Jacques, décidément très productif en ce moment nous propose aujourd’hui un article sur deux insectes auxiliaires parmi les plus précieux au jardin.
Je voudrais vous parler aujourd’hui de deux insectes auxiliaires très importants dans l’équilibre écologique du jardin : Les Syrphes et les Chrysopes
– Les Syrphes : Souvent confondues avec des guêpes car certaines ont l’abdomen rayé jaune et noir, mais ce sont des mouches avec une seule paire d’aile alors que les guêpes ont deux paires. Elles ont la particularité de voler par à-coup et de faire du sur-place. Elles pondent leurs œufs près des colonies de pucerons, la larve est vert clair et ressemble à un ver ou une petite chenille.
Syrphe adulte butinant une fleur de phacélie
– Les Chrysopes : Magnifique insecte vert aux ailes transparentes, il a des mœurs plutôt nocturnes, on le voit quelquefois voleter à la tombée de la nuit. Il a la particularité de pondre ses œufs à l’extrémité d’un filament accroché sur les tiges ou les feuilles des plantes.
La chrysope adulte est magnifique insecte vert aux ailes transparentes
Les adultes de ces deux espèces se nourrissent de nectar et participent à la pollinisation des fleurs qu’ils fréquentent. Les larves, quant à elles, sont de redoutables prédatrices de pucerons, « araignées » rouges (acariens), cochenilles, thrips, petites chenilles…
Larve de syrphe dévorant des pucerons. Plus de photos en cliquant sur l’image
Pour accueillir de tels alliés au jardin il faut leur fournir le gîte et le couvert. Des vieux arbres couvert de lierre (voir article lierre) font d’excellents abris mais aussi les haies champêtres, des fagots, un mur de pierres sèches , une haie ou un massif de buis, des abris artificiels. (vous trouverez des modèles sur internet ou encore dans l’ouvrage « mon jardin paradis » de Gilles Leblais)
Pour les nourrir, des fleurs (soucis calendula, pissenlits, phacélie, œillets d’indes, consoude, bourrache..) des aromatiques (romarin, thym, sarriette… ) et des arbustes à floraison printanière. Observez dans vôtre environnement les arbres et arbustes locaux pour les installer dans le jardin en fonction de la place dont vous disposez (aubépines, prunelier, noisetiers, pommiers malus, amandiers, noisetiers, saules…etc ).
Il est encore temps de planter ces arbustes si vous n’en avez pas chez vous, quand aux fleurs on trouve d’excellents mélanges en jardinerie.
Ces deux espèces sont très sensibles aux insecticides même bio, veillez donc à ne les utiliser qu’en cas d’absolu nécessité.
Voici un nouvel article de notre ami Jacques, cette fois sur le thème des taupes qui concerne de nombreux jardinier :
taupe au travail
En ce moment,une taupe se promène dans la serre en bousculant mes semis de mâche et de salades.
Cela me donne l’occasion de faire une intervention sur le blog pour parler de ce petit animal discret et chassé depuis la nuit des temps par les paysans et les jardiniers. Que lui reproche-t-on ? De détruire nos semis et de décorer nos belles pelouses de petits tumulus disgracieux ? Un simple coup de râteau et le tour est joué. On peut récupérer la terre ainsi soulevée, elle est parfaite pour les plantes en pots ou pour les semis. En creusant des galeries à la recherche des vers et divers insectes du sol dont elle se nourrit , il lui arrive de sectionner quelques racines. Il y a quelques années je les piégeais quand elles s’approchaient trop près de mes cultures, maintenant je mes contente d’étaler la terre qu’elles soulèvent. Il faut dire que je n’en ai pas beaucoup, peut-être que le sous-sol caillouteux de mon jardin les découragent ?
Les taupes ont leur utilité dans l’écosystème, elles aèrent et drainent les sols. Si elles se nourrissent à 90% de lombrics, elles mangent aussi les taupins, les vers blancs et même des limaces.
Je me souviens d’une époque pas très lointaine, les taupes étant classées nuisibles, les agriculteurs faisaient une demande en mairie pour obtenir une autorisation d’achat de strychnine et préparer des appâts pour les détruire. Heureusement tout cela est maintenant interdit.
