Histoire que vous me connaissiez un peu mieux, voici un petit historique du jardin de mes parents que nous cultivons depuis 2007 sur un coteau argileux du Gers. Et quand je dis argileux, c’est très très argileux,

septembre 2007 : Récolte symbolique de tomate sur l'embryon du potager actue

bien lourd, quoi ! Pendant des années ma mère s’est cassé le dos à bêcher cette terre pour préparer de quoi faire deux rangées de fèves, elle avait fini par laisser tomber. Puis j’ai découvert les BRF en 2004 et l’idée à fait son chemin et en janvier 2007 elle a épandu du BRF sur une petite parcelle de pelouse préalablement sarclée à la houe, c’est là que commence notre histoire :

En 2007, c’était vraiment pas ça, les tomates sont restées rachitiques et ont peu donné, le sol est resté compact, les carottes n’ont jamais levé et les radis sont restés minuscules, bref pas de quoi pavoiser… Quoique, certaines tomates apéritives étaient vraiment délicieuses, peu abondantes, certes, mais vraiment délicieuses ! Allez c’est déjà ça ! Bon, je vous l’accorde, il y a eu un soucis dès le départ, j’étais en voyage lorsque ma mère est allé chercher le BRF, du coup elle en a beaucoup trop mis (10cm !), sur un sol lourd comme le notre cela ne pardonne pas, surtout avec un printemps pluvieux comme celui de 2007. Et pourtant, malgré cette erreur, nous n’avons presque pas eu de mildiou même dans l’arrière saison alors que tous les voisins en étaient envahis… Tiens donc, il s’est quand même passé des choses intéressantes…


2008 : pendant l’hiver, sous les conseils d’Éléa, co-auteure du « Livre BRF », nous avons agrandit le potager en couvrant l’herbe de cartons et de foin. Et comme je n’avais pas assez de place pour mettre les tomates sur le potager de 2007, j’en ai planté quatre directement à travers ces cartons. Et là surprise, sans aucune fertilisation complémentaires, ces tomates buissonnantes se sont développées très rapidement et ont donné des récoltes tout à fait correctes. Alors on retient la leçon et on refait la même chose pour agrandir le potager en 2009.

mai 2008 : Les plants de tomates viennent d'être mis en place à travers cartons (non visibles) et paillage de foin. Cette parcelle révèlera d'agréables surprises...

2009 : Trois nouvelles planches de culture sont inaugurées avec BRF (1 à 2 cm directement sur l’herbe) des cartons et du foin (produit dans les zones « en friche » du jardin). Là encore, des résultats intéressants, mais l’hiver humide avait décomposé les cartons et il a fallu tout enlever et sarcler la potentille avant de mettre les tomates, les courgettes et les courges. Là encore, on retient la leçon, il n’est pas forcément pertinent de mettre les cartons trop tôt, février est largement suffisant !


Été 2009 : Le jardin commence à ressembler à un vrai potager, et cela, quasiment sans travail du sol !

Été 2009 : La planche de tomates et courgettes, à gauche, a été implanté sur un sol préparé dès le mois de janvier avec un paillage de BRF, cartons et foin posé directement sur l'herbe

2010 : Cette fois, ça y est, le potager est vraiment productif et nous permet même de faire des conserves de fèves d’abord, puis de tomates, nous sommes sur la bonne voie et les pratiques se sont diversifiées : mise en place couvert de type « biomax » en novembre sur une des planches : l’essai est plus que concluant, en 2011, c’est toutes les planches sans culture d’hiver qui auront droit à ce traitement. Une autre expérience est tout à fait remarquable : ma mère avait entassé en février des branches de laurière sur la pelouse pour que je les broie, je ne l’ai jamais fait… Du coup en avril elle a tout récupéré pour en faire des fagots d’allumage et des bûchettes et là surprise : le sol là dessous était souple et sombre. Pas d’hésitation, on y fait un nouveau potager, léger sarclage et paillage de foin ont suffit à produire les plus beaux plant de tomate et courgettes du jardin, bon là encore on retient la leçon, l’année prochaine, plus de cartons, mais des rameaux feuillés d’arbustes à feuilles persistantes : arbousiers, laurier noble, voire résineux (soyons fous, la nature nous réserve tellement de surprises !).

Avril 2010 : Implanté en novembre 2009 pour préparer les culture de l'été 2010, notre premier couvert est un franc succès tant du fait de son beaux développement que son action sur le sol !

