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L’oasis de Lentiourel, en sud Aveyron, cherche permaculteurs par Pauline Gaborit

Depuis deux ans, les résidents de l’Oasis de Lentiourel mettent en place des projets agricoles et humains respectant la charte des « Oasis en tous lieux » et de la permaculture.

Différents jardins en buttes de tous types et maraîchage ont été mis en place, des arbres ont été planté seuls, en courbes de niveaux ou en vergers, des mares ont été creusés, des systèmes d’échanges humains utilisant la CNV (Communication Non-Violente), la sociocratie, les cercles de parole ou l’entraide s’expérimentent jours après jours.

Plusieurs acteurs-rices se sont investi-e-s dans ces activités permacoles et ont été motivés par la réalisation de stages animés par des enseignant-e-s tel-elle-s qu’Eric Escoffié et d’autres.

L’Oasis de Lentiourel offre un cadre paysager magnifique. Située au cœur d’un rougier, sa terre argileuse rouge entraîne une âme particulière dans les constructions et la couleur des cultures. Elle offre des possibilités pour des constructions terre, des fabrications de briques, des poteries, …

Sur place, une potière/art-thérapeute est dans un projet de mise en place d’un four pour céramiques/poteries.

Des douces collines entourent le site, qui est situé à plus de 300 mètres d’altitude.

lentiourel vue de dessus
L’oasis de Lentiourel au cœur du sud Aveyron

En plus du plaisir des yeux et des multiples possibilités de promenades, ces 35 hectares de terres situées à plusieurs stades des collines permettent de mettre en place des projets très différents: cultures maraîchères dans les vallons, vergers étagés sur les collines, terrasses avec différentes orientations, aqueducs descendants des sources, mares étagées, …

L’Oasis est en projet pour former un parc résidentiel de loisir. Cela permettrait d’accueillir six habitats légers de moins de 50 m2. Les constructions légères (yourtes, maison-serres, cabanes dans les arbres, …) permettraient de libérer le manoir principal (de plus de 500 m2) qui pourrait ainsi servir de lieu d’accueil pour le collectif, les projets d’art et de thérapie et aussi pour les gens de passage (visiteurs, stagiaires, patients, amis, famille, …).

La terre entourant Lentiourel est riche de multiples plantes sauvages qui complètent les repas et alimentent les tisanes. Millepertuis, mauve, pimprenelle, pourpier, menthes, aigremoine, plantain ou thym subliment de leurs couleurs et de leurs odeurs les alentours. Quel apaisement de regarder le coucher du soleil sur la terre du Rougier de Camarès en respirant le thym sauvage…

Il est fréquent de rencontrer des sangliers, cervidés, rapaces, salamandres, ou autres espèces sauvages dans le silence des forêts, les promenades ou les instants glanés au bord de la charmante rivière du Len qui serpente au bord des terres que nous occupons.

Notre terre offre plusieurs hectares de forêts qui nous permettraient une autonomie de chauffage au bois et de constructions. Nous avons tout le matériel nécessaire pour ces chantiers, ainsi que pour le jardinage, la menuiserie, …

Pour les personnes qui désirent avoir du confort, le manoir offre toutes les commodités avec des chambres chauffées, une salle informatique, une cuisine équipée, des salons, bibliothèques, … Aussi, il est possible de poser des habitats légers (3 yourtes sont déjà installées) et de rénover du bâti car nous avons plusieurs dépendances autour du manoir dont une grange du XI ième siècle, une porcherie, une salle de traite, un préau, une laiterie. Ces bâtiments ne sont plus utilisés pour la réalisation du roquefort comme auparavant et sont donc destinés à la rénovation.

Le manoir de l'oasis de Lentiourel
Le manoir de l’oasis de Lentiourel

Nous mangeons nos légumes, nos fruits et des plantes sauvages mais pour le moment nous ne sommes pas en autonomie alimentaire. Nous allons donc acheter ce qui nous manque au marché bio, à la biocoop ou dans le réseau des producteurs locaux bio. Nous faisons aussi des échanges de services.

Notre cuisine est végétalienne, parfois végétarienne et ceux qui le désirent peuvent s’acheter des produits animaux.

Nous nous chauffons à la chaudière à bois, nous sommes dans le réseau enercoop et notre eau vient de la source.

Pour ma part, je m’appelle Pauline Gaborit et je suis résidente à l’Oasis depuis le mois d’octobre. Je mets en place un jardin-forêt sur une parcelle maraîchère de 3 000 m2 attenante à une rivière.

Le projet se définit par un mandala comprenant des arbres fruitiers et à bois, des légumes, des légumes, des plantes aromatiques et médicinales, des mares, des abris pour les animaux, un abri circulaire pour les outils et un séchoir en paille circulaire au centre du jardin.

Je fais la plupart des cultures en buttes pérennes et sur un travail de non-labour. Je m’inspire directement de Masanobu Fuukuoka pour son utilisation des seed-balls, du semis sous paillis et de la spiritualité liée à la production de la nourriture.

