En ce mois de janvier, j’ai envie de proposer une nouvelle forme d’article sur ce blog, en l’occurrence des lectures d’ouvrage et pour commencer le bal, je vous propose un très bon livre paru aux éditions du Rouergue en 2008 : « Collaborer avec les bactéries et autres microorganismes » par Jeff Lowenfield et Wayne Lewis et traduit de l’anglais par Jean René Dastugues. Le sous titre nous met d’ailleurs bien dans l’ambiance de ce livre passionnant : « Guide du réseau alimentaire du sol à destination des jardiniers ». Oh bien sûr, je ne suis pas à 100% d’accord avec les auteurs, loin de là, mais leur approche de la biologie des sols et leur manière de l’appliquer au jardinage m’apparaît très pertinente sur beaucoup de points. En plus de cela, je trouve le livre bien écrit et agréable à lire malgré le peu d’illustration et l’absence de second niveau de lecture.

Le contenu de l’ouvrage

Sa structure est formée d’une première partie consacrée à la description du sol, essentiellement sous l’angle de la biologie et d’une seconde à la description de pratiques de jardinage censées respecter et tirer partie de cette vie.

  • Première partie : La science de base

Cette première moitié de l’ouvrage est un véritable traité de pédologie, et plus particulièrement de pédobiologie, à destination d’un large public de jardinier pas forcément spécialiste en la matière. Pour autant, même des professionnels ont de quoi y trouver des informations utiles et des connaissances nouvelles en la matière.

Les auteurs entament l’ouvrage en jetant les bases de leur réflexion : les réseaux alimentaires du sol rassemblent des milliards d’organismes dans la moindre cuillère à café  de terre, en particuliers des bactéries et des champignons, mais aussi pléthore d’organismes unicellulaires, comme les algues et surtout les protozoaires et quelques animaux de plus grande taille, dont certains visibles à l’œil nu. Tous ces organismes interagissent et sont tous totalement dépendant de l’action des végétaux qui nourrissent ce petit monde via des exsudats racinaires au niveau de la rhizosphère, cette mince pellicule qui entoure les racines vivantes et qui est extrêmement riche en vie microbienne. Et cette vie microbienne en retour a divers effets positifs directement ou indirectement pour la plante : amélioration de la structure du sol, libération de nutriments, maîtrise des pathogènes, gestion de l’azote. Ce dernier point retient particulièrement l’attention des auteurs  qui mettent en parallèle la forme d’azote majoritaire (nitrates versus ammonium) avec les microbes dominants du système (bactéries vs champignons).

Forts de cette introduction, ils consacrent tout un chapitre à la description physico chimique des sols incluant les mécanismes de la pédogenèse, la texture, la structure…

S’en suivent une soixantaine de pages passionnantes consacrées à la description des différents habitants de nos sols en passant successivement en revue les bactéries, les champignons, les algues, les moisissures visqueuses (myxomycètes), les protozoaires, les nématodes, les arthropodes, les vers de terre, les gastéropodes, et les vertébrés. Impossible ici de résumé ces pages si denses en information. Je puis juste vous dire qu’elles justifient à elles seule la lecture de l’ouvrage, même si, comme c’est mon cas, vous avez déjà de bonnes bases en biologie des sols !

  • Seconde partie : Appliquer la science du réseau alimentaire du sol à l’entretien du jardin

Les auteurs basent leur approche sur la bipolarité évoquée en introduction : Bactéries/champignons et nitrates/ammonium. Dans la nature les écosystèmes pionnier, dominés par les herbacées portent des végétaux qui préfèrent les sols à dominante bactérienne et où l’azote se trouve majoritairement sous forme de nitrates. A l’inverses les écosystèmes très matures, de type forêt primaire portent des végétaux qui préfèrent les sols à dominante fongique où l’azote se trouve majoritairement sous forme ammoniacale. Ceci appliqué au jardin indique par exemple que les annuelles et les légumes préfèrent un ratio champignons/Bactéries (C/B) inférieur à 1, les arbres fruitiers un ratio de l’ordre de 10 à 50, alors que les conifères recherchent un ratio allant de 50 à 1000 suivant les espèces !

