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Journée maraîchage sur sol vivant 2013 : les premières restitutions sont en ligne

Le 26 novembre dernier, nous organisions deuxième journée de rencontres et d’échanges autour du maraîchage sur sol vivant, les premières restitutions sont en ligne sur le site de Gaia32, je vous invite à les découvrir sans plus attendre !

Nous espérons mettre en ligne prochainement les enregistrements vidéo et audio de la journée, mais il faudra patienter encore un peu.

En attendant, vous pouvez participer au échanges qui ont lieu au sein du réseau en vous inscrivant au groupe de discussion « maraîchage sur sol vivant » : http://groups.google.com/group/maraichagesursolvivant?hl=fr (envoyer un mail à maraichagesursolvivant(AT)gmail.com).

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Jardinons

Découvrez moi en vidéo sur jardi.fr !

Il y un peu plus d’un an, à la veille des premières rencontres nationales du maraîchage sur sol vivant du 4 décembre 2012,  Philippe Coll, cinéaste spécialisé dan s le domaine du jardinage, était venu m’interviewer chez mes parents pour filmer la préparation hivernale d’un jardin sol vivant. Il a réalisé à partir de ces enregistrements une série de petite vidéo que je vous invite à découvrir sur son site :  jardi.fr. Cliquez ici pour accéder directement à l’atelier « jardinez sans bêcher ».

Ce site se présente comme un réseau social de jardiniers, il faut donc s’inscrire pour visionner les vidéos, mais c’est complètement gratuit, je vous invite vivement à découvrir ce qu’il a réalisé et c’est en plus l’occasion de me voir et m’entendre en vidéo ;-). et en plus, il y a en prime une petite interview de Bernard Bertrand réalisée pendant la journée du 4 décembre.

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L’oasis de Lentiourel, en sud Aveyron, cherche permaculteurs par Pauline Gaborit

Depuis deux ans, les résidents de l’Oasis de Lentiourel mettent en place des projets agricoles et humains respectant la charte des « Oasis en tous lieux » et de la permaculture.

Différents jardins en buttes de tous types et maraîchage ont été mis en place, des arbres ont été planté seuls, en courbes de niveaux ou en vergers, des mares ont été creusés, des systèmes d’échanges humains utilisant la CNV (Communication Non-Violente), la sociocratie, les cercles de parole ou l’entraide s’expérimentent jours après jours.

Plusieurs acteurs-rices se sont investi-e-s dans ces activités permacoles et ont été motivés par la réalisation de stages animés par des enseignant-e-s tel-elle-s qu’Eric Escoffié et d’autres.

L’Oasis de Lentiourel offre un cadre paysager magnifique. Située au cœur d’un rougier, sa terre argileuse rouge entraîne une âme particulière dans les constructions et la couleur des cultures. Elle offre des possibilités pour des constructions terre, des fabrications de briques, des poteries, …

Sur place, une potière/art-thérapeute est dans un projet de mise en place d’un four pour céramiques/poteries.

Des douces collines entourent le site, qui est situé à plus de 300 mètres d’altitude.

lentiourel vue de dessus
L’oasis de Lentiourel au cœur du sud Aveyron

En plus du plaisir des yeux et des multiples possibilités de promenades, ces 35 hectares de terres situées à plusieurs stades des collines permettent de mettre en place des projets très différents: cultures maraîchères dans les vallons, vergers étagés sur les collines, terrasses avec différentes orientations, aqueducs descendants des sources, mares étagées, …

L’Oasis est en projet pour former un parc résidentiel de loisir. Cela permettrait d’accueillir six habitats légers de moins de 50 m2. Les constructions légères (yourtes, maison-serres, cabanes dans les arbres, …) permettraient de libérer le manoir principal (de plus de 500 m2) qui pourrait ainsi servir de lieu d’accueil pour le collectif, les projets d’art et de thérapie et aussi pour les gens de passage (visiteurs, stagiaires, patients, amis, famille, …).

La terre entourant Lentiourel est riche de multiples plantes sauvages qui complètent les repas et alimentent les tisanes. Millepertuis, mauve, pimprenelle, pourpier, menthes, aigremoine, plantain ou thym subliment de leurs couleurs et de leurs odeurs les alentours. Quel apaisement de regarder le coucher du soleil sur la terre du Rougier de Camarès en respirant le thym sauvage…

Il est fréquent de rencontrer des sangliers, cervidés, rapaces, salamandres, ou autres espèces sauvages dans le silence des forêts, les promenades ou les instants glanés au bord de la charmante rivière du Len qui serpente au bord des terres que nous occupons.