Septembre 2010 : Voici la petite parcelle préparée involontairement avec des branches de laurière entassées entre février et avril... Joli pousse pour une terre ni travaillée ni fertilisée !

Et pour 2011, je me ferai un plaisir de partager avec vous nos expériences, et de découvrir ensemble comment améliorer encore et encore ces systèmes !

A bientôt

Gilles

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22 Responses to Un jardin sol vivant au cœur de la Gascogne

  1. Cecile (6 comments) dit :

    He Gillou !
    Bravo pour ton blog ! Tres tres interessant ! Nous avons aussi un petit potager pour la premiere fois cette annee. Un vrai bonheur… Mais tant de choses a apprendre !
    Bises a toi et ta famille
    Cecile

  2. Philippe Caseau (1 comments) dit :

    Bonjour Gilles

    Bravo pour ce superbe article sur le jardinage et ses essais + ou – fructueux!

  3. Loic (20 comments) dit :

    Salutations,

    Intéressant ces branches sur le sol n’est ce pas. On est bien partit pour faire de bons échanges.

    Bonne fin d’année.

  4. DOUSSIN (9 comments) dit :

    Voilà encore du vécu au jardin …
    Bonne continuation,
    Laurent

  5. christian BOILLOT (1 comments) dit :

    bonjour,

    c’est une véritable mine d’or ce blog !!!

    je suis dans l’argile et je reconnais qu’après deux ans de BRF « comme dans le livre » c’est la cata !

    j’ai demandé de l’aide et Y Labuche, entre autre, m’a indiqué une nouvelle piste à essayer.
    Bravo pour ton partage et restes précis !!
    à bientôt, Christian B

  6. Gilles Domenech (789 comments) dit :

    Effectivement, pas si faciles, les sols argileux, mais ils peuvent être tellement généreux lorsqu’on sait les prendre!
    Une des clé est l’utilisation de la cellulose (par exemple via les couverts végétaux détruits à floraison) qui une fois dégradée par les bactéries du sol donnent des sucres qui structurent très vite les argiles.

  7. Chantal (21 comments) dit :

    Très intéressante ton expérience Gilles.

    Je vais aussi tenter l’essai avec des branches de persistants. Je n’aurais pas osé le faire sans ton expérience. Il me faudra tailler mes haies de laurier et je pensais me débarrasser des tailles. Je vais plutôt les entasser dans le haut du jardin qui n’est pas encore cultivé et qui se couvre d’orties plus vite que je ne peux passer la débroussailleuse.

    J’ai fait récemment une plate-bande de vivaces à un endroit où sont restées en tas pendant plusieurs mois des branches de cupressus. Je verrai le résultat lorsque la nature se réveillera.

    C’est en faisant des essais qu’on avance. Même les échecs sont utiles. On sait au moins ce qu’il ne faut plus faire.

    • Gilles Domenech (789 comments) dit :

      Super tiens nous au courant!
      Pour mettre en place les branches de laurier, par chez moi c’est février qui semble le plus indiqué, mais n’hésites pas à faire plusieurs essais à différents moments!
      Pour les branches de cyprès, je ne serait pas étonné que ça fonctionne bien aussi, malgré tout ce qui se dit sur les résineux!

  8. Chantal (21 comments) dit :

    Bon, je vais essayer de mettre mes branches de laurier en février (s’il ne fait pas trop froid.

    Pour mes branches de cupressus entassées, on les a coupées à la tronçonneuse pour le feu de cheminée. Mais il est resté au sol plein d’aiguilles et de petites branchettes. Et je n’ai rien nettoyé avant de planter mes vivaces. J’ai juste rajoûté un peu de compost et paillé (paille et brf composé de noisetier, prunellier, merisier, troëne et aubépine).

    J’ai un peu peur à cause du froid qui dure ce qui est exceptionnel par ici. Je te tiendrai au courant de l’évolution de cette plate-bande.

  9. cottet pierre (153 comments) dit :

    en 2010 mon voisin m’a donné ces tailles de troenes . comme les tiges étaient courtes je les ai posé sur le sol ensuite j’ai planté mes courgettes directement au travers des branches . résultat de belles courgettes en abondance : il y en a encore au congélateur . dominique soltner dépose les tailles au sol , les roulent au tracteur puis les recouvrent de foins ou de feuilles ensuite il plante ses courges ou des tomates au travers . pour piéger l’eau de pluie il faut que les branches soient mises en place dès l’automne je crois que jean pain appliquait aussi cette méthode . a+

    • Gilles Domenech (789 comments) dit :

      Je ne sais pas si Jean Pain faisait cela. C’est sûr que cela fait partie des techniques les plus prometteuses: vive le BRnF (Bois Raméal non Fragmenté) 😉 !