Une fois que vous avez fait connaissance avec les réseaux alimentaires de votre sol, il faut mettre en œuvre les techniques qui permettent de jardiner avec ce réseau et non contre lui en le détruisant à par le travail du sol, les engrais chimiques ou les pesticides. Pour cela les auteurs proposent trois outils : le compost, le mulch et les jus de compost.

Le compost, dont ils détaillent les processus de fabrication est vanté pour la quantité de micro-organismes qu’il contient et préconisé justement pour ensemencer le sol en ces organismes.

Le mulch est prescrit non seulement pour limiter l’évaporation et la pousse des herbes ou réguler la température du sol, mais aussi et surtout pout nourrir et abriter la vie du sol. Du coup, le choix de tel ou tel paillis influence le développement de tel ou tel organisme donc permet d’orienter vers des populations à dominante bactériennes ou fongiques suivant le type de culture pratiqué. C’est ainsi que les paillis « vert » (tontes de gazon par exemple) sont plutôt « bactériens » alors que les paillis « brun » (BRF, feuilles mortes…) sont plutôt « fongiques ». L’humidité du paillis entre aussi en ligne compte, puisque plus le paillis est humide plus est « bactérien ».

Les jus de compost sont en quelque sorte des concentrés d’organismes du compost et peuvent être utilisés aussi bien en pulvérisation sur les feuilles qu’en arrosage. L’objectif est ici d’amener les microorganismes bénéfiques le plus rapidement possible là où ils sont utiles. Ces jus sont élaborés à partir de compost ou de lombricompost mis à infuser dans une eau constamment brassés pendant plusieurs jours pour rester en aérobiose. Le jus est ensuite à appliquer dans les 3 jours qui suivent sont élaboration. Le non composteur que je suis a bien noté la petite phrase discrète qui dit que le compost peut être remplacé par des turricules de vers de terre.

Les derniers chapitres du livres sont ensuite des focalisations sur des applications des ces trois outils à la pelouse, dans un premier temps, puis aux vivaces, arbres et arbustes et enfin aux légumes et plantes annuelles.

Mon point de vue sur l’ouvrage

Tout d’abord au niveau des pratiques, j’apprécie beaucoup l’état d’esprit du travail de ces auteurs et dans lequel je me retrouve totalement. En effet, on est ici totalement dans le jardinage sol vivant avec un désir de compréhension des mécanismes biologiques à l’œuvre dans le sol et la mise en œuvre de techniques qui se basent sur la vie du sol pour cultiver des végétaux. En plus leur approche de ce type de jardinage est basée sur un formidable exposé sur la biologie des sols. Toutefois, au niveau des techniques proposées, même ce qu’ils proposent est intéressant je trouve l’exposé incomplet, la thématique couverts végétaux / engrais verts notamment est la grande absente de cet ouvrage.

Le point focal du livre est la bipolarité bactéries/champignons. Que faut-il en penser ? Je reconnais qu’elle m’apporte plus de questions que de réponses, ce qui est en soi très positif ! En effet, dans mon expérience personnelle du potager, je remarque que les techniques qui ont permis de basculer vers un potager productif sont des techniques de paillages cellulosiques qui ont probablement été favorables aux bactéries et ont donc été plus favorable aux légumes annuels que ne l’était le seul BRF. Alors qu’à quelques mètres de là, ce même BRF faisait merveille sur des arbres fruitiers. Toutefois, de nombreuses expériences montrent un apport très positif du BRF sur les légumes, observation difficiles à accorder au cadre théorique proposé dans l’ouvrage.

Toujours par rapport à cette bipolarité et les deux autres qui y sont rattachées : nitrates/ammonium et plantes annuelles/arbres, il est vraisemblable que le modèle soit très simplifié par rapport à ce qu’il est dans la nature où les limites me semblent beaucoup plus floues que ce qui est décrit ici. Sujet fort intéressant que je dois m’efforcer de creuser dans les semaines et les mois qui viennent !