Notre terre offre plusieurs hectares de forêts qui nous permettraient une autonomie de chauffage au bois et de constructions. Nous avons tout le matériel nécessaire pour ces chantiers, ainsi que pour le jardinage, la menuiserie, …

Pour les personnes qui désirent avoir du confort, le manoir offre toutes les commodités avec des chambres chauffées, une salle informatique, une cuisine équipée, des salons, bibliothèques, … Aussi, il est possible de poser des habitats légers (3 yourtes sont déjà installées) et de rénover du bâti car nous avons plusieurs dépendances autour du manoir dont une grange du XI ième siècle, une porcherie, une salle de traite, un préau, une laiterie. Ces bâtiments ne sont plus utilisés pour la réalisation du roquefort comme auparavant et sont donc destinés à la rénovation.

Le manoir de l'oasis de Lentiourel
Le manoir de l’oasis de Lentiourel

Nous mangeons nos légumes, nos fruits et des plantes sauvages mais pour le moment nous ne sommes pas en autonomie alimentaire. Nous allons donc acheter ce qui nous manque au marché bio, à la biocoop ou dans le réseau des producteurs locaux bio. Nous faisons aussi des échanges de services.

Notre cuisine est végétalienne, parfois végétarienne et ceux qui le désirent peuvent s’acheter des produits animaux.

Nous nous chauffons à la chaudière à bois, nous sommes dans le réseau enercoop et notre eau vient de la source.

Pour ma part, je m’appelle Pauline Gaborit et je suis résidente à l’Oasis depuis le mois d’octobre. Je mets en place un jardin-forêt sur une parcelle maraîchère de 3 000 m2 attenante à une rivière.

Le projet se définit par un mandala comprenant des arbres fruitiers et à bois, des légumes, des légumes, des plantes aromatiques et médicinales, des mares, des abris pour les animaux, un abri circulaire pour les outils et un séchoir en paille circulaire au centre du jardin.

Je fais la plupart des cultures en buttes pérennes et sur un travail de non-labour. Je m’inspire directement de Masanobu Fuukuoka pour son utilisation des seed-balls, du semis sous paillis et de la spiritualité liée à la production de la nourriture.

De ce jardin, j’aimerai produire ce qu’il faut pour l’auto-suffisance alimentaire du collectif et pour développer une activité de vente sur le marché de fruits, légumes, plantes aromatiques et médicinales, épices, élixirs et teinture-mères.

Je suis intéressée pour partager ce projet avec d’autres permaculteurs-rices!

Pour l’Oasis, toutes les personnes intéressés par la mise en place de projets permacoles sont les bienvenu-e-s!

Pour prendre contact avec l’Oasis de Lentiourel, merci d’écrire à lentiourel(AT)orange.fr (remplacer (AT) par @), ou d’appeler au 0565492114.

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Jardinons Sol Vivant dans le magazine Chemin de Table

Chemin de table

Le mois dernier j’ai publié un article pour le tout nouveau web magazine Chemin de Table. Je vous invite à le découvrir, c’est en ligne ici.
Et pour vous mettre en appétit, si j’ose dire, voici l’éditorial de ce premier numéro :

Un nouveau magazine culinaire ?

L’idée de « Chemins de table » est de proposer une approche glo-bale de la cuisine. Il s’agit de donner du sens, du contenu, de l’information et bien sûr des recettes pour amener chacun à se nourrir avec plaisir et en toute conscience. Manger est signifiant. Il y a d’abord une histoire, une dimension culturelle et humaine pour qu’une tomate, une madeleine jouent les princesses dans notre assiette. Il y a des modes et des tendances, comme les sushis qui ne vont pas toujours dans le bon sens selon le point de vue économique, sociétal, environne-mental ou sanitaire. Il y a beaucoup trop de généralités nutritionnelles qui s’avèrent souvent pire que le mal qu’elles souhaitaient combattre. Il y a des questions épineuses, contradictoires qui jettent le trouble devant la profusion d’informations et qui appellent à la clarté d’un avis légitimé par la compétence d’un expert, d’un journaliste, des inter-rogations sur la part émotionnelle de notre lien à la nourriture, des démarches humanistes et innovantes à découvrir sur les chemins de production. Et puis il y a cette nouvelle cuisine initialisée par des chefs aussi créatifs que soucieux de l’impact environnemental avec la saisonnalité et le respect du produit, de l’aspect budgétaire et nutri-
tionnel en réduisant leur voilure sur le sucre, le beurre, la surcuisson pour se focaliser sur des jeux de couleurs et de textures qui végéta-lisent bienheureusement nos assiettes. Tout comme l’esprit poétique des mises en scène de la table pour parachever et des écrivains qui pro-longent les plaisirs en phrases sensuelles sur des nappes en papier.