Si vraiment vous avez beaucoup de taupes et que cela devient un problème, la seule solution efficace est le piégeage. Cela demande une connaissance des mœurs de l’animal et une certaine technique. Il faut choisir le bon modèle de piège et le poser au bon endroit. Mieux vaut s’adresser a un piégeur confirmé, il doit bien y en avoir dans votre entourage.
Une croyance largement répandue dit que la taupe est hémophile : faux ! Inutile de mettre dans les galeries des tessons de bouteilles, lames de rasoir ou fil barbelés, cela ne servira à rien, au pire à blesser l’animal sans le tuer. Elle n’est pas non plus aveugle, mais ses yeux sont très petits et dissimulés sous une épaisse fourrure pour les protéger de la terre, par contre son odorat est très développé, elle peut détecter ses proies sous plusieurs centimètres de terre.
Autres astuces que j’ai testées sans grands succès : la grande euphorbe, des bouteilles plastiques posées sur des bâtons fichés en terre, des boules de naphtaline dans les galeries… elles on vite fait de contourner ces obstacles et continuer leur route.
Il existe dans le commerce des pièges à cartouche, je vous les déconseille vivement car il y a déjà eu des accident. Il y a également les gaz, mais seul les piégeurs professionnels sont habilités pour les utiliser.
Peut-être certains d’entre-vous on-t-il d’autres astuces pour éloigner les taupes ?
Je vous propose dans cet article de revisiter les fondamentaux de mon approche technique du jardinage « sol vivant » et surtout de la première mise en place d’un tel jardin à partir d’un terrain enherbé.
Il y a de nombreuses manières de commencer un potager avec l’objectif de cultiver avec la vie des sols. De nombreux permaculteurs, par exemple sont inconditionnels des buttes, d’autres jardiniers du double bêchage, ce type de mise en place est tout à fait envisageable mais perturbe fortement le sol la première année. Je vous invite, surtout si vous partez d’un terrain déjà bien structurée par la végétation en place (prairie, pelouse, friche…) à perturber le moins possible le sol et le préparer sans travail du sol préalable.
Les techniques dont je vais vous parler sont comparables à celles exposés par Dominique Soltner dans son « guide du nouveau jardinage » que je vous recommande bien évidement !
Ce type de préparation consiste à déposer simplement une couche de matière organique directement sur le sol. Cette couche peut être composée de divers matériaux :
– Feuilles mortes
– Paille
– Foin
– BRF (éviter d’en mettre plus de 2 cm en sol argileux)
– BREF
– Cartons d’emballage (marrons, sans encres ni scotch)
– …
Les cartons seront surtout intéressants pour ceux qui ne disposent pas de suffisamment de MO.
Idéalement la couche de MO à déposer doit être d’au moins 20 cm, sans quoi les herbes passeront vite au travers de ce mulch. Si vous ne disposez pas assez de MO, il sera préférable de mettre une sous-couche de carton d’emballage. Ceux-ci s’ils ne sont pas blanchis ou colorés ne présentent pas de danger pour l’environnement. Cette sous-couche permet de faire un écran à la lumière et sont donc un désherbant efficace tout en permettant les échanges entre le sol et le mulch disposé au-dessus (contrairement à une bâche plastique par exemple).
Ensuite, une fois venue la saison des plantations, vous pourrez y effectuer plantation et semis directement dans le sol à travers le mulch ! En ce qui concerne les semis, il sera préférable, du moins la première année de privilégier les grosses graines, mais on peut aussi tenter d’ouvrir un sillon ou des poquets pour les semis de petites graines.
Dans le sud-ouest la meilleure saison est à mon sens l’hiver, car si le mulch est disposé trop tôt il est consommé par la vie dès le début du printemps et on est obligé de remettre des MO pour tenir le sol désherbé jusqu’à la mise en culture. Dans des régions aux hivers froids et/ou secs, il probablement possible de faire cela dès l’automne, mais même dans ces condition, à mon sens, jusqu’à la fin mars il n’est pas trop tard pour commencer.