En conlusion, je trouve que c’est un livre qui, malgré les limites probables de son approche, est un ouvrage de référence pour le jardinier « Sol Vivant ». En effet, la qualité de ses exposés sur la vie du sol et la proposition d’un modèle pour domestiquer les réseaux alimentaires du sol, enrichissent grandement nos réflexions sur ces sujets ! Je trouve que c’est un ouvrage à lire absolument !

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En bonus : l’annexe 1 du livre

En guise de résumé de la seconde partie et de guide pour mieux comprendre la démarche des auteurs, voici l’annexe où sont listés les 20 principes « du jardinage avec le réseau alimentaire du sol » :

1. Certaines plantes préfèrent les sols dominés par les champignons, d’autres préfères ceux dominés par les bactéries.

2. La plupart des légumes, plantes annuelles et plantes grasses préfèrent avoir leur azote sous forme de nitrates et se portent mieux dans les sols à dominante bactérienne.

3. La plupart des arbres, arbustes, et plantes vivaces préfèrent avoir leur azote sous forme ammoniacale et se portent mieux dans les sols à dominante fongique.

4. Le compost peut être employé pour inoculer les microorganismes bénéfiques à la vie des sols de votre jardin et introduire, entretenir ou modifier le réseau alimentaire du sol.

5. Répandre du compost avec son réseau alimentaire du sol à la surface du sol va inoculer à ce dernier le même réseau alimentaire.

6. Les matériaux organiques bruns ou fanés soutiennent les champignons ; les matériaux organiques frais et verts soutiennent les bactéries.

7. Le paillis répandu en surface a tendance à être favorable aux champignons ; le paillis incorporé superficiellement a tendance à être favorable aux bactéries.

8. Si vous mouillez et broyez complètement le paillis, cela accélère la colonisation par les bactéries.

9. Les paillis plus grossiers et secs sont favorables à l’activité fongique.

10. Les sucres aident les bactéries à se multiplier et grandir ; les algues, les acides fulviques et humiques et la poussière de phosphate aident les champignons à pousser.

11. En choisissant votre compost au départ et les nutriments que vous allez y ajouter, vous pouvez faire des jus soit fongiques, soit bactériens, ou bien équilibrés.

12. Les jus de compost sont très sensibles à la présence de chlore et de conservateurs dans l’eau de brassage et dans les ingrédients.

13. L’utilisation industriels tue tout ou partie des microorganismes du sol.

14. N’utilisez pas d’additifs ayant de fort taux de NPK.

15. Après une vaporisation ou un arrosage du sol avec des produits chimiques, appliquez toujours du jus de compost

16. La plupart des conifères et des arbres à bois durs forment des symbioses avec des champignons EcM.

17. La plupart des légumes, des plantes annuelles, des plantes grasses, des arbustes, des arbres à bois tendre et des plantes vivaces forment des mycorhizes avec des champignons MA.

18. Le fait de retourner le sol et de déranger de manière excessive détruit ou endommage gravement le réseau alimentaire du sol.

19. Mélangez toujours des champignons MA avec les graines des plantes annuelles et des légumes au moment de les planter ou appliquez-en sur les racines au moment du repiquage.

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27 Responses to « Collaborez avec les bactéries et autres micro-organismes du sol » de J. Lowenfield et W. Lewis

  1. cottet (23 comments) dit :

    c’est ce que disent les bourguignons il y a plus de vie sous terre que sur terre .

  2. Jean-Claude LE GOAS (7 comments) dit :

    Toujours très curieux, je me procure le livre dès que possible, je suis en particulier très intéressé par les pages traitant des (micro-)organismes du sol.