« Chemins de table » se veut être un joli entrelacement de savoir et de savoir-faire pour tous les curieux et les gourmets qui aspirent à la cohérence de ces « nourritures terrestres ». En serez-vous ?

Domitille Langot

Et si vous cherchez mon article, il est à la page 106, juste avant celui de Pierre Rabhi !

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Jardinons

Expérience savon noir et piéride du chou par Christophe Gatineau

Note de Gilles : Christophe m’a dernièrement proposé de vous partager son expérience sur l’utilisation du savon noir contre la piéride du chou et de particper à une expérience en réseau. Voici sa présentation de cette expérience :

Parmi les différents essais que nous conduisons, nous avons récemment épandu du savon noir dilué, sur des choux très fortement attaqués par des chenilles de la piéride du chou.

L’objectif était seulement d’observer leurs réactions ; la même expérience sur de petites limaces avait été sans aucun effet.

En lutte biologique contre cette chenille, les moyens sont limités. Outre de favoriser ses prédateurs naturels, de poser un filet de protection ou de les détruire manuellement, en dehors, seul le BT règne en maître, vendu sans vergogne hors de prix.

Quand le savon noir foudroie la chenille de la piéride du chou.

Après la pulvérisation et contre toute attente, les chenilles touchées par contact ont été prises de convulsions violentes et moins de 30 minutes après, plus de 50 % étaient mortes : un résultat totalement inattendu pour une efficacité spectaculaire et bien supérieure à la célèbre bactérie. Une seconde pulvérisation quelques jours après a supprimé toutes les chenilles restantes.

@Cg / Chenille morte 30 minutes après la pulvérisation de savon noir.
@Cg / Chenille morte 30 minutes après la pulvérisation de savon noir.

En ce moment, les larves sont particulièrement actives et font de gros dégâts.

Aussi, si certains sont tentés pour reproduire cette expérience simple et terriblement efficace, je leur serais reconnaissant de me faire remonter leurs observations via le formulaire de contact de Rue67b.

@Cg / Une a rendu l'âme et deux sont prises de convulsions.
@Cg / Une a rendu l’âme et deux sont prises de convulsions.

Si nos observations étaient confirmées, au bout, ce serait une véritable révolution dans la lutte contre ce ravageur des cultures, car outre d’être très bon marché, le savon noir dans sa recette traditionnelle est 100 % biodégradable et n’a aucun effet préjudiciable sur les végétaux.

De plus, on peut aisément fabriquer du savon noir avec de la cendre de bois et de l’huile d’olive ou de lin.

@Cg / Une sur trois a résisté...
@Cg / Une sur trois a résisté…

Si possible, je demande que les essais soient réalisés en priorité avec du BRIOCHIN, car à ma connaissance, c’est le seul fabriquant à produire un savon noir 100 % biodégradable : nous l’avons utilisé à la dose de trois bouchons pour un litre d’eau (version liquide titrée à 15%).

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Jardiniers-reporters

Peut-on modifier la nature du sol profond ? par Jacques Subra

Note de Gilles : Jacques nous soulève ici une question intéressante sur la possibilité ou non d’améliorer le sol profond, je vous invite également à lire la page « le sol cet inconnu » pour mieux comprendre ce qu’est un sol de la surface à la roche dont il est issu.

Je me pose la question tout en connaissant la réponse, pour moi c’est non. Alors me direz-vous pourquoi la poser ? Simplement pour ouvrir un débat et confronter plusieurs points de vue et expériences de jardiniers.

Depuis plus de trente ans je m’efforce d’améliorer le sol de mon jardin-verger par apport de compost, de couverture permanente du sol, mulch et couverts végétaux. J’évite aussi de le retourner pour ne pas perturber la vie présente à tout les niveaux. J’aère à la fourche pour ameublir et griffe superficiellement avant de semer.