Un des principaux défauts de cette méthode est qu’elle ne permet pas au sol de se réchauffer rapidement au printemps, c’est une réalité, plus ou moins gênante suivant le climat dans lequel on se trouve, mais il ne s’agit que de la mise en place la première année, donc cette contrainte est tout à fait supportable, elle réduira simplement le choix des cultures à mettre en place cette année.
En revanches les avantages de cette méthode sont nombreux :
– Le sol n’est pas du tout perturbé
– Le sol est amendé avec les MO apportées
– Les racines et parties aériennes de herbe qui se décompose participent à enrichir le sol en MO facilement dégradable
– La structure du sol au mois de mai est souple et aérée, très agréable pour y repiquer les plants de cultures d’été !
L’e-book « enrichir sa terre », compilation de tous les articles écrits par les blogueurs ayant participé au carnaval d’article lancé en novembre par Yannick Hirel, du blog « au potager bio« . J’y avait participé en écrivant l’article « les trois piliers de l’aggradation d’un sol » qui se trouve bien entendu dans l’e-book en question !
Téléchargez L’e-book « enrichir sa terre » en cliquant sur le lien suivant :
Voilà, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon réveillon et très bonne année 2013 avec plein d’expériences au jardins, de nouveauté, de découverts, d’émerveillement, et bien sûr d’abondantes et succulentes récoltes 😉 !
Le 4 décembre dernier ont eu lieu à Auch (32) la première journée nationale de rencontres et d’échange sur le « maraîchage sur sol vivant » organisée par Terre en Sève, ma société, l’organisme de formation gersois Gaia 32 et François Mulet, paysan maraîcher en semis direct dans l’Eure (27) avec les partenariats du GABB32, d’arbre et paysage 32 et le l’AFAF.
Pour ceux qui souhaitent être informés des suites données à ces rencontres, je vous invite à vous inscrire à liste du réseau national naissant mais déjà dynamique « maraîchage sur sol vivant », vous trouverez le formulaire d’inscription ici: http://www.terre-en-seve.fr/maraichage-sur-sol-vivant/.
Et prime, spécialement pour vous, voici le compte rendu de notre ami Jacques Subra (j’ai inséré une diapo de chaque conférence dans son exposé) :
La matinée à été consacrée à la présentation par des intervenants de ces différentes techniques.
Gilles Domenech nous a parlé des flux de carbone, de l’agradation des sols vivants, du rôle agronomique de la vie des sols, de la structuration des sols grâce a la transformation des matières organiques apportées par les résidus des cultures ou de BRF, ou mieux encore par les couvertures permanentes de cultures a forte production de masse carbonée (appelées couramment engrais vert) Pour exemple, le maïs laisse 18t/ha de matière organique, alors qu’une culture de tomates ne laisse que 0,2t/ha. Il a également abordé la rhizodéposition : sécrétion par les racines de composés organiques favorisant la nutrition des plantes voisines d’où l’avantage qu’il y a de faire des cultures associées.
En conclusion, les trois piliers de l’aggradation sont : Apport de matières organiques, Production de biomasse, Réduction voire suppression du travail du sol.
Bernard Bertrand : Agriculteur, écrivain, créateur des éditions du Terran nous a conté son parcours de paysan du piémont Pyrénéen et son évolution vers une agriculture responsable et respectueuse de l’environnement. Son expérience de jardinage sur friches, sans désherbage et sans arrosage, simplement en maîtrisant la pousse des adventices quand celles-ci concurrencent les légumes, prouve que, dans certaines conditions il est possible de produire des légumes avec un minimum de travail.
Si un jour vous avez l’occasion de passer près de Toulouse, faite un détour par Saingouagnet , Annie-Jeanne Bertrand se fera un plaisir de vous faire visiter son jardin des sortilèges ou sont répertoriées plus de 1000 plantes et légumes pour certains tombés dans l’oubli.
Pierre Besse : AMAP de la Digue (31) Maraîcher près de Toulouse, pratique la couverture permanente du sol avec du BRF et des tontes de gazon récupérés auprès de municipalités et d’entreprises d’espaces verts. J’ai été surpris de voir les quantités de broyât qu’il utilise. Sur certaines cultures (cucurbitacées) il n’hésite pas à mettre 10 cm et plus, d’épaisseur avec des résultats probants.
