Je viens d’arriver chez mes parents pour y passer quelques jours et je vous partage une observation assez étonnante qui a de quoi donner des idées pour l’avenir dans la pratique des couverts végétaux.

Cet été idée, sur une planche libérée seulement fin juin, nous avions implanté un couvert de sarrasin, qui s’était plutôt bien développé, le voici au premier plan sur cette photo prise le 14 août:

Ce sarrasin est ensuite monté à graine, n’a pas été récolté. Et les fèves ont été semés le 27 octobre après sarclage de la planche et le 12  novembre, voici à quoi cela ressemblait:

La planche est en grande partie envahie par des semis de sarrasin…

Et voici à quoi cela ressemble aujourd’hui, 17 novembre:

Les fèves sont en cours de levée, levée qui semble d’ailleurs assez bonne, voire meilleure dans les zones ou les semis de sarrasin sont les plus denses! Cela me surprends quelque peu car le sarrasin est réputé émettre dans le sol des sécrétion inhibitrices de la germination et du développement des plantes voisines. La fève semble-t-il n’est pas gênée par cela! Du coup, on se retrouve sur cette planche avec un sol presque entièrement couvert dès la mi novembre! A priori le gel devrait détruire les repousses de sarrasin et laisser le champ libre pour les fèves au début du printemps.

Cette expérience me donne des idées et il serait sans doute intéressant de semer systématiquement dès que possible à l’automne un couvert gélif comme l’est le sarrasin afin de maximiser la captation d’énergie et de nitrates par la végétation! Cette pratique rejoint celle des « engrais vert berceaux » pratiquée par certains agriculteurs.

A suivre, à observer et à expérimenter!

Tagged with →  

18 Responses to Des fèves dans un couvert de sarrasin

  1. louis (5 comments) dit :

    Belle dynamique,
    Le sarrasin, pas trop de choix de cultivar, mais les fèves, j’aimerais quelques recommandations de type de fèves à essayer. Elles ne passeront pas toutes l’hiver.
    Louis
    Sherbrooke, Qc

  2. Gilles BERNARD (31 comments) dit :

    Chez moi, c’était semis de sarrasin et trèfle rouge en mélange fin juin également. En septembre, j’ai fauché le sarrasin qui est resté sur place et le trêfle rouge profite bien à présent. Si tout va bien, le trêfle laissera place à une plantation de pommes de terre fin mars.

  3. sabine maillet peigna (1 comments) dit :

    OUi, quelle bonne idée, c’est de la permaculture n’est-ce pas?
    Quand penses- tu récolter les fèves?
    Bien à toi,
    Sabine

  4. Hervé (23 comments) dit :

    Je suis aussi convaincu que plus la densité de racines en place est importante, plus les plantes se développent bien .
    Ca me rappelle que j’avais lu quelque part le témoignage d’un jardinier qui disait que son ail n’avait jamais été aussi beau que l’année ou il a été envahi par le liseron.
    Dans l’exemple ici, le gel va detruire le couvert, mais pour des semis de printemps ( carottes, navets…) je cherche un couvert pas trop envahissant et facile à détruire .
    Le trèfle dont parle Bernard semble intéressant par sa taille, mais j’ai un peu peur de ne pouvoir bien le détruire et qu’il s’installe de manière persistante .

  5. alain17 (22 comments) dit :

    Bonjour à tous,
    Je ne fais plus de semis de fèves . Cela me prend trop de place, la récolte est tardive et les pucerons me posent trop de soucis jusqu’à l’arrivée des coccinelles.
    Le rendement au mètre linéaire n’est pas au top de production .
    Exemple : 1 seau de gousses, 1bol de graines, 1 tasse de grains pelées.
    Et oui, la soupe couleur terre et les peaux ça ne me plait pas beaucoup. Pourtant j’adore cette soupe .

  6. Claude (53 comments) dit :

    Peut-on utiliser les grains de sarrasin que l’on trouve dans certains magasins ou rayons de « régime » ???

    • Gilles Domenech (811 comments) dit :

      @Louis: pour les froids du Québec, j’ignore s’il existe des variétés capables de passer l’hiver. En climat froid, en général on les sème en fin d’hiver. Les variétés les plus communes en Frances sont l’aguadulce et la séville (c’est la seconde qui a été implantée ici).

      @Gilles: le trèfle rouge, c’est l’incarnat ou un trèfle vivace?