A l’origine, mon sol était très acide et le sol profond argileux et très très caillouteux. La couche superficielle n’excédait pas dix centimètres. Ce terrain, de mémoire de paysan du cru, n’avait jamais été cultivé car trop pauvre. La végétation était composée de genêts, fougères et ronces. Actuellement, le sol fertile atteint par endroit trente centimètres et la plupart des légumes poussent sans problèmes. Mais malgré tout, les inconvénients liés à la nature du sol profond persistent et en particulier une grande sensibilité à la sécheresse. En effet il suffit de quelques jours de soleil pour voir apparaître des crevasses même sur les buttes ou l’épaisseur de terre avoisine les quarante centimètres.

Sur les parcelles ou la couverture de mulch est assez épaisse, cela est moins visible, mais sur les cultures d’ail, d’oignons ou échalotes, qui ne supportent pas de paillage au risque de pourrir, c’est flagrant. Les légumes racines, carottes, salsifis, scorsonères, ont du mal à se développer et ont souvent des racines fourchues, ce qui m’oblige à les cultiver sur buttes. Je dois donc veiller à maintenir une bonne humidité en périodes sèches car ensuite, le sol est très difficile à réhydrater.

Voilà mon expérience, j’attends des retours d’autres jardiniers pour connaître leurs problématiques et trouver des solutions.

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Un peu de théorie

Il ne faut pas pousser mémé dans les orties ! par Christophe Gatineau

Suite à un commentaire original et interpellant à l’article « les plantes malades des pesticides » , j’ai voulu en savoir plus sur son approche. Il nous livre aujourd’hui son article qui pose des questions qui me semblent très pertinentes. L’objectif ici n’est ni d’encenser ni de déconseiller le purin d’ortie, mais de lancer un débat pertinent sur des bases scientifiques aussi solides que possible. Je laisse la parole à Christophe, bonne lecture !

 

L’arrêté du 18 avril 2011 autorisant la mise sur le marché du purin d’ortie devait mettre un terme à la guerre de l’ortie qui durait depuis plusieurs années mais curieusement tous ont été insatisfaits, les pro et les anti.

Conséquence d’une décision politique au détriment de toutes considérations scientifiques, cet arrêté autorise la tromperie du consommateur en légalisant le purin d’ortie comme un anti-mildiou et un acaricide, un mensonge dénoncé par les amis de l’ortie, dénoncé par les pro et les anti.

Une fois encore, le consommateur est pris en otage et le purin d’ortie risque d’en payer la note dans un avenir proche.

En effet, le problème n’est pas le jardinier qui fabrique et utilise son purin d’ortie, le problème est qu’en s’appuyant sur la Loi, on fasse croire aux consommateurs que le purin d’ortie possède certaines propriétés reconnues comme fausses et abusives.

1| l’ortie vue par la loi : peu préoccupante !

2| les prix de l’ortie : très préoccupants.

3| état des lieux de la recherche.

4| conclusion.

1| L’ortie vue par la Loi : peu préoccupante !

L’arrêté du 18 avril 2011 « autorisant la mise sur le marché du purin d’ortie en tant que préparation naturelle peu préoccupante à usage phytopharmaceutique », reconnaît au purin d’ortie certaines vertus tout en le qualifiant de peu préoccupant.

Peu préoccupant = peu inquiétant ou peu toxique.

En effet, si l’État reconnaît que certaines matières actives sont peu inquiétantes, un qualificatif peu scientifique, c’est que d’autres doivent alors être considérées comme préoccupantes et inquiétantes : autrement pourquoi le préciser !

En outre, cet arrêté est inquiétant car il fixe les préconisations du purin d’ortie sans les motiver. Extrait de l’arrêté du 18 avril 2011 :

1. Usage fongicide : notamment contre le mildiou.
2. Usage insecticide : principalement contre les pucerons, les acariens.
3. Activateur ou régulateur de croissance des végétaux.

Comment Madame BRIAND,la directrice générale de l’alimentation, signataire de cet arrêté, a-t-elle pu arrêter officiellement les conditions d’emploi du purin d’ortie en l’absence de faits scientifiques, réels, vérifiés et reproductibles mais mieux, en totale contradiction avec tous les spécialistes de l’ortie qui dénoncent que l’usage du purin d’ortie  comme insecticide ou fongicide est une préconisation d’usage abusive ?

J’ai écrit à ce sujet aux autorités compétentes comme la DGAL et à l’auteure de cet arrêté mais je n’ai reçu aucune réponse écrite. Par contre, j’ai reçu quelques appels téléphoniques pour m’expliquer que peu préoccupant, voulait dire très peu préoccupant = qui ne sert à rien.

