Bonjour à tous. Récemment, j’avais demandé à Gilles s’il ne pouvait pas concocter un article sur le jardinage en climat méditerranéen, ayant moi-même eu l’occasion de mettre en place avec mon copain un potager dans la région des Vans (limite entre le Gard, Lozère et l’Ardèche, région sèche dans les contreforts des Cévennes). Mais pour amorcer la discussion, j’ai eu envie de partager avec vous le déroulement et les résultats de cette saison de jardinage 2011, ayant dans l’espoir de susciter chez vous quelques commentaires. (Photos sous licence cc by-sa 2.0, présentées dans un ordre non chronologique).

Situation et conditions locales

Vue sur le Chassezac

Un ami nous a permis ce printemps-été de mettre en place un potager sur son terrain gardois : une ancienne châtaigneraie en terrasses schisteuses, larges et relativement pentues, surplombant la rivière du Chassezac.

Ce terrain avait été défriché (châtaigniers abattus), puis ratissé et nettoyé de ses résidus de branches et de feuilles pour favoriser la repousse d’un couvert d’herbes spontanées. Ces terres à nu ont par la suite pas mal été malmenées par le climat aride de l’été et les fameux épisodes cévenols automnaux. Malgré une érosion importante, des plantes pionnières ont pu s’implanter, progressivement. Mais généralement, au cœur de l’été, cette végétation sèche, brûlée par le soleil.

Cette vallée est par ailleurs très exposée aux vents violents.

Une partie de ce terrain avait déjà été mise en culture depuis quelques années, un potager y était réalisé (sans paillage du sol) et donnait je crois des résultats assez moyens. Il faut dire que si le paysage est magnifique, le sol, quant à lui, est loin de faire rêver. Hyper léger, hyper caillouteux, hyper drainant, peu de terre.

Pour donner une idée d’une partie encore jamais cultivée. On voit sur la photo ce qu’on a dénommé « la poubelle à graines » : toutes les graines jugées périmées, surnuméraires ou non sélectionnées pour la semence sont semées sur une zone à peine travaillée puis paillée, rarement arrosée. Poussera ce qui voudra.

A partir de là, mon copain et moi avons eu envie d’essayer la butte. Lui avait déjà une bonne expérience de « potagiste » dans ces terres, mais la culture en butte c’était du nouveau. Ça présentait déjà l’avantage évident d’augmenter la profondeur de terre, mais ça permettait aussi de cultiver sur un terrain pentu (plus de pente en aval de la butte), ça pouvait limiter les phénomènes d’érosion et favoriser l’infiltration des pluies grâce à la rétention d’eau entre chaque butte.

A notre arrivée sur le terrain, à partir de fin avril, on a donc commencé la mise en place du potager sur les zones travaillées les années précédentes, réparties sur deux terrasses. Le montage des buttes s’est fait en trois sessions : la première fin avril-début mai, la deuxième sur une terrasse en dessous en mai, et la dernière fin juillet, à la suite d’une culture de seigle parvenue à terme.

Pour commencer, nous avons « grelinetté » le sol et réservé les maigres plantes arrachées (sedums, linaires, résédas entre autres) pour un paillage ultérieur. Après ça, pour la constitution des buttes, nous avons été plus ou moins méthodiques, et n’avons pas scrupuleusement respecté les différentes strates du sol. D’ailleurs, la terre en profondeur semblait davantage argileuse, les argiles ayant probablement été lessivées au fil du temps, et ça semblait intéressant de les ramener en surface pour constituer une terre plus rétentrice. On a rempli quantité de seaux avec les cailloux qu’on trouvait… les pierres ça peut parfois être utile, mais trop c’est trop si ça fait du sol une passoire.

Au final, les buttes n’étaient pas très hautes et moyennement larges (mois d’1,20 m), et les allées étroites.

Paillage

Puis, on a paillé tout ça… avec les mottes et les quelques plantes arrachées, avec des herbes sèches issues des débroussaillages de terrasses dans le hameau voisin, avec de la paille pourrissante abandonnée, avec des fougères, et avec du buis pour couvrir les allées. L’objectif n°1 était d’amener le maximum de matière trouvée dans les parages. Par contre, on n’a pas osé utiliser les feuilles de châtaignier, ressource pourtant la plus abondante localement : trop longues à la décomposition, trop grandes, trop légères et soumises au vent… mais on a peut-être eu tort de ne pas profiter de cette manne ?