  10. cottet pierre (153 comments) dit :

    dominique Soltner parle de BREF :Branchage Entassés Foulées ou BRF non broyé , Bois Raméal non Fragmenté c’est pas mal non plu.cette semaine je vais poser mes pommes de terre sur le sol et les recouvrir de feuilles et poser un voile de forçage pour les protéger du froid . tous les ans j’ai des pommes de terre qui repoussent de la récolte précédente . les tubercules passent l’hiver dans le sol et poussent très tôt au printemps . c’est sans garantie du gouvernement mais j’ai envie d’essayer .

  11. cottet pierre (153 comments) dit :

    mes pommes de terre plantée le 17/01/2011 sont sorties de terre . j’ai utilisé des pommes de terre de ma récolte de 2010 . il y a une rangée plus belle que l’autre .c’est la seconde année que j’utilise mes pommes de terre de ma récolte précédente et je suis un peu déçu du résultat .certains pied sont chétifs pour ne pas dire en mauvaise santé . je n’ai pas ce problème avec les semences que j’achète chaque année; j’ai aussi ramassé le premier doryphore aujourd’hui . la suite a la récolte .

  12. martine lahet (1 comments) dit :

    Quel plaisir de partager vos connaissances et l’expérience de nos amis jardiniers. Je jardine en terre argileuse,terre
    généreuse pas facile à travailler,à cultiver au bon moment.
    le brf, enfin plus du brojats pour couvrir le sol, pas concluant.j’ai vu un changement du sol après paillis de compost, feuilles ou tonte d’herbe.Je me suis demandée si le brf n’empechait pas la terre de respirer.

    • Gilles Domenech (789 comments) dit :

      En effet, miser sur les BRF à 100% sur sol argileux ne semble pas pertinent. En revanche il est intéressant à utiliser en petite quantité en complément de paillages herbacées et de couverts végétaux détruits en vert.

  13. dupuis (3 comments) dit :

    Bonjour,
    Très enrichissant ces échanges !
    Pour ma part j’ai utilisé du BRF en surface sur terrain argileux, mais, en m’inspirant de techniques en permaculture j’ai associé les buttes de cultures au BRF. Les résultats sont de satisfaisants puisque l’eau est orientée en bas des buttes et que le mycélium qui s’installe sur le BRF permet de retenir l’eau. Par contre, il ne faut pas mettre trop de BRF sur les buttes ni créer des pentes trop fortes au risque de perdre le BRF en d’engendrer le pourrissement anaérobiose au pied des buttes. De plus, il semble préférable d’intégrer le BRF au premiers centimètres du sol afin de créer une structure plus légère et une culture de légumineuse pour palier à la fin d’azote la première année. Enfin, pour aérer le sol en profondeur j’ai planter du seigle.

  14. gutierrez fabrice (1 comments) dit :

    Bien que les résultats soient bons , j’estime que trois années pour obtenir une culture de quelques mètres carré n’est pas performant . si vous êtes chef de famille nombreuse, comme moi , vous avez forcément d’autre attente du sol que vous travaillez . C’est pourquoi , je pense qu’un travail du sol est nécessaire , c’est ce que je pratique . le bêchage , l’apport de fumier décomposer par compostage à chaud , apport très léger de BRF +/- 1 cm par an pour entretenir la mycorhize bien active , et compostage des matière organique du foyer , sauf l’été où ces matières prennent directement le chemin du sol en couvert . pour réveiller une terre , il faut la secouer , pour en extirper les nuisibles il faut leur mettre la gueule dehors ( excusez moi du terme) et ils sont ainsi directement disponibles pour leurs prédateurs . de plus un sol compacte et mal drainer est le premier facteur de maladie . La fouille du sol par bêchage et égrainage des mottes disperse l’humus en tous sens , ainsi que l’apport de fumier , le bois du BRF, les feuilles mortes etc … tout cela forme une bonne popotte très active à travers laquelle les racines, accompagnées de leur champignons et bactéries ,trouvent facilement leur chemin ,et , qui ne demandent plus qu’un paillage renouvelé toute les années quand le soleil commence à briller . Il faut avouer que le travail d’un sol uniquement par apport de BRF et paillage demande un sol déjà bien humifère . ce qui est rarement le cas quand on s’attelle à la tache du maraîchage . Il ne faut pas que les débutants s’attendent à des miracles lors de leur(s) première(s) couverture(s) organique du sol . Et c’est malheureusement ce qui est entrain de se passer . moi qui retourne le sol tout les 2 hivers (doux) je me fais railler et éjecter de forum comme si j’étais un barbare de l’ancien temps .
    Le sol deviendra vivant bien sur mais après des efforts, des mains gelées sur le manche de la bêche , et des coups de soleil le dos pencher sur la binette . S’est ainsi que l’on peut apporter à table les biens faits de la nature .