  3. basquaise (5 comments) dit :

    Un livre que je relis souvent. Merci à JM Lespinasse d’avoir poussé les Editions du Rouergue à publier ce livre. Je le recommande souvent avec ton livre aux jardiniers qui ont envie d’en savoir un peu plus. On se sent un tout petit peu moins bête après lecture.
    Et merci à toi d’animer ce site et les autres…

  4. cottet (23 comments) dit :

    je ne peux plus accéder au site des jardins de brf .

    • Gilles Domenech (799 comments) dit :

      Effectivement le lien fonctionne aussi chez moi. Cela dit pour tout problème technique sur le site des jardins de brf, inutile de me contacter, je ne suis pas administrateur, seulement modérateur. L’admin, c’est André Abrahamani!

  5. basquaise (5 comments) dit :

    http://www.info-brf.com/forum/

    ça fonctionne à cette adresse pourtant, j’en viens.

  6. cottet (23 comments) dit :

    merçi je tournais avec l’ancienne adresse www. lesjardinsdebrf. cette adresse ne fonctionne plus .

  7. Jean-Claude LE GOAS (7 comments) dit :

    J’ai acheté et lu attentivement le livre « collaborer… », c’est très instructif. Toutefois le distinguo entre compost à bactéries ou à champignons est subtil. Mon lombri-compost doit être entre les deux, d’abord peu d’enchytrés, et beaucoup de cloportes, puis arrivent les feuilles mortes, et avec le temps, tout s’arrange, enfin le tamisage (maille de 1 cm) aide beaucoup à homogénéiser. Enfin bon an mal an cela fait 1 m3 de compost. Je n’ai pas vu de différences d’une année à l’autre, et j’ai une vingtaine de variétés de tomates indemnes de maladies chaque année.

    • Gilles Domenech (799 comments) dit :

      Effectivement, il semblerai que ton lombricompost soit relativement fongique, sans doute l’effet des feuilles mortes.

  8. guylaine (11 comments) dit :

    Ce livre a été une révélation pour moi, ancienne élève de lycée agricole. C’est lui qui m’ a permis d’approcher les mécanismes du sol vivant qui m’ont permis d’avoir un nouveau regard sur le jardinage… et incidemment d’accéder à ce site. Que je trouve formidable pour les reflexions et échanges qu’il permet.

    Ma problèmatique est que je fonde ma compréhension du sol vivant sur ce qui est dit dans l’ouvrage. Voilà ce que j’ai compris : si un sol est à dominante champignons, ceux-ci fournissent de l’ammonium que préférent absorber les arbres, les arbustes, les vivaces. Mais pas les légumes et annuelles qui préfèrent les nitrates fournis par l’activité bactérienne. Du coup, quid du BRF dans le potager. D’autant que dans la nature, dans les sous-bois si des arbustes et des vivaces, des bulbes s’épanouissent bien au pied des arbres, ce n’est pas le cas des annuelles.

    Pourtant comme tu le dis Gilles, des expériences de BRF en potager donnent de bons résultats. Pourquoi ? J’ai peut-être deux débuts de reflexion. Peut être que l’application de BRF donnent de bons résultats dans les potagers dont le sol est très déficitaire en humus soit parce que excessivement travaillé, malnené soit parce très minéral : argiles, graves, caillasses… Du coup la vie du sol y est tellement perturbée que l’apport de BRF en relançant l’humification permet aussi l’installation de tout le réseau et un équilibre s’instaure. Et c’est vrai que les auteurs anglais n’abordent que très peu l’humification contrairement aux bouquins d’auteurs français qui lui font la part belle mais éludent le mécanisme de la minéralisation (même les Bourguignon je trouve). Et est-ce que le BRF n’est pas inutile dans un sol déjà bien vivant (ce qui semble le cas du mien, argilo-calcaire, que je ne travaille plus depuis 2 ans, qui reste toujours couvert, soit d’engrais verts soit de paille bio, de tontes, feuilles… Il est truffé de vers de terre) ?

    Ou autre début de réflexion : les bois raméaux ne contiennent pas uniquement de la lignine mais aussi d’autres éléments. Est-ce que le ratio C/N du BRF permet un juste équilibre entre champignons et flore bactérienne ?