Les épluchures de légumes allaient dorénavant directement aux buttes.

Paillage de seigle sur les buttes les plus récemment mises en place (courant juillet), repiquages de salades sur les pentes et semis en carrés sur les plats de buttes. Les buttes végétalisées au fond sur la deuxième photo sont les premières a avoir été montées, fin avril.

Semis et repiquages

Comme pour le paillage, un des objectifs lors des semis était de favoriser la constitution d’une forte biomasse, pour apporter toujours plus de matière aux buttes.

Avant de pailler certaines buttes, on a semé à la volée des graines de panais dont on ne croyait plus trop en la faculté germinative, des tournesols, de la phacélie. Aux bas des buttes, on a semé des poquets de luzerne tous les 50 cm, dans les allées aussi, à la volée, avec de la roquette (dont les graines ne manquaient pas).

Comme on a démarré le potager assez tard, on a au départ beaucoup repiqué de plants achetés ou qu’on avait eu la chance de recevoir en cadeaux (tomates surtout, mais aussi choux, blettes, courges, poireaux, œillets, fenouils, et quelques plants de salades). Dans le même temps, on a semé de tout, soit en poquets, soit en aménageant des carrés sans paillage (micro-parcelles à la JM Lespinasse) dans lesquels on effectuait les semis de radis, navets, carottes, betteraves, etc.

Pour les repiquages et les semis, la difficulté première était de protéger les plants et plantules d’un rayonnement solaire très intense. Des cagettes, des claies, des feuilles, des herbes… tout y passait pour ombrager pendant les heures chaudes… sinon c’était grillé. Les plantes bénéficiant de l’ombre fournie par quelques arbres disséminés sur le terrain (chêne vert et châtaignier) étaient à ce titre plutôt favorisées. L’agroforesterie prend à mon avis tout son sens dans ces régions très ensoleillées.

Ombre de châtaignier vs ensoleillement maximal. Des cagettes sont utilisées pour protéger les repiquages de salades ou jeunes semis

Les semis en micro-parcelles étaient déjà un peu trop exposés au soleil et à la sécheresse, les germinations étant inégales, et peut-être que des semis en ligne auraient été plus appropriés, bien que moins faciles à réaliser ?

Semis et repiquages ont été effectués sans utilisation de compost ou terreau puisqu’il n’y en avait pas de disponible.

Arrosages

De manière surprenante, on n’a pas eu à s’inquiéter de l’eau : elle est restée disponible tout l’été malgré une sécheresse inquiétante. Le ruisseau où s’effectuait le captage ne s’est jamais arrêté de couler. L’eau était stockée dans une cuve de 1000 litres quatre terrasses au-dessus du jardin, qui pourvoyait largement à nos arrosages quotidiens… avec de la pression en plus !

Tous les soirs on arrosait le jardin généreusement, au tuyau : on n’a pas trop fait à l’économie et on a préféré assurer le coup pour les plantes fragiles et les semis. Les tomates et cucurbitacées étaient arrosées au plus deux fois par semaine. On maintenait aussi le paillage humide pour éviter le dessèchement et accélérer sa décomposition. On utilisait aussi l’asperseur pour diminuer les temps d’arrosage sur les plantes qui ne craignaient pas d’avoir le feuillage mouillé.

Semis spontanés

Des cultures des années précédentes se sont ressemées : cosmos, shiso (basilic japonais) et aneth. Les adventices qui poussaient sur les buttes faisaient l’objet d’un désherbage sélectif : j’aimais bien laisser les pissenlits, chénopodes, et quelques plantes indéterminées que je laissais fleurir pour voir ce qu’elles avaient à offrir. Des matricaires ont d’ailleurs fait une intervention assez musclée sur une des buttes, mais ont été conservées (tant qu’elles n’empiétaient pas trop sur les cultures) pour leur belle floraison, le cortège d’insectes qui en bénéficiaient, et la prolificité du feuillage qui pouvait ultérieurement fournir un paillage des plus appréciables.