François Mulet : Jaedin des Peltiers à Breteuil (27) a « bricolé » et détourné de son utilisation d’origine du matériel agricole réformé pour mécaniser le paillage du sol. Dans le domaine du maraîchage en sol vivant, sans labour ni travail du sol en profondeur, tout est à inventer en matière d’outillage. Il est des pionniers comme François partout en France. Le but de cette journée était de les faire se rencontrer pour créer un réseau et mutualiser les compétence, merci aux organisateurs.
Laurent Welsch : AMAP de Latoue (31) Maraîcher atypique, plein d’humour et d’auto-dérision, englobe dans son travail une dimension spirituelle. Son jardin est un joyeux mélange de légumes, fleurs et céréales. Son lieu de travail est aussi source de bonheur et d’épanouissement personnel.
Pratiquant la culture sous couverts végétaux, il détruit ceux-ci par bâchage sous plastique recyclable qu’il laisse en place 10 à15 jours. En serre, tous les résidus de légumes restent en place sans broyage préalable, il utilise des bâches perforées qui lui permettent de planter directement les cultures suivantes sans retirer celles-ci.
Après un délicieux repas bio végétarien, l’après midi était consacré à divers ateliers, en participation libre selon les thèmes choisis et possibilité pour les participants de circuler entre les ateliers. Organisés sur le modèle des forum ouvert ou chacun peut s’exprimer, présenter ses propres expériences ou proposer des idées, cette apparente joyeuse pagaille fait émerger des idées qui sont ensuite collectionnées, triées par thèmes et synthétisées pour servir de base à un travail commun.
Le succès de cette journée est la preuve qu’un mouvement se dessine, porteur d’espoir dans une nouvelle pratique d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Sans dogmes et à priori, oubliant les querelles de chapelles, nous devons, ensemble, trouver la voie qui conduira à la régénération des sols, priorité absolu pour assurer l’avenir des générations futures. Pour cela, Mesdames et Messieurs les organisateurs, nous vous remercions.
Fait à Séron le 5 Décembre 2012
Jacques SUBRA
Je vous laisse sur cette belle conclusion ! A bientôt sur ce nouveau réseau !
Il y a un peu plus d’un an, Denis m’avait questionné en commentaire de l’article « le jardin bio de Jacques » sur l’application de BRF en suivant la « technique sylvagraire », celle développée par les Québecois et vulgarisée aujourd’hui en France par Jacky Dupéty. Malgré mon scepticisme sur cette approche, il a choisi de la suivre. Il a récemment laissé un commentaire sur la page d’accueil pour me faire part de ses déboires. J’en ai profité pour lui demander un article sur son expérience pour mieux comprendre ce qui s’est passé et vous le partager. Voici son témoignage :
Petit historique rapide du terrain :
C’est une parcelle qui a servi pendant une vingtaine d’années de parc à canards, donc toujours en prairie naturelle (je précise que sur ces parcs il y avait toujours de l’herbe, les canards disposaient de beaucoup d’espace) puis depuis une dizaine d’années, il n’y a plus eu de canards, ce sont des chevaux qui pâturaient.
Le sol
Il s’agit d’un sol de Ségala aveyronnais léger, souple, brun clair, se desséchant facilement après une averse, facile à travailler mais peu profond (20 à 25 cm même moins par endroits) avec quelques pierres de schiste çà et là.
L’épandage du BRF
Courant novembre 2011, avec le tracteur j’ai passé en croisé le cultivateur pour casser la prairie .J’ai obtenu un sol bien aéré et souple. Le sol était bien séché pour le travailler. Ensuite j’ai épandu manuellement du maërl et repassé le cultivateur pour le mélanger un peu à la terre. Fin décembre (c’était entre Noël et le 31 décembre), j’ai épandu le BRF sur une couche irrégulière épaisse en moyenne d’environ 5 cm. J’ai voulu mettre assez d’épaisseur pour éviter que l’herbe de la prairie ne repousse à travers le BRF (peut-être une erreur ?).
En ce qui concerne l’origine du BRF, il s’agit de branches de noisetiers pour l’essentiel ; mais aussi des frênes, chênes ou quelques autres essences (sureau, houx, hêtres ….).