De ce jardin, j’aimerai produire ce qu’il faut pour l’auto-suffisance alimentaire du collectif et pour développer une activité de vente sur le marché de fruits, légumes, plantes aromatiques et médicinales, épices, élixirs et teinture-mères.

Je suis intéressée pour partager ce projet avec d’autres permaculteurs-rices!

Pour l’Oasis, toutes les personnes intéressés par la mise en place de projets permacoles sont les bienvenu-e-s!

Pour prendre contact avec l’Oasis de Lentiourel, merci d’écrire à lentiourel(AT)orange.fr (remplacer (AT) par @), ou d’appeler au 0565492114.

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Jardinons Sol Vivant dans le magazine Chemin de Table

Chemin de table

Le mois dernier j’ai publié un article pour le tout nouveau web magazine Chemin de Table. Je vous invite à le découvrir, c’est en ligne ici.
Et pour vous mettre en appétit, si j’ose dire, voici l’éditorial de ce premier numéro :

Un nouveau magazine culinaire ?

L’idée de « Chemins de table » est de proposer une approche glo-bale de la cuisine. Il s’agit de donner du sens, du contenu, de l’information et bien sûr des recettes pour amener chacun à se nourrir avec plaisir et en toute conscience. Manger est signifiant. Il y a d’abord une histoire, une dimension culturelle et humaine pour qu’une tomate, une madeleine jouent les princesses dans notre assiette. Il y a des modes et des tendances, comme les sushis qui ne vont pas toujours dans le bon sens selon le point de vue économique, sociétal, environne-mental ou sanitaire. Il y a beaucoup trop de généralités nutritionnelles qui s’avèrent souvent pire que le mal qu’elles souhaitaient combattre. Il y a des questions épineuses, contradictoires qui jettent le trouble devant la profusion d’informations et qui appellent à la clarté d’un avis légitimé par la compétence d’un expert, d’un journaliste, des inter-rogations sur la part émotionnelle de notre lien à la nourriture, des démarches humanistes et innovantes à découvrir sur les chemins de production. Et puis il y a cette nouvelle cuisine initialisée par des chefs aussi créatifs que soucieux de l’impact environnemental avec la saisonnalité et le respect du produit, de l’aspect budgétaire et nutri-
tionnel en réduisant leur voilure sur le sucre, le beurre, la surcuisson pour se focaliser sur des jeux de couleurs et de textures qui végéta-lisent bienheureusement nos assiettes. Tout comme l’esprit poétique des mises en scène de la table pour parachever et des écrivains qui pro-longent les plaisirs en phrases sensuelles sur des nappes en papier.

« Chemins de table » se veut être un joli entrelacement de savoir et de savoir-faire pour tous les curieux et les gourmets qui aspirent à la cohérence de ces « nourritures terrestres ». En serez-vous ?

Domitille Langot

Et si vous cherchez mon article, il est à la page 106, juste avant celui de Pierre Rabhi !

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Expérience savon noir et piéride du chou par Christophe Gatineau

Note de Gilles : Christophe m’a dernièrement proposé de vous partager son expérience sur l’utilisation du savon noir contre la piéride du chou et de particper à une expérience en réseau. Voici sa présentation de cette expérience :

Parmi les différents essais que nous conduisons, nous avons récemment épandu du savon noir dilué, sur des choux très fortement attaqués par des chenilles de la piéride du chou.

L’objectif était seulement d’observer leurs réactions ; la même expérience sur de petites limaces avait été sans aucun effet.

En lutte biologique contre cette chenille, les moyens sont limités. Outre de favoriser ses prédateurs naturels, de poser un filet de protection ou de les détruire manuellement, en dehors, seul le BT règne en maître, vendu sans vergogne hors de prix.

Quand le savon noir foudroie la chenille de la piéride du chou.

Après la pulvérisation et contre toute attente, les chenilles touchées par contact ont été prises de convulsions violentes et moins de 30 minutes après, plus de 50 % étaient mortes : un résultat totalement inattendu pour une efficacité spectaculaire et bien supérieure à la célèbre bactérie. Une seconde pulvérisation quelques jours après a supprimé toutes les chenilles restantes.

@Cg / Chenille morte 30 minutes après la pulvérisation de savon noir.
@Cg / Chenille morte 30 minutes après la pulvérisation de savon noir.

En ce moment, les larves sont particulièrement actives et font de gros dégâts.

Aussi, si certains sont tentés pour reproduire cette expérience simple et terriblement efficace, je leur serais reconnaissant de me faire remonter leurs observations via le formulaire de contact de Rue67b.

@Cg / Une a rendu l'âme et deux sont prises de convulsions.
@Cg / Une a rendu l’âme et deux sont prises de convulsions.

Si nos observations étaient confirmées, au bout, ce serait une véritable révolution dans la lutte contre ce ravageur des cultures, car outre d’être très bon marché, le savon noir dans sa recette traditionnelle est 100 % biodégradable et n’a aucun effet préjudiciable sur les végétaux.