Invasion de matricaire

Résultats sur les cultures

Un des gros échecs, ça a été les salades, dont la reprise après repiquage était toujours très difficile : protection indispensable contre le soleil au repiquage, puis développement des plants très lent, pour une montaison à graines très rapide. Même avec un semis direct, le résultat n’était pas souvent fameux. En revanche, les plants en mottes achetés sur le marché prenaient beaucoup mieux. J’imagine qu’on avait tendance à repiquer trop tôt, et qu’il fallait surtout éviter les racines nues. Le sol étant particulièrement séchant, un apport de terreau ou compost aurait probablement facilité la reprise.

Du côté des salades un peu moins conventionnelles, les mizuna japonaises (différentes de la roquette) se sont parfaitement acclimatées et ont rapidement fourni quantité de feuilles tout au long de l’été. Vu qu’on les sentait très à leur aise, on en a repiqué beaucoup et on a profité de cette abondance de feuilles pour pailler d’autres légumes.

La mizuna, une brassicacée à déguster en salade composée, ou à cuire

Paillage de plants de salades en difficulté avec des feuilles de mizuna

Les haricots nains, mange-tout et à écosser, ont bien marché. Les Contender ont produit toute la saison, les Coco Blanc et surtout les Black Turtle ont été très prolifiques, fournissant de surcroît une masse verte abondante. De bons apports pour un sol bien appauvri.

Les haricots nains avaient tendance à empiéter sur les allées, ayant été semés un peu bas sur les buttes, et certains ont dû pâtir de déplacement trop brutaux.

Les haricots à rames, par contre, n’ont pas réussi à grimper sur les jolies installations qu’on leur avait préparées en bambous et longues branches de châtaigniers. On ne les a pas trop aidés en les semant en plein couloir venté, le vent décrochant sans cesse les tiges qui cherchaient à s’agripper aux supports. On les avait semés entre des lignes de maïs, en bordure de terrasse, sur une zone très caillouteuse et jamais travaillée, « grelinettée » et paillée avec de la fougère. Autant dire que ça n’a pas été un grand succès. Mais une fois de plus, ça aura eu le mérite d’apporter de la matière sur une zone nouvellement cultivée.

Lorsque les semis ont bien démarré, on a eu de jolis radis, navets, carottes et betteraves. Bon, ce n’était pas du gros calibre, mais des racines généralement bien saines. Ont particulièrement bien poussé le radis rond (énorme), un gros radis d’été dit fourrager mais qui se mange très bien  (le Raifort d’Ardèche), et un radis japonais du type daïkon.

Les choux cabus repiqués dans les zones ombragées par les arbres (sur des buttes montées sur une ancienne zone de compost) ont très bien marché, et ont pommé. Ceux repiqués ailleurs se sont moins plus.

Pour les tomates, on les avait repiquées en sommet de buttes, sans tuteurage et sans taille. Pour les tomates cerise, ce n’était pas franchement une bonne idée puisqu’elles envahissaient littéralement l’espace et les allées. On a pensé qu’il valait mieux en fait les tuteurer (ou les planter en bas de bute et les faire monter), parce que les tiges avaient tendance à descendre vers le bas des buttes (mauvaise irrigation en sève des fruits?), ou à casser quand il y avait des vents forts. Au final, le nombre de pieds a pallié une productivité moyenne. Pas mal de tomates se gâtaient rapidement (zones de pourrissement), mais les récoltes sont restées plutôt bonnes, avec toutefois des tomates pas super « goûtues ».

Pour les cucurbitacées, constat très mitigé. Au démarrage, la végétation et la production ont explosé pour les courgettes. Et puis, au bout d’un mois, une courgette par ci une autre par là… plus grand-chose. On a pu observer un gros ralentissement de la fructification, les courgettes en formation coulaient rapidement. Peut-être avons-nous eu tendance à ramasser les courgettes trop grosses.

Pour les arrosages de cucurbitacées, on a opté pour le matin, avant le lever du soleil, deux fois par semaine.