    Qu’en pensez-vous ?

    • Gilles Domenech (799 comments) dit :

      Bonjour Guylaine,
      Tu poses des bonnes questions et j’avoue ne pas y avoir de réponse toutes faites, seulement des hypothèses:
      Tout d’abord sur le BRF au potager, probablement déjà que le BRF, qui contient de nombreux sucres et protéines, stimule aussi l’activité bactérienne, même la littérature à ce sujet en parle très peu. Ton hypothèse sur le type de sol est également très vraissemblable et rejoint d’ailleurs la position des proches d’Hérody sur la question.
      Je reconnais que dans mon sol argilo calcaire, je ne suis pas du tout sûr d’avoir un jour à remettre des BRF, c’est sans doute la même chose pour toi. L’avenir le dira!
      Cela dit je pense que le modèle champignon et amionium vs bactéries et nitrates, bien que très intéressant pour amener la réflexion sur la vie du sol au jardin, me semble limité. En effet, la plupart des légumes sont mycorhizés de la même manière que les espèces vivaces et ligneuses pionnières (érables, frênes, trèfles, liseron…). Le cycle de l’azote dans une forêt pionnière ressemble plus à celui d’une prairie qu’à ce qu’il est en forêt de chêne, hêtre ou résineux!
      De plus certains matériaux cellulosiques peuvent, suivant mles conditions, être colonisés soit par des champignons, soit par des bactéries…
      Bref, on a pas encore fait le tour de la question!

  9. cottet (23 comments) dit :

    http://www.agriculture-de-conservation.com/-ITHEC-.html les micros organismes au service de l’agriculture

  10. […] pas encore refais de chronique sur la lecture d’un ouvrage depuis celle de cet hiver sur « collaborez avec les bactéries et autres micro-organismes du sol » de Lowenfield et Lewis. Alors je corrige un peu cette lacune en vous présentant un très beau livre sortit cette […]

  11. […] pas encore refais de chronique sur la lecture d’un ouvrage depuis celle de cet hiver sur « collaborez avec les bactéries et autres micro-organismes du sol » de Lowenfield et Lewis. Alors je corrige un peu cette lacune en vous présentant un très beau livre sortit cette année : […]

  12. dominique montpellier (2 comments) dit :

    bonjour j’ai un jardin associatif dont le sol argilo calcaire (anciennes vignes)a ete laboure +++ actuellement il est envahie de chiendent!!!que faire !!
    il m’a ete conseille de becher afin de les retirer !comment preserver la vie de la terre?? est ce que je dois continuer j’ai deja arracher 40 metres carree reste encore 60 n’y a t’il pas un autre moyens??,j’ai deja planter pour cet hiver et mis de la paille ?,mais pour le printemps je voudrais « preparer le reste en laissant faire la nature ! qui pourrait me conseiller engrais verts ?, brf ?, terreau ?, tourbe,, merci

    • Gilles Domenech (799 comments) dit :

      Bonjour Dominique,
      Le chiendent est justement la plante qui vient réparer les dégâts du labour sur la structure du sol et de toutes façon en bêchant, tu ne vas rien faire d’autre que multiplier ses rhizomes. Je pense que la meilleure solution dans ce cas sera de travailler le moins possible le sol et de faire succéder culture sur culture ou culture sur couvert végétal (jamais de «  »repos » » du sol!). C’est bien d’avoir paillé les cultures pour cet hiver, ça aidera le sol à se restructurer!
      Courage!

  13. Hervé (23 comments) dit :

    la pemière partie de ce livre qui décrit les différents membres de la faune du sol et le fonctionnement de cette communeauté est vraiment passionnante .
    En ce qui concerne la deuxième partie sur les trois outils du jardinier sol vivant ( compost, mulch et jus de compost) c’est surtout la technique du jus de compost à aération active qui a surtout retenu mon attention ( puisque je pratique le mulch et que………je ne composte que très peu..;-) )
    Malheureusement la saison ne se prête guère à cette technique qui sera mise en oeuvre à grande échelle dans le potager au printemps .