De plus, on peut aisément fabriquer du savon noir avec de la cendre de bois et de l’huile d’olive ou de lin.

@Cg / Une sur trois a résisté...
@Cg / Une sur trois a résisté…

Si possible, je demande que les essais soient réalisés en priorité avec du BRIOCHIN, car à ma connaissance, c’est le seul fabriquant à produire un savon noir 100 % biodégradable : nous l’avons utilisé à la dose de trois bouchons pour un litre d’eau (version liquide titrée à 15%).

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Peut-on modifier la nature du sol profond ? par Jacques Subra

Note de Gilles : Jacques nous soulève ici une question intéressante sur la possibilité ou non d’améliorer le sol profond, je vous invite également à lire la page « le sol cet inconnu » pour mieux comprendre ce qu’est un sol de la surface à la roche dont il est issu.

Je me pose la question tout en connaissant la réponse, pour moi c’est non. Alors me direz-vous pourquoi la poser ? Simplement pour ouvrir un débat et confronter plusieurs points de vue et expériences de jardiniers.

Depuis plus de trente ans je m’efforce d’améliorer le sol de mon jardin-verger par apport de compost, de couverture permanente du sol, mulch et couverts végétaux. J’évite aussi de le retourner pour ne pas perturber la vie présente à tout les niveaux. J’aère à la fourche pour ameublir et griffe superficiellement avant de semer.

A l’origine, mon sol était très acide et le sol profond argileux et très très caillouteux. La couche superficielle n’excédait pas dix centimètres. Ce terrain, de mémoire de paysan du cru, n’avait jamais été cultivé car trop pauvre. La végétation était composée de genêts, fougères et ronces. Actuellement, le sol fertile atteint par endroit trente centimètres et la plupart des légumes poussent sans problèmes. Mais malgré tout, les inconvénients liés à la nature du sol profond persistent et en particulier une grande sensibilité à la sécheresse. En effet il suffit de quelques jours de soleil pour voir apparaître des crevasses même sur les buttes ou l’épaisseur de terre avoisine les quarante centimètres.

Sur les parcelles ou la couverture de mulch est assez épaisse, cela est moins visible, mais sur les cultures d’ail, d’oignons ou échalotes, qui ne supportent pas de paillage au risque de pourrir, c’est flagrant. Les légumes racines, carottes, salsifis, scorsonères, ont du mal à se développer et ont souvent des racines fourchues, ce qui m’oblige à les cultiver sur buttes. Je dois donc veiller à maintenir une bonne humidité en périodes sèches car ensuite, le sol est très difficile à réhydrater.

Voilà mon expérience, j’attends des retours d’autres jardiniers pour connaître leurs problématiques et trouver des solutions.

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Héberger et protéger les oiseaux par Jacques Subra

Voici la nouvelle chronique de Jacques concernant les auxiliaires au jardin, cette fois il nous fait découvrir le vaste monde des oiseaux.

Quoi de plus agréable que de se lever le matin avec le chant des oiseaux ? Pour cela, ils faut qu’ils aient de bonnes raisons de s’installer chez vous. Vous devez donc leur offrir le gîte et le couvert.

La tendance actuellement est à l’installation généralisée de nourrisseurs, c’est un créneau dans lequel se sont engouffrées les jardineries qui proposent toutes une gamme de produits mais cela relève plus de l’intérêt commercial que du réel soucis de protection. A quoi sert de les nourrir si l’on ne maintient pas ou que l’on ne recrée pas leur biotope ? Si l’on ne se préoccupe pas de savoir ou vont-ils s’abriter et nicher ? A se donner bonne conscience ? Je ne suis pas favorable à trop d’assistanat car ils deviennent dépendant et si vous cessez de les nourrir ils risquent de ne plus être capables de trouver seuls leur pitance et peuvent mourir de faim. La sélection naturelle est indispensable à la survie des espèces sauvages. Chez moi je les aide seulement en cas de grands froids ou enneigement prolongé en maintenant des abreuvoirs hors gel et en dégageant la neige par endroit pour leur permettre de gratter le sol. Exceptionnellement je dispose des boules de graisse avec des graines. Pour s’installer durablement, ils ont besoin d’une flore variée, fleurs, graminées, arbustes à baies, arbres fruitiers, qui amène une faune riche en insectes, chenilles et vers de toute sortes. Pour les nicheurs précoces, comme les merles, des arbustes à feuilles persistantes (laurier, buis…) où ils sont à l’abri des prédateurs sont pertinents. Les cavernicoles (mésanges, sittelles torchepot) préfèrent des vieux arbres creux, des murs de pierres sèches ou des nichoirs artificiels.

sittelle torchepot maçonnant le trou d'envol d'un nichoir.
sittelle torchepot maçonnant le trou d’envol d’un nichoir.