Contre l’oïdium, début août, on a fait deux traitements au soufre : ça a bien un peu ralenti sa progression au début mais après c’était plus la peine. Petit à petit, à la mi-août, l’oïdium s’est un peu généralisé au jardin : les navets, radis, mizuna, consoude, ont tous pris le blanc. J’associe ça à un coup de mou généralisé au potager. Je me dis qu’après avoir été bien remué pour faire les buttes, le sol avait dû relarguer de l’azote, puis progressivement s’appauvrir au fil des mois, à défaut de nouveaux apports rapidement assimilables.

Mais le temps de cet été a probablement aussi bien joué : très sec, souvent un peu nuageux (ce qui a pu retarder certaines mises à fruits), de grosses cagnes en août, des vents parfois très violents avec quelques gros orages qui ont laissé derrière eux une atmosphère humide.

Avant d’être ravagée, voilà à quoi ressemblait une butte mixte courgettes-courges, ces dernières étant supposées aller se balader dans les maïs et haricots à rames.

Petite synthèse

Si je devais comparer les cultures à plat et celles en buttes, je dirais que ces dernières ont incontestablement été les mieux réussies. Il faut dire que les buttes ont été plus soigneusement épierrées, et que la terre y a davantage été remuée en profondeur (les surfaces plates ont simplement été « grelinettées »). Sur le plat, les rendements ont été quasi nuls.

Par ailleurs, il m’a semblé que le paillage avec les mottes d’herbes arrachées était beaucoup moins approprié que le paillage à la paille ou au foin. La butte essentiellement paillée avec des mottes a eu un rendement très faible comparé aux autres. Mon impression est que ce type de paillage était trop dense et ne permettait pas une bonne respiration du sol et une bonne infiltration de l’eau. Seuls les tournesols semés avant de pailler ont poussé normalement.

Après cette saison de jardinage, le paillage nous a donc paru vraiment indispensable : pour conserver un peu d’humidité au sol, pour réduire les phénomènes d’érosion et pour attirer et favoriser le développement d’une faune sous le sol et en surface.

Sur ce type de terrain, il semble important de travailler sur les espèces et variétés cultivées, au moins pendant le temps de la mise en place d’un système plus fertile (principalement dépendant de la structure du sol, je dirais). Miser sur ce qui marche, produire et apporter de la matière pour enrichir le sol en humus et l’aider à mieux retenir l’eau et les éléments fertilisants. Ce sol ne paraît pas encore tout à fait prêt à accueillir décemment de jeunes salades.

Par ailleurs, l’ombrage de certaines cultures (salades notamment) aux heures chaudes reste indispensable… et pour ça, rien ne vaut quelques arbres dispersés dans le potager.

Vue générale des buttes du bas

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25 Responses to Jardiner en climat méditerranéen par Léa Cambien

  1. M. Louis OUEDRAOGO (2 comments) dit :

    C’est vraiment un exemple formidable.

  2. Xavier (22 comments) dit :

    Bravo Léa pour ce jardin dans une zone pas vraiment propice à la mise en place d’un potager.
    Au sujet de la salade en été, les problèmes de montée à graine sont fréquents en été, et les variétés « pro » sont beaucoup moins sensibles. Autre détail crucial, la très grande exigence en eau dès le début de la culture, chaque stress hydrique pénalise fortement la bonne pousse.

    Avez-vous occupé le terrain avec des engrais verts cet hiver ?
    ++

  3. cottet pierre (153 comments) dit :

    de l’envie , de la motivation et aussi beaucoup de courage et peut être aussi de la passion enfin tout pour réussir en jardinage . je dis chapeau

  4. francoise (23 comments) dit :

    bonsoir moi qui débute dans le jardin cela m apporte des idées
    l an dernier j ai planté une partie de mes tomates avec un trou de barre de fer dans une ancienne pelouse les melons charentais aussi sans aucun travail du sol
    j ai juste mis du terreau pour fermer le trou et placer des rameaux broyés de laurier palme entre les rangs
    j ai arrosé 2 fois par semaine et j ai eu des fruits sans tuteurs aucun
    la nature est vraiement génial
    cette année j ai recouvert de cartons et continuer a mettre feuilles mortes cendre et rameaux de laurier palme
    en général je plante toujours mes tomates au meme endroit
    je l ai fait durant 30 ans dans une terre de marais et de meme pour les patates du moment que l on mets de la fumure
    j ai trouvé cette idée sur un site canadien qui recommendait de toujours planté au mm endroit les tomates
    je ne traite pas
    voila mon témoignage