    • Gilles Domenech (789 comments) dit :

      Bonsoir Fabrice,
      J’entends que tu as des pratiques qui fonctionnent bien tant du point de vue de la productivité de ton potager que de celui de la qualité de ton sol. Pourquoi en changer en effet ?
      Je conçois très bien que les 3 années d’expériences décrites ici ne suffisent pas à démontrer l’efficacité des pratiques que je propose. Toutefois, d’autres jardiniers ont beaucoup plus d’expérience sur des techniques comparables et des résultats excellents depuis plusieurs dizaines d’années pour certains.Il s’agit par exemple de JM Lespinasse, Dominique Soltner, Bernard Bertrand, ou encore Jacques Subra, habitué à intervenir sur ce blog ! il y a également des maraîchers professionnels (donc avec impératif de réussite) qui ne travaillent plus leur sol, comme les intervenant des rencontres maraîchage sur sol vivant, voir restitution ici : http://jardinonssolvivant.fr/restitutions-journee-maraichage-sur-sol-vivant/.
      Cela démontre bien que le travail du sol n’est pas indispensable pour avoir des résultats agronomiques, même en bio !
      Cela dit, même si nos avis divergent concernant le travail du sol, je vois que tu amendes généreusement ta terre, ce qui rejoint la logique sol vivant que je prône ici 😉 !

  15. Espin Bustos, Mario (2 comments) dit :

    Salut! Merci pour partager toutes ces belles infos!
    J’aimerais te poser une question, en tant que jardinier complètement néofite, qui provient d’un milieu très urbain qui n’a jamais eu de contacte avec la terre jusqu’ici:
    Mon jardin, situé en ville basse d’Auch, avec terrain très argileux, contient une haie de laurier cerise, censé être très toxique. J’aimerais savoir qu’est-ce que t’en penses de préparer mon sol avec les branches et feuilles provenant de sa taille. Merci de répondre avant février, date limite pour l’étaler sur mon sol avant de planter des cultures pour le reste de l’année.

  16. […] Pourtant, à l’entrée de la ferme de Pascal Poot, sur les hauteurs de Lodève (Hérault), trône une vieille pancarte en carton : « Conservatoire de la tomate ». Un jardin sol vivant au cœur de la Gascogne. […]

  17. Oak (1 comments) dit :

    Bonjour Gilles
    Je découvre ton site.j avous depuis je ne m en lasse pas
    Je découvre et j apprend des choses
    Bravo tu fait le job comme il se doit
    Je M installé au senegal pour faire du maraîchage dans la région du fleuve Sénégal sur une parcelle de 10hectare
    Le climat est sec et aride sahelien
    Justement ma terre est argileuse et gâteau sur la cerise saline
    On me conseille de faire de butte permanent avec des troncs à l intérieur ou des butte lasagne
    Mon intuition ce serait de consacrer 1 hectare au maraîchage et de couvrir le reste des 9 hectare avec du foin pour restaurer le sol pendant une année au moins
    le sol est à nue et il y a des trace d érosion et d inondations en plus le soleil tape au gourdin ici
    Une autre info que j ai reçus après avoir acheté la terre la parcelle était une riziere par contre cela fait 10 ans qu’elle n a pas été pratiqué
    Penser vous que le non labour marcherait dans ces condition car le contexte est particulier et rude
    Juste avoir votre avis je suis débutant j apprend sur le tas et je suis déterminé parceque si je réussi ce sera un exemple pour les paysans qui n ont plus que des terres calciné par la chimie voilà ma principale motivation
    J ai des photos si ça peut aider pour comprendre le contexte
    Merci pour votre travail

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