Sur les motivations de cet arrêté : c’est une décision politique. Si pour l’administration, le purin d’ortie ne sert à rien, c’est d’autant plus préoccupant qu’elle veuille faire croire aux consommateurs qu’il pourrait servir à quelque chose.

2| Les prix de l’ortie : très préoccupants.

Si l’Or-tie ne concurrence pas encore les cours de l’or, elle talonne sans équivoque ceux du poivre et des épices avec ce record relevé chez Delbart Limoges le 01 mars 2013 : 70 € le kg.

Les premiers bénéficiaires de cet arrêté ont été la grande distribution avec l’apparition de l’ortie sur leurs étals et la flambée des prix en prime. Du purin d’ortie reste du purin d’ortie mais suivant son étiquetage (éliciteur, insecticide, fongicide, engrais,…) son prix en magasin varie avec une grande amplitude de 3,75 €/L à 17,81 €/L suivant l’emballage.

3| État des lieux de la recherche.

Si quelques essais de laboratoires ont mis en évidence certaines réponses du végétal soumis au purin d’ortie, tous les essais réalisés en plein champs ont été dans l’incapacité de les valider.

Le GRAB (groupement de recherche en agriculture biologique) reconnaît avoir arrêté ses essais sur le purin d’ortie depuis 2004 faute de résultats. Depuis, ils ont recentré leurs travaux sur les décoctions et les tisanes d’orties. Même son de cloche du coté de l’ITAB où le responsable de la mission extraits naturelles confesse que les recherches sont concentrées uniquement sur les tisanes et les décoctions car les résultats encouragent l’exploration de cette voie contrairement au purin d’ortie.

Les bénéfices du purin d’ortie résultent aujourd’hui de quelques observations échafaudées en théories scientifiques comme celle de Terre vivante sur les vaccins végétaux !

4| Conclusion

La guerre de l’ortie a largement profité à faire de l’ortie un symbole fort, une figure de proue de l’indignation et du droit à refuser une société où l’économie a pris le pouvoir sur tout.

Il est probable que le purin d’ortie possède certaines qualités qui pourraient trouver une application dans l’agriculture, mais elles restent encore aujourd’hui, à découvrir ou à confirmer.

Un des principaux activistes de la cause de l’ortie, Dominique Jeannot, ancien président de l’association des amis de l’ortie : « le purin d’ortie n’est pas un produit miraculeux. Le seul miracle viendra de notre capacité à changer radicalement notre manière de cultiver et de vivre. L’objectif de notre association n’est pas de remplacer un pesticide chimique par un pesticide naturel mais de travailler pour redonner au cultivateur de l’autonomie et de l’indépendance ».

Alors, pourquoi l’administration n’a-t-elle pas tout simplement autorisé la commercialisation du purin d’ortie sans y encadrer sa fabrication et ses préconisations d’emploi ? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Quand elle soutient avoir pris cet arrêté du 18 avril 2011 uniquement sur une décision politique et au détriment de toutes considérations scientifiques parce que « si l’ortie ne fait pas de bien, elle ne fait pas de mal à l’environnement  … » ; le politique, n’a-il pas poussé un peu fort, mémé dans les orties ?

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Purin d'ortie en cours d'élaboration
Purin d’ortie en cours d’élaboration.
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Un peu de théorie

Regard critique sur l’électroculture par Christophe Gatineau

Note de Gilles : Christophe Gatineau a été technicien en protection des cultures, et est désormais cultivateur et chercheur, il a 52 ans et vit actuellement en Limousin. Son travail est centré sur l’eau, les croyances et l’étude du comportement social et individuel des végétaux domestiques et sauvages. Sa position : » l‘agriculture conventionnelle nourrit provisoirement les populations tandis que l’agriculture biologique est dans l’incapacité de les nourrir durablement. » Il développe un projet intitulé Cultiver-autrement et un : «  petit traité d’agriculture à l’usage du cultivateur novice, confirmé ou expert « . Cet ouvrage sera mis en ligne en 2014 et ouvert à la controverse pendant quelques années avant d’être publié. Il nous propose ici son point de vue sur l’électroculture dont il est régulièrement, pour ne pas dire plus en plus souvent, question dans les discussions concernant le jardinage naturel. Je lui laisse la parole :

Relayé par certains médias écrits, Internet foisonne de méthodes toutes plus exceptionnelles les unes que les autres pour améliorer la santé des plantes. Au royaume de l’agrobioécologie, toutes sont présentées comme des panacées. Pour l’une d’elles, l’électroculture, ses promoteurs s’appuient sur une thèse pour en justifier tout le bien fondé. On remarque immédiatement en lisant cette thèse que le fossé est grand entre ce qui est écrit et ce que l’on fait dire aux écrits. Le livre publié en 2010 chez Les Éditions Trédaniel / Le courrier du livre, Electroculture et Energies libres, illustre bien ce fossé.