J’ai laissé en place sans y toucher jusqu’en mars où j’ai repassé en croisé un vibroculteur (autre appareil à dents) pour mélanger le BRF au sol.
Mon souci était de le faire pendant une période sèche (et je me souviens que les conditions ce jour-là étaient particulièrement favorables) car je voulais éviter de tasser le sol avec le tracteur
Après, ça se gâte !!
Fin avril – début mai j’ai voulu procéder aux semis et plantations et là, grosse surprise j’ai découvert sous le BRF un sol tassé, complètement asphyxié, qui sentait même la vase !
Lorsque j’en soulevais une largeur avec la grelinette, cela faisait un seul bloc !
J’ai choisi de décompacter ce sol avec la grelinette, pour éviter le motoculteur afin de sauver les quelques vers de terre présents. Ce travail a été effectué uniquement sur la largeur de la grelinette et sur les rangs prévus pour semer ou planter.
Quelques remarques :
L’hiver, le printemps et l’été ont été particulièrement secs cette année. Par exemple, il n’y a pas eu de sortie de champignons sur le BRF ; ils sortent là maintenant depuis la fin octobre. J’ai d’ailleurs arrosé tout cet été !
Le 5 août gros orage de grêle qui a fait pas mal de dégâts.
Il y a eu aussi une bonne population de rats qui ont croqué une bonne part des patates et maintenant se sont attaquées aux carottes !!
Lorsque j’ai découvert ce problème de sol asphyxié, j’ai pensé dans un premier temps à un tassement par le tracteur au moment des différentes opérations.
Mais en bordure de parcelle le BRF n’a pas été arrêté de façon bien rectiligne, selon les godets cela faisait des sortes de « langues » .Lorsque je passais la grelinette, dès que j’attaquais une partie sans BRF je retrouvais un sol normal, alors qu’il avait été tassé de la même façon par le tracteur. C’est pour cela que j’en ai conclu qu’il s’agissait d’un effet que l’on pouvait attribuer totalement au BRF.
Cet automne, j’ai mis un couvert végétal (mélange de seigle, vesce, phacélie) sur une partie du jardin après les récoltes de pommes de terre et haricots. Celui-ci a été semé le 23 octobre après avoir passé le cultivateur. Sur l’autre partie du jardin, il y a des cultures (framboisiers, fraisiers, navets, mâches, choux, carottes …) et je laisse les herbes qui poussent naturellement pour que les racines améliorent la structure du sol (du moins j’espère !)
fructification de champignons dans le BRF, c’est bon signe, la bio-transormation du BRF a repris son cours !
Je ne me contenterai bien sûr pas du facile : « je l’avais bien dit que cette technique ne fonctionnait pas ! ». Non, ce n’est pas si simple. A première vue, on est dans des conditions assez favorables pour un amendement avec du BRF : sol léger, aéré, bonnes conditions d’interventions.
Le premier souci que je perçois est sans doute l’épaisseur sans doute quelque peu excessive, mais ce n’est certainement pas le seul facteur.
Ensuite, je pense que l’opération d’incorporation a été en effet néfaste, voici une hypothèse quant à ce qui a pu se passer :
1) Suite à cette opération et à l’immobilisation d’azote qui a probablement suivi, la végétation s’est très peu développée ;
2) Les pluies printanières, fussent-elles rares, ont battu le sol ainsi dénudé et sensible à la battance de par sa nature, et sa surface s’est encroûté, limitant la diffusion de l’oxygène alors que ce gaz était fortement consommé les nombreux micro-organismes occupés à décomposer l’énorme quantité de BRF et les résidus de la prairie mis à leur disposition ;
3) Des conditions plus ou moins anaérobies se sont ainsi mise en place, expliquant cette odeur de vase et les piètres résultats des cultures implantées sur la parcelle. Cela a peut-être aussi provoqué une acidification du sol.
Pendant ce temps la parcelle témoin n’a pas été perturbée, ni par un travail arrivant à un moment gênant le développement de la végétation, ni par un apport de matière organique ligneuse difficile à digérer pour le sol, du coup celle-ci était bien plus belle.