  14. Baptiste (21 comments) dit :

    Je me méfie toujours des parrallèles qui sont fait entre forêt -d’autant plus quand on parle de forêt primaire- et cultures. Le dogme selon lequel la forêt est le biotope le plus complet et le plus efficient en tout point est, je crois, faux. Mais passons, ce n’est pas le sujet.

    Sur quelle type de forêt primaire se base-t’il pour dire que son sol est à dominante champignon ?
    S’il se base sur les sols de forêts primaires tropicales, le parrallèle ne vaut rien. Il s’agit de sols soumis à de très fortes précipitations qui, étant complétement lessivés, très pauvres en matière organiques du fait de la minéralisation rapide et constante, de type ferralitique ou fersialitique (composé essentiellement de fer, silice, aluminium) sont acides. Or les champignons se plaisent mieux en milieu acide que les bactéries.

    Sinon, s’il se base sur des forêts de milieux tempérés encore faut-il qu’il précise sa composition floristique. Suivant que ce soit une forêt à dominante de résineux ou de feuillu notamment. Les résineux n’offrent au sol presque que de la matière organique difficilement décomposable, ce qui se traduit au niveau du sol par une accumulation d’acides organiques non décomposés. Raison pour laquelle les résineux acidifient le sol, et favorisent les champignons.

    D’où ma question, de quelle type de forêt parle-t’il exactement ?

    • Gilles Domenech (799 comments) dit :

      Bonjour Baptiste,
      Ce n’est pas précisé dans le livre, mais vu leur situation géographique, j’imagine qu’ils se réfèrent à la forêt tempérée, voire boréale.
      Pour ce qui est de l’hypothèse du livre, dès qu’on est sur des système à base de vivaces (donc même un champ de luzerne ou une prairie permanente), les champignons dominent. Est-ce vraiment vrai… ?

  15. Baptiste (21 comments) dit :

    Il me semble que la dominance des bactéries sur les champignons et inversement est surtout liée au pH (chose qu’il me faut approfondir).
    Du coup ça dépend à la fois de la roche-mère (calcaire ou pas), de la végétation et des apports extérieurs.

    Il me semble assez audacieux de prétendre que la luzerne favorise les champignons, quand on sait qu’elle vit en symbiose avec des bactéries.

    Mais après tout, c’est peut-être vrai. Il faudrait que je trouve plus d’informations sur les relations bactéries-champignons parce que ça promet d’être complexe, et donc de surprendre.

  16. Gilles Domenech (799 comments) dit :

    Attention, la luzerne vit aussi en symbiose avec des champignons mycorhiziens. D’ailleurs les deux symbioses (mycorhizienne et bactériorhizienne fixatrice d’azote) se stimulent mutuellement!

  17. Davidd (2 comments) dit :

    Bonjour,

    Passionné du sol depuis pas mal de temps, je décortique en ce moment le livre des Bourguignons, je me permet donc de reprendre ici ce qu’ils nous apprennent sur les sols tropicaux et je reprend les arguments de Baptiste qui m’ont rendu sceptique (Voir page 67 du livre « le sol la terre et les champs »).
    Si l’on parle bien de sols du temps des dinosaures en effet ceux-ci étaient très acides dominés par les fougères, prêles et résineux. Mais aujourd’hui, ces sols ne sont pas du tout dans le même contexte. Ce sont les sols les plus aérés du monde, dans ces sols argileux les vers de terres sont remplacés par les termites, qui grâce à leurs boulettes fécales accumulées structurent ces sols. La perméabilité de ces sols est de 300 mm d’eau par heure en surface et 100 mm d’eau par heure en profondeur.Ce sont eux qui reçoivent la plus forte pluviométrie. Le lessivage de ces sols est dû surtout à la déforestation, qui fait perdre cette population de termite et donc compacte aussitôt ces sols car argileux.

