE.

    ABRAÇO.

    HUBERT.

  45. franck (29 comments) dit :

    Bonjour Gilles,
    je lis et m’informe sur le brf et je me pose des questions:
    je viens de préparer deux bouts de planches de culture à la grelinette (terre assez argileuse d’après le test du boudin).
    J’ai mis dessus les feuilles de mon jardin ramassées au tracteur tondeuse (donc partiellement broyées avec un zeste d’herbe de tonte)sur 4-5 cm sur lesquelles j’ai étendu 4 à 5 cm de brf de noisetiers essentiellement.La hauteur est très approximative.
    En lisant vos commentaires je me demande maintenant si je n’ai pas travaillé pour rien.
    Ma terre étant partiellement lourde,ne faut il pas que j’enlève ce brf pourtant si sublimé dans certains articles?
    Pour info , le reste de mon jardin est ensemencé de moutarde ,celle ci ayant pris le dessus sur le trèfle incarnat.Elle fait aujoud’hui 1 m de haut et est très dense.
    Que pensez vous de ces planches de brf ?
    Franck
    ps:Gilles.Merci pour ton site que je suis depuis au moins deux ans je crois et qui m’instruit énormément.

    • Gilles Domenech (776 comments) dit :

      Après un travail du sol à cette saison (au cours de laquelle, il vaut mieux en effet éviter de remuer la terre pour éviter les excès de minéralisation et donc les pollutions aux nitrates voir ici pour plus de détails : http://jardinonssolvivant.fr/mineralisation-automne-fuite-nitrates/), il était de toutes façon idispensables d’amener du carbone pour augmenter le C/N de la MO en surface ! Docn très bonne idée que ce BRF et ces feuilles.
      Je t’invite simplement à surveiller la situation au début du printemps : si t uobserves un bleuissement du sol et/ou une odeur de putréfaction, enlève tout ça, sinon, pas de soucis, laisse tout en place.
      et puis c’est très bien que tu aies aussi une partie du jardin avec un couvert, comme ça tu pourras voir ce qui est le mieux (attentions les réponses ne sont pas les mêmes d’une années sur l’autres 😉 ) !
      Bon jardinage !

  46. georges (1 comments) dit :

    je viens d’acquerir une parcelle d’une centaine d’olivier a coté d’Aix en provence, parcelle entourée de resineux (pin). Je suis en train de broyer de nombreuses branches aprés élagage et beaucoup d’argelas. Puis je utiliser ce payage pour mes oliviers? merci de votre aide car je suis novice en la matiére.

  47. Raphaël (6 comments) dit :

    Quelqu’un a-t-il déjà essayé du BRF d’ailanthe (et pas uniquement en petite quantité mélangé à toutes sortes d’autres essences d’arbre) ?

    L’ailanthe produit une substance chimique allélopathique appelée ailanthone qui inhibe la croissance de nombreuses autres plantes, mais d’après [1] elle perdrait sa phytotoxicité en 5 jours dans un sol vivant.

    L’ailanthe est en effet disponible en abondance un peu partout (j’ai ai vu du sud de l’Italie au nord de la France), et il y pousse régulièrement dans mon jardin en sud Ardèche.

    [1] http://necessaryforests.blogspot.fr/2013/03/trees-around-us-tree-of-heaven.html

    • Gilles Domenech (776 comments) dit :

      Je n’ai jamais essayé l’Ailante malgré sa forte présence dans la vallée du Chassezac (sans doute pas très loin de chez toi 😉 ).
      Concernant l’ailantone, ça me paraît tout à fait réaliste qu’elle disparaisse très vite. Ce serait tout à fait similaire avec ce qu’il se passe avec la jugeons du Noyer ou les terpènes des résineux.

  48. Raymond Liljeros (6 comments) dit :

    Coupeau ou BRF, une question de prix !

    J’ai trouvé 100 mètre cube de copeau de bois, broyé du gros bois pour 1000 € TTC. J’ai aussi du vrai BRF mais ca coute les 100 mètre cube 2400€ TTC.
    Pour le potager, je suis pret à investir du BRF car il ne faut pas une tonne, mais pour les arbres, je me demande si les copeaux moins cher ne ferai pas l’affaire ? Qu’en pensez vous ?
    Raymond à 81600 Gaillac; TARN

  49. Mario (2 comments) dit :

    Bonjour, on retrouve dans mon jardin une plate bande composée uniquement d’aiguilles de Pins rouge,
    ( Pinus resinosa ) d’une épaisseur de 25 à 30 cm. J’y fait pousser des tomates, des concombres et des courges. Le résultat est excellent, la récolte est très abondante.

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