  5. cottet pierre (153 comments) dit :

    je pratique la rotation pour tous les légumes , mes tomates et pommes de terre se portent a merveilles . comme quoi la nature réserve des surprises ou comme disait fukuoka :la connaissance de la nature dépasse la portée de l’intelligence humaine ;

  6. guy (13 comments) dit :

    Je suis admiratif

  7. lea (19 comments) dit :

    Merci pour vos commentaires encourageants !

    @ Xavier : C’est vrai qu’on a sûrement pas assez surveillé nos salades en journée (1 arrosage / jour), et été trop prompts à les repiquer avant qu’elles ne se soient vraiment endurcies.
    Pour les engrais verts… ce qui est dommage, c’est qu’on a quitté le lieu en septembre et qu’on est pas sûrs que ce potager sera repris. Mon copain, avant de partir, a semé à la volée de la vesce et du seigle je crois. Mais j’y suis retournée fin janvier, pour voir, et ça avait plus ou moins germé.

    Les sangliers ont fait des ravages sur les buttes. Pas mal ont été défoncées. Certaines plantes se sont ressemées : roquette, souci, radis… mizuna en pleine forme. Des touffes de poireaux perpétuels prêts à être repiqués.

    @ françoise : pas évident de savoir quelle est la meilleure gestion pour les tomates. C’est intéressant d’avoir des retours d’expérience là dessus, parce que les avis divergent tellement : taille ou pas taille ? tuteurage ou pas ? arrosage ou pas ? Notre experience de cette été est mitigée, mais j’ai bien l’impression que ces pieds avaient une faculté de reprise après un stress important assez remarquables.

  8. michèle (14 comments) dit :

    A propos des feuilles de châtaignier.

    Je laisse là où elles tombent les feuilles du châtaignier que j’ai vers l’entrée du potager.
    C’est vrai que le vent…. !!!!
    Mais côté décomposition, chaque année en juin, elles sont pratiquement disparues, et que l’endroit est bien fertile.

  9. Claude (52 comments) dit :

    Bravo à Léa. Y aura–t-il une suite ?

    Léa a trouvé un terrain et a pu le cultiver.
    Dans certaines régions ça doit être plus facile de dénicher un gentil espace mais comment faire ailleurs quand on ne sait pas comment chercher, comment s’y prendre ? Et quelles sont les règles quand on n’est pas entre amis ?

  10. Veronique (2 comments) dit :

    Bonjour Léa,
    Bravo pour ce travail et cette énergie.
    Je n’ai pas d’expérience de terrain en climat méditerranéen, cependant faisant de la Permaculture je vois passer pas mal de solutions utilisées en climat sec & orageux.
    En plus du paillage, qui pourrait peut-être être du paillage pierreux (idée perso inspirée par Sepp Holzer)(conserve l’humidité, protège du vent, arrête les fines particules en créant des micro-protections, mini accumulateur de chaleur, micro-ombrage, retiens le couvert organique déposé au dessous, …), je planterais des arbres fruitiers au sommet des buttes afin de les stabiliser, de créer un étage supplémentaire de production, de créer de l’ombre (pour les salades), de ralentir le vent, vont chercher les minéraux & l’eau en profondeur pour les remonter à la surface, apportent naturellement une nouvelle couche de matière organique par les feuilles, les racines & radicelles qui meurent chaque année, ont dit aussi qu’ils envoient des gaz dans l’air participant à la pluviométrie locale, ….
    Je créerais de belles haies avec les arbres & arbustes sauvages locaux, avec des arbres fruitiers, mellifères, légumineuses (pour l’apport d’azote), pour ralentir ce vent important. Ce qui apporterait aussi de nouvelles zones ombragées.
    Pour les buttes je m’arrangerais pour qu’elles soient de vraies baissières*, en gardant le niveau du sommet des buttes, un peu en forme de croissant de lune allongé. Afin que l’eau ne s’écoule pas au bout des buttes & ainsi créer un ravinement à leurs extrémités.
    Je mettrais des cailloux au fond des allées afin de tasser le moins possible le sol lorsqu’il vient de pleuvoir, afin qu’il continue à absorber l’eau facilement & laisserais la végétation basse s’y développer.
    A savoir : pour imperméabiliser le fond d’un étang on malaxe l’argile avec de l’eau. On voit d’ailleurs assez souvent sur l’espace de retournement des tracteurs en bout de champ de vraies mares qui se créent avec les roues des tracteurs qui tournent sur elles-mêmes,plus que sur les lignes qui ne sont « que » tassées.
    Voilà pour ma petite contribution. Si ça peux aider !
    Encore merci pour ton témoignage Léa.
    Permaculturellement !
    * Baissières : rigoles suivant la courbe de niveau permettant de récolter l’eau de pluie & de la laisser s’infiltrer lentement. L’espacement entre les baissières dépend de la pente, leur profondeur dépend de la quantité de précipitation des orages.