A l’Université de Limoges, une thèse sur « électroculture et plantes médicinales » a été soutenue le 28 mai 1984 pour l’obtention du diplôme d’État de docteur en pharmacie. L’auteure, Martine QUEYREL, précise d’emblée que l’électroculture est une méthode de culture dont les théories ne sont encore qu’une hypothèse », et que ces principes exploitent tant le champ magnétique terrestre que le rayonnement cosmique, les courants de conduction atmosphériques et les courants telluriques. J’ajoute que ces derniers courants, type réseau Hartmann, sont aussi hypothétiques, rajoutant une hypothèse à l’hypothèse (*). « Nous avons observé que des plantes cultivées dans une atmosphère privée d’électricité présentent un développement moindre par rapport à des plantes cultivées dans des conditions normales » A trois reprises, l’expérience a été réalisée avec une cage de Faraday et chaque fois l’observation a été faite d’un ralentissement de la croissance des plantes.

Même si ces expériences mettent en évidence un effet significatif de la cage de Faraday sur la croissance des plantes, il est nécessaire de ne pas s’emballer car toutes ces essais ont été réalisés sur un très petit nombre de plantes. Par ailleurs, on ignore si c’est l’absence de courants ou de champs électriques qui a entravé la germination ou bien si c’est la cage elle-même qui a été le perturbateur.

Résultats

– Sur les semis, l’écart de graines germées est de 30 % supérieur par rapport aux témoins. La hauteur des jeunes plants 21 jours après le semis est en moyenne de 8 cm pour les semis issus des graines témoins et de 13 cm pour celles issues des graines électrocultivées, soit un gain d’un peu plus de 60 %. « Il semblerait donc à travers nos différentes expériences que l’électroculture agirait au niveau de la plante entière ; action qui semblerait se traduire par une précocité, par une plus grande vigueur et par un allongement du cycle du végétal » écrit le docteur. « La composition chimique des différentes plantes, en ce qui concerne les principes actifs,… montre une différence très nette en faveur des plantes électrocultivées. » Elle précise aussi que les plantes électrocultivées présentent une meilleure résistance aux gelées et elle ajoute : « un fait particulier et retrouvé de façon constante a été observé quelle que soit la culture considérée : la présence d’une plus grande quantité de vers de terre dans le terrain électrocultivé ».

implantation dispositif electroculture

Si l’auteure rapporte cette précision qui est par ailleurs hors du sujet de sa thèse, c’est que ce fait a été suffisamment marquant pour l’interpeller. Toutefois on doit prendre en compte que la technique électricole qui consiste à enfouir un grillage dans le sol, formait aussi un enclos sécurisant pour les vers de terre, leur offrant une protection contre leurs prédateurs naturelles. De ce fait, on peut considérer qu’ils aient pu y trouver refuge. A mon avis, cette observation témoigne que l’électroculture a un impact important sur l’activité biologique du sol. Mieux, si le terrain est tout, alors il n’est pas opposable que tout le bénéfice de l’électroculture aille à la vie dans le sol.

Dans cette hypothèse où le vivant serait le seul bénéficiaire – ce qui reste à prouver -, on peut sans s’aventurer émettre que le récepteur « électrique » soit l’eau : L’eau, la médiatrice, « l’intercesseur » entre l’inerte et le vivant. Alors, le bénéfice pour la plante ne serait qu’une conséquence, que la partie immergée de l’iceberg. Cependant, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives de ce qui fonde qu’une hypothèse et un sentiment : « nos expériences ne sont pas suffisamment importantes en nombre pour pouvoir être plus explicites car cette précocité qu’apporte l’électroculture, n’est pas identique pour toutes les plantes… »

En conclusion,

1 – Sur internet, certaines personnes se gaussent de faire des récoltes extra-ordinaires grâce à l’électroculture. J’ai pris contact avec l’une d’elles pour la filmer pendant la récolte mais elle a catégoriquement refusé mon offre.