    Pour en revenir au compost, pour moi il est surtout un apport en humus, faune épigée et champignon de l’humification, donc je composte et je BRF^^

  18. Baptiste (21 comments) dit :

    Ce n’est pas parce qu’un sol est extrêmement perméable qu’il ne se lessive pas. Pour être lessivé il lui suffit d’être traversé par une grande quantité d’eau.

    A ma connaissance les sols de toutes les régions à forte pluviométrie sont lessivés, et le lessivage se traduit par une perte de cations et donc une acidification.

  19. Gilles Domenech (799 comments) dit :

    Effectivement, les sols ferralitiques (le summum du lessivage, ou plus exactement de la lixiviation) se sont formés sous forêts équatoriale, l’action de l’homme n’y est pour rien. Je me souviens même avoir entendu, lorsque j’étais en DEA, un de nos prof nous expliquer que sur les pentes du mont Aigoual (sud Cévennes, l’endroit le plus arrosé de France), on observait des processus pédogénétiques semblables à ceux observés en milieu équatorial, avec formation d’hydroxydes d’aluminium (gibbsite) liés à la très forte lixiviation des cations basiques du sol.

  20. Davidd (2 comments) dit :

    Non je ne vois pas en quoi un sol ayant un complexe argilo- humique présent serait soumis au lessivage de son humus et justement au phénomène de lixiviation. Si le sol est perméable et non imperméable par la perte d’humus, il ne va pas se lessiver, il absorbe cette eau.

  21. Gilles Domenech (799 comments) dit :

    Difficile de répondre en quelques mots, cela mériterait un article 😉 !
    Tout d’abord attention au échelles de temps, j’ai l’impression que tu te places sur un temps « agro » pour lequel ce que tu dis assez vrai, alors que Baptiste et moi parlons d’un temps géologique avec des phénomènes qui se mettent place sur des milliers voire des dizaines de milliers d’années.
    Ensuite il faut définir les différents termes et vérifier que nous leur donnons le même sens:
    – lessivage = transfert d’éléments par voie particulaire
    – lixiviation = transfert d’éléments par voie dissoute
    Dans le cas de ferralitisation, le départ d’éléments ne vient pas du lessivage de l’humus, mais de la lixiviation des cations. Il est vrai que ceux-ci sont en grande partie retenus par l’humus, les argiles et le complexe argilo-humique (CAH). Mais il y en a toujours un peu qui est lixiviée, c’est négligeable dans le temps agro, mais significatif dans le temps géologique.
    Les éléments sont lixiviés dans l’ordre suivant:
    – D’abord les alcalins (Na, K)
    – Ensuite les alcalino-terreux (Ca, Mg), notes qu’à ce stade le CAH commence à avoir des difficultés à se former, faute de cation divalents.
    – Ensuite la Silice, dont le départ entraîne la formation d’argiles pauvres en cet élément: les kaolinites au pouvoir absorbant très pauvre, réduisant encore la capacité du sol à retenir les éléments nutritifs.
    – Enfin le fer, pourtant très peu soluble et il ne reste plus que des oxydes d’aluminium. À ce stade, on forme les bauxites, forme ultime de lixiviation d’un sol.
    Les bauxites des Baux de Provence qui datent de l’ère secondaire n’ont pas attendu la déforestation anthropique pour se former!
    Il s’agit donc bien là de phénomène tout à fait naturels qui ont toujours lieu dans les forêts équatoriales et dans les zones tempérés très arrosées, comme le mont Aigoual, pourtant couvert de forêts!

  22. raymond (21 comments) dit :

    j’adore ce bouquin ,qui avec le genie du sol vivant se croise et se completent,,il est un peu dommage que avec tous ces erudits bardes de diplomes ,vous discutez entre vous alors que les neophytes,quoiqu’amoureux du jardinage et du sol,sommes un peu la en couillons,je n’etais qu’un malheureux boulanger,avec un certificat d’etudes,donc un peu desavantages par rapport a vous,alors quelquefois,pensez a nous pauvres ignares ,peut etre mais qui aimons et respectons le sol et sa faune

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