  11. lea (19 comments) dit :

    @ véro : merci pour ces commentaires !
    Par rapport au mulch lithique, je m’interroge un peu pour mon cas de figure. Je me dis (sans en être certaine) que ce type de mulch est particulièrement adapté aux zones non irriguées. Il semble permettre de conserver au maximum les apports minimes des pluies en zones arides ou non irriguées comme dans le système de Sepp Holzer. Ici, puisque l’eau n’était pas la ressource qui nous manquait, nous avons choisi l’arrosage quotidien, et donc nous avons privilégié la végétation (mulch et plantes spontanées) pour couvrir le sol. Dans ce cas, un mulch lithique aurait probablement gêné les plantes dans leur croissance et rendu plus difficiles les échanges entre le sol et la couverture du sol. Dans cet exemple de sol très appauvri en matières organiques, nous avons fait le choix de favoriser au maximum ce type d’apport.
    Pour les fruitiers installés dans le potager, je suis assez convaincue des effets bénéfiques de leur ombre sur les plantes fragiles (ce qui, je dois le dire, n’était pas tout à fait l’avis de mon copain). Mais quid de la concurrence pour l’eau entre les arbres et les cultures. Je me suis posé la question suivante : est-ce que les buttes permettent d’éviter un peu cette concurrence ? Les cultures étant surélevées par rapport aux arbres, échappent-elles (et pour combien de temps) à la succion des racines de ces derniers ? Est-ce que les racines des arbres auront à terme tendance à remonter dans les buttes ? Ces images de buttes et d’arbres plantés dans les allées, vues sur les vidéos de Sepp Holzer, m’ont toujours intriguée… (comment se font les déplacements ?).
    Par rapport aux baissières, on aurait peut-être pu creuser encore plus les allées. Pour les courbes de niveau, mon copain a été hyper scrupuleux en faisant les buttes. Après les gros orages, on a été agréablement surpris de ne pas constater de phénomènes d’érosion, ni sur les buttes, ni sur les bords des allées.
    Au sujet des allées, plusieurs facteurs peuvent déterminer le choix. Nous aimions marcher pieds nus dans notre jardin, alors marcher sur des cailloux ça l’aurait pas fait. En revanche, tant qu’on l’a pu, on a découpé des branchages de buis dans les allées, et semé roquette et luzerne à la volée. Mais pas évident d’éviter le tassement.

    @ Claude : Aujourd’hui, je n’habite plus en zone méditerranéenne. Je suis remontée du côté de Lyon, et j’entame un nouveau potager, à plat et sur buttes (pour voir les différences), avec un minimum d’intervention au niveau du sol. Cette fois-ci, c’est la famille qui m’accueille. J’ai effectivement la chance de disposer de terrains pour jardiner, mais je suis aussi convaincue qu’en cherchant ça se trouve… en prêt ou location, tant qu’on habite pas en centre ville. Mais bon, c’est peut-être pas si facile en fait.