Je pense que le fait d’avoir implanté un couvert hivernal est une bonne solution : la présence en continue de racines dans le sol va permettre de l’aérer en permanence et d’injecter des composés organiques qui nourrissent en continu les micro-organismes. A présent, et tant que le BRF n’a pas été bien digéré, il me semble indispensable que ce sol porte toujours des plantes vivantes : cultures ou couverts végétaux.
Levée du semis de phacélie vesce seigle le 13 novembre. Cette photo montre aussi la tendance à la battance de cette terre, probablement à l’origine des déboires observés ce printemps !
Et vous que pensez vous de cette expérience ? Auriez vous d’autres interprétations quant aux raisons de ces déboires suite à l’épandage et l’incorporation de ce BRF ? Avez d’autres conseils à donner à Denis ?
Dans les commentaires de l’article « un potager sous les oliviers » que j’avais posté début novembre, Christian, un de mes lecteurs, avait évoqué dans un commentaire des cultures maraîchères sous des oliviers observées depuis une montgolfière dans la région de Marrakech, au pied du Haut Atlas. Il a cherché à en savoir plus, mais l’enquête s’est révélé difficile et il n’a pas réussi à obtenir de détails sur les techniques culturale de ces paysans marocains. Alors je propose juste ces fameuses photos, assez saisissante à mon sens avec ces cultures sous olivier au beau milieu d’un paysage semi-aride :
Et bien sûr si vous avez des infos sur ce type d’agroforesterie, je suis preneur. Je sais qu’il a un nombre significatif d’entre vous qui habite au Maghreb, alors votre savoir nous intéresse !
Ce mois-ci le magazine biocontact (n°229, novembre 2012) publie un article que j’ai écrit à leur demande et intitulé Sol vivant et zéro labour ! Alors si vous avez possibilité de vous le procurer, je vous invite à le lire et à me laisser vos commentaires ici !
Ce magazine est gratuit et diffusé dans la plupart des magasins bio de France !
Sinon, vous pouvez en télécharger l’article ici (avec l’aimable autorisation de la revue) : https://jardinonssolvivant.fr/WordPress/wp-content/uploads/2012/11/BC229_DOMENECH.pdf
ou bien le fichier avec seulement le texte (version plus facilement imprimable) : https://jardinonssolvivant.fr/WordPress/wp-content/uploads/2012/11/F-Gilles-Domenech-Zéro-labour.pdf
Juste une petite précision: le dossier de ce numéro est consacré à la biodynamie mais mon article n’en fait pas partie, je connais très mal les travaux de Steiner et n’ai pas de connaissances particulières en biodynamie et anthroposophie !
Cet article est une question d’Eve, une de mes lectrices, qui souhaite être conseillée sur la mise en place d’un potager sous des Oliviers. Voici sa présentation et sa question:
« Je suis en train d’acheter une culture d’oliviers (160 pieds) sur un hectare, pas loin de Salon de Provence, bénéficiant de l’appellation AOC Baux de Provence (mélange spécifique de 4 variétés d’oliviers).
Mais à mon grand désarroi, je suis suissesse et le climat méditerranéen m’est… étranger.
Sans être une jardineuse émérite, j’ai de bonnes bases.En fait, je voudrais intégrer des coins de potager parmi les oliviers (il y a de l’eau sur le terrain), et si possible faire ma propre huile d’olive (et autres préparations) avec le moins de pesticides possible.
Les oliviers en question ont été un peu délaissés cette année et je voudrai leur donner un bon coup de pouce pour la prochaine… Donc, pour résumer:
– quels conseils comme « engrais » pour les arbres (production d’olives)?
– quelles plantes et légumes sont compatibles avec les oliviers?
Bref, tous conseils et mises en gardes seront les bienvenus! »
Je reconnais que je connais mal la cohabitation entre olivier et cultures potagères, même je sais qu’il y a des systèmes agroforestiers en milieu méditerranéens qui réalisent ce type d’association, je ne sais par contre pas précisément avec quelles cultures ni comment elles sont conduites.