Les rouges-gorge et troglodytes, aiment bien nicher dans les arbres colonisés par le lierre. Quand tout ces précieux auxiliaires sont installés, ils vous aident à réguler les chenilles, pucerons, petits mollusques et maintenir un équilibre au jardin. Ils participent aussi, de manière infime certes, au maintient d’un sol vivant par leurs déjections, plumes et cadavres. Chez moi nichent : pies, geais, tourterelles turques, merles, moineaux, pinsons, sittelles torche-pot, mésanges, fauvettes, rouges-gorge, rouges-queue, troglodytes.

nid de troglodyte dans un balais
nid de troglodyte dans un balais

Un couple de huppes fasciée revient tous les ans nicher a quelques centaines de mètres et nous rend visite régulièrement à la recherche d’insectes qu’elles trouvent sur le sol. Cette année je les ai aperçues pour la première fois le 20 mars. Tout se tient et interfère pour participer à un « Sol Vivant ».

Huppe fasciée
Huppe fasciée
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Le jardin vivant de l’Oasis dos 3 sobreiros par Murielle Lekien

Difficile de rédiger un article pour décrire le jardin de l’Oasis. Il est à mon image comme j’imagine, derrière chaque jardin, se devine le caractère de la jardinière ou du jardinier. Je dirais un jardin en perpétuelle évolution aux sources d’inspirations diverses, influencé essentiellement par mes nombreuses lectures.
Imaginez, vous êtes au Sud, en zone méditerranéenne…, descendez encore plus au Sud, jusqu’au Portugal, à 100 km au-dessous de Lisbonne, en façade atlantique, à 10 km de l’océan à vol d’oiseau ce qui permet de bénéficier d’un climat un peu plus tempéré et clément, au cœur d’une forêt de chênes liège, protégé ainsi des vents maritimes, dans un val légèrement montagneux, le cycle des végétaux et donc la saison de culture y sont décalés de quelques semaines par rapport à la plaine.
C’est une ferme abandonnée depuis une vingtaine d’année, aménagée de terrasses comme on n’en fait plus aujourd’hui avec des murs de pierres de 2 à 3 m de hauteur, bien utiles pour y loger une foule d’auxiliaires : couleuvres, lézards, mille-pattes, orvets, salamandres. A l’époque de la dictature de Salazar, le propriétaire avait installé une orangeraie sur les terrasses. Lorsque nous sommes arrivés, les orangers suffoquant sous des ronces de 5 m de hauteur semblaient nous crier à l’aide ! Les ronces sont bio-indicatrices d’un terrain fertile et aident le sol. Une fois qu’elles ont été rabattues à la main et le résidu passé à la débroussailleuse, il reste sur le sol un « BRF de ronces », paillage pas très agréable à manipuler mais qui se transforme en une couche fine d’un beau noir humifère. Là où il n’y avait pas de ronces, c’était en début d’année, une pâture toute jaune des oxalis pieds de chèvre, indicateurs d’une érosion intense et d’un lessivage des sols laissés à nus l’hiver et l’été, peut-être une zone sur pâturée par les moutons du voisin qui avaient coutume d’y stationner ?

Les orangers envahis de ronces
Les orangers envahis de ronces
le BRF de ronce après débrousaillage des orangers
le BRF de ronce après débroussaillage des orangers

Nous avons installé le jardin potager au milieu des vieux orangers de la première terrasse l’année dernière. Au départ, ce qui nous a surpris, c’est de ne trouver aucun ver de terre, par contre de nombreuses fourmis qui, paraît-il aèrent et décompactent le sol, ainsi que de nombreux cloportes détritivores. Nous avons commencé par enlever à la pioche la plupart des racines de ronces (j’ai trouvé des souches agrémentées de racines de plusieurs mètres de long !) ce qui a permis dans un même temps de décompacter le sol, un passage initial à la grelinette (nous avions essayé sans sur la terrasse 2 l’année précédente avec des résultats catastrophiques, des légumes très forts en goûts mais lilipuciens, des carottes avec des racines aux technique variées lorsqu’elles arrivent sous la couverture au contact du sol : je fourche, je me courbe voire je remonte !) puis installation des plates-bandes couvertes de 3cm de BRF à l’automne, semées de légumineuses, puis couvertes au printemps lors de la mise en place des cultures d’été des fanes de légumineuses coupées et de de 10-15 cm de foin. Les plates-bandes seront ensuite tout le temps couvertes, le travail du sol s’avérant alors inutile ce qui permet de favoriser la biodiversité de la faune du sol et de bénéficier de tous les avantages d’un sol vivant.