2 – L’étude de Madame QUEYREL a clairement démontré que l’électroculture est une voie qui devrait être explorée plus en avant ; avant d’en énoncer une éventuelle théorie. Cependant, toute technique visant à améliorer la productivité et la santé des plantes doit mettre en balance ses profits et ses déficits. En l’espèce, l’importance de l’appareillage électrique nécessaire à l’obtention de résultats satisfaisants font que la balance penche très défavorablement en faveur de l’électroculture. Néanmoins, ajoutés à toutes les observations éparses et individuelles, ses résultats sur la germination justifieraient à mon avis pleinement l’ouverture d’un programme de recherche sérieux et indépendant ; cette technique pouvant apporter à moindre coût, un grand bénéfice à l’horticulture et au maraîchage.

ANNEXES

1, d’un échange de courriels en date du 4 mai 2013, Madame Queyrel écrit : « rien à redire, ni à ajouter : j’ai les mêmes points d’interrogations et peut-être encore plus que vous ».

2, le réseau Hartmann est une théorie dont l’existence n’a jamais été pu être démontrée. A mon avis sans aucun fondement, elle a été montée de fil en aiguille par le oui-dire à partir d’une hypothèse émise par le docteur Hartmann dans les années 1935.

3, l’électroculture naît avec la découverte de l’électricité mais prend réellement son élan à partir de la fin du 19ème siècle pour culminer quelques dizaines d’années avant de sombrer en désuétude. Cet article est téléchargeable en version pdf à cette adresse : http://rue67b.files.wordpress.com/2013/06/electroculture-5juin13.pdf Si vous avez des expériences, témoignages, points de vue concernant l’électroculture, laissez nous un commentaire ! C’est à vous !

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Héberger et protéger les oiseaux par Jacques Subra

Voici la nouvelle chronique de Jacques concernant les auxiliaires au jardin, cette fois il nous fait découvrir le vaste monde des oiseaux.

Quoi de plus agréable que de se lever le matin avec le chant des oiseaux ? Pour cela, ils faut qu’ils aient de bonnes raisons de s’installer chez vous. Vous devez donc leur offrir le gîte et le couvert.

La tendance actuellement est à l’installation généralisée de nourrisseurs, c’est un créneau dans lequel se sont engouffrées les jardineries qui proposent toutes une gamme de produits mais cela relève plus de l’intérêt commercial que du réel soucis de protection. A quoi sert de les nourrir si l’on ne maintient pas ou que l’on ne recrée pas leur biotope ? Si l’on ne se préoccupe pas de savoir ou vont-ils s’abriter et nicher ? A se donner bonne conscience ? Je ne suis pas favorable à trop d’assistanat car ils deviennent dépendant et si vous cessez de les nourrir ils risquent de ne plus être capables de trouver seuls leur pitance et peuvent mourir de faim. La sélection naturelle est indispensable à la survie des espèces sauvages. Chez moi je les aide seulement en cas de grands froids ou enneigement prolongé en maintenant des abreuvoirs hors gel et en dégageant la neige par endroit pour leur permettre de gratter le sol. Exceptionnellement je dispose des boules de graisse avec des graines. Pour s’installer durablement, ils ont besoin d’une flore variée, fleurs, graminées, arbustes à baies, arbres fruitiers, qui amène une faune riche en insectes, chenilles et vers de toute sortes. Pour les nicheurs précoces, comme les merles, des arbustes à feuilles persistantes (laurier, buis…) où ils sont à l’abri des prédateurs sont pertinents. Les cavernicoles (mésanges, sittelles torchepot) préfèrent des vieux arbres creux, des murs de pierres sèches ou des nichoirs artificiels.

sittelle torchepot maçonnant le trou d'envol d'un nichoir.
sittelle torchepot maçonnant le trou d’envol d’un nichoir.

Les rouges-gorge et troglodytes, aiment bien nicher dans les arbres colonisés par le lierre. Quand tout ces précieux auxiliaires sont installés, ils vous aident à réguler les chenilles, pucerons, petits mollusques et maintenir un équilibre au jardin. Ils participent aussi, de manière infime certes, au maintient d’un sol vivant par leurs déjections, plumes et cadavres. Chez moi nichent : pies, geais, tourterelles turques, merles, moineaux, pinsons, sittelles torche-pot, mésanges, fauvettes, rouges-gorge, rouges-queue, troglodytes.

nid de troglodyte dans un balais
nid de troglodyte dans un balais

Un couple de huppes fasciée revient tous les ans nicher a quelques centaines de mètres et nous rend visite régulièrement à la recherche d’insectes qu’elles trouvent sur le sol. Cette année je les ai aperçues pour la première fois le 20 mars. Tout se tient et interfère pour participer à un « Sol Vivant ».