      @ Sabine: j’ignore si c’est de la permaculture, je laisse les spécialistes en la matière me dire si ça en est ou non 😉 ! Les fèves se récoltent suivant les années entre la fin avril et le début juin (du moins pour une récolte en vert).

      @ Hervé: il existe de très nombreuse espèces de trèfles dont certaines, comme le trèfle incarnat, sont annuelles et donc bien pus facile à détruire que des vivaces comme le trèfle banc! Tu cherches un couvert à implanter en automne et à détruire avant le semis des légumes de printemps ou un couvert dans lequel implanter ces dernières?

      @ Alain: il est vrai que la récolte peut être parfois tardive (début juin en 2010!), mais même cette année là, cela n’avait pas empêcher d’implanter des cultures d’été à la suite. Mais c’est vrai que chez nous, on les mange en vert, donc elles restent loins longtemps en terre que si on les récolte en sec, comme tu semble le faire. Pour ce qui est des pucerons, chez nous les attaques sont toujours raisonnables. En cas d’invasion, essayes les extraits de plantes de Petiot!

      @ Claude: oui, bien sûr, les graines utilisées ici ont été achetés à la biocoop la plus proche, où elles sont vendu comme nourriture et non pas comme semence. Il en va de même pour l’orge semé avec les pois demi-rames cet automne.

  7. cottet pierre (153 comments) dit :

    @claude chez http://www.magellan-bio.fr le sarrasin bio coûte 500gr: 4.90euros ou par 3KG:27.90euros

  8. Anne (17 comments) dit :

    cette année un essai,par curiosité:après semis de RIZ PADDY en serre,j’ai repiqué les plants sur couvert de trèfle blanc nain:j’ai obtenu des plants magnifiques;une planche témoin montre bien l’apport de cet engrais vert par l’aspect maigrichon des plants sans compagnons verts;la récoltedes premiers n’a pas été à la hauteur,car repiquage trop tardif.Je recommencerai.
    J’ai beaucoup de bourraches,que je laisse s’implanter car j’ai remarqué le foisonnement et la luxuriance de la plate bande de légumes;en plus du bonheur des insectes butineurs qui les savourent encore ces jours-ci.
    Cette année j’ai semé aussi fèverole,seigle,sarrazin,phacé-
    lie;je verrais au printemps quel sera l’état du sol;j’avais déjà remarqué l’aspect particulièrement grumeleux du sol après semis de fèveroles.Je vais donc essayer sarrazin et fèves et petits pois…Merci pour toutes ces infos.(je suis dans la région de Toulouse).

  9. Anne (17 comments) dit :

    Ah! j’achète aussi certaines en coop bio(sarrazin,seigle par ex)pas plus cher.
    J’ai su aussi que les semences engrais verts vendues en jardineri étaient enduites de fongicides,mais pas celles destinées aux animaux(vesce,fèveroles) Voilà.Et je garde quelques rangées pour la future semence .

    Bonnes et belles expériences;Anne.

  10. Hervé (23 comments) dit :

    @Gilles,
    je cherche un couvert à semer en même temps que mes légumes racines au printemps . j’ai un peu regardé le trèfle incarnat, ça semble pas mal . Je le sèmerais entre les lignes de carottes, betteraves, navets….
    J’ai déja certaines planches semées cet automne avec seigle+vesce . La vesce a même des pucerons, du jamais vu ici mi-novembre .

  11. Emilie (2 comments) dit :

    articles toujours aussi passionnants. Beaucoup d’idees, d’ingeniosite, quel plaisir de te lire du Mexique. Merci pour toutes ces belles experiences.

  12. Gilles BERNARD (31 comments) dit :

    Gilles,
    il s’agissait chez moi de trèfle vivace, mais celà ne devrait pas poser de problème pour le faire disparaitre, car s’agissant de ma parcelle de culture de plein champ, cette terre sera charruée au microtracteur (je n’ai pas trouvé d’autre solution pour l’instant car il y a quand même 1000m² et sans retournement, celà me semble ingérable).
    J’ai à se suivre plusieurs engrais verts : phacélie, puis ce mélange sarazin et trèfle, et enfin colza : la partie la plus sale , et de très loin, est celle avec sarazin et trèfle rouge.
    En effet, les adventices persistantes telles que rumex à feuilles obtuses et vipériune picride semblent apprécier la situation et profite de ce début d’hiver clément.
    Je voudrais trouver une « fourche à rumex » pour faire en bon nettoyage avant mise en culture, mais je ne sais pas où en trouver.
    Peut-être eput-on en bricoler une?