Après épandage de "vrai" BRF à l'automne 2012
Après épandage de « vrai » BRF à l’automne 2012
légumineuses semées lors de l'épandage de BRF de l'automne 2012
légumineuses semées lors de l’épandage de BRF de l’automne 2012

Le fait d’être en zone méditerranéenne et de ne pratiquement pas avoir de pluie entre fin avril et début octobre nous oblige à une gestion intelligente de l’eau. Nous avons installé un bélier hydraulique pour avoir de l’eau au niveau du jardin. Cela nous permet de remonter de l’eau sur 30 m de hauteur et 115 m de longueur de tuyau. Cette année, nous mettons en place de la micro-irrigation basse pression (bidons d’eau surélevés de seulement 40 cm) et bien sûr la quantité d’eau nécessaire pour les cultures est réduite par l’utilisation de techniques appropriées (BRF et sol recouvert en permanence).
Cette année, j’ai semé de la Datura stramoine, belle vénéneuse qui pousse ici de façon spontanée et aléatoire avec une belle vigueur. Elle présente l’avantage à mes yeux de jardinière de faire partie de la famille des solanacées et j’aimerai bien tenter des greffes en vert de tomates, aubergines et poivrons. Vous imaginez, des tomates sans arrosage !!??
A la palette de mes outils de jardinière, je peux ajouter les extraits végétaux. Ils demandent plus de persévérance en zone méditerranéenne car ici, les orties ne courent pas les champs, j’ai même dû en semer en arrivant. Heureusement j’ai pu en trouver chez le voisin sur son potager ensemencé de fumier de mouton. Cette année, pour compléter la panoplie des extraits, j’ai implanté une consouderaie.
J’entretiens aussi un andain de vermicompost. J’ai trouvé cette formule la plus pratique pour réaliser sans trop de travail un compost de qualité en grande quantité. J’aimerais à terme supprimer les tas de compost et gérer les plates-bandes du jardin avec une rotation basée sur le compostage de surface et les besoins des plantes. Ainsi à tour de rôle chaque plate-bande serait temporairement transformée en compostage de surface/andain de vermicompost, recouverte de déchets de cuisine, cartons, foin, coupes de « mauvaises herbes », BRF, et éventuellement de fumier de cheval. J’y installerai ensuite consécutivement des plantes très gourmandes en compost puis moyennement puis peu pour enfin installer des plantes ne nécessitant aucun apport de compost.
Si vous avez continué la lecture de cet article jusqu’ici, avant de supprimer mes tas de compost, voire mon approvisionnement en fumier de cheval, j’aimerais avoir vos commentaires/ avis/ expériences. Y-a-t-il des jardiniers qui jardinent sans compost ?? Le seul point sur lequel je reste dubitative c’est la réussite des cucurbitacées (melons pastèques, eh oui c’est l’avantage d’être au Sud, concombre, courges et Cie), plantes gourmandes qui apprécient de pousser directement sur le compost ! Si des personnes ont des témoignages de réussite des courges sans apport de compost, je suis preneuse !

Endive du sud !
Endive du sud !

Pour terminer cette présentation du jardin de l’Oasis (désolée, c’est un peu long comme chaque fois que je commence à parler de jardin !), de nombreuses idées restent à expérimenter/ développer : les mycorhizes, installer une petite mare, une plate-bande spécifique pour les plante mellifères, les micro-organismes efficaces, le jus de compost à aération active, l’électroculture, les engrais verts en interculture (mais que c’est pénible d’enlever les couvertures des plates-bandes), les semis directement en place (quel boulot de semer en caissette ou en godets pour ensuite transplanter et quel stress pour la plante !).
Voilà, maintenant c’est à vous pour les commentaires et si vous voulez voir d’autres articles sur le jardin de l’Oasis ou venir nous visiter, c’est ici.
Murielle LEKIEN
Expérimentatrice en alimentation vivante & jardin vivant.
Oasis dos 3 sobreiros – Portugal
Site web : http://oasis-des-3-chenes.fr/
Contact : murielle(AT)oasis-des-3-chenes.fr (rempalcer (AT) par @) ; tél (+00 351 ) 927 738 016.

Depuis mars Murielle propose des séjours Alimentation Vivante au Portugal. Si vous souhaitez vous offrir un chouette séjour et de plus soutenir une jeune créatrice et le projet d’une Oasis, n’hésitez pas ! Le projet de l’Oasis, c’est entre autres : un inventaire floristique, la préservation des plantes sauvages locales, la préservation de semences potagères anciennes, la création d’un jardin sec, la mise en place d’un verger de fruitiers anciens…

perfection fractale
perfection fractale
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La récupération d’eau de pluie par Gabriel Martinez

Vous en avez assez d’utiliser l’eau potable du réseau ou de tirer sur la nappe phréatique ?
Les feuilles de vos plants n’apprécient guère le chlore ?
De plus, vous vous désespérez de voir l’eau de pluie descendre de votre toit pour aller directement au tout à l’égout…

Si tel est le cas, cet article est pour vous !

Avez-vous pensez à récupérer cette eau de pluie pour l’utiliser plus tard, lors des périodes sèches ?


Les solutions

– La cuve béton, enterrée ou aérienne : l’auto-construction est possible pour les expérimentés et courageux mais nécessitera des moyens lourds (pelle mécanique, toupie de béton), à moins de la maçonner à l’ancienne ! Certes, elle est couteuse à la fois pour le porte-monnaie et au niveau de son énergie grise mais elle à l’avantage de permettre l’autonomie en eau de bonne qualité pour la famille. Pour cela, il est conseillé de faire appel à un géobiologue pour la conception et l’implantation (forme, emplacement, radon…) et à un plombier pour la réalisation d’un circuit efficace.