Cette question permet d’aborder le thème de l’agroforesterie, du jardin étagé, voire du « forest gardening », thématiques que je connais mal mais que je pense très porteuses. Alors, fans de permacultures, d’agriculture naturelle étagée et autre agroforesterie, c’est à vous! Merci de répondre de répondre dans les commentaires ci-dessous et non par mail afin qu’Eve et tous mes lecteurs puissent lire votre conseil, mise en garde, suggestion… !
Comment gérer les allées du potager ? C’est une question qui m’est posé et qui revient régulièrement dans les discussions de jardiniers.
Tout d’abord quel est vraiment le problème : si on ne fait rien, l’herbe envahi les allées et de là le potager, posant des problèmes de désherbage, surtout dans un potager au sol non travaillé comme je le préconise et comme le pratique la plupart d’entre vous.
Alors que faire ?
Il y a deux types de réponses : soit couvrir, soit enherber.
La couverture du sol
Cette couverture du sol dans les allées peut être de deux sortes : soit de type mulch qui tout en limitant l’enherbement participe à nourrir et enrichir le sol, soit de type écran opaque et non biodégradable qui empêche durablement l’herbe de pousser sans agir directement sur le sol.
Le mulch peut être constitué de toutes sortes de MO à C/N élevé (cf. article précédent) qui ont pour effet de se dégrader lentement et concurrencer l’enherbement si l’épaisseur est suffisante. Cette méthode permet aussi de réduire l’effet du tassement du sol par les pieds des jardiniers en période humide. De plus, comme on enrichit aussi le sol, cette méthode permet de changer régulièrement, pour ne pas dire tous les ans le plan du jardin. C’est même très intéressant à faire, puisque le sol a été fortement enrichit à cet endroit là.
L’écran opaque et non biodégradable est une solution classique, par exemple la planche de coffrage qui a aussi l’avantage de permettre des changement très fréquent de plan du jardin et qui est encore plus efficace que le mulch pour éviter le tassement du sol en période humide. Il est également possible de disposer des pierres plattes sur les allées (il suffit alors de gérer l’enherbement des interstices). Ces pierres plattes peuvent aussi permettre de supprimer purement et simplement les allées en installant simplement des pas à intervalles réguliers afin de marcher un peu partout dans le potager sans rien abîmer, à l’image des pas japonais dans les jardins d’ornement. Pour ce faire, il faut quand même être vigilant au développement des plantes que l’on installe afin que les pas ne retrouvent pas noyés dans une jungle de verdure à la fin de l’été rendant le jardin totalement inaccessible.
Dans le potager sol vivant de mes parents, de simples planches de coffrage délimitent les allées
Il est également possible de mixer les deux solution en mulchant les allées avec des matérieux minéraux, comme de la tuile broyée ou des graviers, en revanche, cela rend plus compliqués les éventuels changement de plan du jardin et n’enrichit pas le sol, si cette solution peut être intéressante sur le plan esthétique, elle n’est sans doute pas la plus appropriée sur le plan agronomique.
L’enherbement
Bon, c’est justement ce contre quoi on se propose de lutter. Mais un enherbement approprié permet de concurrencer d’éventuelles plantes particulièrement gênantes comme le liseron, la pottentille, le chiendent, le chardon… Pour choisir les plantes à semer dans les allées, il faut qu’elles soit résitantes à la compaction : le trèfle blanc par exemple est assez bien adapté, en plus c’est une vivace qui reste donc en place pendant plusieurs années. Une autre idée serait les plantains, qui comme leur nom indiquent (ils poussent « sous » la plante du pied, donc là où nous marchons) apprécient les sols piétinés régulièrement.
Semer vos allées de trèfle blanc permettra en plus d’attirer les poillinisateurs !
Ces plantes peuvent ensuite être régulièrement fauchées et utilisées pour fertiliser le potager. En revanche, cette méthode prévient moins bien la compaction que les précédentes et rend donc plus difficile le changement de plan du jardin, elle est donc plus adaptée au jardin sur buttes, ados et autres lasagnes dont le plan est de toutes manières difficiles à faire évoluer.
Et vous quelle méthode utilisez vous pour gérer vos allées, partagez nous vos idées, vos expériences, dans les commentaires ci-dessous !