Huppe fasciée
Huppe fasciée
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Un peu de théorie

Nourrir le sol pour nourrir la plante, est-ce vraiment juste ?

Je lis régulièrement, dans des articles consacrés au jardinage biologique, l’affirmation suivante qui semble érigée en vérité incontournable : « il faut nourrir le sol pour qu’il nourrisse à son tour la plante ».

Bon je comprends bien que ce que sous entends cette affirmation, c’est que contrairement à ce qui se passe dans un jardin « conventionnel » où les plantes sont directement nourries avec des nutriments apportés sous forme d’engrais solubles, ici on apporte des amendements organiques (compost, fumier, BRF…) qui, en effet, nourrissent le sol et permettent ainsi aux plantes de mieux pousser.

Mais est-ce pour autant le sol qui nourrit la plante ?

Oui, cela est vrai à quelques % (2 à 3% en général), soit la proportion de constituants de la matière sèche (MS) des végétaux qui ont été prélevés dans le sol et qui correspond aux très nombreux nutriments fournis par l’altération des minéraux, parmi ceux-ci on trouve en tête (les chiffres sont issus de « Le sol vivant » de Gobat et al. 2010) :

  •  le phosphore – 0,1 à 0,5% de la MS
  • le soufre – 0,05 à 0,5% de la MS
  • le potassium – 0,5 à 5% de la MS, restitué au sol après floraison
  • le calcium – 0,05 à 0,5% de la MS
  • le magnésium – 0,01 à 0,1% de la MS
  • le fer – 0,005 à 0,1% de la MS
  • le manganèse – 0,002 à 0,02% de la MS

Le reste, soit 97% à 98% de la MS provient directement ou indirectement de l’atmosphère, il s’agit du carbone (issu du Gaz carbonique), de l’oxygène et de l’hydrogène (issus de la vapeur d’eau) et de l’azote (issu du diazote et fixé par des bactéries dans les écosystèmes). Ce dernier, bien que d’origine atmosphérique n’est accessible à la plante que sous des formes minérales dans le sol (nitrates et ammonium, voir mon article sur l’azote dans tous ses états). Du coup, on pourrait le rajouter parmi les éléments que le sol amène à la plante, vu que les tissus végétaux en contiennent environ 5%, on peut dire que l’affirmation de départ est finalement vraie entre 7 et 9%, ce qui reste faible.

Que devient ensuite toute cette biomasse végétale créée à partir de l’air ?

Elle revient au sol, tout simplement. Donc modifie ses propriétés du fait de la décomposition de cette matière organique par les organismes du sol. Ce retour de matière organique se fait par les trois flux énergétiques que j’ai décrits dans l’article consacré à ce thème.

Du coup qui nourrit qui ? le sol amène à la plante 7 à 9% de sa biomasse et la plante restitue au sol 100% de cette biomasse dont plus de 90% provient directement de l’atmosphère. Donc finalement c’est bien la plante qui nourrit et même fabrique le sol ! c’est pourquoi la restitution des résidus de cultures, des herbes sarclées et des couverts végétaux est un outil agronomique d’importance majeure et à mon sens incontournable.

D’ailleurs que se passe-t-il dans la nature : au départ d’une surface minérale, on voit apparaître une végétation au départ très rase et fournissant peu de biomasse (parfois même uniquement des lichens, voire des cyanobactéries) cette biomasse en se décomposant crée peu à peu un terre végétale, prémices d’un sol qui se développe au fil des années, des décennies, des siècles en laissant venir des plantes de plus en plus développées : herbacées annuelles puis vivaces, puis ligneux jusqu’aux grand arbres si le climat le permet. L’article « construction d’un sol sur une dune littorale du Morbilhan » donne un exemple de ce type de dynamique.

Donc finalement, ce sont bien les plantes qui fabriquent le sol, donc d’accord pour nourrir le sol pour qu’il puisse à son tour nourrir les plantes, mais alors cultivons des plantes pour le nourrir 😉 !