– La cuve enterrée en polyéthylène : il en existe de toutes tailles jusqu’à plus de 40 m3. Si elles sont aux normes sanitaires, il est toutefois recommandé de rééquilibrer le PH de l’eau (ce qui se fait naturellement dans la cuve béton) pour la boisson ; et garder à l’esprit que ça reste du plastique…

– Dans la gamme des petites cuves aériennes, les grandes surfaces de bricolage et jardinage nous proposent un choix exhaustif de formes et coloris mais aux prix prohibitifs pour seulement quelques centaines de litres, et vous n’irez pas loin avec ça !

– Par contre, existe la tonne d’eau, cubique aux armatures métalliques, pas forcément jolie mais à quoi l’œil s’est habitué et dont la présence dans un coin du jardin confère une sensation de douce simplicité.
Se vendant d’occasion, ces cuves se marient bien aux petites bourses et permettent facilement une (quasi) autonomie en eau pour le jardin.


Description

L’installation que je vais vous présenter est composée de 3 cuves pour une récupération de 3 m3. Elles sont alimentés par plus de 100 m2 de toitures sur 2 pans.

J’ai d’abord réalisé un socle solide pouvant supporter 3 tonnes. D’un mètre de haut, il sert à surélever les cuves pour obtenir un pression convenable à l’arrosage.

Ensuite, il a fallu raccorder les descentes d’eau de deux pans de toiture.

Socle des récupérateurs d'eauRaccordement avec la descente d'eau pluviale

La première cuve reçoit le tuyau de collectage. Les trois cuves sont raccordées entre elles de sorte que chacune se remplie quand la précédente est pleine.

Un robinet placé sur la première cuve permet le remplissage d’un arrosoir ou l’alimentation d’un tuyau d’arrosage.
robinet cuve
Voici le rendu final.

Installation de récupération d'eau de pluie

L’esthétique n’est peut être pas au rendez-vous, mais le système fonctionne :

– Les cuves se remplissent totalement en 2 bonnes journées de pluie.

– Avec 1m de haut, la pression est suffisante pour l’arrosage au tuyau aux pieds des plants (on n’utilise pas de méthode plus « évoluée » et ne peut rien dire à leur sujet).

– Le bois protège le plastique des rayons du soleil (pourrait se remplacer par une plante grimpante mais attention à ce quelle n’endommage pas les cuves en grandissant).


Dimensionnement

Pour savoir la quantité de volume de stockage vous avez besoin, il vous faut d’abord connaitre votre consommation d’eau pendant la période sèche la plus longue et vous renseigner sur les précipitations moyennes précédant cette période (http://www.meteociel.fr/climatologie/climato.php). Grâce à la surface de toit disponible, vous pourrez alors calculer la récupération possible et la comparer avec vos besoins.

Ex. : Vous habitez Montpellier et les pluies sont rares. Vous devez tenir les mois de juin et juillet quasiment secs avec les précipitations de mai qui représentent 30mm (0,03m). Vous avez 100 m2 de toiture en tuile (coefficient de récupération 0,9 pour la tuile), vous pouvez donc récupérer au maximum 0,03*100*0,9= 2,7 m3 en mai.
Cela vous suffit-il pour 2 mois d’arrosage ? Si oui, alors 3 cuves vous conviendront.
Si non, il en faudra plus pour profiter en été des pluies de l’hiver.


Conclusion

Pour 300 euros minimum (cuve à 60/70 euros), une installation comme celle-ci est un bon compromis Utilité/Investissement et peut être « remboursée » en 5/10 ans mais c’est avant tout et à mon sens un acte citoyen, prenant conscience des enjeux liés à l’eau.

Alors, qu’en pensez-vous ? Cela vaut-il le coup ?

La fiche de fabrication détaillée est disponible ici : https://jardinonssolvivant.fr/WordPress/wp-content/uploads/2020/08/fiche_de_fabrication_recuperateurs_d_eau.pdf

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Les urodèles – salamandres et tritons – par Jacques Subra

Après les syrphes et les chrysopes et les crapauds, Jacques poursuit ses chroniques concernant les auxiliaires au jardin avec cette fois-ci les amphibiens Urodèles.

Je vous présente aujourd’hui deux hôtes de mon jardin de la famille des urodèles : La salamandre et le triton. Ils ont besoin impérativement d’un point d’eau pour se reproduire cela nécessite que vous ayez une mare ou un ruisseau à proximité.