    • Gilles Domenech (811 comments) dit :

      Pour la fourche à Rumex, j’ai pas d’infos, désolé.
      Pour la destruction de ta prairie sans labour, je me souviens avoir déjà entendu Konrad Schreiber parler de cela. Ce serait des techniques du style plusieurs scalpages de la végétation au printemps (sur 2 à 3 cm) puis semis d’une plante à fort développement pendant l’été (sorgho papetier par exemple) et enfin semis direct d’une culture d’hiver. Tu peux sans doute te rapprocher du réseau BASE pour des témoignages pratiques de ce type de destruction sans retournement.

  13. JEZEQUEL (4 comments) dit :

    Bonjour,
    je découvre votre très intéressant site.Je me passionne pour la vie du sol et les techniques qui y contribuent:brf,jean pain,….
    Pour moi,les fèves peuvent être remplacées par le lupin blanc,comestible et très productif.Utilisé en engrais vert.
    Sinon,une amie utilise une gouge à asperge pour arracher les rumex.Je préfère la fourche bêche.
    Bonne année 2012 au jardin…et ailleurs.
    arc’hezekyell

    • Gilles Domenech (811 comments) dit :

      Bonjour Jezequel et bienvenrue à toi,
      C’est une bonne remarque, toutefois cette plante est limitée aux sols non calcaire! Intéressant donc pour tous ceux qui cultivent des terres plus ou moins acides!

  14. Baptiste (21 comments) dit :

    Bonjour,
    Je viens, cette année, de faire un petit potager (en Picardie) et j’essaye dans la mesure du possible de suivre les idées défendues ici et notamment la couverture du sol. J’ai tout de même retourné mon sol pour le démarrage au début du printemps (n’ayant pas eu le temps de l’obscurcir à l’automne) et je l’ai ensuite recouvert de miscanthus (produit que j’ai trouvé assez facilement localement, ne sachant pas si cela est une réelle bonne idée ??). Je vous passe les petits inconvénients que j’ai rencontré pour un débutant surtout les limaces, les pigeons, la repousse d’adventices (liseron, chiendent, etc.) et beaucoup de pluie (ce qui ne me laisse que peu d’espoir pour ma première récolte de tomates, espoir déjà faible vu ma situation géographique).
    Par ailleurs, je constate que mon sol est assez lourd (sol argilo-calcaire, je pense) et j’envisage donc de faire un couvert d’hiver qui pourrait aider à l’alléger (aérer, je ne sais pas trop comment on dit ?!) et je suis tombé sur votre article qui m’a donné quelques idées, et notamment de faire un couvert d’hiver avec, entre autres, des pois fourrager, car si en plus il est possible d’avoir une récolte avec le couvert d’hiver, cela ne semble doublement intéressant. J’ai alors fait le tour des sites internet pour essayer de trouver des semences de pois fourrager mais malheureusement je n’en trouve aucun (sauf pour des productions importantes).
    Ma question est donc connaissez-vous des sites web (ou autres) qui vendent des semences de pois fourragers pour « particulier » (petite quantité) et quelles variétés de pois faut-il choisir ? Pour préciser, j’envisage de les associer avec de la vesce d’hiver et du seigle ou avoine, dont les semences se trouvent plus facilement.
    Petite question subsidiaire : en quoi est-il mieux d’utiliser des pois fourragers que d’autres types de pois ?
    Merci d’avance pour vos réponses.
    Cordialement.
    PS : merci pour ce blog qui est très instructif

    • Gilles Domenech (811 comments) dit :

      Bonsoir Baptiste,
      Le miscantus est une bonne idée, pas de soucis. C’est une plante que je met également dans mon jardn pour la faucher de temps en temps et faire du mulch avec !
      concernant les pois fourrager, je te renvoi d’abord sur l’article que je lui ai consacré : http://jardinonssolvivant.fr/pois-fourrager/ .
      Jusqu’à présent, je me suis fourni chez Terre d’Humus (tu peux le contacter de ma part pour avoir des infos sur la disponibilité de cette graine). Sinon, tu peux probablement en avoir dans les coopératives agricoles car le pois fourrager est une culture répandue chez les céréaliers un pe partout en France.
      Les deux avantages du pois fourrager : très productif et surtout très rustique, ce qui permet sans soucis de l’implanter à l’automne.
      Bonne continuation et n’hésite pas à me tenir au courant de la suite de tes essais 😉 !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Les liens des commentaires peuvent être libérés des nofollow.