    @ Michèle : Ben voilà, on aura sans doute été un peu trop timorés avec ces feuilles de châtaignier. Une croyance nous faisait penser que ces feuilles pouvaient avoir une influence néfaste sur les cultures, due à la forte présence de tannins chez le châtaignier. Enfin bon…
    Je reste donc toujours intéressée par les témoignages de culture sur mulch de châtaignier, pour définitivement battre en brêche cette contre-vérité. Merci à toi Michèle pour ce témoignage.

  12. Xavier (22 comments) dit :

    Feuilles de châtaigniers toxiques ?
    Pour en avoir la certitude, il faudrait questionner Claude Bourguignon. C’est le pape de la microbiologie des sols. il interprète la toxicité des résidus végétaux en dénombrant la quantité de micro-organisme qui vivent dans les sols selon le type de couvert.De mémoire, il observe que ce sont les terpènes qui gênent le plus la vie du sol (conifère). Et je crois aussi que les eucalyptus sont très gênants également. Qu’en pense Gilles ?

  13. Xavier (22 comments) dit :

    Le meilleur arrosage des tomates ?
    Impossible d’avoir un avis définitif sur la question, sauf à utiliser un tensiomètre (63€ HT) qui mesure le disponibilité de l’eau dans le sol.
    Selon le type de terrain (structure, texture, profondeur, historiques des méthodes de travail du sol…ou de non travail, hauteur de la nappe phréatique), selon le système d’arrosage, selon le paillage etc… les besoins en arrosage seront très différents.
    Dans mon activité de conseil, j’observe des différences d’apport du simple au triple selon de système de culture…pour un rendement final identique.

  14. Gilles Domenech (851 comments) dit :

    Pour les feuilles de châtaigniers, je remarque en effet que les litière, du moins ici en Ardèche, se composent très lentement, moins bien même que celles de pins maritime. À mon avis, il faudrait surtout essayer de stimuler l’activité microbienne par d’autres processus, comme des couverts de legumineuses détruits en vert, pour aider à la décomposition de ces litières coriaces.
    Quant à ce qu disent les Bourguignons sur les résineux et des eucalyptus, je trouve que c’est un peu caricatural et l’observation de la nature me rends plus nuancé qu’eux.

  15. Gilles BERNARD (31 comments) dit :

    Bravo Léa,
    Très belle expérience, dommage qu’il n’y ait pas eu de suite, car les résultats se font souvent sentir au bout de 2 ou 3 ans.
    Pour le problème des haricots perche qui glissent sur les tuteurs de bambous, j’ai connu ce problème il y a quelques temps, mais j’ai trouvé une solution qui marche plutôt bien chez moi. J’attache une ficelle au pied du bambou, puis je l’enroule à raison de un tour tous les 5 cm, et je temine par un noeud en haut du bambou : en poussant, les pousses de haricot trouvent un support qui les empêchent de glisser et de se retrouver en accordéon au pied du tuteur.

  16. Marion (1 comments) dit :

    Bonjour Léa,

    Je suis à la recherche de mon amie d’enfance, Léa Cambien, qui vivait à Villejuif (94). Es-tu cette personne?? Si oui, fais moi signe s’il te plait!!

    Bonne journée

    Marion

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  19. Rémi (1 comments) dit :

    Merci pour ce retour d’expérience. Je travaille en ce moment à la création de buttes dans mon jardin (dans l’Hérault) et votre vécu m’évitera sans doute de faire des erreurs. Bonne continuation :-)

    • Senegas (1 comments) dit :

      Bonjour, je retrouve à Beziers la maison familiale et son jardin. J’envisage progressivement d utiliser les méthodes de permaculture et d’agro foresterie. Avez vous des conseils à me donner ? pourrais je visiter votre jardin . Merci . Danièle sénégas

  20. AUDIGE (1 comments) dit :

    C’est magnifique!

  21. neveu (1 comments) dit :

    Bonjour.
    Une astuce pour faire fuir les sangliers..chez nature et découverte (‘ et pas que ) il est vendu des oiseaux ou autre qui se chargent au soleil et la nuit éclairent en changeant de couleur et, cela les animaux n’aiment pas!!!

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