La salamandre

On la distingue facilement par ses couleurs vives, jaune et noir, et sa peau luisante. De mœurs nocturne elle s’abrite sous des pierres, une planche ou dans la mousse humide ne sortant que la nuit pour chasser de petits mollusques, insectes et vers. Elle hiverne enfouie dans le sol ou dans des cavités à l’abri du froid et sort vers le mois de Mars. En Avril-Mai la femelle (vivipare) dépose dans l’eau 10 à 70 larves de 3cm avec 4 membres et des branchies externes. Après avoir séjourné dans l’eau plusieurs mois, les larves regagnent la terre ferme et peuvent atteindre 20 cm à l’âge adulte. Elles se reproduisent vers 4 ou 5 ans. Leur peau est couverte d’une sécrétion venimeuse inoffensive pour l’homme. Il existe une salamandre noire, plus petite, mais je n’en ai jamais rencontré. En France on ne la trouve que dans les Alpes.

Salamandre de la jungle humide des Baronnies dans les Pyrénées
Salamandre de la jungle humide des Baronnies dans les Pyrénées

Le triton

Il en existe plusieurs espèces, chez moi il y a le triton marbré de la taille d’une salamandre. La femelle pond une centaine d’œufs qu’elle accroche aux plantes aquatiques. Les tritons sortent de l’eau pour hiverner comme les salamandres. Ils se nourrissent de larves, petits mollusques, œufs de batraciens et même des larves de son espèce.

Triton marbré

Ces deux espèces d’urodèles sont à protéger car elles souffrent de la disparition de leur habitat, mares, zones humide, et sont victimes des voitures quand elles sortent la nuit par temps de pluie.

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Les crapauds par Jacques Subra

Jacques continue sa série sur les auxiliaires au jardin, après les syrphes et les Chrysopes, il nous parle ici des crapauds

Mardi 5 mars 2013, après midi printanière (18°) Je suis dans le jardin quand une animation inhabituelle venant de la mare attire mon attention. Je m’approche et aperçois deux crapauds mâle se disputant les faveurs d’une belle ( ?? ) « crapaude ».
Je vais chercher mon appareil photo pour fixer c’est instant et écrire ces quelques lignes pour partager avec vous. Je suis toujours, et cela ne fait qu’augmenter avec l’age, émerveillé par le miracle permanent de la Nature. Il suffit d’observer dès l’apparition des premiers signes du printemps, et c’est une explosion de vie qui surgit.

accouplement de crapauds communs
accouplement de crapauds communs

Revenons à nos crapauds

Que n’a-t-on pas raconté depuis des siècles sur ce malheureux anoure (anoure : sans queue) Il est absolument inoffensif pour l’homme, on peut le manipuler sans crainte, ses glandes venimeuses dorsales lui servent de défense en cas d’attaque de prédateurs et ne sont activées que s’il y a morsure.
Un jour que je présentais un crapaud aux enfants de l’école maternelle, il m’a pissé dans la main, ce qui les a bien fait rire ! Il y a plusieurs sortes de crapaud, je parle ici du crapaud commun, (Bufo bufo) le plus répandu sous nos climats avec le sonneur à ventre jaune. Chez le crapaud commun on distingue facilement le mâle de la femelle, celle-ci est d’une taille double voire parfois triple que le mâle. Si vous rencontrez un énorme crapaud dans vôtre jardin, c’est une « crapaude » !

Cet auxiliaire précieux pour le jardinier mérite d’être protégé.

Il se nourrit de mollusques, vers, chenilles et insectes divers . Il a besoin d’abris et de caches pour se protéger de la chaleur du jour, car il a des mœurs nocturnes. Un point d’eau ( mare même petite) pour se reproduire. La femelle pond des chapelets d’œufs (6 à 7000) qu’elle accroche aux plantes aquatiques ou aux algues. On ne peut les confondre avec ceux des grenouilles qui sont en paquets gélatineux. Les têtards sont plus gros que ceux de la grenouille, seul une dizaines arriveront à l’âge adulte. Autre particularité du crapaud : il revient sur son lieu de naissance pour ce reproduire, ne ramassez pas un crapaud dans la nature pour l’introduire chez vous, créez les conditions favorables et ils viendront.

œufs de crapauds communs : ce sont les chapelets noirs accrochés aux plantes aquatiques et aux algues au milieu de la photo.
œufs de crapauds communs : ce sont les chapelets noirs accrochés aux plantes aquatiques et aux algues au milieu de la photo.

Comme beaucoup d’animaux, c’est un marqueur du milieu

Il est très sensible à la pollution, sa présence indique un biotope sain. Malheureusement la disparition de mares et zones humide, plus les dangers liés aux voitures participe à sa disparition.
Pour en savoir plus, comment les attirer chez vous et les protéger, il y a d’excellents sites sur internet.

Jacques Subra

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Rongeurs et tourteau de ricin par Christian Lanthelme

Suite à l’article de Jacques sur les taupes, de nombreuses personnes m’ont questionné au sujet des rongeurs, bien plus problématiques au jardin que les tranquilles prédateurs que Jacques nous a décrit. Au cours de mes conférences et formations, j’ai plusieurs fois entendu des praticiens parler du tourteau de ricin comme solution adapté, j’ai donc proposé à mon collègue blogueur Christian Lanthelme, du blog conseil coaching jardinage, utilisateur de ce produit de nous en dire un peu plus.

Le ricin est une Euphorbiacée tropicale (ici spontanée en bord de route au Bénin) qui peut atteindre 2m de haut en une saison ! Elle est très utilisée en France en ornement. Dans les pays tropicaux, elle est cultivée dans de nombreux but : énergétique, cosmétique, pharmaceutique...
Le ricin est une Euphorbiacée tropicale (ici spontanée en bord de route au Bénin) qui peut atteindre 2m de haut en une saison ! Elle est très utilisée en France en ornement. Dans les pays tropicaux, elle est cultivée dans de nombreux but : énergétique, cosmétique, pharmaceutique…

Le tourteau de ricin est le reliquat de l’industrie de l’huile de ricin. Il se présente sous la forme d’une poudre assez grossière et quasiment sèche. Il s’agit du reste des graines de ricin broyées, écrasées, dont on a extrait l’huile. Le tourteau de ricin est vendu en jardinerie comme forme d’engrais de fond contenant principalement de l’azote (N).

Vous vous rappelez? La formulation des engrais se donne en N.P.K.

N c’est l’azote, P pour le phosphore et K pour la potasse. Pour le tourteau de ricin, la formule est N=5 à 6 %, P=2 à 3 % et K=1%. Ces données sont des chiffres moyens. Ils peuvent varier suivant la provenance du ricin. Donc le tourteau de ricin est équivalent à un engrais de type 6.3.1, à la différence près qu’il est à diffusion lente car il faut d’abord que les micro organismes du sol le dégradent avant que les éléments nutritifs puissent être disponibles pour la plante.

Vu son effet à moyen terme, il vaut donc mieux s’en servir comme engrais de fond. Mettez le 3 à 4 semaines avant vos plantations pour qu’elles puissent en profiter dès le départ. C’est un amendement qui n’acidifie pas le sol, son PH étant de l’ordre de 6 à 7 et son taux de M.O (matières organiques) avoisinant les 80% favorise la vie du sol.

Le tourteau de ricin est toxique

Attention le tourteau de ricin est très toxique pour les animaux et les hommes.

Les graines de ricin contiennent une substance appelée « ricine » qui  est un poison violent même à petites doses. Une  graine peut contenir de 0.2 à 5 % de ricine suivant sa provenance.

Pour une souris, la DL50 en voie orale est de l’ordre 20 – 30 mg ricine /kg de poids corporel. Pour ceux qui ne connaissent pas, la DL50 est La dose létale médiane, c’est un indicateur qui mesure la dose de substance causant la mort de 50 % d’une population animale donnée.

Si elles sont consommées, 3 graines peuvent être fatales à un enfant et 6 à 8 graines pour un adulte et même une seule pour un chien.

Toutefois le tourteau ayant été déshuilé, il peut être un peu moins toxique.

Prenez vos précautions

Manipulez le tourteau avec des gants. Lorsque vous en épandez dans votre jardin, enfouissez-le de suite à l’aide d’une griffe. S’il vous en reste dans votre sac, fermez celui-ci solidement et mettez-le hors de portée des enfants et animaux domestiques.

Cette toxicité est tout de même un atout majeur pour votre jardin.  Elle élimine ou chasse bon nombre de ravageurs. Le tourteau de ricin fait fuir ou tue les campagnols et mulots qui y goûtent et de même pour les vers blancs. Il  aurait également un pouvoir nématicide , mais cela est très difficile à constater dans son jardin, à moins d’avoir du matériel de laboratoire.

Pour ma part, j’incorpore 25 kilos de tourteau de ricin, tout les deux ans, en fin d’hiver, dans mon potager et je n’ai aucun souci de campagnols.

Si vous avez des problèmes avec des campagnols ou mulots dans un coin de votre jardin, préparez des pommes coupées en petits dés, mélangez avec du tourteau de ricin. Vous mettez cette préparation dans leurs galeries et vous rebouchez soigneusement le trou. La gourmandise de ces petits ravageurs va leur jouer un mauvais tour et vous en serez vite débarrassé.

Si vous voulez juste vous en servir comme engrais de fond sans prendre de risque avec la toxicité, sachez qu’il existe du tourteau de ricin détoxifié. C’est un tourteau qui sert en général pour l’alimentation animale. Ce tourteau a été passé dans une étuve durant 15 mn à 125°c et ainsi la toxine  est détruite. Malheureusement ce genre de tourteau détoxifié est difficile à trouver.

Normalement le tourteau utilisable comme engrais suit également ce processus, mais pour cet usage, le traitement par chauffage est souvent insuffisant ou tout simplement non effectué, si bien que ces engrais peuvent contenir plus ou moins de ricine.

Voilà, si vous décidez de mettre du tourteau de ricin classique dans votre jardin comme engrais de fond ou répulsif des ravageurs, gardez à l’esprit que c’est quelque chose de toxique pour vos enfants et animaux de compagnie.

N’ayez craintes, cette toxicité ne se transmet pas du tout aux plantes de votre jardin.